DES ORGANES DES SENS
Les org^aes des sens sont^ akksi q«e je Fai déjà ék fAm kaut , des appareils par lesquels rindividu perç«tt Texist^ce des corps étrangers^ par reflet des diverses propriétés qu'ils ont et €pd s'y manMéstenA , et font par là connaîtie les conditions dans lesquelles se trouvent les corps qu'ils caractérisent ; perceptions que des nerfe spécimtx^ nommés de là sênsitifs^ et profures à chaque organe , transmetleat au cerveau pour les soumettre au jugement du inm de Tindividu.
Vàûmme possède cinq de ces s^»s, et ne samrait en eonséqttenee concevoir l'existence d'autres diezles antmaux, quoicpie oert^ûiis fuis semblent ind^uer qu'ils ea obI dont nous sommes privés.
Ces sens de Vhomme sont, eomine tout le monde sait, ceux du tactf du ffoût^ de Vodorat, de Vouï» et de la vue.
Le tact a pour organes sensiiifs indistinctemest toutes ies par^ ties du corps oà se vendent des tierfs , d'oè o» l'a aussi noiBOié k ^ns générai. Il s'y exerce toutefois à des degrés très-diiêreiits. , selon la nature de ces organes et les conditioas dans kw^^Ues Ss se trouvent ; mais c'est priaeq)alemeut k peau et ses prolottgemenls intérieurs les plus prochains qui en sont le réceptacle , et phis spéeiftliement encore les téguments du "ùrn^t d^ doigts. €e aens signale
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l'existence des corps 1<* par la résistance qu'ils opposent à ces organes, résistatnce due ^ leur propriété à*ifnpéfUtraéiiité ; 2"* par ienr température en i^as on en moins ; et 3* par leurs propriétés corroc/ante^ ou irritanteêj etc.
Le goût , localisé dans la cavité de la houehe , et surtout à b surCace de la ia/ngue^ du palais et du voile, fait connaître certaines propriétés chimiques des corps, autant que leur substance est soluMe dans rhumeur qui lubrifie la cayité buccale ; telles sont les qualités ealinesj sticrées^ acides^ alcalines^ alcooliques, amer es et caustiques , mais non pas, conune on le pense g^ralement, celles qu'on désigne d'ordinaire sous le wyoàà* aromatiques, qui sont réellement perçues par l'odorat
V odorat a pour réceptacle les parois des fosses nasales, et surtout celles des anfractuosités de Veihmoïde et des cornets. Ce sens est destiné à faire connaître les corps par l'impression que leurs parties volatiles et répandues dans l'air, font sur la membane muqueuse de cet organe ; impression qu'on nomme odeur.
Vouïe réside dans le labyrinthe de € oreille interne , c'œt là où se manifestent les corps par les vibrations qu'ils sont dans le cas de faire éprouver à l'élément ambiant; vibrations qui se communiquent aux parties de cet organe admirablement conformé pour en faire apprécier les moindres modifications, et c'est cet effet qu'on nomme le son.
Enfin la vue a pour siège \e^ globes des yeux. Ces organes sont destinés à percevoir les impressions de la lumière que les corps réfléchissent soit comme lumière blanche, soit comme lumière décomposée en rayons colorés, et font reconnaître par ce moyen non-seulement la couleur de ces corps, mais encore par elle leur forme et leur distance.
Chacun de ces cinq organes des sens peut être ou passif, lorsque l'impression sensitive s'y fait percevoir sans la volonté et sans l'attention de l'individu; ou acti/* lorsqu'au contraire ce dernier applique vdontairement l'organe à la perception de la sensation , pour investiguer les corps dont il veut connaître la nature : aussi l'action de ces organes prend-elle dans ces deux conditions des noms différents.
