INSTITUT ROYAL DE FRANCK
ACADUmiil ROYAI>E DES SCIEIVCES^
séance pul)Uque du lundi 13 juillet 1840
Extrait du RAPPORT sur les Prix de Médecine et de Chirurgie pour L'année 1839
Commissaires : MM, Breschbt, Ddméril, Magemue, Serres , Roux^ Larrey, De Blainville, Savart et Double, rapporteur.
« La commission a cru devoir attirer ratlenlion de l'Académie sur l'ouvrage suivant :
« Traité pratique du Pied bot, par M. le docteur Vincent Duval.
« Depuis l'origine de l'art jusqu'à nos jours ^ la difformité en question n'avait été combattue que par des moyens mécaniques plus ou moins ingénieux , plus ou moins compliqués , mais d'ordinaire insuffisants ou même nuisibles.
« Ces machines s'étaient successivement per* fectionnées sans doute depuis l\appareil proposé par Hippocrate, jusqu'aux appareils employés par Venel et par d'Yvernois. Il y a cependant cela de vrai que, dans toutes ces
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liiacliines , on liUlait en vain conlre la cause la pins générale de la diiïorniiié, contre le racconrcissement , soil congénial, soit acqnis j des rauscles et des tendons.
<c La nature ou la cause générale du pied bot une fois nettement résumée de, la sorte et claii-ement démontrée , il était facile , ce semble ^ d'en déduire le nioyen de gnérison le. plus rationnel et le plus certain. Déjà, depuis longtemps, la science était en possession de la plupart des élémenis propres à la solution de ce problème. Une étude ap|)rorondie des cas val»iés , nombi enx , de rupture accidentelle du tendon d'Achille; la connaissance rationnelle des phénomènes qui se manifestent pendant la guérison de celte solution de continuité ; la certitude acquise , d'ailleurs, qtie la rupture des tendons en général, et du tendon d'Achille en particulier, n'est accompagnée, pourl'ordi-^ naire, d'aucun accident redoutable, consti^ tuaient comme autant d'indices qui devaient mener tout naturellement a la tentative de la section des tendons malades dans les diverses difformités du pied bot.
« Ce ne fut cependant qu'en 1782 que Thilenius eut la pensée de faii e cesser, au moyen de la section du tendon d'Achille, l'action des ) muscles qui , par leur raccourcissement, s'opiposaient à la restitution noi'male du pied. II
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s'agissait d'un pied bot équin très- prononcé. Le malade avait huit ans. L'opération fut suivie de succès. Il ne paraît pas , du reste, que le médecin saxon ait eu l'occasion de répéter cette ingénieuse opération.
« La voie nouvellement ouverte en Saxe ne fut suivie que vingt-sept ans plus tard, en 1809, par Michaëlis de Marbourg. Celui-ci eut plusieurs occasions de pratiquer cette opération ; mais , ou il n'avait saisi que d'une manière imparfaite la pensée profonde de Thilenius , ou il ne voulut s'astreindre qu'en partie à copier son modèle. Michaëlis fit autrement , mais il fit moins bien que son prédécesseur.
«En 1812, Sartorius guérit un pied équin par la section pure et simple du tendon d'Achille, telle que l'avait indiquée l'habile pratitien saxon.
« Au mois de mars 1816 , Delpech, l'illustre et trop infortuné chirurgien de Montpellier, qui s'était déjà occupé beaucoup des difformités du corps humain , porta sur les pieds bots une attention particulière. Il pratiqua une fois seulement l'opération du tendon d'Achille ; et quoiqu'il n'eût réussi qu''à grand' peine et après un long temps , ou peut-être même h cause des difficultés de la réussite , il s'attacha avec opiniâtreté à l'étude de cette maladie et de l'opération qui lui est applicable.
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« Le 28 février 1831, Stromeyer, médecin à Hanovre, qui avait médilé à fond les ouvrages de Delpech , suivit à peu près exactement la méthôde de notre chirurgien de Montpellier. Stromeyer prit seulement des précautions plus grandes, plus fructueuses, pour faire des plaies extérieures aussi petites que possible , afin de s'opposer à l'introduction de l'air dans les plaies, et de prévenir ainsi la suppuration et l'exfoliation du tendon.
« La science et l'art en étaient là quand M. Duval, en 1835, appliqua le premier, à Paris, la section du tendon d'Achille au traitement et à la guérison du pied bot. Jusqu'à M. Duval, cette opération, pratiquée uniquement pour le pied bot équin, n'avait guère donné que sept ou huit guérisons dans un espace de soixante ans. En moins de cinq ans, M. Duval a eu l'occasion de faire plus de trois cents opérations de cet ordre, et toujours avec succès.
« Enhardi par l'infaillibilité de la ténotomie appliquée au pied équin, M. Duval, agrandissant encore la ligne tracée par Stromeyer , a eu l'idée d'étendre cette opération à toutes les variétés de pied bot. Il a coupé le tendon du muscle tibial antérieur pour guérir le pied bot varus; il a fait la section du tendon du long péronier latéral pour le pied bot valgus; la
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section (lu libial antérieur, celle de l'extenseur propre du i^ros orteil , du court fléchisseur, de l'extenseur commun, et du péronier, dans les cas divers de renversement du pied.
« M. Duval , outre ses nombreuses et ses nouvelles opérations de lénotoniie, apporte encore , comme litre aux récompenses du legs Montyon , l'ouvrage qu'il a publié sur cette matière. Ce livre, profitable aux gens du monde autant qu'utile aux gens de l'art, aura, entre autres qualités estimables, celle de \ulgariser chaque jour davantage un procédé curatif assuré,
« La commission, de son côté, présente avec confiance, comme nn droit non moins recommandable en faveur de M. Duval , les services que ce médecin a rendus dans les hôpitaux de la capitale par la grande quantité d'opérations de ce genre pratiquées sur des individus de la classe indigente , à laquelle l'illustre fondateur de nos prix portait un si vif et si prévoyant intérêt.
« Par ces motifs réunis, la commission propose d'accorder à M. Vincent Duval une récompense de trois mille francs. »
Pages.
Avant-propos , v
Introduction de la première édition vu