CHAPITRE VII
Tous les anatomistes définissent du nom de viscères les divers organes contenus dans l'une des trois principales cavités du corps : le crâne y h poitrine et Y abdomen; définition établie d'après V homme et les autres kiammifères , où ces trois cavités sont en effet bien distinctes et ne renferment toujours que les mêmes organes ; mais, en l'examinant de plus près, on voit bientôt combien cette ^ définition est vague , et par là inexacte , en même temps qu'en l'appliquant aux autres animaux elle devient tellement générale que tout , hormis la peau, et même quelques-unes de ses parties, serait des viscères , vu que tout est contenu dans les cavités du corps. Chez Vhom^fne même, pour lequel ce nom a été créé , on peut facilement voii* , par l'application qu'on en fait habituellement , à quelles fausses classifications il conduit : ainsi le cerveau est un viscère , tandis que la moelle épinière et les nerfs n'en sont pas ; le cœuv esl un viscère , tandis que les vaisseaux , pas même l'aorte et les veines caves , n'en TOM. ïi. 1
2 AfFAilEtL DIGttSTI^.
sont pas ; les testicules des Mammifères sont des viscères lorsqu*ik restent dans Tabdomeii, et n'en sont pas quand ils en sortent; et ainsi de beaucoup d'autres organes encore. Aussi ce nom ne peut-il être considéré que simplement comme une dénomination vulgaire , qu'on comprend plus facilement par l'idée vague qu'on y attache que par une définition correcte qu'on pourrait en donn^; et il ne saurait avoir de là aucune valeur scientifique. En effet , si Ton conservait 5 cette expression une signification précise , on arriverait par les conséquences les plus naturelles à désunir de la manière la plus singulière tous les organes qui constituent les appareils les plus essentiels et concourant aux mêmes fonctions.
Il en est de même du nom de splanchiwlogie , tiré du grec (siitÔL^^yiyo-i ( splanchnon ) , qui a la même signification et ne peut plus être conservé que simplement comme indiquant d'une manière vague et vulgaire la partie de l'anatomic qui traite des appareils circonscrits servant à une fonction spéciale , comme la digestion , les excrétions , la génération et la respiration , c'est-à-dire tout ce qui ne rentre pas dans les grands systèmes; et c'est aussi là le caractère qu'on peut assigner au mot viscère.
V appareil digestif est destiné à saisir au dehors les aliments ou substances alimentaires , à les introduire, par la mastication et la déglutition^ dans une cavité spéciale nommée canal alimentaire ou digestif, pour leur faire éprouver une décomposition ou digestion , par laquelle les particules réellement nourrissantes ou nutritives sont séparées sous la formé d'un liquide nommé chyle, que les vaisseaux chyiifères pompent et transportent dans la masse du sang; et le résidu est enfin rejeté au dehors sous forme d'ea?cré'incnts.
D'après cette courte indication de la fonction de cet appareil , on voit que c'est bien l'un des plus essentiels de l'écoBomie animale , et en eiiet un de ceux qui se maintiennent le f^us long-temps dans la chaîne des animaux $ pendant que la plupart des autres organes disparaissent successivement. Aussi l'a-t-on indiqué comme présentant le caractère matériel qui distingue les ankxiaux des plantes ; malheiireusement ce caractère n'est ,• comme les autres , pas tout à fait sans exception, l'appareil digestif disparaissant aussi graduellement, et enfin complètement chez les derniers Zoophytes, qui ne se nourrissent plus que par une absorption extérieure.
Cet ap{)areil est accompagné d'organes accessoires formant Versos glandes destinées à séparer du sang certaines humeurs , qui , versées sur les aliments, en facilitent la digestion et sont de là nommées glandes digestives.
APPAREIL BIGESTIF DES VERTEBRES. 3
PREMIÈRE DIVISION
DE l'appareil digestif DES VERTÉBRÉS.
C'est dans ce premier embrancheioent du règne animal que Tap*pareil de la digestion est le plus compliqué, présentant le plus souvent toutes les parties qui peuvent entrer dans sa composition , c'est-à-dire une cavité huccale^ ouverte au dehors par la iouche, cavité qui reçoit d'abord les aliments, soit en une seule masse poiu* les avaler de suite, soit par petites parties ou bouchées pour les soumettre , au moyen des dents ou bien par l'action du hec y à une première trituration nommée mastication , par laquelle ils sont réduits en une pâte grossièrement hachée, formant dans chaque bouchée une masse appelée hoi alimentaire. Pendant cette première opération, les aliments sont sans cesse ramenés entre les dents au moyen de la langue et des joues , et le bol est enfin poussé dans la partie postérieure de la cavité buccale, et de là dans le canal alimentaire^ composé chez les espèces où il est le plus compliqué , d'abord du pharynx, partie placée sous le crâne en arrière de la cavité buccale, et évasée en un entonnoir formé de muscles volontaires, qui font passer le bol dans la seconde partie ou Vœsopliage, canal cylindrique placé le long des vertèbres cervicales et dorsales, où les muscles volontaires sont remplacés par d'autres de la vie autocratique. Ce canal forme souvent le long du cou un jaioi, poche plus ou moins grande, dans laquelle les aliments séjournent quelque temps et descendent après par la partie suivante de l'œsophs^e, qui les conduit dans V estomac ou le [f ester, larçe dilatation du canal alimentaire où ils s'accumulent et y éprouvent un premier degré de digestion. De l'estomac, où la masse des bols alimentaires prend le nom de chyme, ce dernier passe dans V intestin grêle, canal étroit, souvent fort long, et un grand nombre de fois replié sur lui-même en faisant plusieurs circonvolutions, afin depr<Jsenler au chyme une grande surface sur laquelle s'ouvrent les bouches absorbantes de nombreux vaisseaux chylifères destinés à pomper les particules nutritives contenues dans le chyme. C'est dans la première partie de ce canal intestinal , nommée le duodénum, que le foie et le pancréas, glandes sécrétoires d'humeui^s digestives, versent leur produit sur le chyme pour hâter et compléter sa décomposition ; et c'est principalement dans ce même intestin grêle que les vaisseaux absorbants ou chylifères, dont je viens de parler, pompent le chyle. Cet intestin grêle se continue avec un autre plus large ou gros intestin, nommé plus particulièrement colon , lequel va enfin s'ouvrir au dehors par Vanus, orifice différent de la bouche; ce qui n'est pas toujours le cas chez les animaux du quatrième embranchement. Cet orifice fermé
par un sphincter , pour empêcher Técoulement continuel des excréments, est constamment placé à Textrémité du tronc, à Torigine de la queue.
