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La stréphocatopodie native , comme en général toutes les stréphopodies natives , n'est point ordinairement portée à l'extrême. Le haut développement de cette nature de pied-bot est plutôt observé dans les cas de difformité accidentelle, surtout après une paralysie. Alors , en effet , la faiblesse générale du membre permet aux muscles les plus forts, qui sont aussi les plus exposés à la contraction , d'attirer le pied vers eux. Or, ces muscles étant presque toujours ceux de la partie postérieure de la jambe , il en résulte que le talon se trouve plus ou moins relevé en haut. Puis , dans la suite , le poids du corps aidant à l'action prédominante des muscles de la partie interne , il se fait une complication de la difformité, et le pied devient équin-varus, quelquefois très-développé.
Le pied est comme tordu sur lui-même, et ne
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touche le sol que par la face inférieure des trois dernières articulations métatarso-phalangiennes , tandis que les articulations tarso-métatarsiennes et l'arrière-pied se trouvent portés sur un plan beaucoup plus extérieur.
C'est encore , comme nous l'avons fait observer déjà, l'état le plus commun.
Chez les enfants en bas âge, la stréphocatopodie consécutive à la paralysie commence par la contracture des muscles fléchisseurs des orteils. Cette contracture oblige d'abord les orteils à s'enrouler vers la plante du pied; ensuite, à force de tenir le membre en extension , elle finit par entraîner la contracture et le raccourcissement des muscles du mollet et des tibiaux : alors le talon remonte et l'on a un pied équin avec enroulement du pied sur sa face plantaire et son bord interne. J'ai maintenant, dans mon Institut Orthopédique, un jeune garçon de J6 mois, atteint de deux pieds-bots, le droit dévié en bas et en dedans, le gauche directement en bas, et qui est né avec cette double difformité , mais beaucoup moindre qu'aujourd'hui : au moment de la naissance, on n'a remarqué que le pelotonnement des orteils sur la plante des pieds. Si , au lieu de s'en prendre aux tibiaux , la contracture saisissait les péroniers, il est clair que l'enroulement se ferait sur le bord externe, alors on aurait un pied équin-valgus,et non un équinvarus. Toutefois l'enroulement en dedans est de
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beaucoup le plus fréquent , à cause de la raison déjà indiquée . la prédominance des tibiaux sur lespéroniers; nous avons à peine rencontré, dans l'espèce, quarante cas d'enroulement en dehors.
Ainsi affectés, les enfants sont fort longtemps sans pouvoir marcher ni se tenir debout, et quand ils y parviennent , c'est en présentant au sol la face dorsale des orteils et quelquefois des articulations métatarso-phalangiennes. Si un prompt remède n'était point apporté à cette direction extra-vicieuse , la difformité se changerait bientôt en celle que nous appelons déviation du pied en dessous, stréphypopodie ; mais de simples brodequins très-solides suffisent pour la maintenir à l'état de pied équin-varus ou équin-valgus.
Nous allons maintenant parler des changements qui ont lieu dans les rapports des parties composant le pied difforme.
Dans la stréphocatopodie, la cavité tibio-péronienne cesse de recouvrir entièrement la poulie articulaire de l'astragale. Si le cas est léger, cette dernière partie de l'astragale est recouverte par la moitié ou les deux tiers de la mortaise tibiopéronienne ; si la difformité est très-forte, la ca-
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vite ne pose plus que sur la partie postérieure de la poulie, elle applique le reste de sa surface à la partie supérieure et postérieure du calcanéum. Selon le degré de la difformité , les sept os du tarse sont plus ou moins écartés les uns des autres à leur face supérieure, et cet écartement détermine la convexité faible ou forte du coudepied , la concavité faible ou forte de la plante. Les articulations tarso-métatarsiennes présentent un écartement analogue. La difformité, dans ce genre de déviation, semble déterminée par la pression de la cavité tibio-péronienne sur la partie postérieure de l'astragale qu'elle oblige de saillir en avant , et la jambe subit presque toujours un mouvement de torsion en dedans ou en dehors, selon que le pied est dirigé dans l'un ou dans l'autre sens. La tête articulaire de l'astragale fait souvent une saillie au-dessus de la face supérieure du scaphoïde. Les os de la deuxième rangée du tarse éprouvent aussi des changements dans leurs rapports : leur face postérieure devient supérieure, et la supérieure antérieure. Au développement plus grand de la face dorsale des os du tarse se joint presque toujours une torsion de ces os sur leur petit axe, soit en dedans, soit en dehors. Les os du tarse éprouvant des changements de rapport et de direction , il est tout simple que ceux du métatarse en éprouvent aussi. En effet, les deux derniers métatarsiens et les orteils avec lesquels ils s'articulent se trou-
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vent souvent sur la même ligne et paraissent aussi longs que les trois premiers, à cause du prolongement du cuboïde en avant. Ainsi que nous l'avons fait remarquer, le sujet atteint de stréphocatopodie prend son point d'appui sur la face inférieure des articulations métatarso-pha~ langiennes et sur les orteils. Ces articulations chargées d'un poids énorme, s'écartent entre elles et augmentent de volume, conséquences naturelles de l'irritation répétée à laquelle elles sont soumises pendant la station et surtout pendant la marche. Lorsque la difformité est trèsdéveloppée , les premières phalanges des orteils semblent s'articuler avec la partie supérieure des extrémités antérieures des os du métatarse, et il résulte de cette disposition, quand le malade appuie le pied sur le sol , que le métatarse et les orteils décrivent un angle plus ou moins droit. Nous croyons en avoir assez dit pour faire comprendre que dans la stréphocatopodie, les ligaments de la face supérieure du pied sont allongés et relâchés, tandis que ceux de la face inférieure ou plantaire sont raccourcis et tendus : si , concurremment avec sa déviation en bas, le pied se trouve enroulé en dedans, les ligaments sont contractés vers ce côté et relâchés vers l'autre, et vice versa. Les muscles de tout le membre difforme, et particulièrement ceux de la jambe, sont amaigris ; cette diminution de volume des muscles est partagée par les os, par les vaisseaux, par
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les nerfs (1) , et est toujours en raison de l'ancienneté de la déviation, de son degré, enfin de l'engourdissement plus ou moins prononcé du membre : voilà du moins ce que l'on observe dans la très-grande majorité des cas de cette espèce. La partie charnue des muscles du mollet, très-chétive alors , semble déplacée et située en haut de la jambe, près du jarret. Les muscles de la partie antérieure de la jambe et ceux de la partie supérieure du pied sont allongés , relâchés ; à la partie postérieure , au contraire , on remarque le même raccourcissement, la même contracture que dans la face plantaire. Le centre de gravité, quand le malade est debout et se porte sur son pied difforme , répond le plus ordinairement au tiers antérieur de l'organe dévié , vers les articulations métatarso-phalangiennes, tandis que dans l'état sain il répond au tiers postérieur. La progression est excessivement gênée , le malade marche comme s'il avait le pied ankylosé avec la jambe ; il pose presque toujours le pied difforme devant le pied sain, etc.
(1) Nous avons cependant vu quelquefois en disséquant des pieds-bots équins, provenant d'adultes, que les nerfs n'avaient pas perdu leur volume en proportion des autres parties, des muscles, des vaisseaux , etc.
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