‹ Traité pratique du pied botChapitre 10 sur 18 · CHAI'ITnK PnF.&ilEH · texte numérisé non relu

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problème dont lanl de siècles avaient clierclié le mot, n'eut pas le moindre retentissement. La routine était trop vieille et trop puissante pour s'en émouvoir. La section du tendon d'Achille, bientôt révoquée en doute, fut mise au rang des chimères, et, si ce n'est Delpech de Montpellier, on vit tous les contemporains continuer l'emploi classique des machines.

C'est au célèbre Scarpa que nous devons la première description du pied bot natif en dedans ; et c'est au médecin suisse Venel que revient le mérite du premier appareil complet pour le redressement ou la transformation de cette difformité (t). Scarpa, dans son mémoire sur le pied bot congénital, publié en 1803, a parfaitement établi les rapports respectifs des os du pied , et leurs différentes dispositions anormales. Il a démontré d'une façon trèspositive et très claire que, dans la plupart des cas de pieds bots, les os ne sont pas luxés, mais seulement distraits de leurs rapports naturels. Notre grand chirurgien Boyer a reproduit et

(1) Le premier enfant que Venel redressa d'un pied bot varus trèsdifforme, était fils d'un pasteur protestant du canton de Vaud. Venel, qui n'était pas mécanicien, eut recours au talent d'un habile serrurier, nommé Corlet. Celui-ci comprit tout de suite l'idée du chirurgien suisse, et confectionna l'appareil qui a donné tant et de si beaux résultats. Sans ce mécanicien, il est probable que le redressement des pieds bots fût encore resté longtemps à l'état de proI)lènie. Combien de chirurgiens modernes sont de môme redevables à notre célèbre mécanicien Charrière , qui sait si bien comprendre et perfectionner les indications qu'on lui fournit!

continué les belles théories descriptives de Scarpa. Comme lui, il nous a laissé une formule d'appareils ; elle est très - simple et pourrait servir dans les cas de difformités peu anciennes et faciles h dissimuler, tandis que celle de Scarpa, beaucoup plus compliquée, ne peut être mise en usage que rarement et difficilement, même par les hommes spéciaux .

Toutes deux, au reste, sont aujourd'hui oubliées; toutes deux sont allées grossir l'arsenal de la vieille orthopédie. Quanta la machine de Venel, la seule qui soit réellement digne de la réputation dont elle a joui, elle était déjà célèbre en Suisse, quand chez nous on ne la connaissait pas encore. Mais, en 1814, un élève de Venel et de Jacquard, M. d'Yvernois, nous apporta cette machine après l'avoir réduite à des conditions de simplicité vraiment admirables; et son application, particulièrement dans les cas de pied varus natif, produisit des résultats, sinon complets, du moins bien supérieurs à tout ce qu'on avait vu. L'importation de M. d'Yvernois fut le sujet d'un rapport de M. Capuron. C'est à cette importation, modifiée depuis plus de quarante ans, de toutes les manières, selon la fantaisie de chaque orthopédiste, que doivent être attribués, sans contredit, les succès obtenus par les contemporains nationaux dans le

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traitement de quelques difformités récentes ou peu compliquées.

Après Scarpa, l'homme qui a le mieux étudié le pied bot est Delpech. Il nous reste de lui un excellent mémoire, dans lequel ce grand chirurgien donne pour cause efficiente de presque toutes les déviations du pied, le raccourcissement des muscles du mollet. C'est une découverle immense, dont la pensée élail peut-être venue à d'autres auteurs, mais sur laquelle aucun, jusqu'alors, ne semblait s'être appesanti. Aussi hardi dans la pratique que profond dans la théorie, Delpech essaya de ressusciter l'opération de Thilenius. Malheureusement pour la science, le chirurgien de Montpellier vit des accidents déranger sa première tentative, et, bien que convaincu, il s'abstint de la renouveler.

En 1827, M. le docteur Jalade-Lafond, l'un de nos orthopédistes les plus expérimentés, publia un Traité pratique des difformités du corps humain, dans lequel on trouve de très-bonnes données sur les diverses torsions du pied.

MM. Bégin et Pâtissier, dans le Dictionnaire des sciences médicales ; MM. Bricheteau et d'Yvernois, dans V Encyclopédie méthodique, ont fait des travaux très-recommandables et très-féconds en idées neuves, surtout en ce qui concerne l'anatomie et la physiologie du pied bol natif.

Nous ne devons pas omettre non plus la thèse de M. Held, qui renferme un assez bon résumé de ce qui a été fait sur le pied bot; ni l'article Pied bol, de M. Laugier, du Dictionnaire de médecine publié par Béchet; ni enfin celui de M. Roanetta, inséré dans le Dictionnaire des dictionnaires de médecine, de M. Fabre.

