DU SYSTÈME NERVEUX DES POISSONS
§ !«'. Anatomie.
A. SYSTEME CéPHALO-RACHIDIBN.
Ea parlant do rA<n»m^ et des autres Manu^ifères ^X VetaçAplikQitP^ ^ le idus copi^itUqtté, on v^t ce viscère «e siu\pli|ier graduellement dans les Oiseaux et les Reptiles, en même temps qu^ les parties qui le copiposent s'isolent davantj^ les unes des «utr^; et daps la classe de^ pois^ows^, la dégradation allant plus loin encore , il serait m^% dilB^cile 4'y reconnaîtrai l'î^nalogie des diOérentça; nu^^s^ qni |e composent, ^ l'en n'était pas conduit par celles qi^'oilrept les çlas^s intermédiaires.
Vtmi$éAl^ de ceg i^niœ^w^ es», cgçspe c^ \^ fteptiles, plvs
332 STSTEMB BfBRVBCX.
petit que la caTité crânieiine, de manière à 8*y trooro' iadé et ^touré d'un liquide visqueux, ou de graisse; aussi ses parties sontelles par là faciles à distinguer, et le sont «icore plus, en ce que les divers renflements qui les composent sont plus écartés. Le volume est encore plus petit comparativement à la masse du corps que chez les Reptiles, n'ayant, suivant M. Garus, que yf^ ^^^ ^ Gadtu Lota, 7^^ dans Esox iucius, j^jj dans le SÛurus gtanis^ et même seulement ■rr\n' ^^^ ^® Seoméer thynnus.
Quant à sa conformation, Tencéphale varie assez notablement dans cette classe d'animaux , se trouvant composé de plusieurs paires de ganglions successifs, dont le nombre n'est pas le même, ce qui n'a pas laissé d'embarrasser les anatomistes sur les analogies qui existent entre ces tubercules et les diverses parties du cerveau des Mammifères. En comparant cependant cet appareil à celui des Reptiles , (m parviait assez facilement à le ramener à un seul et même type. En effet , nous avons vu que chez ces derniers il est formé dans sa partie supérieure essentiellement de trois paires de renflements : les hémisphères, les nates et le cervelet, réunis tous en dessous par la moelle allongée. Chez les SquatttSy animaux qui sous plusieurs autres rapports encore ont beaucoup de ressemblance avec les reptiles , l'encéphale est de même formé en dessus de trois parties principales, dont l'antérieure , ouïes hémisphères plus intimement unis en une seule masse, se termine par les nerfs optiques, et renferme encore un ventricuîe^ que MM. Meckbl et Arsaky y ont découvert, mais qui ne se retrouve plus dans les poissons osseux.
 la suite de ce premier renflement se trouvent les liâtes , ^ale* ment confondus en une seule masse , mais renfermant aussi un ventricule comme chez les Reptiles, et en arrière de cette seconde partie est situé le cervelet, lobe impair fort allongé, divisé transversale* ment par des plis en plusieurs sections successives.
Chez les poissons osseux on retrouve le cervelet comme masse impaire renfermant généralement un ventricule communiquant avec le quatrième , placé dessous , et dont il n'est qu'un prolongement , comme chez les Oiseaux. Devant le cervelet se trouve , dé même que chez'les Reptiles et les Squalus, une grosse paire de ganglions ovades creux , ou nates , dont le ventricule communique avec le troisième , placé au-dessous.
Au-devant de ces tubercules existent ensuite une, deux ou trois paires de ganglions de plus en plus petits, correspondant ainsi aux hémisphè^ res des Sqtuilus et des Reptiles, et dont la première, postérieure; est liée par une commissure , qui répond ainsi à Y antérieure des animaux supérieurs; et la paire terminale se continue avec les nerfs olfactifs; mais aucun ne renferme plus de ventricule. Ces trois paires
de gangMbns refU'és^teDt ainsi parfaitement les trois renflements consécutifs qu'on remarque dans les hémisphères des Oiseaux, c'est-à-dire le iohuie du nerfoifactifei les ioies antérieur et postérieur du cerveau, parties plus ou moins confondues chez les ei^èces où l'on ne troure qu'une ou deux paires de ces petites masses.
Chez beaucoup de Poissons la partie du dessous de l'encéphale qui correspond aux nates présente trois tubercules , dont deux , placés à côté l'un de l'autre, renferment souvent un ventricule communiquant avec le troisième, paraissent répondre aux couches optigueSf nom que Cuyier leur donnait autrefois, mais qu'il a plus tard changé , dans son Anatomie de la Perça fluviaiis , en celui de lobes inférieurs , qui n'auraient ainsi , d'après lui , rien qui leur corre^ndrait dans les autres Vertébrés , quoiqu'il ajoute lui-même que les nerfs optiques en tirent en partie leurs racines. Entre ces tubercules', et ordinairement plus en avs^t , s'en trouve un troisième , impair , toujours creux, répondant à V entonnoir ou tige pituitaire , et sous lui ^st suspendue Vhypophysey lobe proportionnellement plus gros que dans Jes Vertébrés supérieurs.
