‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 57 sur 147 · APPAREIL RESPIRATOIRE DES MAMIIIFÈRES · texte numérisé non relu

APPAREIL RESPIRATOIRE DES MAMIIIFÈRES

Ces deux ordres de vaisseaux suivent la distribution des bronches jusque dans leurs derniers ramuscules.

Mais outre les vaisseaux sanguins servant à la nutrition des poumons, ces organes en renferment encore deux autres qui ont absolument la même disposition, mais des origines différentes : ce sont les si/ sternes des artères et des veines pulmonaires. Les artères naissent immédiatement du ventricule droit du cœur par un seul tronc très-gros, et amènent aux poumons le sang veineux fourni par les veines caves pour lui faire subir Feitet de Fair dans Tacte de la respiration. Ces vaisseaux, arrivés dans les poumons, se divisent en branches, en rameaux et en ramuscules , qui suivent également très-exactement la subdivision des bronches jusqu'à leurs dernières extrémités , en étalant leurs dernières subdivisions sur les parois des cellules pulmonaires.

Des ramuscules de Tartère pulmonaire naissent les radicules des veines puimonairesy en se continuant directement les unes sur les autres ; et ces veinules se réunissent de proche en proche, également en suivant les ramifications des bronches, finissent par constituer deux gros troncs de chaque côté qui sortent des poumons, et vont tous les quatre s'ouvrir dans Toreillette gauche.

Les vaisseaux pulmonaires désignés sous le nom d'artères et de veines, selon qu'ils charrient du sang qui part ou qui arrive au coeur, différent cependant considérablement des autres artères et veines du corps. £n effet, Içs artères pulmonaires, au lieu de contenir du ^ang nutritif , n*en contiennent que du veineux , qu'elles conduisent aux poumons pour le rendre de nouveau nutritif par l'effet de sa combinaison avec l'oxygène de l'air, qui lui enlève le carbone et l'hydrogène dont il est surchargé ; et les veines pulmonaires ramènent au contraire au cœur ce même sang redevenu artériel, sans que ce sang, tant qu'elles le contiennent, paraisse pouvoir servir à la nutrition de l'organe qu'il traverse ; fonction remplie par le sang des vaisseaux bronchiques.

Le sang veineux, ainsi distribué dans les poumons par l'artère pulmonaire, n'y est point mis, comme on pourrait le penser, en contact immédiat avec l'air contenu dans les bronches ; mais la combinaison des deux fluides a lieu à travers les parois très-délicates des ceUules . pulmonaires. L'oxygène s'y combine en majeure partie avec le carbone du sang, et forme avec lui de l'acide carbonique par l'effet d'une véritable sécrétion; et ce gaz , rejeté dans les bronches , est expiré avec l'azote, qui ne s'y combine pas ; et une autre partie de l'oxygène inspiré, bien plus faible que la première , se combine avec l'hydrogène contenu dans le sang veineux, et forme avec lui, par l'effet d'une véritable combustion de ce dernier, une petite quantité d'eau qui est également expirée sous forme de vapeur. C'est par cette double action de

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Toxygùne sur le sang veineux que ce dernier redevient nutritif et , comme on dit, arUriei, et retourne au cœur pour circuler de nouveau dans tout le corps ; régénération du sang qu'on désigne sous le nom à' hématose *. ' »

Les poumons reçoivent , outre un grand nombre de lymphatiques qui y forment beaucoup de ///«n^c* dites aussi Aronc^i^t^^»^, encore de forts troncs nerveux, dont plusieurs branches du sympathique qui y entretiennent la vie en y concourant à la formation de deux ^plexus pulmo^iiques , d'où partent les rameaux qui se distribuent dans ce viscère ; plexus principalement formés par le tronc du nerf pneumogastrique, ou dixième paire céphalique, duquel paraît spécialement dépendre le phénomène de la respiration.

Le poumon des mammifères est toujours divisé en deux grands (ohcs principaux , un à droite et un à gauche , séparés par le inédiastin; et souvent l'un, et même les deux, sont encore partagés en lobes secondaires, libres, et chez une foule d'espèces ces diverses par-, ties sont en outre subdivisées en lobules surcomposés , mais unis par du tissu cellulaire eu une seule masse recouverte d'une tunique commune. Ces petits lobules , surtout fort distincts dans le veau , n'ont souvent que 5 à 6 millimètres de diamètre, et, permettant d'être isolés, sont très-propres à l'étude de la structure du poumon, étant séparés par des espaces presque vides, contenant à peine un peu de tissu cellulaire à mailles très-grandes et lâches , étrangères à la cavité des bronches ; mais dans chacun de ces lobules, la contexture est plus uniforme, on n'y aperçoit plus de subdivisions, en partie plus petites ; et en les insufflant , ils se montrent composés d'un amas de vésicules liant entre eux les derniers ramuscules bronchiques qui s^y termineni comme dans un tissu caverneux.

