SYSTEME CIRCULATOIRE DES MAIIIMIFERES
La vehie iliaque externe côtoie Tartère du même Doni et sort avec eDe par l'arcade crurale, où elle prend le nom de veine fémo^ raie; elle descend dans la partie antéro-interne de la cuisse, croise très-obliquement le muscle couturier à sa face postérieure en produis sant les mêmes branches profondes que Tartère. Outre ces branches, elle en produit une Sp<'»ciale très-forte, superficielle, ou saphène interne ^ qui n'accompagne aucune arJère.
Ce vaisseau naît bientôt après la sortie du bassin et produit successivement plusieurs rameaux : 1° les veines honteuses externes , distribuées aux organes génitaux ; et 2® la veine soiis-cutantt abdominale, qui remonte dans les téguments dp Tabdomen. Le tronc se divise ensuite en deux grandes branches, dont la première se subdivise à la face interne de la cuisse ; et son rameau principal rentre ordinairement près des genoux dans la seconde branche. Celle-ci , ou la branche la plus forte , placée contre l'aponévrose crurale, longe la partie interne de la cuisse le long du muscle droit interne , passe latéralement sur l'articulation fémoro-tibiale , continue à descendre sur la face antéro-interne de la jambe , passe devant la malléole interne , et se prolonge sur la face supra-interne du pied.
La veine fémorale prend dans le plî du jarret le nom de veine popiitée, et se distribue comme l'artère , mais produit en outre la saphène externe , qui se porte en dessous sous la peau , en suivant le milieu du mollet. Vers le bas de la jambe, elle se fléchit en avant, contôunie par derrière la malléole externe, et se répand sur la partie supérieure du pied.
La veine porte constitue un système particulier formé par toutes les veines des principaux viscères de l'appareil digestif, c'est-à-dire, d'une part , des veines de l'estomac , formant plusieurs branches , telles que les veines pt/ioriques, gastriques supérieures ou coronaires stomachiques, et gastriques inférieures droites et gauches; et, d'autre part, des branches de la veine mésentériquÂ^ supérieure, dont les subdivisions suivent l'artère du même nom ; des veines spiéniques et mésentérique inférieure, et enfin de la veine et/stique,
La vei8e porte est placée dans l'hypochondre droit, depuis l'extrémité du pancréas, d'où die monte, jusqu'au sillon transversal du foie, où elle se divise en deux branches , ou sinus de (a veine porte , couchées dans ce sillon, et qui se subdivisent de nouveau dans le foie à l'instar des artères, en suivant les branches de l'artère hépatique.
La veine porte diffère ensuite , sous le rapport de la structure , des autres veines , en ce que ses parois sont plus épaisses , et que ses branches manquent de ces valvules qu'on trouve dans les veines ordinaires^
198 ttVâ^TUIK CIRCtLATOiaB*
Chez les autres MAMiiiFkaE6, oo trouvo en grande partie les orgaacs de la circulalioa sauguiue dans les mêmes conditions essentielles que chez Vhomme^ en présentant toutefois des différences néceseairoment attachées à celles di^ autres organes.
L'artère pulfnonairc de Yhoniine sort de la partie antérieure de la base du ventricule veineux , en formant un très-gros tronc unique fort court, placé d'abord au-devant de Taorte, d'où il se porte en haut^ en arrière et à gauche, pour passer à gauche de cette dernière « et se subdiviser bientôt en deux branches à angles droits , constituant les artères puhnonairei droites et gauches; vaisseaux qui se dirigent en dehors vers la base des deux poumons, dans lesquels ils pénètrent pour s'y subdiviser en suivant les ramifications des bronches* . L'artère pulmonaire droite, plus longue que la gauche, passe en arrière de l'origine de l'aorte et de la veine cave supérieure; et celle de gauche croise en avant l'aorte descendante , et se trouve liée à cette dernière par un ligament ûbreux, reste du conduit artérid qui établissait dans le fœtus une anastomose entre les deux vaisseaux; ccun* munlcation qui subsiste d'une manière permanente chez les Reptiles et les Chéloniens* Dans Vhmnfne^ ce ligament se porte de l'origine de. l'artère pulmonaire gauche à l'aorte, un peu plus basque la naissance de la sous-clavière gauche.
Les artères puhnonaires et leurs branches sont formées des mêmes tuniques que les autres vaisseaux sanguins; la tonique jaune y est {dus épaisse que dans les veines ordinaires, mais beaucoup moins que dan» les artères aortiques : aussi ces vaisseaux s'aiïaissent-ils lorsqu'ils sont vides.
Le sang, distribué dans les poumons par les artères pulmonaires, pour y être soumis à l'action de l'air , revient au cœur paur quatre veines, deux de chaque côté, qui s'ouvrent séparément dans l'oreil^ lette gauche. Les radicules de ces vaisseaux naissent des capillaires des artères, et les quatre troncs qu'elles forment ont ensemble un csdibre moindre que ces deux dernières; ce qui indique que le sang artériel qu'ils contiennent y circule plus rapidement Leurs rameaux et leurs branches suivent également les subdivisions des bronches , mai» au côté opposé k celui où se trouvent les divisions de l'artère. .
La structure de ces vaisseaux est également la même que dams les veines et les artères oïdinaires; les parois y sont toutefois plus faibles que dans les artères pulmonaires^ et à peu près comme dans les veines du corps.
Chez les autres mammifères, les vaisseaux pulmonaires offrent à peu près la même distribution que dans l'homme.
Les vaisseaux iymphatî(iucs, ou troisième division du système de la circulation , ont déjà été découverts par Érasis^tbates et Hénopni^
SYSTÈME €lUGiJLATOIRE DES MAHMIFÈHES. i99
LUS , qlli apet'çurerit les Vaisseaux, chyiifôres sur les intestins * et ce n'est ^ae près de deux mille ans après qu'ils furent retrouvés par GasparI) AssÉLius, professeur à Pavie, qui leà revit pour la première fols ^t uh cMen. EtsTACHicjs découvrit le canal thoracique sur url clievtbU et enOn Pecquèt, prbfesseut* à Montpellier, le retrouva cent ans après, en 1647, et publia sa découverte en 1651 à Paris. Quaiit anx taisseaux lyinphatiques des autres parties du corps, ils furent découverts en 1650, à Leyde, par OlaCs RudéIèck , qui les aperçut sur un foie ^ et plus tard sur d'autres viscères abdominaux , d'où il les nomma veines aqueuses dés glandes , et publia sa découverte eti 165S. BAftTHOLiNus leë trouva plus tard, et c'est lui qui leur imposa le nom de vaisseaux lymphatiques , sous lequel ils sont aujourd'hui généralement connus.