Déjà plusieurs glandes placées dans le voisinage de la bouche versent dans la cavité buccale une humeur visqueuse nommé saiive , qui, mêlée aux aliments, produit sur eux un premier degré de digestion ; et arrivés dans Testomac, les parois de ce viscère sécrètent une seconde humeur digestive ou suc gastrique, qui agit plus fortement encore sur le chyme pour en séparer le chyle; et enfin dans la première partie de l'intestin grêle sont versés , ainsi que je Tai déjà dit la 6i(e, sécréta par le foie, et le suc pancréatique, produit par le pancréas, qui achèvent la formation du chyle.
Le foie, la glande la plus volumineuse du corps, se retrouve chez tous lesvERT^BRiés, et Ton donne également le même nom à la glande la plus considérable de Tappareil digestif des autres animaux , quoiqu'on n'ait pas prouvé encore rigoureusement que ce soit l'analogue du foie de Y homme. Quant au pancréas, organe moins volumineux, on ne le trouve que chez les espèces des quatre premières classes de Vertébrés, ainsi que chez les poissons chondroptérygiens, mais plus chez les osseux, et nulle part ailleurs.
Le foie est la seule glande où la sécrétion se fasse aux dépens du sang veineux que lui amène la veine porte ; tandis que dans toutes les autres , la matière sécrétée est séparée du sang artériel. Plusieurs physiologistes modernes pensent même avec beaucoup de raison qu'il se fait deux sécrétions dans le foie : l'une d'une substance réellement excrémentitielle, fournie parle sang de la veine porte, et qui se trouve expulsée avec les digestions fécales ; l'autre extraite du sang artériel et servant seule à la digestion.
ARTICLE PREMIER
DE l'appareil DIGESTIF DES MAMMIFÈRES.
§ P'. Jnatamie,
L'appareil digestif est surtout fort compliqué chez les MAMMiFkREs. La cavité buccale est placée à la partie infra-antérieure de la tête , sous les fosses nasales , dont elle est séparée par la voûte du palais. Sur les côtés, ses parois sont formées par les dents molaires supérieures et inférieures , et surtout par les joues , parties charnues qui unissent les mâchoires aux os siagonaux. En avant, elle est bornée en haut par les os (ai/ratix et leurs dent^ incisives, et en bas par les extrémités des mâchoires et leurs dents incisives, au-devant desquelles sont les deux lèvres , lobes charnus interceptant l'o-
APPAREIL OIGEftTlF DES MAMMIFERES. 5
rifice de la éouche, ouverture toujours en forme de fente transversale, par laquelle sont ingérés les aliments. £n dessous , la cavité buccale est occupée par la iangue et les dents maidllaires. Enfin, en arrière, elle est séparée de la première partie du canal alimentaire ou du pharynx par le voiie du palais, cloison charnue transversale descendant des bords postérieurs des os palatins , et laissant entre son bord inférieur et le dos de la langue une assez large ouverture ou isthme du gosier. Outre les divers muscles qui meuvent les mâchoires , la langue , les lèvres , les joues et le voile du palais , on y trouve encore trois espèces de glandes conglomérées sécrétant la salive. Oein de ces glandes , nommées sublinguales , sont placées sous la partie antérieure de la langue , ayant leurs orifices en nombre variable sur les côtés du frein de cet organe ; une autre , placée en dedans de Tos de la mâchoire, reçoit de là le nom de glande maxillaire et s'ouvre par un conduit excréteur, nommé canal de Wharton, également au côté du frein de la langue; enfin, la glande parotide est placée sous Foreille , entre Tapophyse mastoïde et la mâchoire, et son conduit excréteur, ou canal de Stenon, passe en dehors sur le muscle masseter et s*ouvre dans la bouche au milieu de la joue.
D'après des analyses faites par M. Berzélius, la salive de Vhomme est composée de 992,9 d'eau; de 2,9 d'une matière animale particulière , qui n'est ni de la gélatine , ni de l'osmazôme; de 1,/i de mucus ; de 1,7 de chlorure de potassium et de sodium ; de 0,9 de lactate de soude et de matière animale, et dç 0,2 de soude; et M. Guiboubt admet aussi de l'albumine en dissolution. Cette humeur est un liquide transparent , incolore , visqueux , devenant écumeux par l'agitation , et verdit le sirop de violette.
