EXCROISSANCES
pendant la grossesse, et est tout à fait indépendante de toute maladie spécifique.
Les excroissances apparaissent très souvent à la surface des ulcérations; ainsi, à la surface d'un chancre mou ou induré, sur une petite ulcération d'herpès, ou à la surface d'une plaque muqueuse que l'on a appelée dans ce cas plaque muqueuse végétante.
Les excroissances, présentent des caractères variés tantôt elles sont dures, rugueuses, chagrinées, d'un gris terne, et alors elles sont indolentes, sessiles et sèches avec apparence de verrues; tantôt elles forment des tumeurs fongueuses, vasculaires, rosées, douloureuses, assez bien pédiculées; elles sont mollasses, saignent facilement et sécrètent une sorte de sérosilé d'une odeur fétide. Quelques-unes acquièrent un volume assez considérable, celui d'une noix, d'une poire suspendue par un pédicule beaucoup plus mince que l'extrémité libre. Elles ont alors une apparence polypeuse ; par leur volume et par leur poids elles peuvent constituer une maladie très gênante.
Le siège " ordinaire des végétations est l'anus, les grandes et les petites lèvres, le prépuce, le gland ; on en rencontre encore vers la fin du rectum, dans le vagin, . près du méat urinaire chez la femme, sur la peau des aines, dans le pli crural. On en observe quelquefois, mais plus rarement, à la surface de la langue.
Le traitement mercuriel n'a aucune influence sur ces excroissances, ce qui peut servir encore à prouver qu'elles ne sont pas nécessairement syphilitiques. Le traitement externe seul est indiqué ; il consiste dans l'emploi des astringents, tels que la sabine, le vinaigre, etc., ou des caustiques, tels que l'acide chromique, le nitrate acide de mercure, l'acide nitrique, le nitrate d'argent, ou enfin dans l'excision combinée avec la cautérisation. Je
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me suis souvent bien trouvé de l'application réitérée de Pacide acétique anhydre.
c. Plaques muqueuses.
Les plaques muqueuses, désignées encore sous les noms de pustules plates, de tubercules muqueux, de syphilide papuleuse humide, etc., ont été décrites par Cazenave comme une des variétés de la syphilide tuberculeuse. On ne saurait trop attaquer cette opinion, car dans les plaques il n'y a pas de tubercules, et d'autre part la syphilide tuberculeuse est une manifestation tardive, tandis que la plaque muqueuse est un accident précoce, qui survient quelquefois si promplement, que quelques auteurs, et Cazenave lui-même, l'ont considéré comme un accident primitif. Cette dernière proposition est également erronée, la plaque muqueuse n'est pas un accident primitif, elle ne se montre jamais dans les quinze jours qui suivent le coït infectant; ce qui a pu faite croire que la plaque muqueuse était dans quelques cas un accident primitif, c'est la transformation in situ d'un chancre en plaque muqueuse, transformation que l'on observe surtout chez la femme, et qui quelquefois se produit assez rapidement.
Les plaques muqueuses peuvent se développer de deux façons : ou par la transformation d'un chancre en plaque muqueuse, ou plus souvent en apparaissant sur une surface saine auparavant ; dans ce dernier cas elles coïncident presque toujours avec une autre syphilide.
Lorsque la plaque muqueuse est due à la transformation in situ d'un chancre, on voit l'auréole du chancre devenir plus saillante, plus violacée, tandis que le centre est encore granuleux et ulcéré; puis peu à peu la cicatrisation s'opère, une pellicule mince couvre la partie ulcérée, et au bout de quelques jours il existe une saillie
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