‹ Traité pratique du naturaliste préparateurChapitre 30 sur 64 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Malgré le génie incontestable des grands naturalistes qui ont traité les différentes branches de l’histoire naturelle, malgré leurs nombreux écrits, et l'intelligence de celui qui se voue à telle ou telle branche.de cette science, il est très-difficile, pour ne pas dire impossible, d’arriver à une connaissance exacte et précise, enfin acquérir ce coup d'œil, ce palper, que seul possède le naturaliste qui a su s'entourer de conseils d'hommes consciencieux et érudits, qui a beaucoup étudié, et surtout beaucoup vu, écouté et observé. Or, tout cela n’est point si facile qu’on le croit tout d’abord.

Supposons que nous ayons en main l’intéressant volume de Le Maout, étudions en lisant

attentivement la partie qui traite des organes des plantes, faisons des comparaisons, établissons tout un échafaudage de système en rapport avec notre intelligence, notre bon vouloir, ou notre besoin d’apprendre et de savoir; rendonsnous compte et comprenons même ce qu’est la Taxonomie (classification), qu’aurons-nous obtenu en résultat ? C’est à peine si nous avons acquis des données générales sur la botanique ; quant à la science, nous ne la soupçonnerons même pas, et s’il s’agit de créer un herbier, nous en serons complètement incapables; nous ne serons même pas des écoliers.

Le point principal est de connaître les plantes elles-mêmes ; dès lors il devient très-facile de les distribuer par familles, de discerner les genres et déclasser les espèces; quand on en est là les livres deviennent d’une utilité incontestable, et la classification n’est plus qu’un jeu.

Pour connaître les plantes il faut faire des courses dans la campagne, à la recherche des plantes, en un mot, herboriser; mais, accompagné d’un professeur de botanique, qui, avant de vous laisser cueillir, vous en fait étudier le port, examiner et observer dans quels lieux, quelles conditions se trouve l’individu, puis, la plante à la main, vous en fait connaître tous les organes ; en un mot, vous la dissèque sous les yeux, en faisant ressortir, chaque fois qu’il est

nécessaire, les propriétés de cette plante; oui, après quelques leçons et excursions sérieuses, accompagné d’un bon et consciencieux professeur, nous n’hésitons pas à le dire, avant quinze jours ou un mois tout au plus , on aura la clef du volume de Le Maout, ou tout autre auteur. C’est là le meilleur moyen pour arriver à un prompt et bon résultat.

Que l’on ne croie pas qu’il s’agit ici seulement de la botanique; non, la zoologie, la géologie, la paléontologie, la minéralogie , enfin toute l’histoire naturelle dans ses infinies ramifications, doivent s’étudier sur les lieux; et que celui qui n’a en vue que d’être un préparateur d’histoire naturelle, ne se croie pas dispensé de ces excursions, car c’est en étudiant la nature vivante, en l’observant attentivement, qu’il arrivera à donner à ses préparations la pose vraie # de chaque individu. En histoire naturelle, aucune observation n’est inutile, et bien au contraire , lorsque l’on a la patience de bien observer, on arrive souvent à de nouvelles découvertes qui nous dédommagent bien au delà de la peine que nous pouvons nous donner.

Puis il est si bon de surprendre les secrets d’existence de ces milliers d’êtres, que le divin créateur a doués de sentiments si divers, et que l’indifférent foule du pied!

sr*

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