‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 46 sur 358 · TRAITÉ PRATIQUE I)D MICROSCOPE · texte numérisé non relu

TRAITÉ PRATIQUE I)D MICROSCOPE

dissolvent pas dans les alcalis ; mais ils disparaissent dans l’éther.

§ XV. Sécrétions intestinales.

M. Elirenberff a trouvé que le méconium des enfants contient des formations cristallines; plus tard M. Sclioenlein (1), à Zurich , a découvert une grande quantité de cristaux dans les excréments des malades atteints du typhus. Il croyait y trouver un signe caractéristique , ])our distinguer le typhus des autres maladies dont la forme est analogue. Mais les recherches de M. Millier ont démontré que l’on trouve des sels cristallins presque dans tous les excréments, ainsi que Leeuwenhoék l’avait déjà remarqué. On doit distinguer les cristaux formés déjà dans les intestins pendant la vie, des cristaux que l’on trouve dans les intestins après la mort, et qui se sont formés par évaporation , comme cela a lieu dans tous les liquides organiques.

Les cristaux que M. Sclioenlein a observés chez les malades atteints du typhus sont limpides , transparents, fragiles, solubles dans l’acide muriatique et nitrique sans effervescence, et paraissent se composer de phosphate de chaux, d’un peu de sulfate de chaux et d’un sel de natron. M. Sclioenlein a trouvé plus tard que ces cristaux sont également solubles dans l’acide sulfurique. Nous donnons quelques figures de ces cristallisations ; la fig. 79 est la plus commune. Les fig. 80 et 81 se trouvent dans les matières intestinales cachées.

§ XVI. Urine.

Çette sécrétion a, dans ces derniers temps, vivement attiré l’attention des observateurs. MM. Rayer, Donné, Quévenne, Yigla, etc. , ont publié , à ce sujet, leurs recherches dans le premier vol. du Journal de médecine V Expérience.

(1) Muller, Archives, Berlin, 183G.

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Depuis ce temps, M. Rayer (1) a l'ait paraître un travail complet et fort approfondi sur les altérations de rurine ; 31. Donné, un tableau très instructif des différents dépôts de matières .salines et de substances organisées qui se font dans les urines. Voici des observations qui mettent à l'évidence tous les avantages qu’on peut tirer de l’analyse chimique, sous k microscope, analyse qui est si féconde en résultats utiles et précieux.

Pour mettre de l’ordre et de la clarté dans l’étude des matières contenues dans l’urine, dit 31. Donné, il faut nécessairement distinguer celles qui se déposent naturellement, soit qu’elles fussent tenues en suspension, soit qu’elles se précipitent, au bout d’un certain temps, de celles qui restent en suspension, et que l’on ne peut obtenir à l’état solide que par l’évaporaiion ou par l’action de quelque réactif chimique. Les premières, seules, constituent les sédiments proprement dits, et fonnent un chapitre à part, un autre devant être réservé pour l’élude beaucoup plus longue et plus difficile des matières en dissolution. Cette considération est fondée sur des considérations pratiques et scientifiques ; en effet, à l’exception de quelques substances, telles que l’albumine et l’uiée, que le médecin peut facilement découvrir par des procédés très simples, quoique dissoutes dans l’urine, les matières solides composant les sédiments sont les seules qui frappent ses yeux, et qu’il lui soit permis de distinguer sans se livrer à l’analyse complète de rurine, travail long et difficile, que l’état actuel de la chitnie permet à peine d’entreprendre d’une manière satisfaisante ; en un mot, les matières déposées dans l urine étant, pour ainsi dire, en dehors de la composition chimique de ce fluide, leur étude ne demande que des moyens à la portée de tout médecin éclairé ; elle est tout-à-fait pratique et chimique ; tandis que l’analyse chimitiue des principes dissous

(1) Traité des maladius des reins cl dos alterations de la sécrétion urinaire, étudiées en clles-inêines et dans leurs rapports avec les maladies des uretères, delà vessie, de la prostate et dorurétre; Paris, 1839, 1. 1'>', in*8 avec figures.

TRAMÉ FRATIQUK DU MICROSCOPJi.

reste jusqu'à présent dans le domaine de la cliimie des laboratoires. Il est donc bien important de ne pas confondre ces deux classes de matières.

Avant d aborder la question des dépôts, nous dirons un mot sur la méthode à suivre pour déterminer la proportion de 1 uree ; le procédé ordinaire est d’évaporer l’urine à consistance sirupeuse, et d’ajouter ensuite, à la masse refroidie, une quantité à peu près égale d’acide nitrique peu concentré. On obtient ainsi une masse cristalline, qui n’est autre chose que du nitrate d urée. Lorsque l’urine ne contient point d'urée, l’addition de 1 acide nitrique ne donne point de précipité solide, et lorsque la quantité de l’urée est peu considérable, le précipité est en proportion. Mais M. Rayer lait remarquer ibrt justement que le microscope peut abréger cette expérience et la rendre plus pratique et plus complète, en ce qu’il permet de reconnaître la forme cristalline et caractéristique du dépôt.

Ainsi , pour constater la présence de l’iirée dans l’urine exempte de principes accidentels, on verse une goutte d’urine sur une lame de verre; en quelques minutes, l’été surtout, la goutte d’urine s’est suffisamment évaporée, ditM. Rayer, pour qu’une goutte d’acide nitrique (lorsque l’urine contient de l’uree) détermine la formation d’un magma ou d’une masse cristalline blanche et brillante de nitrate d’urée. L’hiver, la gouttelette d’urine doit être évaporée à une douce chaleur, ce qui a lieu en deux ou trois minutes. Lorsqu’on soumet au microscope le magma obtenu, après l’addition de l’acide nitrique, c’est-à-dire le nitrate d’ur'ée, il offie une cristallisation dont les lamelles blanches, confuses et brillantes, moins épaisses, présentent toujours distinctement de beaux cristaux en aiguille

En examinant les dépôts qui se forment dans les urines, chaque observateur se convaincra facilement des avantages qu'offre l’inspection microscopique. Eu effet, ces dépôts qui se présentent à l’œil nu sous forme d’un amas, le plus souvent muqueux et con/us, apparaissent sous le microscope composés d'une multitude de corps organisés et cristallins, dont on connaît la nature, ou dont on peut faire facilement l’analyse. Une

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