M. Lassaignb a trouvé oans celle du cheval une matière animale soluble dans l'alcool , une auti:e soluble dans l'eau , et , de plus , de l'albumine , un peu de nmcus , de la soude libre , des chlorures de sodium et de potassium , ainsi que du carbonate et du phosphate de chaux.
Outre les glandes salivaires, il existe encore plusieurs cryptes muqueux, soit sur la langue , soit syr la voûte du palais, ou bien dans les parties latérales de ce dernier où ses piliers et ces dernières glandes , nommées tonsilles ou amygdales , forment même des amas ou glandes conglobées , sur la nature desquels je reviendrai au chapitre suivant
La seconde partie de l'appareil digestif ou le pharynx , commencement du canal alimentaire, est placée sous le milieu du crâne et communique en avant par Visthm.e avec la cavité buccale, avec les fosses nasales par les arrière-narines ; en bas , avec celle du larynx par
la gioUc , et se continue enfin lui-même directement en dessous arec Yœsophnge, qui n'en diffère que par sa ft)rme plus étroite et cylindrique, par Tabsence de muscles volontaires , remplacés, ainsi qu'il a déjà été dit , par une tunique de fibres muôculalres automatiques dans tout le reste du canal alimentaire.
Aucun MAMMiFkiuî n'a de jabot,
V œsophage longe la face intérieure de la colonne vertébrale jusqu'au-dessous du diaphragme , où il s'ouvre par son orifice nommé cardia dans Y estomac , large dilatation en forme de grande poche du tube digestif , où les aliments éprouvent un premier degré de digestion , opéré d'une part par la salive dont le bol alimentaire est imprégné, et de l'autre par le suc gastrique.
L'estomac présente diverses fonnes chez les HAxnnpkiiEs. Dans Vhomme et plusieurs autres espèces, on le compare à une cornemuse, où le tuyau par lequel on soufile est représenté par l'œsophage , et les tuyaux portant les touches , par le commencement de l'intestin ; mais chez d'autres espèces il est plus ou moins glo))uleux ou allongé ; et enfin chez les ruminants il se divise en quatre poches bien distinctes , constituant un estomac composé, dont j'indiquerai la forme plus bas. ^
L'estomac est toujours placé sous le diaphragme , à gauche do foie , qui le recouvre en partie sur le côté , et suspendu par l'eesaphagc amsi que par Vépploon gastro-hépatif/ue , qui l'unit au foie, et l'épiploon gastro-splénîque , qui le lie à la rate.
L'orifice du pylore ou sortie de l'estomac est muni d'une valvule formée par les tuniques intérieures de ce viscère et de l'intestin. Cette valvule , de forme circulaire , fait saillie dans ce dernier , et s'oppose au trop prompt passage du chyme de l'estomac dans cette cavité.
A partir de l'estomac , le canal alinientaire prend une f6rm€ tubuleuse , qui reçoit de là plus particnKèrement le nom de tube mtestinal ou simplement d'intestin. On le divise chez Vhomme en six parties successives. La première , nommée dttodénunt parce qu'elle a environ douze travers de doigt de long , est un peu plus large que la partie suivante et reçoit les orifices des canaux excréteurs du foie, qui y versent la bile , et celui du pancréas , qui y verse également le prodcfM de la sécrétion de ce dernier pour agir l'un et l'autre comme digestifs. Cette première partie du tube intestirtal est placée sous l'estomac , transversalement sur la colonne vertébrale , en se rendant du pylore , qui est à droite, dans J'hypochondre gauche, où il se continue avec la seconde partie , on hjejtinum , qui se continue lui-même , sans limites bien marquées, avec la troisième partie , ou Yiiéon , laquelle va se terminer au gros intestin , ou cotoTtA dxmX l'origine est placée dans la fosse iliaque droite.
APPAREIL filGEStlF BES MAMMIFERES. 7
Le jëjUtiùm et Filéon forment datis Fabdomeii , sous Testomac , un grand nombre de circonvokitions pour occuper le plus petit espace , quoique leur longueur soit , terme moyen , d*environ 7 mètres chez un homme de taille ordinaire. Ces deui parties d'intestin ne se âikinguént Tune de Tautre, dans l'espèce humaine, que parce que la première est ainsi que le duodénum garnie intérieurement d'un grand nombre de plis transversaux en forme de croissants ou vaivuies conniverites > d'autant plus espacés qu'ils approchent plus de l'iléon , qui en est tout à fait dépourvu ; mais comme ce caractère ne marque pas une limite précise , la plupart des anatomistes ne distinguent plus les deux parties et les confondent sous le nom d'intestin grêie, eti y comprenant itiéme le duodénum. Cette disthiction des intestins grêles en trois parties est du reste d'autant moins admissible en anatomie comparative qu'elle n'existe guère que chez Vhrnnme seul.
Dans la fosse iliaque droite , Filéon se termine au coion , mais en s'y ouvrant par le côté, de manière à laisset* dans cehii-ci un cnl-desac ou eœcum, terminé lui-même, dans son fond, par un petit bout d'intèvdn extrêmement grêle nommé appetidice cœcat ou appe^néice vermi forme, qui n'etiste do reste que chez Vhomme et cpielqii^ autres eq>èces de Mammifères encore. L'orifice de l'iléon est mtiiii de la talvute Uéa-cacaie ou vaivuie de Bauhin, composée de émx lèvres formées par hs tuniques internes, de manière que l'of^ee a la forme d'une fênte. ËHe empêche le retour du chyme du gros Ifltestin dans le petit.