Ce sont des espèces de veines d'un calibre ordinairement très-faible, distribuées en quantité Considérable dans tous les organes , Si ce n'est dans l'épîderme, l'épithélium, ainsi que ddrls le placenta, où ils n'ont pas encore été trouvés.
Ces vaisseau^ sont en partie destinés à résorber les molêcdles qui, après avoir fait pendant un certain temps partie de l'organisme , lui sont devenues inutiles ou mêtne nuisibles, et doivent, de là, être enlevées, ramenées dans le torrent de la circulation, et déposées ensuite dans certains organes sécrétoires , d'où elles sont définitivement expulsées.
une autre partie des lyniphatiques , les chylifères , qui ne diffèrent pas essentiellement des premiers, otit pour fonction de pomper 4 la surface du canal intestinal le-chyle séparé des aliments pour le conduire dans les veinés, et par celles-ci dans les poumons, où cette huifienr est convertie en sang par la respiration. D'autres lymphatiques encore, oti peut-être tous , ont également ta même fonction , celle de pomper des sucs nutritifs partout où il s'en trouve, comme le prouve l'absorption de ces substances par la peau.
Les lymphatiques différent des veines en ce qu'ils ne contiennent pas de sang , niais un liquide terdâtre presque incolore , ou bien dû chyle, humeur d'un blanc lacté Chez les MAMMiFkiiÊs , résultat de leur absorption. Ces vaisseaux ont itinsi une fonction plus particulièremedt opposée à celle des artères , qui conduisent le Sang dans les organes poôr y Sertir à la nutrition.
Ges vaisseaux forment partout tin réseau extrêmement compliqué en s'ariastomosant entre eux de mille manières, et se trouvent surtotit en quantité prodigieuse dans les diembranes â^retises , dariS la peau , les tuniques propres des viscères et lés vaisseattt sàBfgUins , et ne paraissent man^iier, ainsi qne je FM déjà fait rertiai-qùer, que dàfiis «n petit maMt d'organes seuletnem.
200 SYSTEM e CIRCtL>AT01AE,
Dans certaiues |>arties , ces vaisseaux s'agglomèrent en petits pekn tous, et s'y trouvent liés entre eux par une matière parencbymateuse particulière ; de manière que l'ensemble forme des masses plus ou moins grandes, auxquelles on a donné le nom de glandes iympha^ tiques^ de ganglions lymphatiques ^ ou bien ûq g landes congUh iécs; mais c'est le premier de ces noms qui est le plus généralement admis. Dans l'intérieur de ces petites masses^ les lymphatiques se dilatent en un certain nombre de poches , et c'est principalement aussi là où ces vaisseaux s'abouchent dans les veines , mais sans s'y perdre entièrement, car on en voit toujours ressortir pour s'anastomoser plus loin avec d'autres branches , qui vont enfin se terminer dans le canal thoracique.
Les lymphatiques ont long-temps été considérés comme se rendant tous définitivement dans deux troncs communs, appelés , l'un canal thoracique, et l'autre la grande veine lymphatique droite. Le premier, situé dans le thorax, le long de la colonne vertébrale, prend naissance chez Vhomme au niveau de la seconde vertèbre lombaire, dans une dilatation nommée la citerne lombaire ou réservoir de Pecqu^ty formée par la réunion de plusieurs branches lymphatiques très>-fortes ; et supérieurement , le canal thoracique s'ouvre dans la veine sous-clavière gauche au point où celte -ci reçoit la jugulaire. Quelquefois aussi ce canal est supérieurement double, et l'une de ses branches s'ouvre alors dans la sous-clavière droite.
Le second tronc , ou la grande veine lymphatique droite , formé par la réunion des lymphatiques de la partie supérieure droite du corps, s'ouvre dans la veine sous-clavière du même côté.
Le faible calibre de ces deux vaisseaux aurait dû faire pressentir que l'opinion qu'on avait admise qu'ils formaient les troncs communs de tous les lymphatiques du corps était erronée , tout en admettant , {X)ur expliquer la facilité avec laquelle l'absorption a lieu dans les organes, que cette action s'exerçait également par les veines, quoiqu'on ne pensât pas que ce système de vaisseaux fût aussi compliqué qu'il l'est réellement. iMais si l'on eût considéré que la nature ne fait jamais rien en vain et sans nécessité, on aurait bien pu imaginer qu'elle n'aurait pas établi des vaisseauiL absorbants spéciaux si celte action avait aussi été donnée aux veines , et que probablement il devait y avoir erreur dans les observations. £t , en effet , déjà Stenon , Bar* THOLiNus, W£PF£Ret*RuYSGH vircut communiquer les lymphatiques avec les veines ; et plus tard, en 1772 , Ph.-Fr. Mrckel remarqua , en injectant une glande lombaire, que la matière passait dans la veine cave, quoiqu'il n'y eût pas de lésion ; d'où il admit que ces deux ordres de vaisseaux communiquaient entre eux ailleurs que par les veines sous-ciavières. Mais cette observation fut combattue par d'autres
SYSTEME Clil€ULATaiRE DES MAMMIFERES. tOI
anatoiaiijtes, et même par Cruikshank^ M ascagni et Haller; et il n'en fut plus guère question, quoique J.-F. Megkel, fils de Ph.-Fr. Mec- K^, et après lui Vrolyk, annonçassent également, d*après des observations qu'ils avaient faites , que les lymphatiques s'ouvraient dans d'autres veines. £nfm , la véritable disposition de ces vaisseaux fut mise dans tout son jour par les belles recherches de MIM. Fohmann et Al. Lauth, qui otit fait voir que le plus grand nombre de ces vaisseaux s'ouvraient après quelque trajet dans la première veine venue, et que le canal thoracique , avec la grande veine lymphatique , n'en réunissaient qu'une partie. Ce qui explique à la fois pourquoi ces derniers sont si faibles , et pourquoi on a pu attribuer aux veines la faculté d'absorber qu'elles n'ont pas.
