CALLOSITÉS
raUre, mais parce que, dans certains cas, rares il est vrai, un cheveu coloré peut repousser à la place d'un cheveu blanc. Ce fait est positif pour la canitie qui succède à l'herpès tonsurant et à la pelade; mais je l'ai constaté aussi quelquefois au début d'une canitie spontanée, et j'ai vu ainsi relarder la décoloration du système pileux. Une fois établie, la canitie est incurable et l'on ne peut la masquer qu'à l'aide de cosmétiques ou de teintures dont je n'ai pas à m'occuper ici.
§ 2. — Difformités de l'épiderme.
Les difformités de l'épiderme sont constituées par un épaississeraent soit local, soit général de cette enveloppe superficielle de la peau; dans ces difformités rentrent les callosités, les cors, les cornes, l'ichthyose elles verrues, je dirai peu de chose des premières, mais je m'étendrai davantage sur l'ichthyose, puis je décrirai brièvement les verrues, constituées par une hypertrophie de l'épiderme associée à un développement du corps papillaire de la peau, en terminant par un chapitre un peu plus long sur le xanthelasma. Ces diverses difformités constituaient en très grande partie, pour Alibert, la classe très naturelle et très bien délimitée des dermatoses hétéromorphes, dans laquelle cependant on regrette de voir figurer, sous le nom d'onygose, les affections inflammatoires de la matrice de l'ongle et l'ongle incarné lui-même.
a. Callosités.
On donne le nom de callosités, de durillons (tilosis calleux d'Alibert) à un épaississement local de la peau formé par des couches d'épiderme superposées ; lorsque ces couches sont foliacées et que quelques-unes se séparent sur leurs bords, on donne à l'épaississement le nom
hardy. — Malad. de la peau. 5
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m DIFFORMITÉS DE LÀ PEAU.
vulgaire d'oignon à cause de la ressemblance que présente le durillon avec la racine des plantes bulbeuses. Les cal* losités se présentent sous la forme de plaques rondes ou allongées, ordinairement peu étendues, d'une coloration blanche ou brune, lisses et ayant l'aspect et la dureté de la corne. Ces plaques sont privées de la sensibilité tactile, mais elles sont souvent le siège d'une douleur vive par le fait d'une pression exercée sur elles et médiatement sur le derme.
Les callosités sont presque constamment consécutives à une pression extérieure prolongée ; on les observe très fréquemment aux pieds, principalement à la face externe du petit orteil, à la face interne ou inférieure du gros orteil, au talon, par le fait de chaussures trop dures ou trop étroites ; on les rencontre encore aux mains, aux poignets, aux coudes, aux genoux, chez les ouvriers exposés par leur profession à des pressions répétées sur une partie limitée de ces régions ; on en trouve à la face palmaire des doigts et de la main chez les forgerons et les serruriers, qui travaillent au feu, et qui peuvent ainsi toucher impunément à des corps en ignition; chez les musiciens qui jouent d'instruments à cordes on voit ces durillons à l'extrémité des doigts : dans toutes ces circonstances il y a une cause externe qui détermine par son action répétée une production exagérée de cellules épilhëliales ; et cet épaississement disparaît ordinairement lorsque la cause cesse d'agir : c'est ainsi qu'on voit la peau reprendre son aspect normal chez les ouvriers dont je viens de parler et qui cessent d'exercer leur profession.
Une callosité de même aspect et d'une structure absolument semblable peut se présenter au gland du pénis, qui devient dur, inégal et bosselé dans une partie de son étendue et quelquefois dans sa totalité ; dans cette altération qui a été rapprochée par certains auteurs de la dégé-
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