Le tokmj dont le ccecmn est le commencement, est beaucoup plus large que Fâéoû , et forme dans Fabdomen un grand anneau terminé à Fanus. A partir de la fosse Miaque droite, te gros intestin remonte jtMqu'aQprès du f^tylore formant le c&ion ascendant; là il se replie tf ailsvcrsaâefiient à gMehe , passe sous l'estomac et devant le dnodéi^um, où il prend le nom de c&ion transversal , et se replie ensuite de notfvedu m bas, se rapprochant de h colonne vertébral, et reçoit le mm de étalon deécenda/nt. Arrivé dans le bassin et devant le sÉcriim , il se recotti'be en S et reçoit le nom de rectum , qui enfin l'ouvre au dehorè par Yan^s , placé au mîHeu de l'ouverture inférieure du balssia.
Dans te long trajet « le tube intestinal est Mln-ement susp^du à la cokmne vertébrale par le m4sentère^ large r^i du péritoine fortement froncé , potfr atteindre à sou bord oà il contient Tintestia la longueur que ce dernier présente ; ce mésentère, déjà indiqué dafns le chapitre Yi de c^ ouvrage, est formé de deux fouillets, qui se continuent ïm par ï^ntte en contournant le tube intestinal , en formant sa première tunique ; et c'est dans cette double membrane que sont placés les vaisseaux et les nerfe qui se rendent dans les intestins.
8 APPAEBIL DIGfiSTir.
Le canal digestif est formé chez V homme de cinq tuniques bien distinctes , surtout dans le tube intestinal. La plus externe, empruntée du péritoine , n'existe que là où quelque partie de Tappareil fait une forte saillie dans la cavité viscérale.
La seconde est une membrane mtiscuieuêe présentant elle-même deux couches dans roêsopbs^e , dont Texteme à fibres longitudinales , et l'interne à fibres circulaires. Sur Testomac, les fibres de la première couche conservent leur direction longitudinale en devenant plus distinctes vers la petite courbure de ce viscère ; et la couche interne , k fibres circulaires, présente à peu près partout une épaisseur égale. On retrouve encore la même tunique sur les intestins, mais Texteme trè»faible ; et l'interne, à fibres circulaires, plus forte, surtout sur la partie terminale du gros intestin ou rectum.
La troisième , ou tunique moyenne , nommée ceUuUu$e ou vas-' eu taire , est formée dans tout le canal alimentaire de tissu cellulaire avec un grand nombre de vaisseaux sanguins et de glandes muqueuses.
La quatrième , ou tunique fnv^ueuse ou villeuse, formée par la continuation des téguments et plus spécialement par le derme , de même que dans toutes les cavités ouvertes à l'extérieur , est ime membrane fibreuse contenant beaucoup de vaisseaux et de cryptes muqueux , ceux-ci surtout fort nombreux dans l'oesophage , dont la cavité est lubrifiée par leur sécrétion. Sur l'estomac le tissu de cette tunique est plus lâche, et sur l'intestin elle forme dans l'intérieur une quantité prodigieuse de filaments libres imitant de la plucbe , et qu'on nomme de là ses viitositésy mais qui diminuent beaucoup dans le gros intestin, où ils deviennent surtout fort courts. Ces villosités renferment chacune une artère, une veine et un vaisseau chylifères. Quant A^ ^ aux deux premiers vaisseaux , ils se continuent l'un^l'autre à. l'ex- ^ trémité de chaque filament ; mais , pour ce qui concerne le troisième,
on est encore en discussion pour savoir s'il communique par un orifice , ou houche ahsorhante , avec la cavité de l'intestin , boiKhe par laquelle il puise le ch^le , comme le prétendent beaucoup d'anatomistes ; ou bien s'il n'est pas ouvert et ne reçoit le chyle que par imbibition , ce qui est difficile à prouver ; toute la discussion ne repose au fond que sur un véritable jeu de mots ; car là où passe le chyle il doit y avoir un passa^^e, un canal , une ouverture ou jnyre; et pour savoir si ce canal a des parois propres , cela est fort difficile à constater.
La face -inteine de la muqueuse intestinale est recouverte d'une membrane trè: -mince nommée epithe(ium>, formant la continuation de l'épiderme.
i,es crypie-s contenus dans la tunique muqueuse du canal intestinal
APPABBIL DIGESTIF DES MAMMIFERES. 9
sont des follicules simples , analogues aux sébacés , qui changent de nature avec les t^uments lorsque ceux-ci se prolongent dans Tintérieur de quelque cavité, et sécrètent, au lieu d'une matière grasse, une substance roucilagineuse; ce sont de petites glandes simples, en forme de poches , dont les parois ont la propriété de séparer du sang ou de sécréter une matière qu'elles versent ensuite par un orifice dans le canal intestinal pour le lubrifier. Ces follicules sont composés d'une membrane propre , qui constitue principalement la glande et reçoit plus de vaisseaux que le reste de la membrane muqueuse , et sa cavité est tapissée par l'épithélium, qui s'y prolonge abs(^ument comme l'épiderme dans les glandes sébacées. Ces cryptes portent le nom de la partie sur laquée ils se trouvent. Ceux de l'œsophage et du tube intestinal paraissent exclusivement muqueux , rien n'indique du moini qu'ils ne le sont pas ; mais il n'en est pas de même de ceux de l'estomac, qui sécrètent le suc gastrique , liqueur abondante , ordinairement acide , quelquefois alcaline, et constituant le principal menstrue qui dissout les aliments en les convertissant en chyme pendant la digestion.
Outre ces glandes simples du canal, il en existe encore deux autres composées, très-volumineuses « qui versent leur produit dans le duodénum.