On avait aussi annoncé comme une loi générale que ces vaisseaux traversaient toujours quelque glande (ympha tique. Mais les rechercbej de ces mêmes anatomtstes ont également fait voir que cette prétendue loi est fausse ; et d'ailleurs déjà long-te;nps avant on avait remarqué que chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, animaux qui n'ont point de glandes mésentériqùes , il ne saurait en être ainsi.
Les glandes lymphatiques sont très-variables poijr la grandeur ; les plus considérables se trouvent chez Vhofnme à la base du poumon et du mésentère , dans l'aine et le long des vaisseaux iliaques ; tandis que les plus petites se voient le long des Vaisseaux i)rofonds des membres, sur répiploon et le canal thoracique.
Ces glandes , de couleur très-différente , suivant l'espèce de l'animal et l'organe où elles se trouvent, sont recouvertes d'une espèce de tunique en apparence fibreuse, mais dont un examen plus approfondi fait voir qu'elle n'est qu'un lacis de vaisseaux extrêmement fins.
Outre les lymphatiques qui entrent dans la composition de ces glandes, on y trouve encore de nombreux vaisseaux sanguins, et surtout des veines proportionnellement assez fortes et dépourvues de valvules, et avec lesqudles les lymphatiques s'anastomosent.
Les lymphatiques sont visiblement formés de deux tuniques ana- 'logues à celles des veines, et, suivant Sheldon^ il y en aurait encore une troisième musculeuse , à fibre circulaire , qu'il dit avoir vue sur le canal thoracique des cfievaux; la première externe, fibreuse, très-résisiante et élastique ; et l'interne, séreuse, lisse, forme, comme dans les veines, de nombreuses valvules qui s'opposent au mouvement rétrograde de la lymphe. Dans le foie , le poumon , etc. , ces valvules sont rares et peu saillantes, n'oblitérant pas entièrement la lumière de
» The hislor, of the absor., 1784.
iOi ftYSTKMB GlftGtJLATOlU.
eetf vaisseaux, et là la lymphe, ou im Hcpiide qu*on y polisse, \ycm être dirigé dum les deux sens.
. Quoique Texistcnce de la tuaîque mnsculease soil mise etl doute par la plupart des aoatomisteSi elle peut être admise a priori, tu là grande irritabilité de ces vaisseaux; irritabilité qui subsiste ttiéme quelque temps après la mort £q effet , quelle force fetûit avancer h lymphe si ce n*est la eontraaion de ces vaisseaux? et pourquoi dans certaines maladies ces orgaues se gofgeot-ils de lymphe pàus qu*à Tétat sain? Certes il n*y a qu*ua moyen de Texpliquer^ c'est qoedans Tétat pathologique les fibres musculeuses sont ou affiiiblies, ou para-^ lysées.
D'après les observations de M. Fohmakn, les ehylifères, qui iiais^ sent sur les villosités intestinales, prennent leur origine par d« radicules libres; tandis que dans les autres organes ces vaisseaux co&iinen* cent par former des plexus à maiUes fort étroites, dans lesquels on ne rencontre pas de valvules, mais dont les petites branches communes en présentent déjà.
Avant MiM. F^hmann et Lauth« on pensait que ces vaissraux com^ uiençaient par des orifices béants, que quelques observateurs préten-» daient avoir vus; mais ni les deux anatomistes que je viens de nommer, ni aucun autre depuis, n'ont jamais pu parvenir à les découvrir, et ils pensent que l'absorption s'y fait à travers le tissu de ces Taisseilut^
De même que pour les veines , on trouve deux piincipales couches de vaisseaux lymphatiques, l'une accompagnant également les artères, et l'autre sous- cutanée « ou bien placée sous la tunique séreuse des vipères. Dans les autres parties ils sont moins nomin'eux ; mais et^ pendant assez |)our former un réseau général dont les branches s'anaslomosent dans tous les sens , et parmi lesquelles on en distingue de plus fortes, ayant une direction plus rectiligne.
§ IL Diiêtctiotx.
Pour préparer le cœur des MAMuipknEd il faut commeiicer par enlever avec précaution le ^ernum ainsi que les ciH^tilages cdstaux y afin ^ de ne pas endommager la partie du péricarde qui correspond an som* met de cet organe, cette poche étant souvent adhérente à cet os, comme cela arrive chez Vlunnine. Le péricarde mis à im « on examine en place ses rapports et sa position dans le médiasiin. Pour le voir en détail ou l'enlève avec le cœur et les poumon^ , ainm qn'avee la portion du diaphragme à laqudle le péricarde est adhérent dans beaucoup de ces animaux.
Après avoir dégarni le péricarde de ses parties environnantes, telles que le médiastin et les poumons , en çon^rvapt les origines (tes gros
SYSTÈME GIlUtitiLiVTOtaC IHE8 M^HMIFEIIES. %0^
vaneetiui auxqueb il adhèl^e , en l*inMiffle{ pour te feka détftobei^ du ceetB* |3iacé dMis son intérieut, en le perçant d'titie ouveriure fort pe^ tite, dirigée très-obliquement à travers ces deux tuniqu69«de manière que l'orifice ettéileur soit h ({uelque distances de l'intérieur. On y introduit par ce canal le tuyau d'un chalumeau, et on rinsuflle ; en re<; tiradt eiBuite cet instrument , les lèvres du canal s'appliquent l'une contre l'autre et empêchent l'air de sortir.
Cette poche ainsi distendue , on enlève les lambeaux de plèvre qui la recouvrent ainsi que les autres parties qui lui sont adhérentes; ayan( totijours soin de ménager les troncs vasculaires qui y entrent ou quii en sortent , et surtout de disséquer avec soin les parties où la mem* brane du péricarde se continue avec ces derniers.
Lorsqu'on aura étudié ses parties, et surtout ses deux tuniquesi on fendra ce sac pour mettra le cœur à découvert.
Après avoir Inea reconnu les parties extérieures du cœur, la^dispo* sition des ventricules , celle des oreillettes et de leurs appendices 4 ainsi que l'origine des troncs vasculaires et leur continuité avec le pé* ricarde, on extrait le cœur avec ses dépendances pour l'examiner {^us à l'aise s oa ouvre chacune de ses quatre cavités en faisant aux parois des ouvertures assez grandes pour qu'on paisse bien voir l'intérieur.
