‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 49 sur 358 · URINE · texte numérisé non relu

URINE

Mais nous ne pouvions jamais obtenir de celte manière de cristaux purs, si nous ne faisions toute l’opération à froid: nous n’avions que des lames irrégulièies (Gg. 90) dans le premier cas; dans le second, au contraire, des hexagones tout-àfait pareils à ceux observés dans les urines.

Le sédiment de ces urines, desséché à l’air et jeté sur des charbons, répandait, ainsi qu’un fragment du calcul lui-même, une odeur âcre et acide, comme dit Berzélius , qui ressemble de loin à celle de cyanogène, mais qui, d’ailleurs, est tellement caractéristique , qu’elle suffit pour faire reconnaître la cystine.

On distingue facilement ces cristaux de ceux de l’acide urique par leur solubilité dans rammoniaque. Si on les faisait chauffer, ils présenteraient des fissures (fig. 91).

La cystine est insoluble dans l’eau, dans l’alcool, l’acide acétique et tartrique ; la potasse , la soude et rammoniaque caustiques la dissolvent; elle se dissout également sans effervescence dans l’acide nitrique étendu, et, par l’évaporation, on voit se former de belles aiguilles cristallines soyeuses et d’un blanc éclatant (fig 92). Cette substance est encore remarquable par la présence du soufre.

[b) Urines alcalines. Presque tous les dépôts des urines alcalines contiennent de beaux cristaux de phosphaLe ammoniacomagnésien , de formes variées , mais dérivant en général du prisme droit rhomboïdal (fig. 93 , 94). Le seul aspect de ces cristaux suffirait pour les distinguer de l’urate d’ammoniaque et de l'oxalate de chaux; mais il vaut toujours mieux ajouter l’analyse chimique pour se convaincre parfaitement. Il faut donc, après avoir examiné et dessiné les cristaux en question, les traiter sous le microscope par un acide faible ; on les verra se dissoudre tous avec la plus grande facilité , et bientôt il n’y en aura plus aucune trace dans le liquide. L’urate d’ammoniaque pourrait se dissoudre et produire des lames rhomboïdales de l’acitle m ique libre, mais on les reconnaîtra de suite. Si l’on ajoute ensuite de ramnioniacpie , on verra reparaître une multitude de cristaux, soit en feuilles de fougère, soit en petits prismes diversement agencés et entrecroisés (fig. 06). Cc.scri.s-

THAirÉ PRATIQUE BU MICROSCOPE.

taux ne sont autre chose que le même phosphate animoniacomafjne'sicu reproduit par l’action de l’ammoniaque.

Cette expérience se fait très bien de la manière suivante: on place sur une lame de verre une goutte du dépôt de l’urine contenant les cristaux de phosphate double , et on la couvre avec un second verre très mince ; à l’aide d’un peu d’acide faillie, par exemple du vinaigre, mêlé à la matière, on dissout tous ces cristaux. On s’assure de cette dissolution par l’inspection microscopique, puis on ajoute à la liqueur un peu d’ammoniaque caustique ; en soumettant de nouveau la lame au microscope , on voit se former dans le liquide étendu à sa surface les cristaux indiqués (6g. 96). Il n’est pas absolument nécessaire d’enlever la lame de verre de la platine , on peut faire parvenir raminoniaque par capillarité entre les deux lames de verre , en laissant celle-ci sur le porte-objet. Dans la première opération avec l’acide, on avait fait passer ce sel à l’état de sel neutre très soluble, et dans la seconde, en lui rendant de l’aminoniaque , on obtient de nouveau le sel insoluble.

Il existe des moyens certains pour ne jamais confondre le phosphate ammoniaco-magnésien avec le phosphate de chaux; d’abord le phosphate calcaire est un peu moins soluble dans les acides faibles que le phosphate ammoniaco-magnésien. Nous avons vu en outre les cristaux que produit l’ammoniaque dans la solution du phosphate double; dans celle de phosphate de chaux raminoniaque ne produit qu’un précipité amorphe et blanchâtre donnant au liquide l’apparence d’une eau albumineuse coagulée par un acide.

M Rayer remarque que lorsqu’on soupçonne la présence du phosphate ammoniaco-magnésien dans l’urine , il faut examiner ce liquide à différentes heures du jour, et toujours au moment de l’émission, car l’urine peut, à certaines heures, être entièrement dépourvue de ce phosphate. L’urine qui en contient en quantité considérable est trouble et peu colorée. Il est presque inutile d’ajouter que la nécessité d’exaininer l’urine au moment de l'émission est fondée sur cette considération, qu’il ne faut pas confondre, sous le rapport de la gravité

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