La première ^ ou le pancréas , est placée sous le diaphragme , au» dessus du duodénum , auquel elle adhère. Son extrémité droite , formant une masse plus renflée .que le reste , reçoit le nom de tête du pancréas j et la gauche celui de qusue; et une partie de la tête étant souvent séparée prejid alors la dénomination de petit pan-créas. Cette glande, tout à fait analogue aux salivaires, forme un conduit excréteur commun , ou canal pancréatique ou de Wirsung^ lequel va s'ouvrir dans le canal cholédoque , et par celui-ci dans le duodénum.
Suivant M. Lassaigne , le suc pancréatique du cheval est une humeur ]im(»de , incolore , inodore , légèrement salée , presque aussi fluide que l'eau ,ist qui ramène au bleu la teinture de tournesol rougie par un acide. Il est composé de 99,1 parties d'eau et de 00,9 parties de matières animales solubles dans l'alcool , de matières animales solubles dans l'eau, analo|;ues à celles de la salive, de traces d'alumine, de mucus, de soude libre, de chlorure de sodium , de potassium et de phosphate de chaux ; en un mot , sa composition est tout à fait semblable à celle de la salive du même animal
La glande la plus volumineuse du canal digestif et du corps entier est le foie , destiné à la sécrétion de la hiie , l'une des principales humeurs digestives. Cet organe forme chez Vhinmne une grande masse d'un rouge foncé brunâtre, placée d«is l'hypochondre droit, immédia-
10 APPAREIL MOfeSTlF.
tement sous le diaphragme, auquel eUe est unie l*" par le Hgauietit fàU ci forme ou suspenseur; 2" par le ligameot cûronaire, qui FattSH^ au diaphragme et à la colonne Tcrtébrale ; et 5*^ par les ligamenis iatir aux ^ qui rattachent aux côtéd du diaphragme.
La face inférieure du foie est divisée d'avant en arrière en deux parties ou grands iohes du fbie , par le siiion iengitudmài on de la veine ominiicaie; et le lobe droit est à son tour ditisé en deux- parties, antérieure et postérieure^ par le siiion tranêvergai ou de la veine porte , partant du milieu de ce dernier pour se porter directement en dehors. Dans la partie droite postérieure est un troisième sillon ou de la veine cave, et dans la partie antérieure drdte une dépression où est logée la vésicuk du fiel. Entre cette Tésiculeet le sillon transversal est une saillie nommée éminenee porte antérieure, et en arrière le iohuie de Spigei où éminenee porte postérieure. C'est de ces deux éininences, que les anciens ont fort mai à prot>os comparées à des portes , que la rane venant des inte^ius et pénétrant dans le foie par le sillon transversal a été nommée veine porte , étymologie qui serait difficile à trouver si on ne la connaissait pas.
Les canaux excréteurs du foie , ou canaux hitiaireê , se réunissent successivement et en dernière analyse en un seul tronc commun i on conduit hépatique , placé dans le sillon transversal. Ce conduit se divise en deux branches, dont Tune , à droite , se rend dans la vési-» cule du fiel et prehd le nom de canal cystique ; la seconde , ou canad cholédoque , placée k gauche , s'ouvre dans le duodénum après avoir reçu le canal pancréatique.
La vésicule du fiei ^ ou vésicule hUiaire , est un réservoir sacciforme dans lequel s'accumule la éiie, nommée vuIgaireÉient fieL Elle est placée , ainsi que je l'ai déjà dit , dans une d^iression de Isl face inférieure du foie. Cette poche est formée de trois tuniques : une qoe hii fournit le péritoine , une qui lui est propre, ou tiitiique fibroeeiluleuse , qui se continue sur les canaux excréteurs jusqu'à leurs origines ^ et oà l'cm croit même avoir aperçu des fibres mosottlaires ; et une tuiiiquè muqueu^se , prolongement de celle de l'intestin , tondue formant des ^s kréguîkrs , drconscrivant des éèçtt^mmi» qui reudeat la surface tout arédaire , et d»» ses lame^ r«npent tfoé quantité de petits vaisseaux. Dans le tondmt cystique ces pli»f<HiBetit èes spirades ou vnh^ules spirales de H eister.
Le foie, outre sa tunique péritonéale, en-t encore une f»^pre /ibrùceléuleuse qui l'enveloppé de toutes part» et accompagne Iw conduits hépatiques jnsqu'à leurs racines.
La bile des MASfMiFkRBs est une humeur fort composée. Suivaat M. TniNAiiB , ceHe dà Ipwufcmû&a^ , sur 800 parties , 780 d'eau ,
APPAREIL mOË^TIF BËS MAllMIFËRES. Il
70 de picromel , i 5 de choléchlorine , eirriron h de mature jaune , de la soude , du phosphate de soude , du chlorure de sodium et de potas^um, du sulfate de soude , du phosphate de chaut et de magnésie, et des traces d*oxyde de fer , en tout 11,5.
Cdie de V homme serait formée , sur 1100 parties , de i 000 d*eau, de 42 d*a]bnmine , de Ui de résine , de 2 à 10 de matière jaune , de 5,6 de soude, de û,5 de phosphate et de sulfate de soude, de chlorure de «odium , de phosphate de chaux et d*oxyde de fer , et d'un atome de matière jaune.
Suirant M. Berz^uus , on n*y trouverait au contraire ni huile ni résine , mais une matière analogue à cette dernière , et soluble dans l'eau et dans l'alcool.