Sur l'oreillette droite on fera une incision dans la niiyeure partie de sa largeur parallèlement au bord libre qui appuie sur le ventricule^ et à une petite distance de ce bord. Au milieu de cette fente on en fera une seconde qui lui sera à peu près perpendiculaire » et prolongée jusque dans la partie supérieure de roreiUette. En écartant ensuite le» deux lambeaux triangulaires, on pourra voir aisément tout l'intérieur de cette Cavité^ sans aVoir endommagé rien d'important.
On fera procéder de la même manière pour l'oreiUette gauche*
Quant aux ventricules i plusieurs anatomistes recommandent d'euleVer ime pièce triangulaire de leurs parois, pièce circonscrite par troid tailler, c'est-Mire sur celui du côté droit suivant une ligne parallèle au sillon en face du sternum < et qui marque la cloison inter-* veutriculaire; la seconde, le long du bord libre de l'oreillette; et U, troisième^ en réunissant les extrémités des deux premières; cette fj^ce du ventricule ne présentant aucun vsôsseau qu'on ait à ménager; mais ou risque de couper lés colonnes charnues qui soutiennent les valvuleti^ aurîculo-ventricnlaires; et je préfère ouvrir ce ventricule comme l'o^. reitiette par deux incisions en T, dont l'une parallèlement au bord supérieur 1 et à une petite distance de ce dernier ; et la seconde perpendkttlairenieBt à celle-ci , c'est-à-dire de son milieu vers le som-, met du cœur. Après avoir fait la première incision, on peut très-bien^ en écartant les lèvres , voir quelle est la position des valvules et des colonnes charnues, pour m pas le« endommager par la seconde taUW.
204 ftYjlTBHB GlRC4JLATOttC.
CeDe-d également faite, on replie les deux lambeaux pour ouvrir lar* gement la cavité, et Ton peut ensuite enlever, si on le juge k propos, quelques parties des parois.
On ouvrira le ventricule gauche absolument de la même manière.
On fera également des ouvertures aux vaisseaux pourvus de vdvales, c'est-à-dire ï Taorte, aux veines caves, ainsi qu'aux autres, s'il y a lieu. Ces ouvertures seront faites comme on le jugera à propos , après avoir examiné les parties à travers les ouvertures pratiquées aux quatre grandes cavités. Mais il sera toujours bon d'en faire d'abord une petite à une légère distance de l'orifice du vaisseau , et de l'agrandir ensuite selon qu'on le trouve convenable.
Quant l la structure du cceur , il est difficile de la bien reconnaître sur cet organe à l'état frais ; et il faut pour cela lui faire subir une pr^ration préalable , par laquelle ses fibres deviennent plus distinctes. En le faisant simplement tremper dans de l'alcool pendant quelques semaines , ses'^fibres prennent plus de consistance , deviennent ^us dures, et de là plus apparentes, mais ne se séparent pas. En le faisant au contraire bouillir pendant une demi-heure dans de l'eau , comme le proposait déjà Stenon, procédé employé long- temps avant par Massa pour la langue , le tissu cellulaire qui lie les fibres se dissout , et celles-ci se séparent en même temps qu'elles deviennent plus sèches et par là bien distinctes. Pour disséquer ensuite ce viscère , WiNSLOw recommande de détacher, chez Yhotnmc , les deux oreillettes, et de couper l'aorte et l'artère pulmonaire à un pouce de distance de leur origine, et, après l'avoir fait bouillir, de faire deux incisions circulaires d'une ligne de profondeur, l'une à la base , l'autre à la pointe, et une troisième longitudinale en suivant le silfcm qui sépare les deux ventricules ; de lever ensuite les fibres extérieures qui servent comme d'enveloppes au cceur , et d'écarter les deux ventricules, ayant soin de ménager principalement les fibres du droit, dont le plan est fort mince et de là facile à rompre. De cette manière on aura les deux ventricules séparés.
D'autres anatomistes ont depuis employé la prépsa*ation de Massa et de Stenon, mais en suivant des procédés de dissection différents. On a aussi recommandé de faire bouillir le cœlir dans du vinaigre, ou bien de le laisser tremper pendant quelques mois dans un mélange d'alcool et d'essence de térébenthine , ou bien encore dans de l'acide nitrique affaibli ; mais tous ces moyens n'ont aucun avantage sur la coction dans de l'eau ordinaire , ce qui est à la fois plus facile et moins dispendieux.
Je renvoie ceux qui désirent connaître la structure du coeur, surtout sous le rapport de sa masse musculeuse, à la thèse inaugu-
SYSTCMB CIRCCLATOIAE DES MAMMIFERES. S05
raie de M. le professeur Gbbdy \ qui est ce que nous possédons de mieux sur cet objet.
Pour étudier le tissu des vaisseaux , on choisit , autant que possi* Me , un tronçon un peu gros qu*on fend longitudinalement pour Té-; taler sur un fdateau en liège auquel on le fixe avec des épingles , et on le dissèque sous l'eau en enlevant successivement ses diverses tuniques. Quant à la séreuse, on Texaminera par la face intérieure, afin de reconnaître comment elle forme les éperons et les valvules.
Les artères , n'ayant pas de valvules qui empêchent les masses de couler dans tous les sens, peuvent fociîement être injectées par les branches; mais on choisit de préférence les gros troncs, par lesqueb le liquide se répand plus paiement partout. Les injections ordinaires, on les fait le plus souvent par Taorte ou parle cœur, où le jet suit la même direction que le sang. On commence par mettre le cœur à découvert, en enlevant la portion du stemum^sous laquelle il est situé ; on place pour cela une forte cale transversalement sous le dos du sujet si c'et^ un cadavre humain; et on fait, d'après l'indication de M. Marjolin', qui me parait le meilleur , de chaque côté du sternum une incision longitudinale aux téguments, depuis l'articulation de la seconde côte jusqu'à celle de la sixième : et on enlève la partie des téguments que ces tailles Interceptent en dénudant le sternum. On coupe alors les côtes dont les tètes sont mises à nu, le plus près de leurs articulaticuis sternales, pour ne pas blesser les artères manunaires internes, placées sous les cartilages costaux ; et l'on enlève ensuite la portion correspondante du sternum, en coupant cet os transversjidement au moyen de l'ostéotome. Le péricarde se trouvant à découvert, on l'ouvre, et l'on trouve à côté l'un de l'autre l'aorte et l'aride pulmonaire, qu'on distingue de suite à l'épaisseiu* de leurs parois; on sépare ces deux vaisseaux avec le doigt , afin de pouvoir entourer l'aorte de deux fils ; on fait à ce vaisseau une incision lon^tudinale le fAm près de sa sortie dn cœur, et on y introduit la canule de l'appareil à injection, qu'on y Ihe au moyen de deux liens circulaires recevant entre eux le bourrelet qui entoure le tube de cette canule, afin que le vaisseau ne glisse pas.
