‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 32 sur 147 · PARTIES GENITALES DES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

PARTIES GENITALES DES MAMMIFÈRES

V urètre , ou canal membraneux excréteur de l'urine et du sperme , commence au col de la vessie, dont il est la continuation, et se porte en avant , s'applique en dessous contre les corps caverneux , et s'ouvre à l'extrémité du gland. Au-dessous des pubis, ce canal se renflé pour former un bulbe placé au périnée dans l'angle que les deux racines du corps caverneux font entre elles; plus en avant, le canal devient spongieux et s'applique aux corps caverneux; au-devant de ces derniers cette partie spongieuse se renfle considérablement pour former le gland , dont le diamètre est plus grand que celui des corps caverneux dont il enveloppe l'extrémité.

Le canal de l'urètre est formé d'une membrane fibreuse doublée, % partir du bulbe inclusivement, d'une membrane, spongieuse analogue à celle des corps caverneux , également susceptible d'érection , mais plus faible. Cette membrane en enveloppe une troisième également spongieuse, plus distincte dans la partie membraneuse du canal; enfin, cette dernière est revêtue d'une muqueuse qui se continue d'une pai't avec les téguments extérieurs , et , de l'autre , avec la muqueuse de la vessie.

Dans la muqueuse sont placées une foule de petites glandes de Littre f qui versent une humeur muqueuse dans ce canal pour le lubrifier»

Au-dev«jnt de la prostate on observe dans l'urètre une saillie nommée verumontanum , au sommet de laquelle s'ouvrent les vaisseaux éjacjulatoireâ, et aux côtés les canaux excréteurs de la prostate.

La verge est mise en mouvement par deux muscles :

Vischio'CaverneuXy qui se fixe à la face interne de la tubérosité de l'ischion , d'où il se rend en avant , en haut et en dedans , pour s'insérer au corps caverneux du même côté ;

Le hulbo-cavtrneux, dont les fibres se rendent du bidbe de Turptre en avant pour se fixer également au corps caverneux.

Tout l'ensemble de la verge est recouvert d'une gaine tégumentaire très-mobile par l'effet d'une couche de tissu cellulaire lâche subjacent. A la base du gland cette gaine forme un large repli ou prépuce^ qui recouvre ce dernier, et se continue ensuite avec les téguments propres du gland.

B. ORGANES FEMKLLES.

Les organes génitaux femelles des ma^biif^hes diffèrent notablement de ceux des maies.

La watrice delà femme est une poche musculeuse, comme on peut s'e^ assurer dans l'état de grossesse avancée , où elle a pris une tTj^s-grandp extension ; mais dans Tétat de vacuité ses fibres sont tel-

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Icment serrées les unes sur les autres qu'elle paraît fibreuse. Dans ce dernier état, elle est placée dans le milieu du petit bassin , contenue dans un vaste repli transversal du péritoine, nommé ses iigamenfs larges, chacun divisé en deux replis ou ailes antérieure et jwsiérieure. Celte i)oche, de forme triangulaire, a environ 5 centimètres de long sur 3 de large , et ass«z fortement déprimée. L'un de ces angles, nommé son coi^ dirigés en dessous, porte l'orifice qui fait saillie dans le vagin , saillie nommée fort improprement le museau de tanche. Ses deux angles supérieurs se continuent chacun en un conduit conique de 10 à 12 centimètres de long, ou trompe de Faliope, placée dans Yaiie antérieure du ligament large, et terminée par une ouverture très-évasée , frangée sur ses bords , ou paviUon de la trompe , communiquant dans la cavité abdominale.

De chaque côté part un cordon fibreux ou ligament rond, placé dans le ligament large et se dirigeant vers l'anneau inguinal , par oA il sort pour se perdre dans les parties avoisinantes.

Les ovaires sont deux corps glanduleux, ovalaires, d'environ 3 centimètres de long, attenant aux angles supérieurs de la matrice, ainsi qu'au pavillon de la trompe , et contenus dans l'aile postérieure des ligaments larges. Ces corps sont composés de granulations blanchâtres et d'une vingtaine de vésicules translucides nommés œufs ou vésicules de Graaf; et ces vésicules, dont les plus grosses ont environ 3 millimètres , en renferment une autre, véritable ceuf qui s'en échappe daas des conditions déterminées , tombe dans la trompe, d'où il passe dans la matrice pour s'y développer et devenir le fœtu^ avec ses enveloppes.

Les œufs paraissent se détacher de l'ovaire dans le moment de la copulation pour tomber dans la matrice; mais il est bien certain que cette condition n'est pas exclusivement nécessaire , et qu'ils s'en détachent aussi dans des moments autres que celui du coït; c'est-à-dire que chaque fois qu'un de ces œufs est arrivé à maturité, il se détache, * et tombe soit dans la trompe , d'où il passe dans la matrice et de là au dehors, sans se développer s'il n'est pas fécondé, soit dans la cavité abdominale, où il se perd; car on trouve, tant sur les filles vierges que sur d'autres femelles de mammifères qui n'ont pas souffert l'approche du mâle , des cicatrices qui indiquent que des germes se sont détachés de l'ovaire. D'ailleurs, ce qui rend ce fait très-probable, c'est que les Oiseaux pondent des œufs sans avoir été fécondés.

