B. DC GOUT
La plupart des oiseai-x avalent le plus promptemenl possible les aliments dont ils se nourrissent ; les Anser et quelques genres voisins, dont le bec est garni de lamelles en forme de dents , mâchent cependant réellement ce qu'ils mangent , et les Psittacus , ainsi que les Parus et quelques autres, montrent même une véritable satisfaction à savourer ce qui est à leur goût.
Aussi les deux premiers genres que je viens de nommer ont-fls la langue grosse et molle, tandis que le plus grand nombre des espèces a cet organe revêtu de téguments cornés dans sa partie antérieure.
On ne doit cependant pas conclure de là que ces animaux n*ont pas de goût du tout ; le contraire est prouvé jusqu'à l'évidence chez beaucoup d'entre eux qui savent très-bien choisir les parties qui leiu" conviennent le mieux lorsqu'ils ont le choix.
C'est principalement la base de la langue qui paraît être le réceptacle du sens du goût chez ceux qui ont l'extrémité cornée , et c'est peut-être là une des raisons pour lesquelles ils avalent sur-le-champ ce qu'ils ont dans le bec. En portant les aUments de suite dans l'arrièrebouche , où ils en éprouvent le goût , les contractions qu'ils excitent dans les muscles du pharynx les font avaler immédiatement sans que l'oiseau puisse les y garder quelque temps; tandis que les Psittacuf et les Parus dégustent visiblement leur nourritiu-e plus particulièrement avec le bout de la langue.