‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 112 sur 147 · DU SYSTÈME NERVEUX DES ZOOPHYTES · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME NERVEUX DES ZOOPHYTES

bans tout rembranchement des zoophytes, cen*est que chez quelques EiNTOzoAiREs, Ics ^CHiNODERMES et Ics Actinia qu'on aperçoit encore quelques traces d*un système nerveux, quoiqu'on ne puisse douter qu'ils n'en soient tous pourvus , vu que tous sont sensibles et irritables ; mais il faut avouer aussi qu'à l'exception du bel ouvrage de M. TiEDEMANN sur Ics ^GHiNODERMES, uous u'avous eucorc que des iravaux bien incomplets sur l'organisation de tous ces animaux.

ARTICLE PREMIER

§ P'. Anatomie.

Quoi(|u'<Hi n'ait encore découvert de système nerveu:» que chez quelques genres d'sim)ioAroiis , ces animaux ; appartenant toutefois ànx deuK ordres qui constituent la classe, il est très-probable que tous en sont pourvus. La première découverte de ces nerfs est due à Mi Otto, proîesgexar d'analoiiiie à Bresku, qui les vit sut* les Stron- Spinsy de l'ordre des cavitaires.

I>'après lui , ces animaux auraient , de même que les Annélides ibrandieft, dosl ils apjMroch^t beaucoup , un tronc nerveux central sous^veiitral , ou mociie épinièré , mais sans ganglion sn&KBsopha-^ glen ou cerveau « qui paratt avoir disparu. On trouve , d'après cet •naHMiràitev ^ns le siHôu qui sépare les deux bandes de muscles lon-^ gtadiMMi infèHeurs du Stron§yitiê gipas , un filet blanc allant de la tête à la queue, formé d'un nombre considérable de petits renfleitiete ou tfangiianê donnant des branches qui se rendent dans les mitttdis et daa» la peau. Ce tronc naît en avant d'un gros ganglion eivalè pkcé sou» la bouche, ayant 2 milliuiètres de kmg, et le cordon te temme postérieurement par un ganglion de même grosseur {^cé dans la c^eue tous le rectum ; mais M. (hro ne put apercevoir aucime brâiche sortant de ces deux ganglions principaux.

Chet les Ascaris , le même savant découvrit aussi deux fdets falancft, dont l'un (dacé le long de la ligne dorsale, et l'autre le long de la ligne ventrale» et qu'à regarde tous les deux comme des troncs ner-

368 SYSTEME NBEVEUX.

veux, y distinguant bellement on nombre conâdérable de petits renflements successifs qui leur donnent beaucoup de ressemblance avec la moelle épiniére des Lumùricuê , et produisent de même des branches latérales.

Yallismieri, qui avait déj^ remarqué le tronc inférieur, le conâdéra comme une suite de cœurs.

Chez la Fascioia hepatica , de l'ordre des parenchtiiateux , IVl. Otto découvrit également un tt/slème nerveux bien distinct, mais autrement disposé. Il est formé d'un ganglion central placé dans la ligne médiane du corps , au tiers antérieur de ce dernier. Ce renflement produit de chaque côté un tronc nerveux qui se rend transversalement en dehors, et forme à une petite distance du bord latéral de rr.:i!inal un autre ganglion plus petit, duquel partent deux troncs, dont Tun se porte en avant et l'autre en arrière , parallèlement au bord ; et ces deux branches, qu'on suit Jusque vers les extrémités du corps, forment chacune encore plusieurs ganglions très-petits donnant des rameaux qui se rendent à la périphérie.

§ n. Dissection et conservation.

Pour préparer le système nerveux des entozoaires cAYrrAjREs , il faut ouvrir le corps par le côté dans toute sa longueur, afin de ne pas endommager l'un des deux troncs ; enlever les viscères, dont on aura surtout à examiner les extrémités avec soin pour s'assurer qu'on ne détruit pas quelque partie du système nerveux qui pourrait s'y trouver. Mais il faut avoir soin, d'après la reconmiandation de M. Orro, de choisir des sujets frais chez lesquels seuls on peut distinguer le système nerveux , qui disparaît entièreinent chez ceux qui ont séjourné dans Talcool. On doit même les laisser séjourner pendant quelque temps dans de l'eau fraîche, qui, infiltrant le corps, le rend plus transparent. En grattant ensuite avec précaution l'intérieur du corps avec un instrument tranchant, on enlève facilement la partie spongieuse ramollie par l'eau qui recouvre les nerfs , et ceux-ci deviennent trèsapparents.

Pour le système neveux des parenchymatbux , on est d>ligé de le poursuivre, comme tous les autres organes, au moyen du scalpel; mais on peut aussi très-bien l'apercevoir sans dissecti(m chez les Fascioia, en l'examinant à travers les téguments. Pour le rendre plus distinct, M. Otto recommande également de ne se servir que d'individus frais , dont la cavité intestinale soit peu remplie de nourriture. On les fait de même séjourner pendant quelque temps dans de l'eau fraîche pour rendre leur corps plus transparent , et on les place sur une plaque de verre pour les regarder à la loupe au grand jour.

On peut faire sécher ces animaux sur une plaque de verre ; et lorsqu'ils sont bien secs , on les rend transparents en les enduisant d'essence de térébenthine. C'est dans cet état qu'on peut très-bien conserver ces préparats. Ce procédé est également indiqué par le même anatomiste.