Le tact est ainsi le sens purement passif, et ce mot n'a pas même dans notre langue de verbe corrélatif; cependant considéré comme sens général il a le verbe sentir qui lui correspond , lequel exprime précisément cette généralité du sentiment Ce sens considéré comme actif prend le nom de toucher , et ce même mot est également le verbe par lequel on exprime son action.
Le goût est le sens passif et le sens actif à la fois : mais ce mot exprime cependant plus particulièrement le premier , et son verbe est goûter ; tandis que le verbe qui exprime l'action active de ce sens
est savourer^ et la sensation perçue prend le nom de saveur.
Odorat exprime également le passif et l'actif; mais dans la première acception il n*a réellement pas de verbe. Car adorer est toujours pris dans le sens actif; et dans le second cas nous avons encore le verbe flairer qui n* est jamais pris dans le sens passif.
Ouïe est également pris dans les deux sens ; mais son verbe corrélatif ouïr est de même ordinairement pris dans une 'acception active. Cependant comme ce sens est, de tous, celui qui est le plus facilement affecté passivement , c'est-à-dire sans notre volonté, il a le verbe entendre qui lui correspond plus particulièrement ; tandis que dans son acception active son verbe est écouter.
La vue est de même le sens tant passif qu'actif et correspondant à deux verbes, dont Tun , voir^ le véritable corrélatif de vue, exprime l'action passive de ce sens , çt le verbe regarder son action active.
PREMIÈRE DIVISION
On retrouve chez tous les vert^brjês également les cinq organes des sens comme dans V homme et disposés de la même manière; quoique chez certaines espèces quelques-uns soient très-imparfait , et les sens qui y résident de là plus ou moins obtus; et nulle part nous ne trouvons aucun organe qui puisse faire soupçonner qu'il préside à un sens qui nous serait inconnu. Cependant quelques animaux produisent des actes qui semblent indiquer qu'ils ont des sens dont nous sommes privés.
ARTICLE PREMIER
§ I". Anatomie.
Dans la classe des mammifères les oi^anes des sens {Hrésentent de simples modifications indiquant une plus ou moins grande énergie avec laquelle les sensations y sont perçues selon les besoins de ranimai.
A. DU TACT
Je viens de dire que le tact existe dans tous les organes où il y a des nerfs. En effet , partout ou une cause irritante agit sur les organes , cette irritation devient appréciable au moi , et cause même souvent un effet tellement violent qu'il est pénible, et on lui donne alors le
mm èe cUmienr. Cep m i m i «eMe fanrilé 4e iKFoeioir h deseorps étnag^rs n*esi pas h WÊêm^ partast; ëass <pMlq»eR«rpiie& eUeest iiiilk;ceawit les6f)w Chez d'aaires «Me ne le devîoit <|ae éaat des cas 4)ù rirrkadoB est portée à mm haut dcp:^; cmmm dans kt viscères, où les mouveoients ordisaires, ^pK pèasMon d'ealpe eox eacé* c«lfiiH« Besoi^aiiciiiieiiieiitperçns; tTdiiq«*ibdencntBtéiutomr6DX daas quelques ekeoiisUnces, t^es c|«e daas les nitflHMtfioM 4pû lent toutes les seMatioos. Mais c'est daas la peau oè le tact eit le pios parfait par la présence d'usé ioule de nerfs qai y lèootisKat dans de petiu reafleitteats nomaii^i papiiUê nerv^tmiSj reeowfcites d*aBe petite calotte tégumeiHaire qai les protège eoatre le ceocact iamédîaC, qui deviendrait dovloureiix. On conçoit de là qne ce sens, Si toutes cbpses d'ailleurs égales, doit être d'autant pins in q«e ces papiles^ sont plus nombreuses , et placées sous des tégnmenas plus ninoes et plus mous, qui, cédant à la moindre pression des corps, la communiquent aux nerfs papiUaires; et c'est en effet ce qui arrive au bout des doigts de Vhanime, ainsi que sur la langue, et en général sur toutes les membranes muqueuses à l'entrée des