I. DE LA MANIÈRE DE VIDER LES OEUFS
1° S'ils sont frais. — On pratique à l’aide d’une aiguille ou, mieux encore (ce qui permet de faire un trou bien égal), d’une lime queue de rat très-fine, un trou à chaque extrémité. La grandeur de ces trous doit varier avec la taille des œufs. Ainsi, pour les œufs du rossignol, on fera un orifice dont voici à peu près la dimension, pour ceux de la taille de la perdrix, o, et enfin ceux de la taille de la poule exigeront une
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ouverture de cette dimension, 0. Plus les trous sont petits, mieux cela vaut.
Une fois les œufs percés, quelques personnes se servent d’un chalumeau pour les souffler; mais nous engageons les amateurs à négliger cet instrument, avec lequel on court grand risque de briser les œufs, à moins qu’on ait une grande habitude de s'en servir; nous préférons, pour notre part, P insufflation à l’aide de la bouche. On souffle par un bout pour faire sortir par l’autre la matière contenue ; si les œufs sont très-frais, on peut agir avec plus de rapidité pour les vider en aspirant.
2° Si les œufs sont un peu couvés.— On doit agrandir un peu l'orifice par où la matière doit sortir. Cet agrandissement doit augmenter avec le degré d’incubation; aussi, suivant le besoin, il est nécessaire de doubler et même de quadrupler l7 orifice de sortie *.
3° Si les œufs sont très-avancés. — On ne fera qu’un seul trou très-grand sur le côté, et avec une épingle forte et dont l’extrémité est recourbée en crochet, on fera sortir le fœtus que Pon aura au préalable divisé avec des ciseaux excessivement ténus.
* En général on ne doit pas donner place dans les collections oologiques aux œufs couvés, à moins qu’ils n’appartiennent à des espèces rares ou que l’on ne trouve que difficilement, car chez ces œufs les couleurs s’altèrent plus facilement.
4° Quand les œufs couvés sont très-rares . — On fait deux trous aux extrémités comme pour les œufs frais, et Ton introduit une solution concentrée de potasse. Cette solution forme, avec le fœtus, une espèce de masse savonneuse qu’on fait sortir en soufflant ou bien que bon dissout avec de l’éther sulfurique. Ce procédé est trèslong et exige beaucoup d’attention, si bon ne veut pas altérér la couleur et les taches des œufs.
5° Lavage des œufs.— Les œufs étant vidés, on y introduit, par aspiration, de beau, de façon à en remplir la moitié; alors on saisit bœuf avec deux doigts qui doivent obstruer les orifices, et on agite à plusieurs reprises pour laver l'intérieur; on les vide ensuite, puis, les plaçant dans un vase quelconque plein d’eau, on les lave à l’extérieur; cela fait, on les essuie et on les fait sécher dans un léger courant d’air en les posant sur du papier à filtre.
Une fois secs, on bouche les trous avec un
carré de baudruche et on écrit sur les œufs.
au crayon, un numéro qui doit être le même pour ceux d’une couvée. Ce numéro doit être répété sur un catalogue. Dans ce catalogue, outre le nom scientifique de l’oiseau, on doit faire entrer le nom vulgaire accompagné de quelques mots sur ses principaux caractères, le nombre des œufs de chaque couvée, ses usages, son pays, et s'il est de passage.
IL de l'emballage des oeufs et de leur rangement DANS LES COLLECTIONS.
Pour emballer les œufs, il faut avoir la précaution de séparer les gros, les moyens et les petits. On peut les placer séparés les uns des autres par des lames de coton ou de laine, de mousse, d’étoupe, défilasse, ou bien les mettre dans de la sciure de bois, du son, des rognures de papier. On peut encore, ce qui est bien préférable, mettre chaque œuf dans un cornet de papier un peu fort, de manière à former un petit paquet irrégulier; ce paquet, par ces angles grossiers, sera un excellent moyen de protection contre le froissement des œufs.
Quand on voudra ranger les œufs dans sa collection, on placera tous les œufs d’une meme couvée dans une cuvette* dont on remplira le fond d’une lame de coton pour préserver des chocs, puis, au fond, on mettra une étiquette dans laquelle on indiquera : 1° le nom scientifique de l’oiseau (avec celui de l’auteur), et son nom vulgaire; 2° le nombre d’œufs pondus dans une couvée; 3° l’époque des pontes ; 4° le lieu où il habite; 5° s’il est de passage dans le pays ou sédentaire. Voici du reste une étiquette qui pourra servir à rédiger toutes celles qu’on voudra faire :
* Si l’on ne fait pas en même temps collection des: nids.