ARTICLE IL

S I*'. Jnatomie.

On trouve encore chez les ^chinodermes, classe qui fait immédiatement suite aux entozoaires, un système nerveux bien apparent, mais plus réduit encore que chez ces derniers, et prenant aussi une disposition différente en harmonie avec la forme rayonnée de ces animaux. C'est à M. TiEDEMANN que cette découverte est due.

Ce n'est même que par conjecture que ce savant considère chez les Hoiothuria, comme appartenant au système nerveux, des filels blancs sortant de l'anneau calcaire qui entoure la bouche, et dont les uns pénètrent dans les tentacules , tandis que d'autres longent les muscles longitudinaux ; mais on n'a pas encore découvert le centre d'où ces filets partent , lequel forme probablement un anneau autour de l'œsophage.

Le système nerveux des Echinus paraît se réduire également à quelques filets excessivement fins , dont on n'a pas encore pu découvrir le tronc central. M. Tiedemaîsn a remarqué quelques-uns de ces filets sur la membrane qui ferme en dessous la grande ouverture du têt, au centre de laquelle est placée la bouche ; d'autres le long des troncs vasculaires qui se rendent dans les petits pieds, et d'autres encore dans l'intérieur de la lanterne. Cet anatomiste présume que le tronc central forme un anneau autour de la bouche , mais il n'a jamais pu l'apercevoir.

Le système nerveux des Asterias se montre un peu (dus développé. Il est formé d'un tronc central formant un filet circulaire autour de l'oesophage, placé au-dessus du canal circulaire sanguin de ce dernier, contigu au canal circulaire en communication avec le cœur. Cet anneau nerveux produit vis à vis de chaque rayon trois branches partant d'un même point. La branche moyenne suit la face inférieure des rangs des spondyles, et les latéraux pénètrent dans les deux premiers trous des ambulacres; mais M. Tiedemann ne put pas les suivre dans tout leur trajet. Ils paraissent fournir des rameaux latéraux. tom, il 24

370 «T8TEVS ivmvnx*

SoÎTant Smx ^ le système nerveux des ÂêUria$ senk loiremeQt disposé ; il y aurait vis à tîs de diaque rayoa , amc faces latérales de Testomac, deux petits ganglion» grisâtres qa*il Domne noàyÂa^ semblables à des grains de millet oblong , rémus par des branches 4e eommanication avec ceux des autres rayons , de manière à lormer ensemble un cercle entourant cette cavité digestive ; chaque ganglioa produit en outre deux ou trois ilets qui vont se répandre sur la partie supérieure de l'estomac en s'anastomosant entre eux et avec ceux des autres ganglions. Une branche descend par un troa du bord des spondyles et va se ramiGer autour de la bouche ; enfin la branche la plus forte et la plus longue se prolonge dans le rayon, suit la série des spondyles, et donne un rameau à chaque vésicule des petits pieds.

§ II. DUêtctioH et conserviUion.

Pour voir les filets nerveux des Hoiothuria , il faut enlever d'un eôté les téguments qui entourent la tête, pour mettre les tentacules à découvert dans toute leur longueur, et soulever ces derniers pourvoir leur attache à Fanneau cartilagineux , où Ton découvre les filets qui s'y rendent.

Pour les Echimis c'est toujours en coupant la coquille horizontalement en deux , comme pour tous les autres organes Intérieurs , qu'on découvrira aussi les filets nerveux ; mais il faudrait l'ouvrir par le côté pour aller à la recherche du tronc central qui , sans aucun doute, entoure la bouche.

Le système nerveux des Asterias se prépare, d'après M. Tiede- MAXN, en enlevant par en dessous les téguments qui entourent la bouche , en agissant toutefois avec beaucoup de précaution, pour ne pas détruire les parties subjacentes. Suivant Spix, au contraire, il font ouvrir le corps par en haut.

Ces préparats ne peuvent guère être conservés.

ARTICLE IIL

DU SYSTÈME NERVEUX DES POÎ.TMS.

SI". ÂnoÂùmie.

Quoique les polypes soient placés au dernier échelon de la série auiinale, Spix* y a encore découvert, dans les grandes espèces à^Acti-

* iÊém. pour servit à Vhist. de V Asterias mbens, àt Vâctinia corlirccc, etc., a>v«e (il. , d«ti8 ks Ann. du MttKy t. ?cm , p. 438. v, Loc. cil.

ORGANB» BE9 MHS* 87ï

m«> B» système nerfeux bie& earaclérisé , et il est ^ lîr très^-preba* ble qa'ilL existe égstoi^at daas k» aiitres genres de fe même eksse. Suivaiit c^ aoatoBÛste, ee système nenreiix est formé de trois paket de ganglions disposées en triangle équilatéral, auteur un centre de h faase d« corps, à peu de prefoiideiir de la siir£»ce. Ces trois paires de reaflemei^ oerveux sont unies entre eHes par des brandies de eon»wttBÎcaliony et produisent en cotre cbaeune im tronc dk%é vers h drconléreace^ mais €|ui se divise knentôt en desx rameaux , lesquels •€onti&«e8t à se poit^ vers la péri^ltérie , et se fléclnsseat ensuite en dessus pMHT se réfUMidre dans k mam% du corps.

§ II. Dissection.

On doit préparer le système nerveux des Actima en enlevant avec précaution les premières couches de fibre musculaire du {ûed » sous lesquelles les ganglions sont placés.

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