Si au contraire l'œuf a été fécondé, il s'arrête dans la matrice, se greffe sur elle , et le fœtus s'y développe.

Le vagin, canal membraneux qui a environ 15 centimètres de long dans l'état d'extension, prend son origine sur la matrice, où il embrasse le museau de tanche, et se porte en dessous et en avant >H)ur

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s*ouvrir aa dehors par la vulve; c'est par ce canal qu*a lieu Fintromission de la verge.

Ijà vulve, ou orifice extérieur de Tappareil génital àe la fcinmc, est formé par deux gros replis latéraux des téguments ou gvmides livres; en dedans de ces dernières on aperçoit deux autres replis également verticaux, mais bien plus petits, et formés par la muqueuse.

Ces replis, nommés petil es lèvres ou nymphes, partent supérieurement du clitoris, petit corps tout à fait analogue au corps caverneux de rhomme, mais sans gland, et que le canal de Furètre, qui s^ouvre à sa base, n'accompagne pas. Du reste, il est recouvert d'un petit prépuce qui se continue en bas avec les nymphes, et est susceptible d'entrer en érection comme la verge lorsqu'il est excité par la copulation. Plus en arrière, on trouve, surtout chez les vierges, une cloison membraneuse ou hymen fermant plus ou moins l'entrée du vagin. Cette membrane est rarement complète, et ne peut l'être que jusqu'au moment de la puberté , afin de pouvoir livrer alors passage au sang des rèffles, que les femmes perdent r^ulièrement tous les mois; sang qui suinte des parois de la matrice pendant tout le temps qu'elles sont susceptibles d'avoir des enfants. Cet hymen est souvent une membrane très-faible, et réduite dans beaucoup de cas à un simple segment en croissant; mais quelquefois aussi il devient très-épais, et resserre tellement Forifice du vagin, qu'il laisse à peine «me petite ouverture pour Fécoulement des règles.

L'intérieur du vagin, tapissé par une muqueuse, contient une quantité de petites glandes qui versent leur produit dans ce canal pour le lubrifier.

Les mamelles sont deux grandes saillies en forme de segment de sphère, placées de chaque côté devant la partie supérieure de la poitrine , et formées par la glmids m,amm,aire placée au milieu , et d'une forte couche de tissu cellulaire graisseux qui Fenveloppe. C'est cette glande qui sécrète le lait dont se nourrit Fenfant après sa naissance. Ces organes, qu'on trouve aussi chez Vhmnm^e , mais qui sont beaucoup plus petits et ne sécrètent aucun liquide , sont composés de plusieurs lobes formés d'une quantité prodigieuse de granulations ou glandules simples dont les conduits excréteurs s'unissent pour former des canaux communs nommés laclifère§, lesquels s'miissent à leur tour dans une cavité couunune placée au milieu de la glande, et s'ouvrent au dehors par un petit canal qui travei-se le milieu du m^am^e- Ion , saillie cylindrique arrondie au haut , formée dans son intérieur d'un tissu érectile qui le fait gonfler et durcir lorsqu'il se trouve irrité par des attouchements.

M. Beiuk^lius a publié une analyse détaillée du lait de vache , mais il est à regretter qu'il l'ait faite en deux parties, Fune du lait écrémé,

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Tautre de la crème. On conçoit que chacune de ces deux subsUmces a pu ne pas être pure, et il ne dit pas non plus quelle est la prqwrtion entre ces deux parties constituant du lait frais. Voici le résultat dé son analyse :

Le lait écrémé renferme 928,75 dVau; 26 de matière caséeuse, avec quelques traces de beurre ; 35 de sucre de lait ; 1,70 de chlorure de potassium ; 0,25 de phosphate de potasse; 6 d'acide lactique d'acétate de potasse, et 1 atome de lactate de fer; 5 de plM>sphate terreux.

La crème contient U5 parties de beurre séparé par l'agitation ; 35 de matière caséeuse précipitée par la coagulation du hit de beurre j 920 de petit-lait, dans lequel il y a f\^ de sucre de lait et des sels.

On trouve chez les autres MiMMiFi%REs les mêmes organes génitaux des deux sexes que je viens d'indiquer dans l'espèce humaine, avec des différences le plus souvent peu importantes, dont je vais faire connaître les plus remarquables.

Chez tous les quadrumanes et les cnEiROPrkRRs, il n'y a pas de €Ufférence remarquable avec l'homme et la femme , ces animaux ayant même leurs mamelles sur la poitrine, si ce n'est que les mâles ont un 08 qui soutient leur verge.

