‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 58 sur 147 · OROAN£S DE LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

OROAN£S DE LA RESPIRATION

les camiYores jusqu'à j et même J de plus. Suivant M. DBSPaET2 , cette quantité d'oxygène de plus serait employée à la combustion de rhydrogène du sang pour former de Teau , ainsi que Pavait déjà pensé Lavoisibr ; et , suivant le même savant , les herbivores exhalent plus d'azote que les carnivores.

Lavoisiër et Skgdu^ ont estime à 13,70& grains en vingt-quatre heures Feau exhalée par les poumons de Yfuymme , ce qui équivaut à peu près à } de litre.

B. LARYNX

L*organe de la voix de Y homme, ou le larynx , est placé à la face antérieure du cou , sous Tos hyoïde , auquel il est suspendu , et forme lui-même le commencement de la trachée-artère. Il est formé d'une charpente cartilagineuse de cinq pièces principale^ , dont trois impaires , déjà indiquées au chapitre iii de cet ouvrage , ou les cartilages thyroïde^ cricoïde et épig lotte ; et de deux ar/ténoUles , formant une paire ; et à ceux-ci se joignent quelquefois encore deux petits grains nommés appendices de Santorini , qui n'en sont que des accessoires placés au-devant d'eux.

Ces cartilages sont liés entre eux par divers ligaments qui leur permettent un mouvement facile , et sont mus par plusieurs muscles servant soit à resserrer l'entrée du larynx ou la glotte pour empêcher le passage de l'air ^ soit pour graduer la voix.

Le cartilage thyroïde, le plus grand de tous , est situé à la face antérieure , suspendu sous le corps de l'hyoïde. Il est formé de deux moitiés latérales ou ailes , ayant une forme rhomboïde et réunies par un angle arrondi à la ligne médiane , d'où ces ailes se portent en arrière , en dehors et en dessous , formant une espèce de bouclier , recouvrant en avant les autres parties du larynx.

Le cartilage cricoïde a été comparé à une bague à grand chaton. C'est en effet un anneau arrondi , étroit en avant , et verticalement très-large en arrière, placé inférieurement entre les ailes du thyroïde, en remontant fort haut dans sa partie postérieure. Son ouverture inférieure , perpendiculaire à l'axe de l'anneau , se continue avec la trachée-artère ; et l'ouverture supérieure , très-oblique , tournée en haut et en avant , fait presque face au thyroïde.

Les deux aryténoides sont articulés de chaque côté sur le sommet du cricmde , à sa partie postérieure. Ce sont deux petits cartilages ayant la forme d'une pyramide triangulaire très-obtuse, avec le sommet tourné en dehors. Ils sont articulés par l'une des arêtes de leur base avec le cricoïde ; la seconde arête est postérieure , et l'un des angles , le plus prolongé , dirigé en avant pour se continuer avec les cordes vocales.

APPAREIL RESP1IIAT4)IRE DES MAMMIFERES. 145

Celies-ci sont deux faisceaux ligamenteux qui se portent eo avant en ûiierceptant un petit espace en forme de fente , ou la glotte , constituant Forifice du larynx et, par lui, de la trachée-artère, et se termine à la Tace postérieure du cartilage thyroïde,

Vépigiotte,.csn\h%(è mollasse, triangulaire, courbé en portion de cylindre , adhère par sa base arquée , an moyen de ligaments et de muscles, au bord supérieur du thyroïde, d'où il s'élève librement derrière la base de la langue, à laquelle il adhère. Lorsque celle-ci se porte en arrière , elle pousse l'épiglotte , qui se renverse sur la glotte et la ferme en formant dessus un pont sur lequel passent les aliments pour se rendre dans l'œsophage , placé derrière , sans qu'aucune parcelle tonabe dans le larynx.

Les cartilages dont je viens de parler sont mis en mouvement par cinq muscles.

Le crico-aryténoïdien postérieur se porte de la face postérieure du chaton du cricoïde en haut , et se fixe à l'aryténoïde , qu'il renverse en arrière et en dehors; produisante la fois l'écartement des aryténoïdes , par là l'ouverture de la glotte et la teni»on des cordes vocales.

Le crico-aryténoïdien latéral se rend du bord supérieur oblique du cricoïde en haut et en arrière sur l'aryténoïde, qu'il tire en avant, et le fait même fléchir en dedans.

Vinler-aryténoïdien se rend postérieurement d'un aryténoïdien à l'autre , et resserre la glotte.

