DE LA GÉOLOGIE
La Géologie est une science qui a pour objet la connaissance de la constitution physique et minérale du globe.que nous habitons.
Cette science se compose de deux parties distinctes, la Géognosie et la Gêogénie.
La Géognosie a pour but d'étudier la composition des diverses roches ou masses minérales dont Fen semble constitue l'écorce ter» restre.
La Géogénie est la science qui traite de Fori»
gine de la terre et qui explique les divers phénomènes et les révolutions qui s y sont succédé.
Toutes les personnes qui veulent faire d'une manière fructueuse une promenade ou une excursion géologique doivent se munir des intruments suivants :
Marteau en acier trempé et de forme spéciale, boussole , loupe , ruban-mètre , bissac ou petit filet en corde à double poche, carte géologique du terrain que Ton doit explorer.
Mais pour effectuer un long voyage, d’autres instruments sont nécessaires, et il faut en outre s’agencer de manière que, tout en portant son matériel, on ait ses mains libres pour être prêt à toute éventualité. On se munira donc des instruments suivants :
Marteau à tranche, en acier trempé ;
Marteau à pointe, en acier trempé ;
Petite masse pour échantillonner;
Ciseau ou burin ;
Ceinture en cuir, munie de petites courroies destinées à maintenir et à fixer les marteaux et autres instruments embarrassants ; boussole servant à mesurer la direction et rinclinaison des couches. Cet instrument, connu aussi sous le nom de compas, est muni d’un petit aplomb mobile qui aide à déterminer mathématiquement les inclinaisons.
Mètre en ruban ou chaîne pouvant servir â mesurer les couches.
Bonne loupe pour déterminer les roches et les minéraux, briquet pour constater la dureté des roches et celles qui font feu sous le choc de l’acier. Baromètre à siphon de Gay-Lussac, thermomètre à maxima et minima , pointe-limeoiselet, aimant, petit mortier d'agate, chalumeau en métal, lampe à esprit-de-vin , et pince à bouts de platine.
Flacon en verre contenant de l'acide hydrochlorique non concentré , afin de déterminer les parties calcaires contenues dans les roches.
Tous ces instruments sont contenus ordinairement dans un nécessaire, ce qui ne dispense pas de se munir d’un havre-sac destiné à contenir le tout ainsi que les objets que Ton juge nécessairespour rendre son excursionplus utile et plus agréable.
Tel est l’attirail indispensable pour effectuer un voyage prolongé et loin de tout centre de population.
En tout cas , il faut se munir de ouate et de papier pour envelopper les échantillons; on doit surtout apporter tous ses soins dans le choix d’une bonne carte géologique et se munir aussi d’une bonne carte géographique de la contrée qu'on doit parcourir.
Si l'on explore une contrée peu visitée par
les géologues et par conséquent peu connue , on fera bien de prendre des renseignements près des habitants les plus voisins du lieu que Ton va parcourir. Les renseignements des paysans, sans être scientifiques, ne sont nullement à dédaigner ; ils peuvent mettre le géologue sur la trace de bons gisements , qui pourraient fort bien ne pas être découverts sans ces indications. Du reste , comme nous Lavons dit dans un chapitre précédent , le naturaliste ne doit négliger aucun renseignement, aucune indication ; peu ou beaucoup , il en tirera toujours profit. D'ailleurs, comme le dit M. Emile Goubert , dans son ouvrage en trois volumes, sur la géologie du bassin de Paris, ouvrage sous presse : « L'on peut être géologue et cependant ignorer et le latin et le grec : Lon pourrait citer de nombreux exemples d’employés des ponts et chaussées, d’ouvriers même qui , sans être jamais devenus des savants, n’en ont pas moins rendu d’importants services à la géologie locale de leur contrée.
