PLAQUES MUQUEUSES
molle, humide, d'apparence muqueuse, laquelle remplace la solution de continuité.
Lorsque la plaque muqueuse se développe spontanément, son début est caractérisé par une petite élevure molle et rosée, qui s'agrandit et ne tarde pas à présenter tous les caractères extérieurs d'une membrane muqueuse.
Quel que soit son mode de développement, la plaque muqueuse est caractérisée par une saillie, ordinairement arrondie, quelquefois elliptique ou irrégulière, d'une consistance molle ; sa surface, plane ou convexe, est lisse et recouverte d'une pellicule fine, qui lui donne l'apparence d'une muqueuse et qui lui a fait donner son nom. Lorsque la pellicule manque, la surface est légèrement ulcérée et granulée. Les bords sont ordinairement saillants et bien prononcés; quelquefois ils se fondent insensiblement avec la peau, et parfois ils se renversent en dehors. La coloration des plaques muqueuses est rosée comme celle des muqueuses, elle peut être d'un rouge vif ou au contraire grisâtre et recouverte d'un enduit pullacé sécrété par la plaque elle-même.
Les plaques muqueuses donnent lieu au suintement d'un liquide muciforme et plastique, d'une odeur fétide caractéristique. Dans certains cas ce liquide se concrète en croûtes jaunâtres assez épaisses ; c'est au contact de ce liquide sur la peau adjacente qu'il faut rapporter les démangeaisons insupportables qui accompagnent habituellement cette manifestation syphilitique.
Les plaques muqueuses peuvent être discrètes et isolées; quelquefois elles sont confluentes, et en se réunissant elles forment une large surface sécrétant en abondance le liquide fétide dont nous venons de parler.
L'ulcération est rare sur les plaques muqueuses, excepté pour celles qui occupent les orteils ; lorsque cette ulcération existe, ou bien elle est superficielle et présente
Digiti
zedby G00gle
une pelite surface rouge, qui se guérit facilement sans laisser de cicatrice, ou bien elle est profonde et elle se recouvre d'une pseudo-membrane grisâtre; la sécrétion est abondante et très fétide, elle est accompagnée de cuissons violentes, et elle guérit lentement en laissant quelquefois une cicatrice.
Les plaques muqueuses sont plus fréquentes chez les femmes, chez les enfants et chez les individus à tempérament lymphatique. Les régions où on les rencontre le plus souvent sont : la vulve, surtout à la face interne et externe des grandes lèvres, l'anus, le scrotum, le pénis, les lèvres, les amygdales, le pharynx, la langue; on en constate encore la présence aux aisselles, à l'ombilic, aux orteils, autour des ongles, etc. On voit que les plaques muqueuses siègent sur les muqueuses qui recouvrent les orifices extérieurs et sur les parties de la peau qui sont dans un état habituel de chaleur et d'humidité, ou encore dans les endroits où les muqueuses et la peau adossées sont dans un état ordinaire de frottement. Les sécrétions acres, l'humidité de certaines régions, le défaut de soins de propreté sont encore des conditions favorables pour le développement de cette production végétante. Ajoutons cependant que les plaques muqueuses peuvent se développer partout et même en dehors des conditions de frottement et d'humidité que je viens d'indiquer. On en a rencontré au front, au cuir chevelu, au tronc, et elles se présentent alors avec des caractères extérieurs qui ne permettent pas de les méconnaître, et qui sont absolument semblables à ceux des plaques muqueuses des parties génitales.
Abandonnées à elles-mêmes, les plaques muqueuses disparaissent spontanément après un temps assez long, après plusieurs mois; sous l'influence du traitement local et général elles disparaissent souvent très rapidement. Lorsque la plaque est ulcérée, la guérison se fait
Digiti
zedby G00gle