SANG
M. Isidore GeollVoy-Saiiit-HiUue, le sang de la plupart des animaux du Jardin-des-Plautes , nous avons pu constater la présence de globules elliptiques chez le dromadaire et l’aZpaca^ qui foi'uient une famille a part dans les classes des mammifères (1) (fig- 58). ^
Nous avons vu que chez les mammifères le sang de l’éléphant contient les globules les plus grands -, ils ont presque rk de millimètre ; les plus petits se trouvent dans le sang des ruminants 5 ceux du mouton de Norwège n’oni que it. de millimètre. Nous avons donné dans la troisième livraison de notre Anatomie microscopique {deuxième série, prtin. livr. Sang. Paris, 1838), un tableau contenant les mesures des globules d’une quarantaine d'animaux , dont nous avons pu nous procurer le sang [lar une légère piqûre de la peau.
Si, .se .serrant le doigt avec un mouchoir, on le pique avec une épingle , il en sort une gouttelette de sang, qu’on placera sur une lame de verte très mince , pour que le sang s’infiltre entre les deux verres par capillarité ( fig. 7l ). La couche de sang est assez mince pour qu’on puisse faire l’observation , et on a l’avantage d’examiner les globules nageant dans leur sérum. On fera attention de n’exercer aucune pression sur le verre supérieur, parce que les globules se déforment très facilement.
Si l’on veut connaître la forme naturelle des globules du sang, on doit prendre les plus grandes précautions, pour que ni un réactif chimique, ni même une gouttelette d’eau se mêle au sang. L’eau fait instantanément changer la forme des globules ^ on s’en aperçoit très facilement sur les globules elliptiques, qui deviennent en partie ronds , ou conservent une forme plus ou nioins allongée (fig. 70, a, b). Si l’on fait des observationssur les poissons, on sera facilementexposé à cette erreur, paice que en ôtant l’animal de l’eau dans laquelle il nage, on aura les doigts mouillés , ou il se mêlera au sang un peu de
(1 , Rapport fait à l’académie des Sciences par MM. Isidore Geoffroy-Sairt- Hilaire et Milne Edwards. Compte rendu du 3t décembre 1838.
l’eau qui s’écoule des écailles de poisson. On aura donc bien soin d’essuyei- les poissons, les grenouilles, etc.
Dans les crustacés le sang le plus pur est celui qui provient d’une incision faite aux branchies, et dans les mollusques celui qui vient du cœur. On n’aperçoit plus alors ces corpuscules en forme de navicules, débris détachés de répithélium que quelques auteurs ont pris pour des globules du sang.
On doit toujours faire ses observations sur le sang des animaux vivants ; celui des cadavres n’offre aucun résultat certain, parce que les globules peuvent déjà avoir subi des altérations par suite de changements chimiques qui se sont opérés dans le sang.
Les globules du sang ont-ils un noyau préexistant , ou se forme-t-il sur le porte-objet, après la sortie du sang du corps animal? Cette question est très importante dans la physiologie, parce que sa solu ion nous pourrait éclairer sur la formation du sang. En effet, ces globules se trouvent-ils déjà dans la lymphe de particules, qui plus tard sont transformées en globules du sang ? C’est au moins une opinion très répandue ; mais nous sommes loin de la partager dans notre mémoire cité , où nous exposons toutes les observations et expériences qui nous ont déterminé à croire à la formation postérieure du noyau dans les globules après la sortie du sang, et à réfuter sa préexistence dans la lymphe. Selon nous, sa forme dépend de la forme du globule dans lequel il se coagule ; c’est pour cela qu’il est elliptique dans les globules elliptiques , et rond dans les mêmes globules , si on les rend sphériques par l’influence de l’eau, de même que le caillot adopte la forme du vase dans lequel il se forme.
Nous avons porté le premier notre attention sur la coagulation de la fibrine dans la goutte du sang observ é sous le microscope; ici on pouvait saisir la forme qu’adoptent les particules isolées de la fibrine en se solidifiant. Si l’on prépare une goutte de sang de la manière que nous avons exposée, et si on la considère sous le microscope, elle offre une foule de courants qui emportent les globules rouges ; mais on aperçoit bientôt quelques globules blancs , collés, pour ainsi dire, au