Lorsque le sujet est un petit animal dont le cœur peut être facilement étreint, on fera mieux d'injecter par le sommet du ventricule gauche, en faisant avancer la canule jusqu'auprès de l'orifice aorti« que, pour ne pas avoir au-devant les valvules auriculo-ventriculaires, qui pourraient détourner le jet et le faire arriver dans l'oretHette, et l'on pbce les ligatiu*es sur le milieu même du cœur.
' Recherches, DiscussionSf etc., 1823.
• Manuel d*an((m , t. i, p. îSS.
405 SYdTÈMB CIRCtTUiTlllRft.
I^es injections par le ventricale on la crosse de Taorte ont c« graJMl inconvénient, qu'on est obligé d*ou\rir largement ia pntnne, et de eooper par conséquent un grand nombre de TtiweauK qu*i] est impossible de tous lier; de manière que d*aiie part rmjectinn se perd, tique de Tautrc le canir et les origines des principaux trottes se troHt ¥eitt endommagés et généralemaH abtmés. Il vaut de. là bieii nrîein inre les injections par les grosses artères , celles qu'on peol phis faen lement atteindre , telles que les carotides , les artères brachiales , les crurales; et même des troncs phis petits , comme Tarière candie.
Les carotides primitives étant placées assea profondément entre les muscles, il est assez difficile d'y arriver ches les animaux dont le cou est court, étant gêné par la tête et les épaules ; mais cela est pkw h^ oile chez les espèces à cou long. On dénude la partie latérale àt la région cervicale ; on sépare les muscles les uns des autres sans les couper, et simplement pour pouvoir les écarter; et l'on tFOuve Farfère au-devant des apophyses transverses des vertèbres, entre le mm^ cle siemo-mastoidien et le stemo-hyoidien, en dedans et en partie derrière la veine jugulaire, qu'il faut avoir soin de ne pas ouvrir» afin qu'elle ne répande pas de sang sur le préparât. On met l'artère à dé-^ eouvert en écartant , au moyen daines, le premier des deux musclea que je viens de nommer, et on fait une petite fuite kingiludinale an vaisseau pour y faire pénétrer la cadide de la seringue ou de la pompe, qu'on dirige h vdonté soit vers la tête , sait vers le thorax.
Pour injecter un vaisseau, il faut, ainsi que je viens de le dire, autant que possible y pratiquer une ouverture en ferme de lente, et non en le coupant transversalemrat , vu qu'il est beaucoup |dus facile d'y introduire la ciinule.
Lorsqu'on veut injecter par l'artère brachiale « il {sut eoueher le sujet sur le dos , couper les miMcles pectoraux d#ns le ci^ux de i'i^ seUe, mais en agissant avec la frins grande précautioo , peur ne pa» léser les nombreux vaisseaux qui se trouvent dans cette partie^ On peut par là écarter facilement le bras pour arriver à l'artère qu'on trouve entre le tendon du grand pectoral et ceux des grand dorsaLet ierpê ( grand rond) réunis , et plus bas derrière le bord intefne du bicefNi Mais le meiUeur moyen d'ii^cter le système artériel par les branches est de le fahre par les crurales à leur sortie du haasia, trà elles sont' presque sous^cutanées. On écarte pour cela les cuisses du sujet » qu'on; maintient fixes , et l'on découvre k ligament de Fallopiiis « ayant ausai soin de ne pas blesser les vaisseaux de cette région. On y trouve ïvh tère derrière le musde couturier, se portant de c^te arcade en dessous vers l'angle que ce dernier fait avec le curvatus (moyen adducteur) et le droit interne; on enlève la graisse qui remplit cet espace, e|« ^pr^ avoir mis le vaisseau à découvert , on procède à l'injection.
SYSTEME GiRCULATOfRB DtiS MAHMIFERES. ^07
Cll0il#s MAMifivkRBs qui ont une queue un peu forte , on peut aussi iBJecter par Tartêre caudale, ]4acée en dessous à hi ligne médiane, cette artère étaat la véritable continuation du tronc de Taorte. On remplit par là tout le système artériel ; mais comme ce vaisseau est généralement faible , il faut que le sujet wAt bien chauffé , pour que la masse ne fige pas trop vite, afin qu'on ait le temps de la faire entrer par pe-^ tites parties*
Lorsqu'on ne veut faire qu^ne injection partielle d'un organe , il est naturel de placer la canule dans le vaisseau qui y conduit directe^ ment le sang , et de lier toutes les branches par lesquelles la matière pourrait s'échapper ; ou , si cela est trop difficile , on place la canule sur le trenc qui fournit cette branche, et l'on fait des ligatures à toutes les autres qui y prennent également leur origine , afin de ne pas rem-* plir ittutijeineot plusieurs autres parties*
On peut à cet effet injecter l'organe après l'avoir isolé , ce qui doH néêossaireoaent avoir lieu dans certains cas , selon le but qu'on se propose; mais il vaut beaucoup mieui , si cela est possible, l'injecter en j^ce ! on n'ouvre par là que très-{)eu de vaisseaux par lesquels la massa se perdrait , en môme temps que les parties avoisinantes qui enveloppent celle sur laquelle on veut plus particulièrement opérer la . garantissent de« épanchements qui ont le plus ordinairement Heu à la superficie; épanchements qui salissent toujours les parties, et qu'oir enlève avec les organes inutiles qu'ils recouvrent.