Au-devant de cet appendice se trouvent les deux nerfs optiques , qui tirent , d'une part , leurs racines , ainsi que je viens de le dire , des deux couches du même nom , et , de l'autre , des nates ; ce qui prouve évidemment que ces derniers ne sont point les analogues des bémii^hères , comme le pensait Cuvibr. Ces nerfs se portent en dedans , se craisent , et souvent sans se confondre, pour se rendre , de même que chez les autres Vertébrés , dans l'œil du côté opposé.
Outre les renflements de l'encéphale des Poissons , dont je viens de parler, ces animaux en ont encore une ou plusieurs paires placées audessus de l'origine delà moelle allongée, immédiatement derrière le cervelet , et même jusqu'à six pah*es consécutives chez la Trigla Lyra, d'après les observations de M. Arsaky.
Entre les couches optiques et les nates se trouve le troisUme ventricule , communiquant en avant avec l'entonnoir, sur les côtés avec ceux des cbuches optiques, en haut avec ceux des nates; et se continue en arrière avec le quatrième , placé , comme d'ordinaire , entre l'origine de la moeUe allongée et le cervelet.
La moelle allongée , située à la partie infra-postérieure de l'encéphale , dont elle relie toutes les parties , s'élargit vers son extrémité antérieure , et envoie ses fibres externes dans les nates, les moyennes dans les hémisphères , et se confond par les latérales supérieures avec le cervelet
Les nerfs cérébraux ne présentent , la plupart , rien de bien remarquaUe , si ce n'est le pneumogastrique , dont je parlerai un peu plus bas. * • ,
334 SYSTEME HEEVEUX.
Les nerfs oifaeHfÊ sont d'ordinaire fort gros > qaoiipie les i nasales soient très-peu étendaek ; et dans les S^uaiui le ventricQk des hémisphères se prolonge même dans leor intérieur.
C'est chez les Misse?» qu'on ?oit le mient Fentre-^roisanent des nerfs optiques , les deux troncs passant même Tun sur l'autre sans communiquer entre eux chez les Gadus Morrhua,
Dans \^ Perça fluviaiis les autres nerfe cépbaliques wâHeot, d'après CuYiBR, de la manière suivante:
La troisième paire sort entre les pédoncules cérébraux et lo couches optiques.
La quatrième paire naît derrière les autres , entre elles et le cervelet
La cinquième paire , très^orte , vient de la partie latérale da quatrième ventricule « où elle naît près des ganglions de la moelle allongée, {dacée immédiatement, derrière le cervelet Le tronc' se porté obliquement en avant ^ en dehors, sort du crâne et produit plusieun branches « dont les principales sont : l"" ïophthalmique ^ qui passe dans la partie supérieure de l'orbite et se distribue à Ig région nipra* antérieure de h tète ; 2** le nerf siagonai^ qui se porte en dessous et eu avant, passe sous le globe de l'œil et se subdivise dans la partie inférieure du musean s S*" le nerf maxiitaire , lequel se dirige {4ns obliquement en dessous pour fournir des rameaux au palais et am organes placés dans la mâchoire; h^ une branche, cpie Cuvier nomme ptéri/gO'paiatine , se porte en avant et en dessous , passe sous les muscles de l'œil et se distribue dans les environs du palais s 5"* use branche, que le même adatomiste a|)pelle operculaire , se subdivise au muscle crotaphite , à l'opercule et ^ la membrane branchiostége ; et euÛQ 6"* très-souvent une branche qui se porte en haut pour s'unir à une du gaugiioo du nerf vague pour former le nerfd9rsai; mais ce nerf ne vient tantôt que de l'une de ces deux origines.
Les nerls de la sixièoie paire sortetit de la face inférieure de la moelle allongée.
Le nerf acoustique naît de la partie latérale de la moefle , au ni* veau du cervelet
Le giosso-pharyngien se détache des côtés de la moelle, un peu en arrière du précédent, d'où il se porte obliquement en arrière.
