Phalangines et
phalangettes.
pendant la mise en peau , par les matières qui pourraient s’en échapper; vous détachez la peau avec les doigts et le manche de votre scalpel en venant du sternum à Tamis, et en dégageant le plus possible, vous désarticulez le fémur qui vous fait face; vous retournez ranimai et continuez de même pour l’autre, vous continuez à dégager la peau, en coupant les chairs qui pourraient encore y adhérer; maintenant il s'agit d'enlever les vertèbres de la queue. Si c’est un mammifère de la grosseur jusques et y compris le renard, après en avoir bien dégagé les abords, au moyen de longues brucelles bourroirs , ou, si vous ne possédez pas cet outil, au moyen d’un bâton fendu dans une partie de sa longueur, vous y introduisez la naissance de la queue, et, tenant le bâton de la main droite, jvous agissez en sens inverse de la main gauche, vous la retirez aisément de son fourreau. Cependant il est des animaux tellement gras qu’il est très-difficile, sinon impossible, d’en extraire en entier les vertèbres du fourreau, il faut, ainsi que pour les gros mammifères, la fendre dans toute sa longueur, en dessous, et vous l’écorcheriez de la même manière que les autres membres.
La partie postérieure de votre animal est donc libre, vous retournez la peau en tirant du côté de la tête, vous arrivez aux omoplates que vous
détachez du corps, enfin vous arrivez à l’occipital; avant que de détacher entièrement le corps de la tête, nous conseillons de continuer la préparation, c’est-à-dire, que le corps est sur la table, vous tenez la peau dans la main gauche, et avec le scalpel de la main droite vous pouvez plus facilement opérer la dissection de la tête, car ici il s’offre des difficultés qu’il faut vaincre sous peine d’avoir un mammifère aux lèvres minces comme du parchemin, par conséquent d’un effet détestable; vous détachez les oreilles et arrivez au museau, vous coupez les cartilages du nez, et vous procédez au dé~ doublage des lèvres : pour cela, vous passez le doigt indicateur en dessous de la peau, de manière à pouvoir sentir si vous dirigez bien le scalpel, afin d’éviter les coupures, car malgré tout, cela serait toujours visible ; vous vous débarrassez du corps en coupant entre l’occipital et la première vertèbre, vous enfoncez la voûte palatine, avec la panne d’un marteau, afin d’en extraire la cervelle, vous nettoyez soigneusement le crâne et vous prenez les membres un par un pour les disséquer, car, comme cela se voit, nous ne nous sommes occupés que de détacher les membres du corps, sans nous en occuper davantage.
Afin de faciliter le retournement de la peau sur les membres, ainsi que de retirer tout le
tissu graisseux qui forment la plante des pieds des mammifères, et par conséquent remplacer avantageusement ces parties par les étoupes et le mastic de vitrier, vous ouvrez avec îescalpel la partie inférieure de la patte jusqu’au milieu de la partie cornée, puis vous détournez la peau sur votre patte, en vous servant de temps à autre du scalpel pour couper les ligaments qui retiennent la peau, vous enlevez soigneusement toutes les chairs adhérentes, en ayant la précaution de ne pas couper les ligaments qui retiennent les os entre eux et arriver aux doigts.
Il faut agir avec grande précaution afin de ne pas arracher l’épiderme.
Voilà donc votre mammifère dépouillé; qu’il soit petit ou moyen, c’est toujours le même système , avec plus ou moins de difficultés. Quant aux très-grands animaux, nous décrirons les principaux moyens de les dépouiller, ainsi que la carcasse artificielle , à la suite de ce chapitre.
Tous les auteurs qui ont traité de T art delà taxidermie, ainsi que les naturalistes préparateurs, recommandent, comme moyen efficace de conservation, la macération des peaux dans le bain amer composé d’eau, alun et sel marin. Eh bien ! nous n’hésitons pas à le dire, c’est un procédé des plus mauvais sous tous les rapports; car, outre la perte de temps, hem barras dans
unatelier, et plus encore dans le logement d’un amateur, des baquets de macération (puisque r on admet vingt-quatre heures pour un petit mammifère et huit ou quinze jours pour un moyen) , il n’arrive jamais que Ton retire une peau du bain sans que les poils des paupières ou des lèvres se détachent au toucher, ou pendant la préparation; nous ne saurions donc trop recommander aux personnes qui ont l'habitude de se servir du bain amer de mettre de côté ce procédé vicieux, et aux jeunes amateurs de ne jamais tenter de s'en servir à moins qu’ils ne veuillent sacrifier une peau de peu de valeur et faire un essai.