Les artères étant généralement vides chez les animaux morts , h masse à injection n*y éprouve aucune résistance, si ce n'est celle que lui (^iposent les gaz contenus dans ces vaissoann , et pénètre flaeilemenl. jusque dans les plus petites artérioles, en poussant ces gaz dans les radicules veineuses ; mais , comme la substance même qu^oii injecte' varie selo» le but qu'on se propose , elle peut par sa nature ne p&n^ être susceptible de traverser des vaisseaux très -déliés. On empK)tf< de là , pour les injections scHgnées, ordinairement deux matières dif-^ féreutes, dont la prenaière , qu'on y pousse d'abord , est plus Ouide, er de là plus divisible et plus capable àe pénétrer dans les vaisseaux le» plus fins 2 eUe doit former à peu près le tiers ou le quart de la masse totale; et la seconde, composée de substances i^us grossières et moin» divisibles , forme le reste ; celle-ci pousse la premièpe plus avant , et remplit elle-ménie les gros troncs.
Les préparations du tissu des veines se font absolument comme^ celles des artères, mais pour voir le mieux les valvules Intérieures , on enlève un de ces vaisseaux dans une étendue d'un à deux décimètres, en y laissant des bouts de toutes les branches ; on le purge bien du sang qu'il contiHit , en y faisant passer plusieurs fois de l'eau tiède ; lorsque ceUe^i en sort limpide, on lie toutes les branche c^oupées,'
t08 SYSTEMS ClRCULATOiaS«
et le trooc lui-même ï son bout tourné dans le cœur; <m insuffle le vaisseau par Tautre extrémité, on le ferme par une ligature et on le sèche. En rouvrant ensuite longitudisalement, on y. voit les valvules en j^ce et distendues.
L*injeclion des veines est beaucoup phis difficile que celle des artères , d'une part., parce que les nombreuses valvules qui coupent leur cavité ne permettent pas d*y faire entrer la masse par les gros troncs ; de manière qu*il est impossible de remjdir d'une seule fois un corps tout entier , et de pousser la matière jusque dans les radicules veineuses; mais on est obligé de diriger Tinjectimi des branches vers les troncs, ce qui laisse vide toute la partie placée au delà du point par où l'on opère. Il arrive cependant que , par relTet des nombreuses anastomoses qui existent entre ces vaisseaux, d'autres parties encore du corps se trouvent remplies, quand même l'injection n'a été qpérée qne par une branche.
La seconde difficulté que présentent les veines vient de ce que leurs parois , n'étant pas si résistantes que celles des artères , se rompent (dus facilement; ce qui demande de grandes précautions de la part de celui qui opère , et surtout un tact très-fin pour modérer sdmi le besoin la force qu'il emploie.
Enfin une troisième difficidté naît de la présence du sang , qui les engorge sur le cadavre, et s'oppose à l'entrée de la niatlère à injection. Pour remplir ces vaisseaux , on est de là obligé de fure subir préalablement quelque préparation au corps.
Le sujet qu'on destine à être injecté doit être, autant que pos^ble , jeune , les parois des vaisseaux étant généralement plus résumantes et plus élastiques que chez les vieux , en même temps que les capillaires des artères sont plus développés. Quant aux veines , il est vrai qv^ leur calibre est plus fort chez les sujets âgés; mais cet avant^i^e est peu de chose en comparaiscm de l'inconvénient qui résulte de la faiblesse des tuniques de ces vaisseaux , qui se rompent {dus fadlement que chez les jeunes sujets : ce qui fait manquer entièrem^t l'opération , ou endommage du moins le préparât
On doit choisir, si cela se peut, de préférence un individu un peu maigre , vu que la graisse , en masquant les vaisseaux , forme un obstacle qui gêne d'autant plus les dissections que précisément ces amas adipeux accompagnent plus particulièrement les vaisseaux , et surtout les veines.
Le sujet doit être mort depuis peu ; car la putréfoction , même commençante , altère rapidement les tissus des vaisseaux , surtout celui des veines, qui se rompent alors bien plus facilement ; et le mieux est d'avoir le corps d'un animal récemment tué , dont le sang , encore chaud et liquide , peut facilement être évacué en le plaçant danç un
SYSTÈME CIBCULATOIRB BES MAMMIFERES. ^09^
bain de 38 à 40^ de température, dans lequel on le laisse, d'une part, jusqu'à ce que le sang se soit en partie écoulé par les veines qu'on a ouvertes à cet effet, et, de l'autre, jus^'à ce que le corps, qui s'est roidi d*abord , sdt redevenu souple , la matière à injection coulant alors bien plus facilement que pendant la contracture qui suit d'ordinaire la mort , et où les vaisseaux sont plus ou moins comprimés.
Quant aux individus gardés depuis long-temps dans des liqueui*s conservatrices , telles que de l'alcool , qui resserre les lissus , ils ne peuvent guère servir à des injections fines , les vaisseaux étant plus étroits , gorgés de liquide et de sang coagulé. On pourra cependant encore tenter d'injecter les artères en choisissant la masse d'après le liquide dans lequel le sujet a séjourné. Si c'est de l'alcool , on pourra injecter des matières résineuiâes ; mais on ne réussirait pas avec de l'albumine ou du lait.
Les artères étant généralement vides chez les individus morts, on peut les injecter jusque dans leurs plus fines subdivisions sans préparation préalable. Mais il n'en est pas de même des veines , dans lesquelles tout le sang s'accumule, et dont il faut les débarrasser du moins en partie. On recommande pour cela de placer le corps dans un bain de 38 à 40° de température , qui est à peu près la chaleur du sang a l'état vivant ; de l'y laisser |)endant environ cinq à six heures , et même plus pour un corps de la dimension d'un homme , afin qu'il ne refroidisse pas , et que l'injection ne fige pas trop vile et puisse pénétrer plus facilement dans les capillaires.
Lorsqu'au contraire il ne s'agit que d'injecter un corps où l'on ne se propose d'étudier que les vaisseaux principaux , il est inutile de prendre ces soins, la masse allant toujours assez loin pour remplir les vaisseaux désignés par des noms spéciaux dans les ouvrages élémentaires d'anatomie.
Pour les injections fines des veines, il sera surtout avantageux que le sujet soit mort depuis peu et que le sang soit même encore chaud et liquide, afin qu'en plaçant le corps dans un bain cette humeur puisse plus facOement être évacuée. Mais , en n'ouvrant que les veines par lesquelles on veut injecter , il est évident que ce ne peuvent être que les branches placées au delà qui se vident, tandis que celles qu'on veut injecter restent gorgées de leur sang ; et pour le faire écouler , on devra nécessairement ouvrir les troncs vers- lesquels il peut aller , et surtout le cœur droit : l'écoulement sera alors produit soit par la c<mtraction lente que les divers organes exercent de toutes parts sur les vaisseaux , soit en massant doucement et à plusieurs reprises les parties en allant des extrémités vers le cœur. Ces compressions , agissant sur les veines , poussent le sang en avant.
