ÉT10L0GIE DE LA SYPHILIS
tique qui la prouve; et Ton peut croire que le liquide fourni par la suppuration des ulcères appartenant à cette période n'est pas doué de propriétés virulentes,
La contagion de la syphilis par le sang a été niée par Hunier et par Ricord; mais il y a quelques années, on a fait des expériences qui démontrent cette faculté contagieuse ; Waller (de Prague) (1850) a fait des scarifications sur la cuisse gauche d'un scrofule ux, et il a pansé la plaie avec de la charpie imbibée du sang d'une jeune femme arrivée à la seconde période de la syphilis ; un chancre s'est développé et, soixante-cinq jours après, apparut une roséole suivie d'une éruption papulo-tuberculeuse. Un médecin, désigné sous le nom de X anonyme du Palalinat, a fait (1856) la même expérience sur neuf individus, et trois eurent des accidents syphilitiques : c'étaient les trois dont les plaies plus larges avaient été frottées plus longtemps avec du sang.
La contagion de la syphilis par la vaccine semble encore prouver l'influence contagieuse du sang : les observations du vétérinaire B..., du docteur Hubner, de Marcolini et de Gerioli, rapportées dans le mémoire de Viennois (1), nous montrent de véritables épidémies de syphilis transmise aux enfants par la vaccination, et communiquée ensuite des enfants à leurs mères et à leurs nourrices; et dans ces faits, suivant le même Viennois, la propagation serait due à ce que la lancette du vaccinateur aurait été chargée de sang en même temps que de liquide vaccinal. Mais pourquoi le vaccin ne serait-il pas aussi infecté et aussi infectant que le sang ?
Les expériences que je viens de citer n'avaient pas présenté assez de certitude pour entraîner la conviction, lorsque le docteur Pierre Pellizari, professeur â l'école
(I) Viennois, Archives gêner, de méd., 1860, t. Vf, p. 641 ; t. Vif, p. 32 et S97.
hardt. — Malad. de la peau. 64
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de médecine de Florence, recommença, en 1860, les tentatives de l'inoculation avec du sang syphilitique ; au mois de janvier, sur une femme de vingt-deux ans n'ayant pris aucun traitement spécifique, présentant comme accidents secondaires des plaques muqueuses ulcérées à la vulve et aux amygdales, une syphilide papuleuse, des adénopathies cervicales et inguinales, et ayant à l'anus un chancre induré en voie de cicatrisation, il prit du sang au moyen du scarificateur appliqué à la région hypochondriaque droite indemne de toute éruption, il en imprégna de la charpie, et il l'appliqua sur une surface dénudée du bras de deux médecins. On ne l'enleva que quarante-huit heures après. Au bout de vingt-quatre mois, aucun phénomène ne s'était manifesté. Mais, ne se contentant pas de ce fait négatif, Pellizari recommença devant les auditeurs de sa clinique, le 3 février 1862, cette expérience sur trois jeunes docteurs indemnes de tout accident syphilitique. Le sang fut pris par une saignée sur une femme de vingt -cinq ans, enceinte de six mois, et présentant des adénopathies inguinales et cervicales, des plaques muqueuses à la vulve et à l'anus, de la roséole sur le corps et des pustules dans les cheveux. On appliqua de la charpie imbibée de ce sang sur une surface dénudée au bras de chaque médecin; le sang était encore chaud quand il fut appliqué sur le premier, au second il était froid, au troisième il était froid et coagulé. Les deux derniers médecins n'éprouvèrent rien de particulier. Chez le premier, au bout de vingt-huit jours, le 3 mars, apparut une papule qui, d'abord sèche, se recouvrit d'une croûte, et en même temps se manifesta l'engorgement indolent des ganglions axillaires. Le 22 mars, la croûte tomba et l'on vit un chancre avec tous ses caractères et avec induration à sa base; le 4 avril, au cinquante-huitième jour, céphalée et adénopathies cervicales; le 12 avril, appa-
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