ARTICLE IL DU SYSTÈME RESPIRATOIRE DES MYRIAPODES
§ P'. Aiiatomie.
Les organes de la respiration éprou^^ent subitement une modification considérable chez les myriapodes et les insectes. Au lieu d*être des poumons celluleux , c'est un système entier de vaisseaux ramifiés à rinfini, nommés trachées y qui se distribuent dans tout le corps à rinstar des artères, pour y porter directement Félément régénérateur du sang dans chaque point où ce dernier se trouve, vu qu'il n'y a plus chez ces animaux de véritable circulation sanguine par laquelle le sang puisse revenir à des intervaUes plus ou moins réguliers , dans un lieu spécial, pour s'y mettre en communication avec l'oxygène.
Ces trachées sont des vaisseaux dont les troncs communs partent ^ plusieurs ouvertures ou stigmates, que ces animaux portent par paires sur certains segments de leur corps. A l'entrée de ces orifices les traclUes d'origine sont généralement renflées, mais fort courtes, et produisent de suite plusieurs troncs secondaires qui se distribuent dans toutes les parties du corps.
Chez le luius terrcstris, de l'ordre de ghilognathbs , ces trachées ne paraissent pas s'anastomoser entre elles d'un stigmate à l'autre , quoique cela soit possible ; mais ces animaux sont si petits et si difficiles à disséquer à cause de la dureté de leur tégument, qu'on brise trop facilement ces organes pour bien voir leur distribution , et je n'ai jamais eu l'occasion de disséquer une des grandes espèces, toutes exotiques.
Dans l'ordre des chilopodes la distribution de ces vaisseaux est telle que chaque trachée d'origine envoie au moins une branche anastomotique ou trachée de communication longitudinale sur les trachées d'origine des stigmates voisins, et d'autres branches ou trachées de communication transversale sur les stigmates du côté opposé; de manière que l'air qui pénètre par un seul des stigmates se répand dans tout le corps. De ces diverses branches ainsi que de plusieurs autres provenant des trachées d'origine , partent ensuite de nombreux rameaux qui se rendent dans tout le corps en pénétrant dans le tissu de plus petits organes.
Les trachées se composent de trois tuniques extrêmement minces, d'un blanc argenté ou rougeâtre. La première est non fibreuse ; la seconde, formée d'un fil tourné en spirale comme un élastique de bretelle, est d'apparence cornée et fibreuse, afin de maintenir le vaisseau distendu dans l'état de repos, en permettant toutefois qu'il puisse être TOM. II. 11
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légèrement comprimé pour produire Tcxpiration , tandis que la trachée revient sur elle-même par l'effet de l'élasticité de ce même fil, et produit une inspiration pas»ve; la troisième tunique est une membrane muqueuse qui n'est qu'un prolongement des téguments pénétrant par les stigmates.
Tous les segments ne portent pas de stigmates chez la Scoiopendra tnorsîtans , mais ahernativement. La tête et le premier segment li'èn ont pas; le second en porté line paire } le troisième en est pfivé; le quatrième en porte une paire ; le cinquième et le sixième en sont privés, et les autres en ont ensuite alternatitement. Ces stigmates sont à peu près semblables à ceux des Insectes, dont il sera fait mention dans l'article suivant.
§ tl. Dùsectioh et conseri)ation,
•Pour voir simplement la distribution d^s trachées, oh peut indistinctement ouvrir le corps par en haut ou par le côté en fendant les segments pifr le milieu. i>)aîs, comme on est obligé d'en enlever iine partie tenant aiix arceaux supérieurs lorsqu'on ouvre par le dos, il coilvient mieut de disséquer ces vaisseaux par le profil intérieur lorsqu'on veut les voir tous en place. Ces vaisseaux , remplis naturellement d'aif, prennent de là une belle couleur blanche métallique , nacrée, comme s'ils étaient irijectés avec du mercure; ce qui produit lé pltis bel effet stir le fond toujours plus foncé des autres organes sur lesquels ces valissdaux raitip(^nt. Les tfachées n'ont eh cohsécjuerîcè pas bèsdîh d'ètte injectées pi-éàlablèmènt lorsqli'on les examine sur uîi atiitnal frais; mais chez ceux qui ont séjourné dans là liqueur, celle-ci, finissant par pénétrer dans l'intérieur de ces vaisseaux, ïûi disparaître , en les mouillant , la couleur argentée dont je viéiis de parler, et lèS trachées ne présentent plus qu'une teinte grisâtre comme les autres organes; aussi est-il alors fort difficile de les suivre dafts les dissections. Ces vaisseaux étant généralement très-fins, il est fort difficile àusSi de les injecter ; ce quf peut toutefois se faire soit par les stigmates, soit par les gros troncs longitudinaux; mais (A réussit rarement , et quand même on parviendrait à les remplir dé matière à Injection, jamais on n'arriverait à un aussi bel effet que celui que Ces vaisseaux présentent dans leur état naturel. Je conseille, en conséquence , de ne pas tenter cette opération sur des espèces communes qu'on ()eut avoir fraîches.
On pebt tuer les animaux dont on veut étudier les trachées, en les plongeant cpielques instants dans de l'alcool, qui ne pénètre que dans les plus gros troncs trachéens ; mais il vaut mieux encore îesi asphyti^ dans la vapeur d'éther, ou fcien en faisant couler une petite
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goutte d'éther ou d*une huile essentielle rectifiée sur les stigmates. Elle bouche d*abord ces ouvertures, ranimai meurt de suîte asphyxié, et Thuite, s*évaporant un instant après, laisse les trachées dans leur état naturel. Ôd peut très-bien employer ce procédé pour tuer les Insectes sans les endommager, potit Jes conserver dans les collections.
Les préparatsi de trachées àe petivent pas être conservés autrement que desséchés et collés sur des plaque^ de verre, vu que ces vaisseaux deviennent itidistincts dans la liqueur.