Le thyro^aryténoïdien va de l'angle rentrant que forme le cartilage thyroïde en arrière et un peu en haut sur la face externe du cartilage aryténoïde, qu'il tire en avant, et le fait fléchir en dedans.

Le thyro-épiglottiqtie s'attache à la face postérieure concave du thyroïde, d'où il monte pour se fixer à la base de l'épiglotte, qu'il tire en dessous.

Ces cartilages , leurs ligaments et leurs muscles sont enveloppés par la niembrane muqueuse qui vient de la cavité du pharynx dans lequel le larynx est placé , et forme, en passant des muscles tbyro-arytén(»diens sur les cordes vocales pour plonger dansrle larynx, deux plis de chaque côté, dont les plus internes , formés par les cordes vocales, interceptent la fente de la glotte; les deux externes, plus relevés , sont les ligaments supérieurs , beaucoup mdns tendus. Les deux ligaments du même côté interceptent une peti^ cavité, ou ventricule du larynx.

L'air en sortant avec force par la glotte fait vibrer ses. bords ou

cordes vocales , et imMluit ainsi la voix, qui est d'autant plus élevée

que la fente est plus étroite et les cordes plus tendues. Cette voix est

ensuite modifiée par le degré d'élévation du larynx , et articulée en

146 OftGANES DE tH 1ie5li»]IIAtlM.

lettres alphabétiques par la langue, le voile du priais et les lêrres. Le larym diffère très-peu chez tous les MâMiiipkRES, et l'imposabilité où sont les animaux de varier et d'articuler leur voix amant que le peut ïhomme dépend plus du manque de pn^isiofi avec laquelle k» muscles peuvent se contracter que de la fM'roe de l'orbe , et surtout de la nmllesse de leur tangue et de leurs lèvres, qui Stot comme paralysées, comparativement à ce que ces orf^anes sont é^m l'espèce humaine.

§ II. Dissection.

Les poumons formant dans la cavité thoracique deut masses adhérentes seulement vers le haut , on peut facilement les en extraire sans les endommager, en les enlevant ensemble avec la tracbéé-art^e, le cœtir et le médiaslin. Dans cet état on petit alsémetit étudier leur forme extérieure et leurs rapports, en même temf>s qu'on peut léà mettre, par une légère insufflation par la traichée-artère, datts l'état od ils se trouvent pendant l'in^lration. lisse gonflent par ce moyen jusque dans leurs plus petites subdivisions , et prennent TélastiCité d'iinc^ vessie; car dans le fond ce n'est qu'une vessie trè^Kxmiposie dans son intérieur. Ainsi rempli d'air, on voit déjà à leur surface légèrement ondulée que ces organes se subdivisent en un grand nombre de lobules trèsirréguliers « surcomposés^ qui peuvent même être scmvent séparés nettement par le moyen du scalpel, surtout chet les mm* NAJTrs^ et spécialement chez le Yeau, où l'on peut facilemettt c^ isoler une portion fort peu volumineuse pour l'insuffler sépat^niént^ l'on cbmsÉni pour cela une partie formant Tettrémité d'tm lèbe é«f poumoft de cet animal, où les lobules sont smtom fort distimits; on les isolera^ et lorsqu'on sera arrivé auprès du rameati de la bronelnr qui s'y rend, on coupera celle-ci à une certaine distance au dc is siis ^ aâfi qu'dle M^m^ u» pédkuk par taqud on paisse insuffler lepetil loèule. Blliis â faut imm* soin de ne pus trop eidoncer l'ajotage , éaiis kif crainte de léser les parois intérieures des bronche»^ et y faire è&& m^ v«nures qui cdmmunkpi^aieBt avec les espaces formaait les hrtei^ vaBe» des lofciuks , ouvertures f»r où l'air s'éebapperMt Oft {)em aiâ^ se dispenser d'insuffler un pouoioii entier, ce qui est très-difficile^ «I se borner à wm ùva^ partie fort petite de l'organe. Apre» «Voir se*" ché le lobule «iD|^ détendu d'air^ on en eniève des tranches m tnoyeff d'un instrument bien coupant , tel qu'un rasoir, pour Voir la strnc-^ t»re iniéricmre de ee viscère ,^ où les parois des cellules roidies par la dessiccation m maintiennent parâûtemeot et kôssent déstioctement voir kur dispoiîlk)n et eomn^nt ettei communiquent avec les denÉi^rs c4< «aux hrônehiques; on le» recoomdt surtout très-bien sur èm knUtf^^s

APPAREIL 'RfiSPlRAtOlHB ttES MAimtlI'ERES. 147

tout à fait stiperficidlès d'un poumon de Feau, où les cellules adhèrent à la membrane extérieure de cet orgâhe.