Dans les grands établissements où l’on dispose continuellement de grandes quantités d’alcool, on a l’habitude de s’en servir pour les macérations; le procédé est bon, surtout pour les petits mammifères, mais il a l’inconvénient d’être très-dispendieux.
Cependant nous recommandons tout particulièrement ce procédé pour le genre rats. Dans cette famille des rongeurs, il faudrait pouvoir monter l’animal aussitôt pris, pour ne pas voir se détacher du poil en plusieurs endroits, à peu d’exception près ; or, en mettant macérer dans l’alcool votre souris, rat ou taupe, pendant huit ou dix heures, vous êtes sûr d’un bon résultat.
Un autre procédé est de se servir de l’alun,
les uns le mettent fondre à l’eau bouillante, et lorsque cette dissolution est refroidie, y font macérer leurs pièces, plus ou moins de temps. L’inconvénient de ce procédé est de porter l’alun à se cristalliser et on n’en débarrasse jamais entièrement la peau qui en est imprégnée, ce qui n’est pas sans inconvénients, car l’alun en cet état attire l’humidité et occasionne la détérioration de l’animal.
La méthode la plus généralement employée par les préparateurs d’histoire naturelle est d’employer l’alun en poudre dont ils frottent la peau en tous sens; puis ils roulent la peau et la laissent dans cet état plus ou moins de temps, selon la grosseur de l’animal.
Le procédé dont nous nous servons dans nos ateliers est aussi expéditif que peu dispendieux : il est d’une réussite sûre et facile et consiste à saler les peaux des mammifères avec le sulfate d’alumine. Voici comme nous procédons :
Lorsque le mammifère est dans les mêmes dimensions et dans l’état que nous venons de décrire plus haut, vous prenez un morceau d’alumine et, avec quelques gouttes d’eau, vous en faites facilement une pommade épaisse que vous étendez sur toutes les parties de la peau ; vous la roulez et laissez quatre heures de repos, afin que l’alumine pénètre bien tous les pores ; ensuite vous la lavez à l’eau ordinaire, vous
Fépreignez entre les mains pour en extraire le plus d’eau possible: mais gardez-vous bien de la tordre, car non-seulement vous pourriez l’arracher, mais vous la déformeriez en la distendant par la torsion, et il vous serait impossible de vous trouver exact avec vos mesures. Vous laissez égoutter; puis, pour achever d’absorber toute l’humidité, vous frottez pendant quelques minutes avec de la sciure de bois : nous préférons la sciure au plâtre en ce qu’elle est plus expéditive et plus propre; néanmoins les personnes qui ne pourraient pas s’en procurer pourraient sans inconvénient se servir de plâtre.
Maintenant revenons à notre préparation : votre peau est salée et passée à la sciure, il vous reste à F amincir, opération délicate et qui demande beaucoup d’habitude. Il faut avoir un couteau à lame large et mince et enlever tous les tissus graisseux qui se trouvent adhérents à l’épiderme, puis vous passez aumontage.
Il faut, premièrement, vous procurer du fil de fer d’une grosseur convenable et bien recuit : ainsi pour un chat vousprenez du n° 1 6 etmême du n° 17. Vous coupez quatre fils de fer de même grandeur, pour vos pattes, il vous faut compter en plus de la longueur des pattes, pour le fil de fer, la longueur nécessaire pour simuler l’épaisseur du bassin et du thorax plus la longueur
relative à l’épaisseur du patin sur lequel doit être fixé l’animal, et que le fil de fer doit traverser pour être replié en-dessous.
Le cinquième fil de fer doit être beaucoup plus grand; il est destiné à servir de traverse ou de charpente principale : pour en prendre la grandeur nécessaire, vous comptez la longueur totale de l’animal; de plus, vous calculez ce qu’il faut pour former deux anneaux dans l’intérieur, et une quantité assez grande qui dépasse par Los frontal, afin de pouvoir allonger ou raccourcir le cou, suivant les besoins.