Les deux grands lobes du poumon n'adhèrent entre eux, et aux autres organes, que dans la partie supérieure de la cavité thoracique, où ils sont liés par la plèvre et du tissu cellulaire aux parois de cette dernière, ainsi qu'aux vaisseaux qui leur arrivent du cœur, à l'œsophage et à la trachée-artère. Du reste, le poumon, entièrement libre dans les deux cavités thoraciques, et cédant avec la plus grande facilité aux forces qui le compriment ou le dilatent , il en résulte que si la cavité pectorale augmente , soit par l'abaissement du diaphragme dans la respiration ordinaire, soit par l'élévation des côtes dans la respiration

1 On donne aussi ce nom à la conversion du cliyle en sang par la respiration , effet qui est à peu près le même. Mais je pense qu*il serait convenable de n'appliquer celte dénomination qu*au phénomène de la conversion du sang veineux en artériel , celle dii chyle en sang étant désignée soùs le nom de sanguificcMùn.

APPAREtt RËSPinÀfOlRfi f>ES M4M^lti-ERES. 14^

]a)mHé¥n9é, Fàîr extérieur se précipite par la trachée-artère daîis Fintëriem* (te ce Tiscère, et le gonfle poar remplir le Tide formé danis le tlMTKï , ce qui constitue l'acte de Yinspiration ; tandis que le refâehemènt dû diaphragme et l'abaissement des côtes produisent par la raison contraire l'effet opposé , la sortie de l'air ou V expiration; et ces deui efltèts, ayairt afternativement lieu pendant toute la vie, constitnem l'acte de la respiration.

J'ai dit que la respiration ordinaire se faisait par les motivementJT alternatifs d'abaissement et d'^évation du diaphragme. En effet, ce muscle forme dans le corps, au niveau des dernières côtes, une cloison transversale , dont les ÎBbres naissent le long des dernières côtes , de leurs cartilagesf , de l'extrémité du sternum , et par deux ou quatre faisceaux partrcuKers , ou piliers du diaphragme , des premières vertèbres lombaires ; et ces piliers laissent entre eux des ouvertures qne traversent l'<£Sophage , l'aorte , la veine èavè postérieure et l'àfzygos. Partant de ces insertions , les fibres du diaphragme rayonnent sur le centre du muscle et s'arrêtent à une partie tendineuse , ou centre pkrénique , représentant leur tendon terminal ; et à leur origine elles se continuent en partie avec celles des muscles transverses abdo-^ mnaux , formant la lame la plus interne des muscles du bas- ventre. Le diaphragme n'est même dans le principe rien autre chose que la partie antérieure thoracique des deux muscles transverses , détachéî? de la face interne des côtes et rentrant sur eux-mêmes en formant le centre phrénique par les extrémités de leurs fibres tendineuses , en même temps que les faisceaux qui devraient se rendre aux extrémités vert^ïrales des côtes sont réunis et renversés en arrière poui* fbrmer les piliers du diaphragme.

On peut en avoir un schéma en supposant les muscles transverseîl continués dans la cavité thoracique , sous les côteâ , mais détachés dt> ces dernfères; lé tout étreint par un lien, comme un sac, dont le nœud serait occupé par le centre phrénique. Et en effet , la continuation' dafas le thorax , sous les côtes, des muscles traftsverses de l'abdotifieh ,• dans la-dispontîon que je viens de supposer , se trouve très-bien ài^t lés Ophidiens, où le diaphragme, dans la disposition qu'il affecte chez les Mammifères , n'existe pas.

Il résulte des expériences qu'on a faites sur la respiratioii que,' ehes un homme de taille moyenne , chaque inspiration est d'envii'on âOO centimètres cubes d'air, et le poumon en retient à peu près htcii fois autant , c'est-^i^-dire que sa capacité serait de 2700 eeittirtiêtreî? cubes, ou de 2 litres \ approchant.

D'après Duloîno , il est absorbé plus d'oxygène <kns la respiration qu'il n'en est converti en acide carbonique, et il est exhalé de l'ange, c'est-à-dire que les animaux herbivores en absorbent ^ de plrts , et

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