I^.suc gastrique est , d'après les analyses faites par MM. Lassaionb et Levuet , composé de 98 parties^ d'eau et de 2 parties seulement d'acide lactique, de chlorhydrate d'ammoniacpie et de chlorure de sodium , de matières animales solubles dans l'eau, de mucus et de phos* phate de chaux. Ces deux chimistes ne pensent pas qu'il contribue k la décomposition chimique du chyme , mais qu'il agit simplement comme délayant.
Le ehyie des iiam !ifiFkii£9 varie beaucoup, du moins en apparence , selon l'espèce de nourriture de l'animal. Suivant M. Lassaione , il est limpide lorsque l'animal se nourrit de sucre , de pommes de terre , de pain, etc. ; il est au contraire d'un blatic laiteux chez ceux qui se nourrissent de gomme , de tendons et de cartilages ; blanc et opaque comme du lait cIkz ceux qui vivent de lait et de viandes cuites; gri^ sâtre chez ceux qui mangent dn pain; Hm^nde et rosé chez les espèces herbivores ; il est en général d'un blanc de lait chez les Csn^nassiers , transpatent et opidin chez les herbivores , et toujours un peu nM et alcalin , ramenant au bleu Je papier rougi par les acides , et devient rose lorsqu'il est exposé à l'air,. où il finit par se séparer en deux par* tîes , une liquide et une sdide de consistance gélatineuse. Le chyle (^ffue produit à sa smfjce tme couche de grai«»e , et la partie h* quMe , ou son sérum, contient plus de 90 p2(rties sur IW d'eifu , et en outre de l'albumine , de la matière grasse , de l'ostnan^^ne , de la soude , du cMorure de sodium , de l'acétate de soude , dn ph(M(pb»te de soude et du phosphate de chaux. Il se transforme en sang ésàm les poumons par l'effet de stf combinaison avec l'oxygène.
Je placerai ici b description de la rate ; qu^on classe d'ordinaire parmi les glandes dépendantes du canal intestinal , quoiqu'il soit Inen ètident que ce n'est pas un organe sécréteur, ayant une tout autre contettufe et point de canal excréteur ; et l'on ne connaît pas encote sa fonction. J'ai eu en 1817 occasion d'examiner des parties de cet organe sur un éiépAunt et ensuite sur d'autres grmids anniaiix , c«
li APPAREIL DIGEëTir.
je le trouvai tout autrement organisé que ne le disent les auteurs. La couleuf naturelle de son parenchyme propre est blanche comme celle des ganglions nerveux, et la couleur rouge-noirâtre, qu*on lui connaît surtout chez les uAMUiFkiiEs , est uniquement due à une quantité considérable de sang veineux qui engorge cet organe. Ce parenchyme est formé d*une quantité prodigieuse de petites colonnes entre-croisées et anastomosées de mille manières , absolument comme les rameaux nerveux d'un plexus ; enfln sa consistance est encore celle des nerfs. Tout l'ensemble de cet organe présente ainsi dans sa substance propre une masse rappelant entièrement celle des plexus nerveux ; mais dans rintervalle des mailles rampent de nombreux vaisseaux très-gros, gorgés d'un sang noirâtre ; et, en les débarrassant de ce dernier par de nombreux lavages , on les distingue très-bien du vrai parenchyme.
Chez les Éléphants les plus fortes colonnes ont qudquefois plus de 1 millimètre de grosseur. Je les ai disséquées pour m'assurer de leur structure et voir surtout si elles renferment une cavité ou bien si elles sont composées de plusieurs substances; mais je les ai trouvées, ainsi que je viens de le dire , entièrement semblables aux nerfs. Cette aj^rence m'a fait penser qu'il serait possible que la rate fût un énorme ganglion dont la fonction se rattacherait à celle de l'appareil digestif , et cela en agissant sur le sang pour lui faire éprouver quelque modification. Ayant plus tard communiqué mes observations à M. Arthaud , aujourd'hui médecin à Bordeaux , il les répéta sur dos portions de rate d'homine, de if œuf, etc. , et les trouva conformes aux miennes, et y ajouta plusieurs observations qui lui sont propres, publiées dans le Journal du progrès des sciences médicales^ 1827, t Vi, p. 216.
Il essaya entre autres de faire macérer des portions de rate pendant quelque temps dans de l'acide nitrique , qui , comme on sait, détruit tous les parenchymes , excepté celui des nerfs, qu'il raffermit; et ce Qlivant trouva qu'en effet ce menstrue agit sur la substance de la rate comme sur les nerfs; mais l'analyse chimique ne donne pas les mêmes produits. Il serait cependant possible que les recherches à ce sujet n'aient pas été faites avec assez de soin, qu'on n'eût, par exemple, pas extrait préalablement la majeure partie des vaisseaux ; enfin , il serait possible que la composition chimique de cet organe ne fût pas la même que celle du cerveau , ainâ qu'on l'a également constaté pour les ganglions du système lymphatique , auquel la rate aj^rtiendrait.
La rate de Vhomme forme une grosse masse ovale placée dans l'hypochondre gauche à côté de l'estomac , et c'est par la face qui regarde ce dernier viscère que lui arrivent les vaisseaux et les nerfs. La surface est unie et revêtue de deux tuniques, dont l'extérieure péri-
APPAREIL DlGBSTlf DES MAMMIFERES. 13
tonéale et rintérieure presque fibreuse, et celle-ci seule suit les vaisseaux qui pénètrent dans Fintérieur de Torgane.