cavités, où ces memlM^-^ ncs sont à la fois minces , molles et chargées de nombreuses papilles. C'est la raison pourquoi on sent si vivement le moindre corps étnmger dans l'œil, ou sur la langue, et mieux même que sur le bout des d(Hgts. Cependant la perception devenant plus précise par l'exercice, c'est par ces derniers organes, employés le plus ordinairement pour ex{dorer les corps, que nous pouvons le mieux juger de leur forme , quoique les téguments y soient plus épais et plus durs que sur la langue par exemple. Cela est si vrai que les aveugles qui exercent la sensibilité de leurs doigts bien plus que ceux qui voient, parviennent à distinguer des formes que ceux-ci ne reconnaissent pas. C'est ainsi qu'ils lisent très-rapidement en touchant des lettres en rehef , tandis queceux qui ne se sont pas livrés aux mômes exerckes ne salent que des inégalités dont ils ne reconnaissent pas la conformation. L'ouvrier qui travaille à des ouvrages durs, qui lui rendent l'épiderme des mains épais et corné, sent cependant très-bien les qualités des corps, et souvent aasai bien que ceux qoiont la peau des doigts bien phis n^ice et plus moUe; et cela seulement parce que dans cet état il a exercé son tMcher. J'msiste sur cela , vu que plus tard j'aurai à expliquer om»^ ment certains animaux peuvent avoir le toucher fm quoique lesrs pattes soient enveloppées de téguments entièrement cornés. Déjà chez. les MAMMIFÈRES digitigrades le dessous des pelotes des pattes ainâ que ^des pelodnes des doigts est très-corné par l'effet du frottement que ces^ partiçs éprouvent dans la locomotion; et si le sens du toucher y est par là fort obtus, il n'y est toutefois pas abdl : aussi les tégument de ces parties reçokent-ite des nerfs très-nombreux; et ce qui prouve
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qm plusieurs de ces aninaux ont uae coasdeace assez parfaite des corps qu'ils touchent est qu'ils marnent souvent ces derniers avec beaucoup de précision , et mieux que nous ne le faisons lorsque nos doigts sont engourdis par le froid, ou recouverts d'un gant,
Gbez quelques MàHMiF^EES à queue prenante, Textrémité de cet or* gane est aussi riche en nerfe que les doigts de Yhomme : aussi la surface ressemble-t-elle beaucoup à celle de ces organes ; et ces aninuHix paraissent y jouir d'un tact très-fin , à en juger par la dextérité avec laquelle ils accrochent leur queue. Qui ne connaît l'adresse que VéUfharU a dans le bout de sa trompe , munie d'un seul doigt purement charnu , avec lequel il saisit des objets extrêmement petita» et les manie avec une facilité surprenante !
B. nu GOUT.
Le goût réside principalement dans les téguments de la langue, mais aussi dans le voile du palais et le palais lui-même ; car sur l'une et sur l'autre de ces parties on éprouve les saveurs. Cependant ce n'est que lorsque le corps est frotté entre la langue et le palais, ou le voile, que la sensation est la plus parfaite. Cette sensation réside également dans des papilles, comme <:elles de la peau, dont elles ne sont qu'une modification.
Quoique tous les animaux avalent le plus promptement possible ce qu'ils mangent sans savourer leurs aliments , on ne peut pas en conclure que leur goût soit beaucoup plus obtus que le nôtre ; et ce qui prouve qu'un grand nombre d'entre eux ont ce sens très-fin , c'est qu'ils lèchent avec plaisir des corps dont ils ne peuvent enlever* que des particules très-minimes.
Parmi ces animaux je signalerai les F dis , qui ont les papilles de leur langue même couvertes de gaines cornées en forme de piquants ; les RUMINANTS , qui ont également les papilles cornées , quoiqu'ils distinguent très-bien une qualité de fourrage d'une autre , et se plaisent à lécher des corps salés.