CHAPITRE VI
CAUSES d’erueuhs dans les études microscopiques.
Le microscope , comme tout autre instrument , est exposé , par la nature même de sa construction , à donner lieu aux erreurs dans les observations, si celui qui s’en sert ne connaît point les moyens d’en faire usage. Une partie de ces illusions peut être évitée très facilement par l’observateur, en prenant les précautions nécessaires ; ainsi, par exemple, on voit se produire dans le microscope , selon les lois de l’optique, des phénomènes de diffraction et d’irisation, qui nuisent aux observations ; mais on peut facilement, par la modification de la lumière trop vive , obvier à cet inconvénient. Les mêmes re-
marques s’appliquent au phénomène des doubles images, dont nous parlerons plus tard. Une autre partie des illusions se reproduiront presque constamment , mais ils ne donneront lieu à aucune erreur, si l’observateur s’est familiarisé avec son instrument ; à cette classe appartiennent, par exemple , les bulles d’air, le mouvement moléculaire, les altérations produites par le desséchemeni, etc. Nous allons nous arrêter aux principales sources d’erreurs, et nous donnerons les moyens de les éviter ; toutefois , il y a une foule de causes d’erreurs qui se rapportent à la préparation même des tissus qu’on veut examiner, et que chacun saura éviter, pour peu qu’il ait fait usage du microscope pendant quelque temps ; nous les avons déjà mentionnées dans les panigrapbes précédents , auxquels nous renvoyons nos lecteurs.
Si l’observateur n’est pas assis à son aise , si le sang se porte à la tête, trop inclinée peut-être, si du mucus ou des larmes se trouvent devant la pupille , on voit apparaître une foule de petits points noirs, se remuant avec plus ou moins de vivacité, restant dans le champ, le quittant pour quelques minutes et y reparaissant , se présentant sous l’apparence de chapelets , ou quelquefois sous des formes plus bizarres, empêchant une observation libre et exempte d’erreurs. A cette classe appartiennent aussi ce qu’on appelle mouches volantes , dans le langage usuel. On croit voir, au premier abord, des monades qui se remuent; mais la singularicé de leur mouvement, surtout leur forme, leur couleur et leur déplacement selon la direction de l’œil , et conséquemment de la pupille , dévoileront bientôt leur nature , et empêcheront l’observateur de transporter l’existence de ces points dans la substance examinée.
Quelquefois un cil est dirigé vers la pupille et empêche plus ou moins la vue claire et nette de l’objet ; d’autres fois le même effet est produit par un long cheveu qui se tiouve, dirigé vers l’œil. C’est , pour ainsi dire , une barre devant la pupille , mais on s’en aperçoit aussitôt. Si l’œil n’est pas placé dans l’axe de l’instrument, mais s’il se tient dans une ligne latérale , s’il se trouve même encore un peu éloigné de l’oculaire, ainsi qu’il arrive à ceux qui font leurs premières obser-