La rate reçoit , comparativement à sa masse , d'assez petits .troncs nerveux formés par le sympathique ; ce qui n'est pas une objection contre mon opinion sur la nature de cet organe. L'artère nommée spiénigue, est une division du tronc cœliaque, et les veines, beaucoup plus fortes , s'anastomosent de miUe manières et se continuent ensuite par la veine spiénique qui va s'ouvrir dans la mésentérique supérieure, et par celle-ci dans la veine porte.
C'est encore ici que je puis placer quelques remarques sur le corps thyroïde et le thymus. Le premier, situé devant le larynx, a tout à fait rap|)arence d'une glande, mais on n'a pas encore pu y découvrir d'une manière certaine des conduits excréteurs , quoique plusieurs anatomistes prétendent en avoir trouvé qui s'ouvriraient dans le larynx. Les injections des vaisseaux s'y font très-bien jusque dans les plus petits ramuscules des artères et des veines.
Le thymîiSy autre masse en apparence glanduleuse, connue dans Iç veau sous le nom vulgaire de ris, ne se trouve que chez les fœtus et les individus en très-bas âge. Il est situé dans le médiastin antérieur, et présente chez le fœtus humain un volume considérable qui augmente jusqu'à la naissance , pour diminuer ensuite de nouveau graduellement, de manière que rarement on en trouve encore des traces après l'âge de quinze ans. Dans son plus grand développement ce corps présente une forme glanduleuse, étant composé d'une. quantité de granulations groupées par petites masses et enfermant un liquide blanchâtre; mais on n'a pas encore pu y trouver de canaux excréteurs, de manière qu'il est impossible dç savoir à quoi cette humeur sert. Les uns pensent que c'est à la nutrition du fœtus,, et les autres que cet organe remplit les fonctions du pancréas : deux hypothèses très-gratuites, qui ne reposent sur aucun fait.
On retrouve chez les autres mammifères partout les mêmes parties essentielles de l'appareil digestif et dans des dispositions semblables à celles qu'elles affectent chez V homme, ne différant guère que dans certains détails, comme le nombre et la forme des dents, l'ampleur du canal intestinal , plus petit chez les carnassiers et plus considérable chez les herbivores, La différence la plus notable qu'on rencontre est celle que présentent les ruminants dans la conformation de leur estomac, quj, non-seulement est très-vaste, mais formé de quatre compartiments ou estomacs spéciaux , dans lesquels le chyme passe successivement et dont chacun a sa fonction propre. La nourriture en arrivant par l'cesophage est accumulée d'abord dans la cavité la plus considérable, ou panse, plus grande à elle seule que les trois autres
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prises ensemUe. £Ue occupe le milieu de Tabdomeii , en se portant cependant plus à gauche.
A la droite du cardia se trouve le second estomac, ou le iannet^ le plus petit de tous, qui s'abouche également avec l'œsophage. Â la suite de celui-ci est placé le troisième, ou feuillet, plus grand que le bonnet, mais plus petit que la panse, et communiquant avec Toesophage par le moyen d'un canal en forme de gouttière qui traverse le' bonnet Ce troisième estomac est distinct du second et du quatrième, ou caitiette, par des étranglements. La caillette , intermédiaire pour la capacité entre la panse et le feuillet , fait suite à ce dernier et communique elle-même par le pylore avec l'intestin duodénum.
L'animal, en mangeant, avale d'ordinaire sa nutrition grossièrement mâchée et l'accumule dans la panse. Quelque temps après, lorsque la digestion stomacale est en activité et l'animal au repos , commence une opération nommée la rumination, d'où cet ordre de mammifI^res a pris son nom : cette oi>ération consiste en ce que le bonnet, en recevant par l'effet des contractions de la panse une certaine quantité de chyme, la saisit et la pousse par sa contraction à lui de nouveau dans l'œsophage, que ce bol parcourt de bas en haut comme par une espèce de vomissement, mais qui paraît entièrement volontaire, et revient à la bouche , où l'animal le soumet à une seconde mastication pour le mieux broyer et l'avaler de nouveau. Cette fois le bol n'entre pas dans la panse, mais dans le feuillet, et passe de celui-ci dans la caillette et enfin dans l'intestin.
On trouve encore des estomacs composés chez plusieurs autres MAMMiFkRES, quoiqu'il n'y ait pas de rumination : tels sont entre autres les Haimaturus , les Histrix, les Hyrax et les c^AC^.
Les cœcunis présentent aussi des différences notables, surtout pour l'appendice vermiforme, qui n'existe conjointement avec le cœcum que chez YlionimSy les Orangs et les Phascotomys, Le cœcum luimême n'existe pas chez tous les "mammifères ; et il n'y a pas alors de limite bien marquée entre le petit et le gros intestin.
Ce n'est guère aussi que chez Yhomme qu'on trouve des valvules conniventes.
j^.^if' On remarque 4)o r> rtQnt - les mêmes glandes salivaires que dans l'Aomme, et quelquefois d'autres encore. Chez les Bas, les Ca^ nis, etc., on trouve une quatrième glande placée sous l'arcade zygomatique et dont le canal excréteur s'ouvre dans le palais.
Le pancréas et le foie existent chez toutes les espèceg ; mais la vésicule du fiel manque fort couvent, comme chez les A/w5, les Cricetus, et beaucoup d'autres rongeurs; et les Éiéphants, les Rhinocéros, les CameiiiSy les Cervus, les E(/uus, les Deiphinus, etc., en sont également privés; tandis qu'on h trouve chez Vionime, les
APPAltËlL bieiMi^ 1IE8 ttAlmiFERES. 15
QUADR1JSIANE8 , les cHBiROFriiRBS , les CARNivonEs, presque tous les iDEim^, les Boê, etc.
