‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 54 sur 358 · TRAITÉ PRATIQUE DO MICROSCOPE · texte numérisé non relu

TRAITÉ PRATIQUE DO MICROSCOPE

usage. Nous nous sommes proposé de faire connaître la manière même d’opérer par les procédés les plus simples et dans toutes les circonstances.

Une condition essentielle dans les opérations chimiques, faites sous le microscope , est que le réactif agisse lentement sur la substance , pour qu’on puisse examiner avec attention les changements différents qui surviennent j pour atteindre ce but, on doit s’y prendre de la manière suivante. La substance est placée, comme à l’ordinaire, sur une bande de verre, couverte par une seconde lame mince ; au moyen d’une baguette de verre, une petite goutte du réactif est placée sur le bord du verre mince , pour qu’elle s’infiltre entre les deux verres et puisse agir sur l’objet; cette même méthode est celle que nous avons déjà proposée dans l’examen des liquides. La goutte doit être aussi petite que possible; parce que si elle est grosse, elle provoque, en s’infiltant entre les deux verres, par sa quantité, des courants si forts , que ceux-ci enlèveront la substance à examiner, et qu'on sera long-temps à la retr ouver. On perdra donc les premiers moments qui sont précisément les plus précieux de la réaction. En apportant une grande quantité du réactif , on se privera encore d’une autre condition favorable à l’observation ; si le réactif a pu se répandre sur toute la substance, tout le champ n’offrira que le même degré d’altération provoquée; si, au contraire, une faible quantité seulement est apportée, on trouvera très bien marquées les hmitesjusqu’auxquelles le réactif est avancé, et précisément sur les limites, on verra la substance qui subit les différents degrés successifs de la réaction. Si l’on fait, par exemple, parvenir une goutte d’acide acétique sur une goutte du sang des grenouilles , on verra .sur les bords d’un courant de l’acide des globules, dont quelques-uns sont encore intacts , et d’autres commencent à se décolorer, et ainsi de suite, on verra tous les degrés des altérations de globules jusqu’aux noyaux, qui sont les restes des globules sur lesquels l’acide agissait.

Il est nécessaire, sans doute, d’examiner les effets du réactif employé, soit à l’état faible, soit concentré ; mais , en général, principalement si l’on commence à étudier l’effet du réactif.

manipulation chimique. 155

il faut l’employer en rfissolulion faible, parce que les effets des réactifs concentres sont trop brusques pour peimettie une observation suivie. Quelquefois on veut connaître 1 effet d un réactif qui se produit après un intervalle plus ou moins long 5 alors on fait l’opération en grand , et non pas sous le microscope* on examinera alors, après avoir expose la substance pendant un temps plus ou moins prolonge à la reaction, une parcelle de la substance en question : il va sans dire que dans ce cas , il ne peut plus être question de l’observation des effets successifs de la réaction. On ne peut arriver au meme résultat en laissant une goutte de la substance et du reactif pendant plusieurs heures sous le microscope , parce qu elle se dessécherait (chap. VI, § 4). La substance dont on veut connaître la réaction chimique doit être naturellement dans un état de dissolution, car si on voulait, par exemple, placer un morceau d’un alcali au milieu d’une goutte , la violence de l'effet pi'o-^ duit rendrait l’observation impossible.

Nous avons fait ari’iver la goutte du réactif par capillai ité entre les deux verrés; quelques observateurs croient nécessaire de donner une position inclinée au porte-objet, pour que la goutte puisse s’infiltrer plus vite ; mais cette position est toutrà-fait inutile. Dans le cas où on n’a que peu de manipulations chimiques à exécuter, et où on ne voudra point mettre le microscope dans la position indiquée dans la figure 30, on aura soin seulement de bien couvrir l’objet pour que l’évaporation de la goutte du réactif n’interrompe point l’observation.

L’examen des matières salines , soit cristallisées , soit dans un état amorphe , offre un point intéressant et instructif dans les recherches microscopiques. On peut obtenir les sels qui se trouvent en dissolution, soit en faisant évaporer par lui-même ou à l’aide de la chaleur le liquide , soit en les précipitant par un autre reactif. Les analyses de ces substances doivent se faire sous le microscope , par les acides et les alcalis , comme dans les laboratoires; il n’y a rien de changé dans leur nature.

Si l’on veut se procurer les cristallisations de certains sels , on les dissout , soit à chaud , soit à froid , selon la nature du sel ; on les filtre ensuite et on les fait évaporer sur une lame

de verre, tout-à-fait comme si on opérait en grand. On prendra pourtant la précaution de ne pas observer une couche trop épaisse du liquide évaporé, parce que les cristaux se couvrant alors, on ne pourrait guère les distinguer.

On trouve de pareilles cristallisations presque dans tous les liquides qui se refroidissent ou s’évaporent, dans les tissus qui commencent à se putréfier, etc. Parmi les anciens, Backer, et chez nous M. Raspail , se sont occupés d’une étude suivie des cristallisations. Nous en avons déjà parlé dans les paragraphes concernant les urines et les. sécrétions intestinales.

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