D'après la description succincte que je vieiis dé donner du parench^ttte dd pcWtriOii , 1! kit évident qu'on ne peut pas injecter ce tisèére par les bronches, datîs l'intetitloti d*tBn àvbii^ le moute intérieur* tii que la masse , èîi stii^posatit que Toii réussisse parfaitement , reih- {diràit les cellules, et que le tout ne formerait qu'un corps informe où il serait impossible de distinguer la moindre chose. Si l'on ne veut connaître au cofltraii-e que là dispdàîtidn dés prifacipâles bronches, OU injectera ces canaux avec une masse à corrosion , et le mieux avec le métal fu^ble , mais sans vider pf éalablemetit le poiiiîiôn d'air, afiri que les cellules ne soient poîilt rettij[Jlies; et l'on détruira après le parcnchyiîie par la macération.

Les prépaTatîonà du laryrit êe font Siraplettietit âU flàoyèn du scdpél. Apre» SvOîf flégâM feet appareil des Organes drconvbisin^ et avoiîr eielrtihé Ses h}3pdfts atet la langue, l'os hyoïde, lé pharyfljt et (a tràchéè^ârtêre, on l'enlève en une Seule masse avec Ces der~ niers pour les examiner séparément; on en détache successiverticnt tout ce qui n'entre pas dans la composition de cet appareil , excepté l'hyoïde qui lui sert de support, et le bout supérieur de la trachée -art^e qui est sa continuation^ On le fixe sur un plateau en liège, et l'on coupe d'un côté la partie latérale de l'hyoïde, ainsi que la moitié correspondante du cartilage thyroïde , qu'il ne faut cependant pas couper trop près de la ligne médiane, pour ne pas détruire les attaches des ligaments latéraux et des cordes vocales. On met par là à découvert tous les muscles dont j'ai indiqué les insertions, et l'on voit la fente de la glotte g'êtefldre du cartilage thyroïde àut arytênoïdès. En enlevant suceesslvem«it les musele^^ on met les cartilages et leurs l^âttientè entièrement il découvert ; et enltu $ en coupant aussi du rttême côté la moitié du cartilage cricoïde et de la trachée-artèré , on à le profil intérieur du larynx.

§ IIL Conservation,

Le poumon peut être consc^é mt ou dans la liqtieur. Ce dernier procédé est préférable pour voir la fdrtae générale de l'cwgane et ses reflets avec les sntres parties 4 vu qu'il se diffonnerait trop par la dcâtsiccatkm. Le premier convient au contraire mieux pour montrer la structure ceiluleuse de cet organe* Lorsqu'on se propose de con^ server le préparât à l'état sec ♦ il faut y irijecter |)réalablem«nt pâl- les brendics une soiution alcoolique de deutocblorure de mercuroi poui^ le garamir des losectes; on le vide iitmaédiatement après, oh llfHNi^ fie et on ie renverse, là trachée- artère en bas, pcmr feire ëeo<il# ]e

148 ORGANCS DE LA REAPIRATION.

restant du liquide. Lorsque tout est accumulé dans la trachée , on Fenlève et on insuffle de nouveau pour bien distendre les cellules , et Ton fait sécher le préparât II est vrai que Fair étant susceptible de se comprimer par Teffet du resserrement du parenchyme, le poumon se difforme beaucoup, mais cependant pas assez pour ne pas permettre de voir la dispoâtion des cellules. Si la portion de poumon n*est pas volumineuse, on peut Finjecter avec du mercure et la suiq[)endre par la bronche jusqu'à ce que le préparât soit sec, et faire couler ensuite le métal; mais tous ces moyens ne valent pas la distension par l'air.

On conserve les préparais du larynx dans la liqueur lorsqu'on y a conservé les muscles. Quant aux cartilages seuls, on peut les conserver secs s'ils appartiennent à de grands animaux , où ils ont assez d'épaisseur pour ne pas se racornir beaucoup ; chez les petits, au contraire, ils se déforment tellement par la dessiccation qu'on i^ peut presque plus rien y reconnaître. En les remettaut cependant pendant quelques heures dans de l'eau, ils reprennent en se gonflant leur forme primitive.

ARTICLE IL

DE l'appareil RESPIRATOIRE DES OISEAUX.

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