« Dans le Wurtemberg , notamment dans les Alpes souabes des environs d’Ulm , la géologie est devenue tout à fait populaire. 'Vous rencontrez des paysans qui vous mènent sur les gisements et vous apprennent à distinguer les couches et à nommer les fossiles, comme le ferait un géologue. »
En France, si la belle science de la géologie n’est pas aussi vulgarisée dans la classe ouvrière et surtout parmi les habitants de la campagne, il ne faut pas , du moins , refuser à notre nationalité l’esprit d’observation qui nous est propre, et c’est à ce point de vue que nous conseillons de ne pas négliger de se renseigner près des paysans, bien qu’ils soient presque toujours étrangers à la science de la géologie.
Nous dirons plus, souvent ces renseignements seront plus positifs que ceux pris près de certains professeurs et ingénieurs sans diplôme qui, se drapant dans le manteau de la science, crient au désintéressement et n’ont cependant que le lucre pour but .
Avant de gravir une montagne , on recueille à sa base des fragments de roches ou minéraux que les eaux torrentielles ont détachés et roulés en ces lieux; ils indiqueront la nature des roches et minéraux desquels ils proviennent et dont le gisement peut être facilement découvert en explorant avec soin le versant de la montagne où Ton aura trouvé ces fragments,
A chaque échantillon qu’on recueille ou que l’on détache d’un bloc, on joint une étiquette indiquant la localité où il a été trouvé, sa position géographique et géologique, la nature et Faspect du sol, si le gisement est plus ou moins important, s'il a l’apparence d'un filon, etc.,
et, autant que cela se pourra, son élévation au^ dessus du sol. Enfin , si on le juge nécessaire, on prend le croquis du gisement et des lieux environnants; en opérant ainsi, on sera en mesure de fournir de précieux renseignements sur la nature du sol des divers pays que Ton aura explorés, et de rendre de grands et utiles services à la science.
Rentré chez soi, on se sert de la petite masse ci-dessus indiquée pour achever l'échantillonnage des roches recueillies; ensuite on les lave avec de l’eau ordinaire et une petite brosse, et, quand les échantillons sont bien secs, on les classe d’après Fauteur de son choix.
Puis, sur chaque échantillon, on colle un petit numéro imprimé correspondant au catalogue de sa collection, ou bien on se sert d’étiquettes qu’on place sous l’échantillon , dans une petite boite en carton ou cuvette.
Les substances terreuses ou pisoîithiques se renferment dans de petits flacons ou tubes en verre.
Nous ne saurions trop recommander, pour arriver à une prompte et bonne classification, la magnifique coupc figurative de la structure de U écorce terrestre , avec classification des terrains , d’après la méthode de M. Gordier, professeur de géologie au Muséum d/ histoire naturelle de
Paris , publiée par MM. Charles d’Orbigny et Charles Léger.
Ce grand et important tableau colorié , qui a 1 mètre 25 centimètres de longueur sur 75 centimètres de hauteur, se divise en trois parties distinctes.
La première partie comprend la classification des terrains qui constituent l’écorce terrestre, avec Lindication des six cent quarante principaux dépôts, couches ou amas qui composent les divers étages, le tout rangé suivant Tordre des superpositions, et par conséquent suivant Tordre chronologique des formations.
La seconde partie du tableau représente la coupe figurative de Técorce terrestre.
Enfin la troisième partie du tableau représente la figure des cent quatre-vingt-douze principaux fossiles caractéristiques des divers étages.
Comme on le voit, ce tableau est d'une importance incontestable pour le géologue voyageur qui veut arriver à une détermination prompte et sure des terrains qu'il se propose de parcourir.
Afin de faciliter le classement d’une collection de roches, nous croyons devoir reproduire ici la nomenclature complète des divers terrains et étages, en l’empruntant au tableau chronülogiÆfne que MM: Ch. d'Orbigny et A. Genle
ont publié récemment, et sur lequel ils ont fait graver avec une remarquable perfection la figure de tous les fossiles caractéristiques des terrains.
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