§ IL Diiêeetion,
I/appareâ c^estif et ses dépendances, ainsi que la plupart d^ autres viscères, étant presque entièrement isolés et bien distincts les uns des autres, n*fmt besoin que de très-peu de préparation, étant suffisamment mis en évidence par la simple ouv^ture de la cavité du corps qui les renferme , pour pouvoir être examinés dans leur conformation générale et leur structure; aussi cette partie de Torganisation des ani* maux est -elle le mieux connue après Tostéologie, plus facile encore à étudier; et ceux, qui en font une étude spéciale, peuvent ainsi arriver à très-peu de frais à passer pour savants, pouvant , s*ils le veulent, publier chaque jour quelque nouveau mémoire, surtout si, pour aller plus vite encore en réputation, ils ne sont pas très^ifiiciles daas Texactitude de leurs recherches, comme cela est malheureusement encore trop le cas. Par Teffet de cette disposition toute préparée des principaux viscères , je n*ai que bien peu de chose à dire sur les pro*cédés à suivre pour 1^ disséquer, et ce ne peuvent être que des moyens généraux.
La première partie du canal alimentaire, ou la cavité buccale, est cependant encore assez difficile à étudier chez les Vertébrés, à cause du nombre considérable d'organes différents qui s'y trouvent, t^ que os, muscla, vaisseaux, glandes, canaux excréteurs, nerfs et membranes.
Quant aux os, aux muscles et aux vaisseaux, je renvois aux préparations des systèmes d'organes dont ils font partie. Les glandes et leurs canaux excréteurs, on les étudiera comme je l'indiquerai plus bas pour les organes exçrémentitieh. Relativement aux nerfs, oa doit y apporter uoe attention particulière, pour tâcher de distinguer ceux qui président simplement à la vitahté et aux mouvements des organes buccaux , de ceux qui savent à la perception du goût II faudra suivre ces neris avec le plus grand soin depuis leur sortie du crâne jusqu'à leur terminaison, surtout ceux qui se dirigent vers les t^ments de la langue , des joues , du palais et de la face antérieure du voile ; car il est certain que le sens du goût réside à la fols dans toutes ces parties, 8urt(Hit sur la langue, le palais et le vdle ; et l'on doit principalement tâcher de reconnaître cruels sont les rameaux qui se terminent dans les papiUes de la langue.
Pour ce qui concerne le pharynx, qui est encore fort compliqué, portant un grand nombre de musdes, on éprouve quelque difficulté à distinguer chacune de ses parties. Pour bien le voir il faut préalable-
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ment séparer la tête du troue, c'est-à-dire couper d*abord en travers dans le milieu Tœsophage et la trachée-artère ainsi que les muscles qui s*y attachent , décoller la partie supérieure de la masse des muscles cervicaux, et désarticuler alors seulement la tête. De cette manière on aura ce.tte dernière isolée avec le pharynx et le commencement de Toesophage pendant en dessous; on y verra bien la disposition des muscles constricteurs supérieurs ainsi que tous les muscles buccaux , hyoïdiens et laryngiens. Le pharynx et Tœsophage s'affaissant , n'ayant aucun soutien par eux-mêmes, il convient de les dilater légèrement en les remplissant d'un corps filamenteux quelconque, qu'on y inircduit soit par la bouche, soit par l'cesophage ; mais le crin est ce qu'il y a de mieux, maintenant parfaitement les parois par son élasticité, et l'on dissèque les muscles et les tuniques de ces deux parties avec facilité en procédant par couches. L'épithélium est seul assez difficile à bien voir, formant une pellicule très-faible; mais il se détache par la macération ou bien en le plongeant dans de l'eau bouillante.
Pour bien reconnaître les rapports de la partie terminale du canal alimentaire, formant les intestins pro[M'ement dits, il faut les examiner d'abord en place, pour s'assurer de leurs di^sitions, de leurs points d'attache , et surtout de leurs moyens de suspension au moyen des mésentères ; on enlève ensuite toute la masse à la fois pour en étudier les parties en détail et plus à l'aise , mais on doit auparavant avoir soin de placer une ligature autour de l'endroit où le canal doit être coupé , afin d'empêcher l'écoulement des matières fécales.
Si on ne veut connaître que la forme du canal et la nature des tuniques qui le composent, il est inutile de l'injecter préalablement; mais si l'on voulait voir en même temps la disposition de ses vaisseaux , il faudrait injecter ceux*ci par les procéda indiqués au chapitre du système circulatoire.
La masse des intestins ainsi extraite du corps, on la place sur une table, et là, en pressant le canal légèrement entre les doigts, en allant successivement de l'œsophage vers le rectum , on fait couler le chyme dans la même direction pour l'évacuer par ce dernier. Lorsque la majeure partie est enlevée , on verse à plusieurs reprises de l'eau tiède par l'œsophage pour la faire ressortir par l'autre extrémité, afin de bien nettoyer l'intérieur, et l'on continue jusqu'à ce que l'eau ressorte claire.
Le canal intestinal étant intérieurement bien propre, <m l'insuffle pour distendre légèrement ses parois , afin de mieux reconnaître par là sa forme et sa capacité. Dans cet état , on poturra facilement voir aussi la distribution des vaisseaux lorsqu'ils ont été injectés , ainsi que celle des nerfs. En le dépouillant dans ses différentes parties successivement de diverses tuniques dont il est formé, pour en étu-