Ob pourra aussi essayer d'injecter d'abord de l'eau tiède dans les TOM. If. 14
'ilO slTffrkn anooLA'ToiBfi.
veines pour en chasser le sang, ainsi qu'on le rocommande égaiemett afin qne les caiDots qn'il y fcmi^iiit n'opposent pas d'obstaole à la niasse, et dex^basser ensolle i*eau en y ponssant de Tair. Oesfiroeéâés, indiqués par pkisieors anatomisles, peuvent être fortbons, mais jeoe les ai jamais essayés.
Le meilleur moyen de yider les veines , du moins en partie , >6era de faire mourir Tanimal par hémorrhagie en ouvrant les principales veines , celles par lesquelles on veut injecter.
On' injecte généralement les veines de Yhotnme par les branches superficielles latérales internes et externes du pied et de la main, ou bien par les veines temporales , frontales , etc.
Les veines' mésentériques si^périeure et inférieure , ^lénique , coronaires stomachique et cystique, branches de la veine porte, formant un système à part qui se redistribue dans le foie , à Tinstar des artères, il est nécessaire d*y placer également une canule. On iera pour cela une incision cruciale, de 8 à 10 centimètres de long chez l'homme , aux parois du bas-ventre , dans la partie qui correspond sous l'ombilic , à Faponévrose abdominale , à côté du muscle droit On fera sortir par cette ouverture une anse d'intestins avec la partie de mésentère qui lui correspond , et Ton choisira sur ce dernier la branche veineuse la plus grosse pour y placer la canule.
Lorsque le sujet a séjourné pendant (dusieurs heures dans le bain chaud et que les veines sont dégorgées, on procède à Ti^jectioa. On commence par les artères. Si l'c^ration réussit Um, c'est-rà-rdire si on parvient à rem|dir les capillaires , il est rare que b masse n'aôUe pas , sur plusieurs points, jusque dans les radicules des veines « et même souvent assez loin dans Jours rameaux,, qiû réunissont celles-ci de manière qu'on peut facilement étudier la disposiUoo de ce^ derniers, remplis par Fii^eotion des artères. Si au contraire i)nûgy«cte les veines en premier , il arrive souvent que le sang , se trouvant refoulé dans les radicules par la communication de leurs .nombreux rameaux anastomotiques , s'y oppose ensuite à Ventrée île la matièce à injecticm venant par les artères.
Sitôt que les artères sont rempHes , on procède à l'injoctiott des veines en eonmiençant par la veine porte. Cette opération 6ite , ^on laisse reposer le sujet pendant quelques instants pour le mettre après dans un bain froid ou à l'air extériem* si la température est basse, afin (le faire promptcment figer la matière injectée. En Jaissant reposer ainsi pendant quelques instants le sujet avant de le faire refroidir , h masse encore liquide pénètre d'elle-même plus avant dans bs .capillaires après que Teffort de la seringue a cessé ; et cda par l'effet de r^asticité de toutes les parties , et surtout des vaisseaux, qui , ^ymt
SYSTÈME CIRCDLATOItlE DES MAMMIFERES. Î11
été fortement distendus , reviennent sur eux-mêmes et poussent la matière injectée plus loin.
Le corps étant doucement chauffé dans toutes ses parties , la matière injectée y reste , sinon liquide , du moins peu consistante , aussi long-temps que le corps n*est pas froid; et Ton risque de la voir sortir des vaisseaux qu'on coupe et salir le préparât si on commence trop tôt la dissection du sujet : il vaut donc njieux attendre qu'elle soit figée.
On se sert de divers instruments pour injecter les vaisseaux ; instruments décrits dans la première partie de cet ouvrage. On peut les distinguer en deux espèces : ceux servant aux grandes injections ou injecticms communes j et ceux servant aux petites ou injections fines. Il reste à en montrer ici l'application.
L'instrument dont on se sert le plus généralement dans les écoles , est la seringue de Swammerdam, dont ]a canule se place sur le eorps de pompe , soit par frottement , soit par le mécanisme d'une douille de baïonnette. Mais, ainsi que je t'ai dit ailleurs, je préfère le premier moyen comme plus facile et comme causant moins de dérangement dans les vaisseaux.
Lorsque le sujet est prêt à être injecté , on place la canule dans le vaisseau sur lequel on veut opérer , et qu'on a mis à découvert. On fait pour cela, à ce dernier, une incision longitudinale suffisante pour pouvoir y introduire cette pièce ; mais il ne faut pas couper le vaisseau en travei^ , surtout si c'est une veine dont les parois s'affaissent ; sur les artères, au contraire, l'ouverture restant béante, on peut, si sa po- • sition le demande, la couper transversalement, vu que dans ce cas on peut y placer encore aisément la canule ; mais en l'ouvrant longitudinalement, On a toujours plus de facilité à l'y fixer. Avant de la placer, on passe trois fils de soie cirée sous les gros troncs, et deux seulement sous les petits. On saisit ensuite avec une brucelle l'une des lèvres de la fente, qu'on tire légèrement de côté, et de l'autre main on introduit dans celle-ci le tube de la canule, qu'on fait avancer jusqu'à ce que son arête ait dépassé de quelques millimètres l'extrémité de cette dernière. On s'assure, au moyen d'une sonde, qu'elle est dans la cavité et non entre deux tuniques ; et, cette vérification faite, on attache le vaisseau à la canule au inoyen de deux liens s'il y a trois fils, en recevant l'arête circulaire entre eux; et s'il n'y en a que deux, on place un sepl lien en arrière de celle-ci. Le troisième lien sert à étreindre le vaisseau après l'injection.
Les canules étant souvent très - pesantes et tiraillant fortement |es vaésseaiK, on fera bien de les soutenir au moyen d'un fil attaché à une érine.
'C;ellepièce *étaiît {dacée, on procède à l'opération de Tinjection. "On
iU.