Le sixième fil de fer, qui doit être beaucoup plus faible, est destiné à être introduit dans le fourreau de la queue, après avoir roulé de la filasse autour, en imitant la grosseur progressive des vertèbres et l’avoir enduit d’une bonne couche de préservatif. Si la peau de la queue a été ouverte dans toute sa longueur, vous corn» mencez par la recoudre.
Vous revenez à la tête , vous appliquez une petite couche de mastic de vitrier dans l’épaisseur des lèvres; puis avec de la filasse un peu longue, vous en introduisez une partie dans le crâne, vous la faites revenir de l’autre côté du temporal , et vous la pressez solidement au moyen des brucelles avec Y autre partie qui s’v trouve déjà ; vous remplissez les orbites, puis vous donnez une bonne couche de préservatif,
et vous retournez la peau sur la tête de l’animal, il faut avoir grand soin de ne pas distendre la'peau du corps en faisant cette opération ou en le bourrant, car vous obtiendriez un cou beaucoup plus long qu’il ne l’est réellement ; en un mot, et nous le redisons une fois pour toutes, il faut se reporter aux mesures prises pour arriver à avoir un animal bien monté.
Vous commencez par les pattes de devante! vous procédez comme il suit : vous prenez votre fil de fer, vous l’appliquez le long des os et en laissez sortir, en dehors de la patte, la quantité qu’il est nécessaire de recourber sous le plateau, vous mettez un peu de mastic dans la plante du pied et vous recousez immédiatement cette ouverture ; vous faites prendre au fil de fer la courbure des os, et vous Y attachez solidement avec de la ficelle en dessus et en dessous des articulations ; vous donnez une bonne couche de préservatif et vous entourez le tout de filasse longue et vous détournez la peau ; vous procédez de même pour la deuxième, et vous achevez de bourrer avec la filasse hachée. Pour les pattes de derrière, il est nécessaire de bien représenter le tendon d’Achille, surtout dans les animaux à poils ras; on s’est servi jusqu’à présent de ficelle ou petit cordeau, suivant la grosseur de l’animal, pour simuler ce tendon. Ce système a le grave inconvénient d’augmenter
la main-d’œuvre sans offrir de compensation réelle pour le résultat; au contraire, il nécessite de faire des trous dans la peau, puis distend trop la partie supérieure de la cuisse; ensuite, si la peau de l’animal est faible ou en mauvais état, vous courez le grand risque de la faire éclater lorsque vous attirez au dehors la ficelle pour bien faire sentir le tendon d’Achille. Voici comme nous opérons : après avoir procédé pour la plante du pied de derrière comme vous l’avez déjà fait pour celle de devant, nous enveloppons seulement l’os d’étoupe; le fil de fer est donc libre; nous enveloppons celui-ci à son tour d’une légère couche de filasse, ce qu’il en faut seulement pour recouvrir le fil de fer, afin qu’il ne soit pas en contact immédiat avec la peau; puis nous appliquons, comme pour les pattes de devant, notre fil de fer contre les os de la cuisse, et nous commençons à entourer d’étoupes , un peu au-dessous du genou ou autrement dit du tibia, et nous allons, en augmentant, recouvrir l’omoplate. Nous avons donc un intervalle vide entre le tibia et le fil de fer; c’est ce qui forme le tendon d’Achille, et d’une manière solide et cf autant plus avantageuse que nous avons pu le faire tout à notre aise. Nous procéderons de même pour l’autre patte.
Le fil de fer qui doit traverser la boîte osseuse de l’animal doit être aiguisé d’un bout , à
moins que vous ne préfériez l’introduire par une des narines, système que nous préférons aussi, car il ne gâte pas la peau et ne brise pas le crâne; vous faites un anneau à la hauteur des épaules, un second à celle des cuisses, vous introduisez les fils de fer de vos pattes dans ces anneaux et les tordez ensemble, de manière que le fil de fer transversal soit toujours de haut en bas à chaque double torsion, afin d’obtenir une plus grande solidité. Il faut bien vous donner de garde d’oublier de laisser un intervalle convenable de fil de fer, pour remplacer f épaisseur du thorax et du fémur; autrement, il ne serait pas possible de pouvoir donner une pose gracieuse à l’animal que vous monteriez; vous attachez solidement le fil de fer de la queue à la traverse et votre carcasse est terminée. Vous passez une bonne couche de préservatif sur toutes les parties de la peau, et il ne vous reste plus qu’à bourrer l’animal : vous commencez par le cou, puis vous continuez toujours en descendant. (PI. 2, fig. 1.)
