ET10L0GIE DE LA SYPHILIS
rition de la roséole et, le 22, d'une syphilide papuleuse.
Nous avons cru devoir rapporter ce fait avec quelques détails , à cause de son importance; en effet, jusqu'ici toutes les expériences n'ayant pas eu une publicité suffisante, pouvaient ne pas paraître concluantes; tandis que ce fait prouve d'une manière évidente que le sang d'un individu atteint de syphilis à la seconde période peut, par son contact et sur une surface dépouillée d'épiderme, donner la syphilis à un individu indemne de toute infection antérieure. De là la conclusion qu'un homme qui, à l'époque des règles, aura des rapports avec une femme syphilitique, mais ne présentant alors aucun accident apparent, pourra, s'il a une écorchure, contracter la syphilis. De là encore l'explication de ces faits de contagion de la syphilis par le doigt, en touchant, pendant leurs règles ou leurs couches, des femmes ne présentant aucun accident syphilitique local, ou encore de ces contagions par la vaccine, en chargeant la lancette de vaccin mêlé de sang pris sur un enfant syphilitique, et en inoculant ce mélange à des sujets sains.
On s'est demandé si le lait pouvait transmettre la syphilis, et si un enfant présentant une écorchure aux lèvres ou dans la bouche, pourrait ainsi être infecté. Jusqu'à présent il n'existe aucun fait qui prouve la propriété contagieuse du lait. Lorsqu'une nourrice donne la syphilis à un enfant, la contagion a presque toujours lieu par des plaques muqueuses qu'elle a aux seins, aux lèvres ou à tout autre endroit avec lequel l'enfant peut être mis en contact.
2° Hérédité. — La syphilis peut se transmettre par hérédité, et alors les enfants présentent en naissant des accidents syphilitiques ou, ce qui est plus commun, la maladie ne se développe chez eux que plusieurs semaines ou même plusieurs mois après leur naissance. Mais
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dans celte transmission héréditaire, que personne ne révoque en doute, on trouve plusieurs questions accessoires que nous devons indiquer.
Lorsque le père seul est syphilitique et que la mère est saine, Gullerier et Notta croient que l'enfant ne peut pas être infecté; nous pensons, au contraire, avec Trousseau (1), Depaul, Diday, Fournier, etc., que le père peut infecter ses enfants. Des faits positifs prouvent, en effet, TinQuence du père malade sur l'enfant, la mère n'étant pas syphilitique. Il faut admettre aussi que la syphilis chez le père est une cause fréquente d'avortement par la maladie du fœtus, ou par la lésion du placenta.
Quelques auteurs admettent que le père peut procréer un enfant syphilitique, lequel, à son tour, infecte sa mère pendant qu'il est encore dans l'utérus : la mère, dans ce cas, ne présenterait jamais d'accident primitif, la syphilis débuterait chez elle par des accidents secondaires ; jusqu'à ce jour, cette opinion n'est établie sur aucun fait authentique. Ce qui parait plus certain, c'est que la mère ayant un enfant syphilitique sans présenter aucun symptôme de celte maladie, ne peut pas être infectée ultérieurement par son enfant; c'est là ce qu'on appelle la loi de Colles. Pour expliquer la syphilis de la mère, il est plus simple, au lieu d'invoquer l'infection par le fœtus, de croire qu'elle a contracté directement la maladie du père, et que l'accident primitif est passé inaperçu.
Lorsque la mère est syphilitique, le père étant sain, l'enfant peut naître syphilitique, et c'est ce qui arrive le plus ordinairement; je dis peut naitre, car, dans tous ces cas, même lorsque les deux parents ont la syphilis, l'enfant n'est pas nécessairement infecté. L'influence des parents est en rapport avec l'âge de leur maladie :
(1) Trousseau, Bulletin de V Académie de médecine.
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