‹ Traité pratique du pied botChapitre 11 sur 18 · LE PIED BOT EN GENEUAL · texte numérisé non relu

LE PIED BOT EN GENEUAL

marche ou ne se tient debout qu'eji se portant sur les orteils ou les articulations niétatarso-

phalangiennes, sou pied étant dans une extension forcée.

La seconde, mrus, pied en dedans, existe

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quand le ma-hule prend son point d'appui sur le bord externe ou une partie de la plante du pied, ou même sur sa face dorsale.

La troisième enfin, valgus, pied en dehors,

est dite si le pied ne peut être posé que sur tout ou partie de son bord interne, et sur la moitié correspondante de la plante.

Ces trois dénominations, equinus , varus, valgus, ont certainement le mérite de la brièveté, mais elles sont loin d'être exactes. Ainsi, par exemple, il faut que le pied bot dit pied équin soit porté à son plus haut degré de développement, pour donner à l'extrémité qui en est affligée, la figure d'un pied de cheval ; ef nous pouvons affirmer que, sur trente pieds bols équins, on en trouverait à peine un qui justifiât ainsi son appellation . L'expression de varus n'est guère plus satisfaisante. Elle n'a rien de positif. Les anciens auteurs l'apjjliquaient non-seulement à la déviation du pied en dedans, mais encore à celle des genoux, et

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même à la courbure des jambes dans ce sens. Il en faut dire autant du valgus, employé pour désigner aussi bien les courbures générales de la jambe en dehors que les déviations particulières du pied.

Nous pensons conséquemment qu'il faudrait rejeter ces dénominations obscures, exagérées, propres tout au plus à jeter de l'incertitude et du vague dans l'esprit du lecteur, à condition, pourtant, de leur en substituer de meilleures. Si la clarté est le premier mérite d'un écrivain, c'est surtout quand il s'agit de fails scientifiques.

Un illustre chirurgien de Lyon , M. Bonnet, imbu sans doute des idées théoriques d'un orthopédiste de Paris, avait proposé de désigner les pieds bots sous les deux noms suivants : poplité interne et poplité externe ; prenant poui' raison la croyance que les pieds bots dépendent constamment d'une lésion des nerfs poplité interne et poplité externe, qui détermine la rétraction des muscles auxquels se distribuent ces nerfs. Nous reviendrons sur la valeur de ces dénominations.

Jusque-là, pour être bien intelligible, nous confondrons toutes les variétés du pied bot dans un seul terme, déviation; et spécialement nous appellerons le pied bot équin, déviation du pied en bas; le pied bot varus, déviation du pied en

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dedans; le pied bot valgus, déviation du pied en dehors,

A ces trois varlélés reconnues par la plupart des auteurs, nous en ajouterons deux autres qui nous semblent tout à fait distinctes.

L'une, que nous nommerons déviation du pied

en dessous, s'observe lorsque, tout l'avant-pied étant rejeté sous l'axe de la jambe, les orteils et une partie du métatarse tournent sous le talon et le dépassent de telle façon, que la face dorsale du cuboïde et les cunéiformes servent de point d'appui au sujet dans la station ou la progression. Celte variété du pied bot a été regardée par quelques auteurs modernes comme une exagération du pied équin.

La seconde, que nous appellerons déviation

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du pied en haut, a lieu quand la face dorsale

du pied se trouve appliquée conli e la partie antérieure, interne ou externe de la jambe, le (alon étant dirigé en bas.

Cette diflbrmité est désignée par quelques modernes sous le nom de talus.

Cependant comme ces diverses désignations, déviation du pied en dedans, en dehors, en dessous, en haut, en bas, parfaitement claires et positives du reste, sentent un peu la périphrase, et pourraient d'ailleurs, à certaines personnes, ne pas paraître assez savant(^s, nous avons imaginé de les remplacer au besoin par les dérivés qui ^mweni: siréphoj)odie, pour pied bot ou déviation du pied en général (I); Hréphendopodie, pour déviation du pied en dedans (2) ; stréphexopodie, pour déviation du pied en dehors (3); siréphypopodie, pour déviation du pied en dessous (4) ; stréphanopodie, pour déviation du pied en haut (5) ; enfin sirèplio-

(1) Des mots précédents et de £vJ«>, on dedans.

