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peut toucher la terre que par la moitié antérieure de son bord interne, en appuyant principalement sur le premier métatarsien et le gros orteil. Il existe toujours un écartement entre les surfaces du premier métatarsien et du premier cunéiforme. Quelquefois le scaphoïde et le premier cunéiforme, le scaphoïde et la tête articulaire de l'astragale subissent dans leurs rapports un semblable dérangement. 11 n'est pas impossible de rencontrer ces trois écartements divers sur le même pied. Le bord externe de la poulie
articulaire de l'astragale et le côté correspondant de cet os sont seuls reçus dans la cavité tibio-péronienne.
La tubérosité postérieure du calcanéum est déviée en dehors , et sa tubérosité antérieure l'est en dedans, vers la plante du pied. Le tendon d'Achille est souvent raccourci, les muscles péroniens le sont toujours, ainsi que les deux ou trois derniers tendons de l'extenseur commun des orteils. Le bord interne du pied est convexe et semble partir de la malléole interne devenue saillante et portée beaucoup plus en avant que dans l'état normal, et quelquefois de la tubérosité postérieure du calcanéum. Le bord externe du pied, au contraire, est concave, et le centre de sa concavité répond à l'ar-
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ticulation calcanéo-cuboidienne. La dépression ou gouttière qui sépare le tendon d'Achille du tibia a l'air de se prolonger jusqu'au-dessous du scaphoïde. La plante du pied est souvent comme creusée, et des plis nombreux, profonds, la couvrent en tous sens.
Chez plusieurs stréphexopodes natifs soumis à notre observation, le pied n'était point déformé, mais seulement dévié en dehors, sans raccourcissement notable des muscles du mollet. Les péroniers seuls n'avaient point la longueur nécessaire, et c'est à leur défaut de dimension qu'étaient dus les mouvements de rotation et de torsion subis par la poulie articulaire de l'astragale dans la cavité tibio-péronienne. Ces déviations du pied en dehors sont presque toujours accompagnées d'aplatissement de la voûte du pied.
Cinq autres cas présentaient les particularités suivantes : dans le premier, Tavant-pied, fortement incliné en dehors, devait cette direction forcée au raccourcissement des péroniers, à celui des muscles du bord externe du pied, enfin à celui des deux tendons de l'extenseur commun des orteils qui se terminent aux quatrième et cinquième. Le coude-pied était affaissé, parce que la face inférieure du calcanéum touchait le sol, en obligeant à la suivre la tête articulaire de l'astragale, ainsi que le scaphoïde, dérangé dans ses rapports avec celui-ci. Le premier cunéiforme était éloigné de plus de six lignes de la
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partie interne de son articulation avec le scaphoïde. Ainsi, la face inférieure du calcanéum, la tête articulaire de l'astragale, le scaphoïde, le premier cunéiforme, le premier métatarsien et le gros orteil formaient, par un bizarre assemblage, la base de sustentation.
Dans les autres cas, analogues à l'un de ceux que nous avons d'abord rappelés, le pied, quoique très-dévié en dehors, était cependant peu déformé. La principale cause de la déviation consistait dans l'affaissement du bord externe de la poulie articulaire de l'astragale et l'augmentation de volume de son bord interne. Quand on voulait ramener le pied sous l'axe de la jambe, les seuls muscles tendus étaient les péroniers.
Nous avons vu plus de cent pieds plats, qui avaient beaucoup d'analogie avec ces variétés ou valgus : la déformation du pied consistait principalement dans l'affaissement de son arcade plantaire, et dans la saillie de la malléole interne. Il est bon d'observer que presque tous les pieds plats peuvent être regardés comme le premier degré du valgus, etc.
Ces détails descriptifs feront sans doute facilement comprendre que dans l'espèce de pied-
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bot qui nous occupe, les ligaments correspondants au bord interne du pied, doivent être relâchés, et leurs antagonistes tendus. C'est, au reste, une loi générale des déviations sur laquelle nous ne reviendrons pas.
La stréphexopodie consécutive est beaucoup plus commune que la stréphexopodie native. Nous l'avons observée plus de cent fois. Treize malades étaient stréphendopodes de l'autre pied : sept étaient stréphocatopodes d'un pied, et strephexopodes de l'autre côté. Chez eux presque toujours la déviation consécutive en dehors avait commencé par être une déviation en bas (piedéquin) assez légère. Les malades avaient, en marchant, appuyé sur le bord interne plutôt que sur le bord externe de leur pied, traînant le membre difforme au lieu de le soulever, à cause de la faiblesse qui leur était venue à la suite de quelque paralysie partielle, etc. Cette mauvaise condition du pied avait dû mettre les muscles tibiaux en état forcé d'extension, et raccourcir les péroniers , double action dont la permanence ne pouvait point tarder à produire la stréphexopodie.