Nous terminerons là cette courte nomenclature des travaux de nos prédécesseurs et de nos contemporains; d'aulres mentionneront, si bon leur semble, un beaucoup plus grand nombre de mémoires et d'articles, fabriqués presque tous aux dépens du mémoire de Scarpa ou de celui de Delpech.

Quant à nous, ce que nous aurons à dire des pieds bots résultera tout naturellement de l'exposition des faits nombreux que trente-cinq années de travaux nous ont mis à même d'observer et de recueillir, aussi bien dans la pratique des hôpitaux que dans l'établissement orthopédique de Chaillol, fondé en ^823, par M. Jalade-Lafond et par nous, oii nous nous occupions exclusivement des difformités de la taille et des membres. Chargé, en outre, depuis 1831, delà direction générale des traitements orthopédiques dans les hôpitaux civils de Paris, nous avons pu, mieux que personne, rechercher et examiner toutes les variétés possibles du pied bol; vérifier ce que l'on

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avait dit ou écrit de leurs causes et de leur état pathologique ; essayer, en les conservant ou en les modifiant, les divers appareils mécaniques applicables à chaque difformité, et nous convaincre enfin que la plupart des cas étaient, comme nous le pensions depuis longtemps, mal appréciés par les médecins, en même temps que l'insuffisance et l'irrationalité du traitement par les machines justifiaient de plus en plus nos préventions déjà vieilles à cet égard. Voilà comment nous avons été amené à reprendre, après Delpech, l'invention décisive de Thilenius.

Plus heureux que l'illustre praticien de Montpellier, nous avons vu notre première tentative récompensée par un succès prompt et complet. Depuis lors, plus de deux mille guérisons, et pas un malheur, nous ont fait populariser la section du tendon d'Achille. Enhardi par l'infaillibilité de la ténotomie appliquée au pied équin, nous avons essayé de l'étendre aux autres variétés de pied bot; ce que nul des praticiens nos prédécesseurs n'avait osé. Le premier donc, nous avons coupé les tendons du muscle libial antérieur, du court fléchisseur des orteils, de l'aponévrose plantaire, de l'adducteur et de l'extenseur du gros orteil, en même temps que le tendon d'Achille, pour guérir le pied bot varus; celui du long

péronier latéral pour guérir le pied bot valgus; celui du tibial antérieur, celui de l'extenseur propre du gros orteil, enfin celui de l'extenseur commun, dans les cas de renversement du pied en haut. Toutes ces sections ont réussi, de sorte qu'aujourd'hui la guérison du pied bot le plus difforme est aussi facile que celle de la maladie la plus simple.

C'est pour établir cette vérité d'une manière incontestable que nous avons entrepris un ouvrage qui n'est, comme nous l'avons dit en commençant, qu'une série de faits accumulés, formant chacun une preuve et se fortifiant mutuellement par une invincible logique. On verra, en les parcourant, par quel enchaînement d'idées, venant toutes de l'observation, nous avons été conduit, sans aucun précédent connu, à employer aussi la ténotomie pour la guérison des fausses ankyloses angulaires du genou et du coude, et pour celle du torticolis. Puissent l'étendue et la vulgarisation données par nous à cette partie si essentielle de la pratique médico-chirurgicale, légitimer notre droit de nous regarder, sinon comme son inventeur, au moins comme son propagateur le plus utile et le plus heureux!

ciiAi'rriiE II.

Le pied bot en général. — Nouvelles dénominations, — Slrépliopodie, — Stréphocatopodie. — Stréphendoj)oilie. — Strépliexopodic. — Stréplij'popodie. — Stréplianopodie.

On désigne généralement sous le nom de pied bol cerlaines difformilés, l'on dislincles d'ailleurs, de la parlie inférieure des membres abdominaux. L'individu alleint de pied bot ne peul^ quand il est debout, appuyer sur le sol que l'extrémité phalangienne, le bord externe ou le bord interne de son pied. Quelquefois, pour lui, c'est le dos du pied qui fait l'office de la plante, ou bien le talon seul sert de base à la station. Toutefois, ces diverses torsions du pied cessent d'être considéi'ées comme pieds bots, quand elles ne sont que l'appendice d'une autre difformité plus ancienne, telle que la déviation des genoux en dedans, ou la courbure des jambes, soit en dedans, soit en dehors.

Les auteurs ont admis trois variétés de pied bol : equinus, varus et valgus.

La première, pes equinus, pied équiu, pied (le ( hevai, s'entend lorsque le sujet afleclé ne

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