‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 60 sur 358 · USAGR DU MICROSCOPE SIMPLE · texte numérisé non relu

USAGR DU MICROSCOPE SIMPLE

Li S anciens observateurs , privés de bons microscopes composés , étaient forcés de faire usage des microscopes simples , c’est-à-dire de lentilles piano-convexes, ou même de lentilles entièrement sphériques , qui offraient beaucoup d’avantages pour la clarté et la netteté de l’image de l’objet observé(p. 13).

Mais depuis que les microscopes composés achromatiques sont arrives à un degré de perfectionnement qui surpasse tout ce que les lentilles simples peuvent accomplir, l’usage du microscope siijiple a beaucoup diminué. On l’emploie encore dans les dissections anatomiques ; mais on ne s’en sert plus pour les recherches sur la structure intime d’un tissu quelconque.

Nous avons dit tout à l’heure que le microscope simple n’est autre chose qu’une lentille ou sphère de substance transparente au foyer de laquelle on place les petits objets qu on veut examiner. Les rayons qui partent de chaque point de l’objet sont réfractés par la lentille suivant des rayons parallèles qui , jiénétrant l’œil placé immédiatement derrière la lentille, font voir distinctement l’objet. Le pouvoir grossissant d’un microscope de ce genre est égal à la distance à laquelle

Micaoscopu simple.

on peut examiner l’objet le plus distinctement possible , divisée par la longueur focale de la lentille ou sphéroïde.

Si cette distance est , par exemple , de huit pouces, le pouvoir grossissant d’une lentille dont la longueur focale est d’un dixième de pouce (de 2, 54 inill ), sera de huit divisé par un dixième , égal à quatre-vingts. Si la distance conve'nahle aux yeux pour l’examen des objets n’est que de cinq pouces, alors le pouvoir grossissant de la même lentille ne sera que de cinquante, Nous ne croyons pas nécessaire de donner une table des pouvoirs grossissants des lentilles de différentes longueurs focales, parce que chacun pourra facilement calculer ce pouvoir par la division de la distance à laquelle il voit bien distinctement l’objet à l’œil nu, par cette longueur focale.

Le pouvoir grossissant linéaire est le nombre de fois qu'un objet s’augmente en longueur, et le pouvoir grossissant superficiel est le nombre de fois cju’un objet s’augmente en superficie. Ainsi, lorsque l’objet est un petit carré, alors une lentille qui augmente de dix fois le côté du carré, augmentera de cent fois son aire ou sa superficie. Mais on ne parle dans les microscopes simples , comme dans les microscopes composés , que des gi’ossissements linéaires.

Le microscope simple est souvent employé et avec beaucoup d’avantages dans les dissections anatomiques , des insectes , par exemple. On ne se sert alors que de faibles grossissements , le champ est assez grand , et les mains peuvent agir librement. Nous avons parlé , dans le paragraphe qui concerne les microscopes de Pricthard , de cette barre qui leur sert d’appui; dans nos microscopes simples, le porte-objet est une table large , supportée par deux colonnes , de sorte qu’elle est en même temps solide et coimnôde.

On pourra pourtant se passer même du microscope sim le pour les dissections, si l’on fait usage de très faibles grossissements (voir p. 140) qui nous ont servi à l’élude des insectes. Le champ sera nïème alors beaucoup plus grand, et on ne rencontrera d’autre inconvénient que la petitesse du porte-objet , et l’incommodité pour la position des mains. Mais j’espère avoir bientôt à ma disposition on instrument, qui réunira au,x

traité PIIATIQÜE ÜH MICROSCOPE.

avantages du microscope composé horizontal, ceux d’un porteobjet pouvant servir de table anatomique.

Un des inconvénients les plus frappants est la grande fatigue de l’œil qui re'sulte de l’usage continué du microscope simple. Soit que la quantité de lumière qui vient frapper l’œil soit trop grande , ou bien que les diaphragmes qui doivent procürer à l’image toute sa pureté, rétrécissent le champ de manière qu’il devienne très petit, et que l’examen et la recherche des objets soit conséquemment plus difficile , quoi qu’il en soit , le microscope simple, employé long-temps, provoque une fatigue très sensible, même aux yeux les plus exercés.

Nous venons de toucher un des inconvénients les plus graves qu’offre le microscope simple; nous parlions tout à l’heure du champ très restreint qui se présente à l’observateur. Souvent on a besoin d’examiner une plus grande étendue de la substance, pour se procurer une connaissance exacte de sa structure intime. Si on fait des' recherches chimiques , il est nécessaire d’avoir sous les yeux plusieurs états différents de la substance , provoqués par l’action successive du réactif chimique. Il résulte , en outre , du rétrécissement du champ , ainsi que nous le disions tout à l’heure , une grande fatigue de l’œil.

Rien de plus incommode que de se servir de lentilles d’un grossissement très fort , et dont le foyer est nécessairement très court; l’objet touche alors, pour ainsi dire, d’un côté, la lentille, pendant que l’œil est tout près de l’autre côté; à part les désagréments qui résultent d’une position du nez si rapprochée de certaines substances et tissus , on comprendra aussi tout ce que cette situation a d’incommode et de peu satisfaisant.

Nous avons parlé, dans la description des microscopes composés, de l’application de la chambre claire pour dessiner et mesurer les objets observés, èt nous avons exposé , à celte occasion , tous les avantages qui résultent de l’emploi de cet instrument.il y a quelques années, MM. Doyère et Milne Edwards ont adapté , d’une manière très ingénieuse et très commode, cet appareil au microscope simple et au microscope composé vertical (fig. ÎG, 29), de sorte qu’on peut maintenant

CAUSES n’F.Rnr.üRs,

(le même dessiner les objets observés au microscope simple, à l’aide de la chambre claire , ce qui rend beaucoup plus vrais et conformes à la nature les contours dessinés.

La chambre claire , appliquée par MM. Milne Edwards et Doyère , consiste dans un miroir d’acier percé , fixé au-dessus de la lentille simple; il est incliné de quarante-cinq degrés , et reçoit des rayons lumineux d’un prisme ( ou d’un miroir incliné de 45 degre's sur le papier) qui se trouve fixé en face du miroir sur une tige mobile , composée de plusieurs branches. Au-dessous du prisme est placé le papier , et conséquemment la main tenant le crayon ( voir le chapitre sur l’usage de la chambre claire); l’image du crayon et du papier, réfléchie par le prisme sur le miroir, et delà à l’œil de l’observateur, sera vue en même temps que l’image de l’objet, dont les rayons arrivent à travers le trou du miroir perce'.

On prendra, avec cet appareil , les mêmes précautions que pour la chambre claire du microscope composé ; on tâchera de modifier la lumière qui éclaire le papier et l’objet , de sorte que le jour soit convenablement réparti , et on aura soin, ce qui est d’une grande importance dans l’emploi de cet appareil, que l’œil soit garanti des rayons qui arrivent latéralement et qui sont étrangers, soit à l’objet, soit au papier.

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