Une fois l’animal bien bourré, vous rapprochez les bords de la peau et vous cousez l’ouverture avec un fil bien ciré, et à points trèsrapprochés. Vous couchez l’animal sur le côté, et avec un bâton ou un petit maillet vous le frappez afin de l'aplatir, car malgré toutes les précautions que vous prendriez pendant le
bourrage vous rendriez toujours le corps de ] animal ou trop gros ou trop rond.
Pour la plupart des naturalistes, là se borne le travail et il ne reste plus qu’à donner l’attitude propre de l'animal .
Quant à nous, il ne sort jamais de nos ateliers un mammifère sans qu’il ait subi la préparation suivante :
Avant de fixer ranimai sur son socle ou patin, nous prenons de l’essence de térébenthine, et avec un tampon de filasse nous lavons, pour ainsi dire, l’animal ; une fois qu’il en est bien imprégné, nous le mettons dans du plâtre ordinaire, nous le retournons, nous le frottons légèrement avec la main , nous le séchons enfin, ce qui est fort facile à juger lorsque le plâtre n’adhère plus après les poils, nous le secouons ; puis, avec un jonc ou une badine, nous frappons l’animal en le tenant suspendu; ensuite avec le plumeau nous achevons, en l’agitant vivement, d’enlever tout le plâtre qui pourrait rester dans la robe de l’animal. Ce tra= vail est peu agréable à faire, et on ne peut guère l’exécuter que dans une cave ou dans une cour particulière à cause de la poussière qui se fait pendant cette opération, mais il a un avantage immense, celui de dégraisser la peauàl’extérieur et par là de la préserver des insectes destructeurs; en outre, il lustre le poil de l’animal.
II ne reste plus qu’à le mettre sur un patin et à donner l’attitude que Ton destine à Y animal, pose couchée, ou en action. Une fois solidement fixé, vous terminez le travail de la tête, pour cela vous hachez menu des étoupes ou du coton, vous en introduisez par les yeux, par les oreilles, et s’il est nécessaire vous faites une incision sous le maxillaire inférieur pour garnir les parties qui en ont besoin et auquel on ne pourrait arriver sans cette ouverture. Vous modelez sous les doigts les lèvres de votre animal, vous incisez la peau extérieure de l’oreille à sa base , et vous y introduisez du carton mince que vous aurez découpée en imitant la forme de foreille : enfin le goût du préparateur doit suppléer aux indications presque impossible à déterminer pour donner l'attitude propre au caractère de l'animal que l’on prépare.
Si la bouche doit rester fermée, vous veillerez à ce que les lèvres supérieures, en se desséchant , ne s’éloignent pas de leur position naturelle ; si la bouche doit être ouverte, vous la maintenez dans cette position en mettant un petit morceau de bois entre les deux maxillaires, au bout de quinze jours, trois semaines, suivant la grosseur de l’animal ; enfin, lorsque vous jugez qu’il est bien sec , vous procédez à la pose des yeux, à la confection des gencives et de la langue : pour les yeux, il faut avoir soin
de les ramollir avec des étoupes mouillées, puis vous remplissez l’orbite d'étoupe ou de coton, vous y introduisez du mastic avec le manche d’un scalpel ou d’un ébauchoir; vous placez l’œil en soulevant légèrement la paupière avec des épingles ou de petits clous bien minces; vous comprimez la peau dans les coins. Vous passez à la bouche : après avoir bien nettoyé les dents de l’animal, vous modelez des gencives avec la cire à modeler. Quant à la langue, voici notre procédé : vous prenez un fil de fer d’un numéro en rapport avec l’épaisseur de la langue de l’animal que vous montez, et vous le pliez en deux en lui donnant la forme voulue ; vous couvrez ce fil de fer avec de la filasse qui a toute sa longueur, ayant eu bien soin qu’elle soit bien unie ; vous la recouvrez d’un fourreau de calicot sur lequel vous passez une couche de colle-forte destinée à empêcher l’absorption inutile’ de la cire que l’on passe par-dessus ; vous faites chauffer au bain-marie dix ou vingt centigrammes de cire vierge, et une fois fondue vous y mettez une pointe de vermillon pour lui donner la couleur de chair que réclame cet organe; avec un petit pinceau doux vous appliquez vivement votre cire chaude sur votre langue ainsi préparée, et vous obtiendrez par ce système un résultat bien meilleur et plus expéditif qu’avec toutes les mastics con-
nus. Il ne reste plus qu’à passer légèrement un peu de vernis noir sur le bord des lèvres, et l’opération est terminée.
