‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 3 sur 147 · APPAREIL DIGESTIF DE8 MAMMIFERES · texte numérisé non relu

APPAREIL DIGESTIF DE8 MAMMIFERES

dier la structure , H faut avoir soin de ne pas percer la tunique la plus interne, aûn de ne pas donner issue à l'air contenu ; mais on peut mieux encore en voir la structure sur des fragments qu*on étale sur des {bateaux en Uége pour les disséquer sous Teau.

Si Von voulait mesurer la longueur ad)solue du canal intestinal, il faudrait préalablement le détacher des mésentères qui le brident fortement. Cette tunique péritonéale lui adhérant assez faiblement, on Feulève avec la plus grande facilita en l'arrachant ; mais il vaut mieux la couper le plus près possible de l'intestin , afin que celui-ci ne se trouve pas allongé par la traction.

Pour bien voir la forme générale du canal intestinal et de ses valvules, on le distend d'air; et , le laissant sécher dans cet état, sa membrane, pour peu qu'il appartienne à un animal un peu grand , se maintient par sa roideur , et on peut l'ouvrir pour étudier sa forme intérieure , et surtout ses valvules 'pyioriques, cœcaies, conniventes, etc. En faisant ensuite tremper quelques fragments dans de l'eau fraîche , ils se rami^lîssent et reprennent la condition qu'ils avaient à l'état frMs.

Pour voir une petite partie à l'état frais sans que toute la tunique s'affaisse, comme, par exemple, une valvule connivente, on place sur cette partie un peu de coton imbibé de beaucoup d'eau ; ce liquide ramollit cette partie, et l'autre, restant sèche et roide, conserve la forme cylindrique que l'intestin présente , et sert comme de cadre à la partie ramollie.

Les préparations des estomacs multij^es se font absolument comme c^es des simples; cependant, pour bien voir la disposition assez compliquée des parties, on pourra d'abord gonfler l'estomac d'air et !e de^cher, puis l'ouvrir pour voir comment tout est disposé dans l'in* térieur'; et, pour rétablir telle partie dans ses conditions naturelles, on n'aura qu'à la mouiller.

Les villosités intestinales seront examinées sur des individu^ injectés avec soin , afin d'apercevoir sous le microscope la distribution des vadsseaux, qui y forment un très-joli effet. On les observera avec un grossissement de cinquante fois le diamètre , ce qui est au delà de ce qu'il faut ; et la distance focale sera encore assez grande pour qu'on puisse examiner ces villosités sous une petite couche d'eau.

Pour étudier les diverses tuniques qui composent le canal alimentaire, on en fait macérer un mwceau dans de l'eau tiède, qu'on a soin de renouveler tous les jours. Pour rendre les fibres musculaires (dus apparentes, on peut leur faire prendre une teinte rougeâtre assez prononcée en les faisant bouîDir dans une solution aqueuse de nitrate de potasse.

Les vakseaux lactés du mésentère seront injectés comme cela est indiqué au chapitre de la Circulatiou.

Quant aux glandes dépendantes de Tappareil digestif, on les préparera comme celles qui sécrètent les matières excrémentitidlefi. Voyez k ce sujet le chapitre V)U.

§ III. Conscrvatfiyn.

Les organes de la bouche , faisant pdttie soit du squelette , soit des muscles vdontaires , se conservent comme ces derniers organes; et les glandes, toujours dans la liqueur.

Quant au tube digestif, y compris Tcesophage, on peut le conserver également dans la liqueur , mais aussi à Tétat sec et distendu d'air.

Les préparats conservés dans la liqueur seront attachés sur de petites plandies en bois blanc (peuplier), sur lesquelles on les fixera, autant que possible, par leurs ligaments propres, au moyen d'épingles et dans les dispositions qu'ils affectent sur les sujets vivants. Si l'appareil a été injecté , on doit avoir soin de n'employer comme liqueur conservatrice que celles qui n'ont aucune action dissolvante , sqit sur la masse à injection , soit sur la substance qui la colore , afin que ces matières ne soient pas altérées : ces effets sont d'ailleurs indiqués au chapitre où je parle de la composition de ces dernières, et j'y renvoie,

La composition de la liqueur, c'est-à-dire son degré de concentration, doit être proportionnée à la masse des organes qu'on y place , afin que cette liqueur ne s'affaiblisse pas trop et permeiteia décomposition de la pièce anatomique qui s'y trouve placée. Cependant, comme les tuniques des intestins sont fort minces, il arriverait qu'en mettant ces derniers tout k coup dans une liqueur trop astringente, la pièce en se contractant perdrait sa forme naturelle; il vaut de là hien'mieui^ employer la liqueur dans son état faible ordinaire de concentration , et la f enonveier au bout de quinze jours ou un mois»

Les préparats secs étant susceptibles d'être attaqués par les Inaecr tes destructeurs, il faut avoir soin de les laver intérieurement ayec b solution aqueuse de deulochlorure de mercure, ou bien de les bu^ mecter seidement en dehors, au moyen d'un pinceau, avec la solution alcoolique du mêoie sel de mercure.

ARTICLE U

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