(2) Ide?7î, et de en dcliors.

(3) Idem, et de i/tto, en dessous, (/i) Idem^ et de âvw, en haut.

(5) Idem, et de xarw, en bas.

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caiopodie, pour déviation du pied en bas (4).

En modifiant légèrement la finale de chacun de ces mois, nous pourrons nommer l'individu atteint du pied bot siréphopode, et abréger les longues formules : sujets alkints de pieds bois en dedans, en dehors, en dessous, en haut, en bas, en disant tout simplement : les stréphendopodes, les strépliexopodes, les slréphypopodes, les slréplianopodcs , les slréphocalopodes, comme les naturalistes disent myriapodes, gastéropodes^ etc. Toutefois , dans le cours de cet ouvrage, nous emploierons indificremment les anciennes dénominations et celles que nous proposons. Ce sera peut-être le moyen de faire accepter celles-ci.

La strépliopodie pied bot, déviation, torsion du pied, est native ou consécutive. Elle peut exister au moment de la naissance du sujet, ou n'apparaître chez lui que pendant l'enfance, l'adolescence et même plus tard. Dans le premier cas, on la nomme congénitale ou native; dans le second cas, accidentelle ou consécutive. A cet égard, s'il nous était permis de prendre notre expérience personnelle pour base, et de généraliser, d'ériger en principe, pour ainsi dire , les nombreuses observations que trenle-cinq années de pratique publique et

(1) De orpéfO), tourner, tordre, et de Trotij, «ooos, pied.

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privée nous ont mis à même de recueillir, nous ne balancerions pas à affirmer que les cas de strépliopodie les plus fréquents sont les déviations natives ou même consécutives en bas et en dedans, afi^clant simultanément le même pied, composant un pied demi-équin et demivarus , ce qu'on pourrait appeler équin-varus. Les déviations du pied en dehors, siréphexopodies, sont très-rares; et celles en dessous et en haut, siréphypopodies , stréphanopodies , encore plus rares.

Nous ajouterons, sans prétendre le moins du monde imposer ceci comme une règle, la remarque importante qui suit : Dans les cas de stréphopodie congénitale , l'observation générale nous a toujours montré un tiers seulement des déviations du pied en dedans, siréphendopodies , très-développées déjà au moment de la naissance de l'enfant; tandis que les deux autres tiers s'olîraient d'abord sous la forme d'une déviation en bas et en dedans, forme qui n'est, comme nous le dirons au chapitre des causes, que l'exagération de la position naturelle des pieds de l'enfant nouveauné. C'est pourquoi les parents des jeunes infirmes s'inquiètent si peu d'une difformité à peine apparente. Mais lorsque le petit sujet commence à se tenir debout et h vouloir marcher, la torsion de son pied devient plus mani-

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fesle ; le poids de son corps en précipite le développement, et bientôt on la voit se transformer en une véritable déviation en dedans. Si l'enfant a le bonheur alors de ne point appartenir à une famille trop malaisée; si ses parents, et c'est le petit nombre, hélas ! peuvent pour lui plus que sa nourriture; s'il est soumis promptement enfin à un traitement bien conçu, bien dirigé, son pied ne vînt-il pas à être complètement redressé, au moins la dilformité change une seconde fois de nature : le pied est ramené sous l'axe de la jambe, sauf à rester dévié en bas, dans le cas où la trop grande brièveté des muscles dû mollet ne permettrait pas son rétablissement normal.

On observe rarement, au moment de la naissance, des cas simples de déviation du pied en bas, slréphocatopodie. Nous n'en avons guères trouvé plus de quarante. Chez douze de nos sujets, la difformité occupait les deux pieds à la fois; les quatre membres présentaient même une roideur insolite. Plusieurs, parmi ces enfants, avaient éprouvé des arrêts de développement: l'un n'avait pas de rotules, etc. La même contraction musculaire affligeait la plupart des autres, mais seulement du côté du corps que terminait le pied malade.

Quant aux déviations accidentelles ou consécutives du pied, la plus commune, au contraire.

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