‹ Traité pratique et descriptif des maladies de la peauChapitre 15 sur 82 · COR · texte numérisé non relu

COR

nérescence cornée, on ne peut invoquer la pression comme circonstance étiologique.

Les callosités ne sont guère douloureuses qu'aux pieds, pendant la marche et par le fait de la pression de la chaussure ; dans les autres régions, les callosités professionnelles ne sont le siège d'aucune douleur, et elles sont même une cause de protection contre la chaleur ou contre une pression naturelle. Néanmoins dans certains cas, elles peuvent être le siège de fissures douloureuses et elles peuvent même devenir l'occasion d'inflammations cutanées, d'abcès dermiques, de lymphites et d'adénitefc par suite de la pression qu'elles exercent sur les tissus sous-jacents.

Le traitement curatif des durillons consiste dans la suppression de la cause qui leur adonné naissance. J'ai déjà dit que les callosités des ouvriers disparaissent par la cessation du travail professionnel ; les durillons des pieds se guérissent quelquefois par une chaussure plus large ou mieux faite; mais comme moyen palliatif, et principalement aux pieds, pour calmer les douleurs, on peut, avec un instrument tranchant, enlever quelques couches épidermiques et en diminuant ainsi l'épaisseur de la callosité, amoindrir l'intensité de la pression. En renouvelant de temps en temps cette opération on atténue beaucoup les inconvénients de celte petite difformité.

b. Cor.

Le cor (en latin clavus, tylosis gompheux d'Àlibert) est un épaississement allongé del'épiderme, en forme de clou, dont la tête regarde la superficie et dont la pointe se dirige vers la profondeur de la peau. Dans la callosité il existe seulement des couches épidermiques dures, épaisses et superficielles; dans le cor on trouve à la partie périphérique, un simple épaississement épidermiqne,

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mais cet épaississement se prolonge en bas en s'amincissant sous forme d'une pointe plus dure, de consistance cornée, qui comprime le derme, l'amincit et peut finir même par le perforer complètement. Par le fait de cette compression les papilles dermiques sont atrophiées et peuvent même disparaître.

Le cor se présente sous la forme d'une petite saillie arrondie, dure, luisante, laissant voir en outre un ou plusieurs points gris, plus saillants, plus durs, qui correspondent aux racines. Il se rencontre exclusivement aux pieds et principalement aux parties saillantes, au côté interne du cinquième orteil, au niveau des articulations des phalanges, à la plante du pied, particulièrement sous le gros orteil, plus rarement au talon. On constate encore assez fréquemment la présence des cors entre les orteils, et là ils sont plus mous, plus renflés et leur partie dure, centrale, est encavée ; ces caractères spéciaux tiennent à l'humidité qui existe habituellement entre les orteils ; on désigne vulgairement ces cors sous le nom d'yeux de perdrix.

Le cor est sensible à la pression, et, lorsqu'il atteint un certain développement, la douleur qui se manifeste, surtout par le contact de la chaussure, ressemble à celle que produirait un instrument pointu pénétrant dans la peau. Cette douleur est rarement continue; elle s'exaspère par la marche et se fait sentir principalement par les temps humides ; l'épiderme, corps hygrométrique, se gonflant par l'humidité, la pression devient alors plus forte. La douleur peut être assez violente pour empêcher la marche et pour nécessiter l'ablation momentanée des chaussures.

La douleur est encore plus vive et elle devient continue lorsque le cor s'accompagne d'inflammation des parties ambiantes : il peut exister alors une inflammation érythémateuse de la peau qui se traduit par une rougeur avec

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