Plusieurs genres de carmvorrs , tels que celui des Canis , ont la verge également soutenue par un os spécial qui manque dans d'autres genres très-voisins , et choz la plupart elle est retenue par les téguments le long de la face inférieure du ventre^ où elle se dirige en avant, et ne sort de son prépuce que par l'effet de l'érection. Il en est de même de beaucoup de rongeurs, et en général pour la plupart des digitigrades. Le genre Feiis fait exception : chez ces animaux, la verge est, dans l'état de repos, dirigée en arrière, et ne revient en avant que dans l'état d'érection.

Dans les très-grands Mammifères, la verge se prolonge sous le ven-» tre jusqu'auprès de l'ombOic, et cela est surtout remarquable chez les RUMINANTS, et Spécialement chez les Bas, Dans les Cameivsj cependant, elle est aussi dirigée en arrière.

Les testicules affectent deux principales dispositions : celle qu'ils prennent chez V homme, et une autre où ils restent cachés dansl'ab-^ domen, comme dans le fœtus humain, et situés à côté des reins. Ddns. ce dernier cas il n'y a , comme on le conçoit , ni scrotum, ni aucune tunique des testicules autre que celle qui leur est propre , et le péritoine qui leur forme un ligament suspenseur. Tels sont tous les amphibies, les cih-Acés, plusieurs pachydermes, tels que les ÉîêphaniÉ, On rencontre la disposition qu'ils ont dans l'homme chez tous les Qt a-

DRUMANES.

Dans d'autres ils sortent bien de l'abdomen par les anneaux inguÎTnatrx, Inilis ne se portent pas autant en arrière. Ainsi , chez les Hal-^

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hnaturtls ei autres mXrsupiaux, le scrotum est suspendu au-devant du pubis ; les ruminants , les Èquus , etc. , les ont sous cet os entre les cuisses; et ils se trouvent au périnée chez les Sus, les Feds et la

1)lupart des carnivores. Enfin, chez d'aufres encore , ils ne sortent de a cavité abdominale que lors du temps de raccouplement , et y rentrent après. Tels sont les cuEiROFrkRES, plusieurs plantigrades* comme les Erinaceus; beaucoup de rongeurs, tels que les Mus, les Cavia, etc.

Les vésicules séminales se trouvent dans un grand nombre de mammifères , tels que tous les quadrumanes , les chéiroptères , quelques PLANTIGRADES, Ics RONGEURS, Ics PACHYDEHMES, ct le scul genre Manutu^ parmi les cj^taci^s ; tandis qu'elles inanquent dans la plupart des

PLANTIGRADES, tOUS IcS CARNIVORES, IcS AMPHIBIES, IcS MARSUPIAUX, IcS MONOTRkMES, IcS RUMINANTS et IcS CÉTACÉS SOUFFLEURS.

La prostate existe chez tous les mammifères. Dans certaines espèces, comme les Erinaceus et les Tatpd parmi les plantigrades, et tous les RONGEURS, à l'exception des Sciurus, des Marmotta et des Lepus, qui rentrent dans la condition ordinaire, elle prend la fonne de vaisseaux plus ou moins nombreux , et souvent composés, placés à iWigine dû canal de l'urètre , dans lequel ils s'ouvrent. Cuvier leur donne dans ce dernier cas le nom de vésicules accessoires , n'admettant pas leur analogie avec la prostate, quoique ces vésicules se trouvent précisément chez les espèces qui n'ont pas d'autre prostate.

Les glandes de Cowper se trouvent dans beaucoup de mammifères , tels que tous les quadrumanes, les cheiroptîîres, beaucoup de carnivores, les marsupiaux, la plupart des rongeurs, tous les pachydermes, à l'exception des Equus , et se trouvent dans presque tous lès ruminants ; elles manquent, selon Cuvier, dans la plupart des plantigrades, les AMPHIBIES et les ci^TAcis. L'aBsence de ces glandes dans un si grand nombre d'espèces indiqué indubitablement qu'elles ne sont pas essentielles dans l'acte de la fécondation. Cependant on leur voit prendre un développement considérable chez diverses espèces.

bans un grand nombre de Mammifères, ces glandes sont enveloppées de fibres musculaires servant à faire éjaculer la matière sécrétée.

Les organes génitaux des femelles présentent des différences plus notables encore ; chez la plupart on ne trouve point de nymphes, mais du resté un clitoris, un hymen, un vagin, une matrice, deiix trompes rfc Faliope et deux ovaires. Tous ces organes , àTexceptioti de la matrice, sont à peu près disposés et Conformés comme dans l'espèce humaine.

La matrice varie considérablement ; chez beaucoup d'espèces et surtout chez les singes elle est simple et à peu près semblable à celle de la femme. Dans nombre d'autres, connne les carnivores, plu-

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