‹ Traité pratique du naturaliste préparateurChapitre 2 sur 64 · INTRODUCTION ET DIVISION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ET DIVISION

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Les procédés sur la conservation de la nature morte, de manière à en faire la représentation exacte de la nature vivante, constituent l’art du naturaliste préparateur. Cet art qui s’applique aux êtres qui composent les trois règnes, présente un intérêt scientifique par lequel nous avons été toujours grandement séduit, et c’est cet attrait invincible qui a déterminé notre vocation et nous a fait naturaliste préparateur.

Un travail continu pendant de longues

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années, des voyages d’outre-mer et un goût spécial nous ont, dès la plus extrême enfance, mis à même de nous assimiler et d’appliquer une multitude de procédés qui, nous le croyons, seront très-avantageusement mis à profit par les naturalistes, et grâce auxquels, nous l’espérons, ils arriveront à remplir complètement le but de l’art du naturaliste préparateur, qui est, comme nous venons de le dire, la conservation de la nature morte dans les trois règnes,, de manière à en faire la reproduction exacte delà nature vivante.

La taxidermie, la botanique, la géologie, la minéralogie, ne sont pas seulement utiles au point de vue des progrès humains, elles peuvent être encore d’une aide précieuse à l’homme du monde pour combler d’intelligents loisirs et alterner la vie de salon, de sport et de plaisir, en s’occupant à lire, à collectionner, en s’immisçant en quelque sorte dans les éternels mystères de la na-

tare, en participant à l’immuable vitalité de la création, et se rapprochant presque de la Divinité par l’étude et l’observation de

ses secrets . »

Or, les sciences au point de vue pratique du naturaliste préparateur, de l’herborisateur, du collectionneur, etc., sont encore peu vulgarisées ; nous avons voulu, autant qu’il était en nous, combler cette lacune fatale aux sciences naturelles, et telle est la pensée prédominante qui nous guide dans la publication de cette partie pratique de l’histoire naturelle que nous présentons aujourd’hui au public.

Notre prétention n’est point de faire un ouvrage scientifique , nous voulons seulement faciliter aux amateurs sérieux les abords de l’étude de l’histoire naturelle et les mettre à même, sans élucubrations préliminaires, de collectionner, de préparer et de conserver les objets d’histoire naturelle qui doivent former leurs collections.

Bien des ouvrages antérieurs à celui que nous publions aujourd’hui ont traité le sujet qui nous occupe ; nous ne nous laisserons pas entraîner à la critique de bon nombre d’entre eux. Le plus grand nombre n’est qu’un réceptacle mal assorti de méthodes vicieuses, impraticables, et qui même sont de vrais radotages. Comment en serait-il autrement, puisque la plupart des auteurs qui ont traité de la préparation des objets d’histoire naturelle ne savaient pas eux-mêmes faire une préparation taxidermique ?

Loin de nous la pensée de croire que nous avons réussi à réaliser les desiderata de tous les naturalistes; mais nous avons l’espérance d'être utile en faisant connaître des procédés nouveaux qui nous appartiennent et qui n’ont pas encore été publiés, auxquels nous en avons ajouté plusieurs que nous devons à l’obligeance de diverses personnes qui s’occupent avec succès d’histoire naturelle.

Nous recevrons avec reconnaissance, et nous prions instamment les amateurs de vouloir bien nous adresser les observations qu’ils jugeraient utiles sur ce travail; nous en tiendrons compte exactement dans la seconde édition.

Nous avons divisé notre ouvrage en trois parties, afin d’en rendre l’application plus facile pour les commençants.

La première partie comprend la Taxidermie, ou l’art de préparer, monter et conserver les êtres du règne animal.

La seconde partie est consacrée à la Botanique (règne végétal) , et comprend les notions élémentaires pour rendre une herborisation fructueuse , la description des instruments propres à la récolte des plantes, la dessiccation, la manière de composer un herbier, les préservatifs, etc.

Nous y avons ajouté l’art de préparer et conserver, en collections inaltérables, les plantes marines (algues, fucus, conferves).

sujet sur lequel nous avons, il y a deux ans, publié un opuscule traitant cette partie de la cryptogamie, et auquel nous avons ajouté des moyens d’exécution les plus faciles et très-peu dispendieux.

Enfin, la troisième partie comprend le Règne Minéral ; nous nous sommes borné à indiquer les instruments nécessaires dans les courses géologiques, les livres et cartes indispensables pour se reconnaître sur le terrain que l’on désire explorer, la manière de ranger une collection, et la classification de nos plus célèbres minéralogistes et géologues.

En divisant notre ouvrage d’après la division des trois règnes de la nature, notre cadre se trouve nettement tracé, c’est-à-dire que dans ce travail nous suivrons la classification naturelle, comme s’il s’agissait de former un cabinet ; nous commencerons donc à nous occuper de la préparation des mammifères, puis de la préparation des oiseaux,

des reptiles, des poissons, des mollusques, des articulés, des rayonnés. Nous compléteterons cette première partie en donnant les formules du savon de Bécœur (pâte au savon arsenical) , puis celle dont nous nous servons dans nos ateliers, et dont, je l’espère, on reconnaîtra par l’usage la supériorité sur toutes celles préconisées jusqu’à ce jour. Nous nous occuperons ensuite de l’entretien et des soins à donner aux cabinets d’histoire naturelle, des préservatifs pour

les désinfecter de ces myriades d’insectes d’autant plus terribles, que, par leur petitesse, ils échappent trop souvent à notre vue ; enfin nous traiterons de la réparation des pièces qui par une cause quelconque se trouveraient détériorées.

Nous passerons immédiatement à la botanique et nous indiquerons à cette occasion les préservatifs concernant cette partie. Nous terminerons parle règne minéral.

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