Le nerf vague , très-gros , naît en arrière de la cinqmème , sur les côtés de la moelle allongée , au niveau de la partie postérieure dn cervelet Ce tronc , le plus remarquable chez les Pmssonâ , forme bientôt un gros ganglion duquel sortent ensuite plusieurs branches , dont les unes , en nombre égal aux branchies , se portent en dessons dans ces organes; une autre se jette sur l'œsophage , qu'elle suit jusqu'à l'estomac ; et la plus forte , qui n'existe^ que chez les poism^ » se
8TSTÈMB NMVfeUX Mê BOISSONS. 33^
dirige en arrière jusqu'à la queue , en passant plus ou moins profondément dans les chairs , et quelquefois prés de la superficie le long de la iigne latérale du corps , marquée extérieurement soit par un trait d'une couleur particulière, soit par des écailles d'une forme différente de celle des autres , soit par des pores qu on y remarque.
Ce nerf ne donne souvent que des branches latérales très-faibles au:i: muscles environnants , et d'autres fois il n'en fournit aucune jusqu'à la nageoire caudale , dans laquelle il se distribue.
Une autre branche, sortant du même ganglion, se rend dans le diaphragme , et enfin une supérieure se porte en haut, s'unit à une de la cinquième paire et forme avec elle le nerf dorsal , qui longe le dos au côté de la nageoire dorsale.
Il parait que les nerfs hypoglosses n'existent pas chez les poissons.
Les nerjs vertébratix ne présentent aucune particularité remarquable. Ceux qui se rendent dans les nageoires pectorales des poissons osseux sont fournis par deux paires vertébrales antérieures , qui s'envoient des branches anastomotiques de manière à former un plexus brachial, d'où sortent plusieurs rameaux qui se dist.ibuent aux muscles de la nageoire.
Dans les Raia, dont les nageoires pectorales occupent toute la longueur du corps , les vingt premières paires des nerfs vertébraux antérieurs se portent en dehors , suivant Cuvibh ^ se réunissent en un tronc commun placé en arrière de la cavité branchiale, et de ce tronc partent ensuite des nerfs simples , qui suivent les rayons de la moitié antérieure de la nageoire. .
Les nerfs vertébraux suivants , au nombre de cinq à six ^ forment également un tronc commun qui se rend dans la partie moyenne de la nageoire. Enfin la moitié postérieure de cet organe reçoit les siens des quinze à vingt derniers hërfs Spinaux, lesqiiéls se réunissent deux à deux avant de se distribuer.
Les nageoires ventrales , les analogues des membres postérieurs des Uammifères , reçoivent de même lem*s nerfs de plusieiu*s paires vertébrales correspondant aux lombaires et aux sacrées des animant* supérieurs ^ quoique ces dénominations ne puissent plus être rigou-*' reusement appliquées chez les Poissons > où la région lombaire du ra« chis n'est pas distincte de la sacrée.
Chez les Raia les quatre premières paires se réunissent pour former un tronc commun qui se rend dans la partie antérieure de cette nageoire ^ et d'autres troncs plus postérieurs s'y rendent directemtnt pour se distribuer dans la partie postérieure.
Ches les poissons osseux les nageoires ventrales , faiUes , reçoivelll lears nerfo des intercostales.
336 SYSTÈME BiBR\BlJX.
B. SYSrklIE SYMPATHIQUE.
Les sympathiques sont très-faibles chez les poissons, et longent, comme dans les autres classes , les côtés de la colonne vertébrale. On n*y trouve pas de ganglions bien distincts ; mais ils fournissent des ramuscules qui , se répandant sur les intestins ainsi que sur les artères , s^anastomosent avec les paires vertébrales. MM. Carus ( Lehrb. (fer vergL zoot.) ^ et Webfr {Jnat. comp. nervi sympathici) ,k& ont poursuivis jusque dans la tête , où ils se terminent à la cinquième paire cérébrale.
§ II. Dissection et conservation.
Pour préparer Tencéphale des poissons , on ouvre le crâne par c\\ haut ; ce qui est très-facile , surtout chez ceux dont les os ne sont pas dufs , et spécialement chez les Chondroptérygiens, où les os cartilagineux se laissent couper aisément avec le scalpel.
Les nerfs peuvent le plus facilement être préparés par le côté , surtout chez les espèces dont le corps est très-plat. Comme la chair de ces animaux est blanche , on a de la peine à distinguer les nerfs par leur couleur ; avec un peu d'attention et en disséquant le sujet sous Teau , qui empêche les débris des organes de s*empâter, on arrive cependant assez bien à les reconnaître , et d^autant plus que leur direction est le plus souvent différente de celle des ûbres musculaires , avec lesqueUes on pourrait les confondre.
Les nerfs intérieurs , comme les sympathiques , seront préparés sur un sujet dont on aura enlevé toutes les côtes d*un côté.
SECONDE DIVISION