Il nous reste maintenant à donner les renseignements nécessaires pour monter de gros animaux. On comprend sans peine qu'il serait impossible de tirer le corps d’un ours, d’une gazelle, etc., par une ouverture telle que nous .l’avons désignée plus loin; il faut pratiquer, outre l’incision qui part du sternum à l’anus, une incision à chaque membre et venant se joindre à la principale. Quant à l’armature ou charpente de fil de fer, elle est d’une grosseur telle que le demandent la taille et le volume d’un gros mammifère : on prend un morceau de bois dur, d’une grandeur et grosseur en rapport avec le corps de l’animal que l’on prépare; on y fixe solidement, au moyen de clous à crochets, le fer de son armature. (Yoy. pl. 3, fïg. 3.)
Pour le cerf, l’élan, le bouquetin., enfin pour tous les animaux à cornes, on fait une incision autour, à une distance d’un centimètre, et une incision transversale en arrière des bois ou cornes et qui descende jusqu’à la hauteur ou s’emboîte le maxillaire inférieur ; on soulève la peau qui reste adhérente aux cornes, et on a bien soin, avant que de recoudre la peau, d’y passer une bonne couche de préservatif. Le
reste du montage est le même que pour celui de plus petits mammifères.
Pour la mise en peau d’un mammifère, le dépouillage se fait de même : on enveloppe d’étoupe ou d’autre matière les membres de Fanimal; on bourre le corps, en ayant soin de ne pas remplir de façon à distendre la peau, et on recoud les ouvertures comme dans le montage.
Si c'est un mammifère en peau que l’on a à préparer, il faut ramollir la peau dans du sable humide. Beaucoup de naturalistes ont l’habitude de le débourrer avant que de le mettre ramollir : ce système peut occasionner de grands accidents, car bien souvent les animaux que l’on reçoit des pays lointains sont préparés par les naturels du pays qui se servent de matières toxiques très-subtiles , et par la poussière qu’occasionne le retrait des matières que contient ranimai on peut s’empoisonner ou se rendre gravement malade ; nous ne saurions donc trop recommander aux jeunes préparateurs de ne négliger aucune précaution pour se mettre à l’abri de semblables accidents. C’est pourquoi nous recommandons de mettre ranimai dans le ramollissoir, avant que de le débourrer : r humidité empêchera la poussière de se répandre et diminuera de beaucoup le danger.
En second lieu, lorsqu’on débourre la peau sans l’avoir fait ramollir, il arrive qu'elle se déchire, car il est assez dans les habitudes des naturels de faire sécher au soleil, et quelquefois dans un four, leurs préparations, ce qui dessèche la peau avec trop de précipitation et la rend susceptible de se déchirer. Lorsque vous jugerez pouvoir débourrer ranimai sans danger, vous enlèverez complètement toutes les matières qui entourent les os, vous mettrez dans l’intérieur un tampon d’étoupes mouillées, et vous en entourerez les pattes et la tête, car ce sont les parties les plus dures à ramollir ; ensuite vous ensevelirez votre animal dans le sable, pour ne l’en retirer que lorsqu'il sera bien ramolli et propre à être monté.
h y a des mammifères, surtout dans les rongeurs, qui seraient dépouillés de tous leurs poils, si on attendait que la peau fût ramollie convenablement pour être montée; aussi il ne faut pas se servir du sable : on plonge l'animal dans un sceau d’eau pendant une , deux ou. trois heures, suivant la grosseur; on le laisse égoutter dix minutes et on finit de le sécher avec de la sciure de bois et on le monte immédiatement.