Quelques slréphexopodes, devenus difformes après une paralysie, peuvent , dans la progression, se servir du talon en même temps que du bord interne de leur pied. En les voyant marcher, on dirait qu'il n'existe pas chez eux un raccourcissement des muscles du mollet; cepen-
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dant ils boitent, et cette circonstance suffirait pour démontrer l'inégalité de longueur de leurs membres abdominaux. En outre, si, saisissant le membre difforme, vous essayez de ramener le pied sous Taxe de la jambe, il vous est impossible de mettre les deux pieds a angle droit; dès qu'ensuite vous abandonnez le pied à lui-même, vous voyez la poulie articulaire de l'astragale s'incliner en dedans et ne permettre qu'à son bord externe de correspondre avec la mortaise tibio-péronienne. C'est à l'action simultanée des muscles du mollet et des péroniers qu'est due cette sorte de glissement, cette nuance de difformité que nous n'avons vu décrite par aucun auteur, et sur laquelle, malgré son apparente simplicité, l'action des machines les mieux conçues est sans action appréciable. La plupart des sujets qui nous ont servi à la constater avaient été soumis à un traitement mécanique de plusieurs années, sous la direction de praticiens très-habiles, sans que l'état de leurs pieds fût aucunement modifié. C'est en pareil cas surtout que la section du tendon d'Achille, et quelquefois celle des péroniers, est triomphante; quinze jours suffisent, après cette petite opération, pour la restitution normale de la forme et des fonctions du pied. Voici une observation qui se rapporte à ce cas :
Adolphe-Emmanuel Donon, âgé de douze ans, passage Cendrier, n° 22 , fut atteint , à un an ,
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d'une gastro-entérite compliquée d'un énorme abcès au cou. Après qu'il fut guéri, ses parents remarquèrent qu'en marchant il traînait la jambe droite, devenue plus faible que la gauche. A trois ans la maladie reparut, suivie, cette fois, de convulsions violentes qui changèrent la faiblesse du membre en paralysie véritable. Dès lors, le petit Donon ne put marcher, sur ce pied droit, qu'en appuyant sur la pointe et la partie antérieure du bord interne, les muscles du mollet et les péroniers étant tout à fait contractures. On eut recours, pendant plusieurs années, aux moyens ordinaires de l'orthopédie : tous échouèrent.
Lorsque, le 25 août 1836, l'enfant nous fut amené, il avait cessé depuis trois ans l'emploi des machines à redressement. Son pied était alors fortement dévié en dehors, concave à son bord externe, convexe à son bord interne. La malléole interne était très-saillante, l'autre insensible. Le talon ne paraissait remonté que d'un pouce; mais, quand avec la main on ramenait le pied sous la ligne de la jambe, on voyait doubler cette élévation; alors les muscles péroniers, surtout le long péronier latéral, étaient fortement tendus. Le genou se montrait aussi un peu dévié en dedans; mais cette dernière déviation n'était survenue que longtemps après celle du pied.
Le 10 octobre suivant, nous commençâmes la
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cure en coupant le tendon du long péronier latéral, opération qui avait pour but d'empêcher le déversement du pied en dehors et de réduire la difformité au caractère d'une stréphocatopodie (pied-équin) simple. Mais le raccourcissement des muscles du mollet et la mauvaise direction du talon faisaient obstacle à l'abaissement de celui-ci, et devant tôt ou tard ramener le pied à se jeter en dehors, nous dûmes en outre pratitiquer la section du tendon d'Achille, afin de pouvoir tenir le pied sous l'axe de la jambe, sans que la poulie articulaire de l'astragale prît sa direction en dedans.
Cette double opération, pratiquée devant MM. les docteurs Isidore Bourdon et J. Lafond fils, a parfaitement réussi. Au bout de douze jours le pied était redressé, et, deux mois après, l'enfant marchait facilement, mais en boitant beaucoup, à cause de la paralysie de tout le membre abdominal , claudication qu'il conservera toute sa vie. Ce que l'on doit chercher à obtenir dans ces cas , c'est le redressement du pied , c'est de donner aux malades une bonne base de sustentation qui leur permette de mar~ cher avec facilité.
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