212 SYSTEME ClRCtLATOlR^.
a préparé d'avaoce la matière dont oo veut faire usage, comme cela esl iudiqué au paragraphe des masses à injection. La quantité qu*(m em- {doie variant suivant la grandeur de Tanimal, il est impossible de l'indiquer pour chacun ; mais il suffit de la connaître approximativement, vu qu'on doit toujours en préparer plus qu*il n*en faut D*après Ru- DOLPHi, on peut compter de 28 à 30 livres de sang chez un homme de grandeur ordinaire, dont | d'artériel et f de veineux ; ce qui ferait à peu près iU litres , dont 6 artériel et 8 veineux; mais il faut , pour les injections ordinaires , beaucoup moins de masse que ces chiffres n'expriment , les matières qui les composent ne pénétrant généralement pas dans les vaisseaux capillaires ; et , en effet , on ne compte guère que 3 litres de masse pour les artères, et 2 { seulement pour les veines, le sang remplissant une grande partie de ces dernières, et leurs petites branches n'étant que rarement injectées; mais on doit toujours préparer un bon tiers de plus pour ne pas en manquer.
Dans les injections ordinaires bien faites, on pourrait aller beaucoup au delà du chiffre ci-dessus.
La quantité qu'il faut pour les animaux de différentes grandeurs peut se déduhe de celle que je viens d'indiquer pour Yhom,m^ , en prenant approximativement pour mesure le poids du corps , qui doit être à celui de la matière injectée à peu près couune 17 est à 1 pour les artères, et comme 21 est à 1 pour les veines.
La matière dont on veut se servir doit être chauffée à quelques degrés au-dessus de sa parfaite fluidité, afin qu'elle ne fige pas trq) vite ; et ne doit pas être trop chaude dans la crainte de faire crisper les vaisseaux , ce qui n'arrive d'ailleurs que pour les masses où il entre beaucoup de cire ou de résine , ou bien pour celle de métal fusible; matières qui ne fondent guère qu'à une température de 68° pour la cire, de 53° pour le métal fusible, et de lOO** pour les résines ordinaires.
On fait préalablement chauffer l'appareil à injection au même degré, et même un peu plus , pour qu'il ne se refroidisse pas trop pendant l'opération. Si c'est la seringue qu'on emploie, on la remplit en y attirant la masse par l'aspiration du piston ; et après s'être assuré qu'elle ne contient plus d'air, on la monte sur la canule, qu'on maintient au moyen de deux cordons qui y sont attachés, et l'on enfonce le piston d'un mouvement égal, sans secousses, ayant soin de ne pas faire vaciller la canule, ce qui occasionnerait facilement des ruptures dans le vaisseau. On fera bien attention à la force qu'on est obligé d'employer, afin de la modérer à la première résistance qu'on éprouve, souvent due à la matière coagulée qui s'arrête dans la canule ou dans les gros vaisseaux. Dans le premier cas , si la résistance continue , on peut ôter la seringue et déboucher la canule au moyen d'une sonde, et continuer
SYSTÈME CinCULATOlRE DES MAMMIFERES. 913
ensuite & injecter ; mais , lorsque l'obstacle se trouve dans les vaisseaux, il est plus difficile d'y remédier ; on essaie toutefois de les dégager en y poussant autant que possible la même tige. Cette résistance vient aussi plus particulièrement vers la fin de l'opération , quand la masse, après avoir rempli les grosses branches, éprouve de la difficulté à pénétrer dans les petites , et surtout dans les capillaires. On arrête alors un instant pour laisser aux vaisseaux fortement distendus le temps de revenir sur eux-mêmes par leur élasticité, et de pousser plus loin la matière qui les remplit. Enfonçant ensuite de nouveau un peu le piston avec précaution , on remarque qu'il éprouve moins de résistance si la matière à injection a été portée plus loin dans l'intervalle ; l'on s'arrête encore lorsque la résistance recommence, et ainsi de suite jusqu'à ce que cette dernière reste constante , et l'on arrête l'opération : par un peu de pratique , on apprend facilement à connaître la force qu'on doit employer. On reconnaît à l'extérieui- que l'injection a réussi , surtout pour les artères , lorsque les membranes minces, telles que la muqueuse des lèvres et la conjonctive se colorent, et qu'en général la peau se distend et prend la teinte de la matière qui remplit les capillaires superficiels.
En injectant des veines , on doit surtout avoir soin de ne pas trop forcer, vu que ces vaisseaux , étant beaucoup plus extensibles que les artères , se dilatent considérablement , et prennent un diamètre bien plus grand que celui qu'elles ont à l'état de vie , ce qui jetterait dans 1 erreur ceux qui, les voyant ainsi gonflées, croiraient que c'est là leur véritable calibre.
Si pendant l'opération oq sent une diminution subite dans la résistance , cela indique que quelque vaisseau un peu considérable s'est rompu ; et l'on doit renoncer à injecter davantage si toutefois on ne peut pas remédier de suite à l'accident en plaçant une ligature à l'endroit de la déchirure; car toute la matière qu'on pousserait dans les vaisseaux s'échapperait par cette ouverture. Si cela arrive vers le commencement de l'opération dans un vaisseau un peu fort, auquel on ne puisse pas de suite appliquer une ligature, l'injection est manquée.
Le procédé que je viens d'indiquer est , comme je l'ai dit , celui qu'on emploie généralement ; il suffit pour des injections grossières ; mais il est assujetti à divers inconvénients auxquels il est bon de parer potfr les injections fines. En adaptant directement le corps de la seringue à la canule , il en résulte qu'il est impossible de maintenir l'instrument immobile par les mains seulement ; et le moindre tremblement ou la moindre secousse, se transmettant par la canule au vaisseau, peut y causer des ruptures. En employant, au contraire, l'intermédiaire d'un conduit flexible , décrit en parlant des instruments à injection , non-seùlement les petits dérangements de la seringue , qu'on a de la
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peine à éviter, ne se font pas sentir sur la canule , mais encore ce tuyau , plus ou moins long , pertnet d*appuyer rextrémlté de la seringue, soit contre le bord de la cuve dans laquelle est placé le sujet, s«it contre la table ou tout autre corps résistant, ce qui détruit complètement les vacillations. Ce tube flexible sera préalablement chauffé et vissé sur la seringue , après que celle-ci aura été remplie ; et , avant d'en adapter Tautre extrémité à la canule, on y poussera de la matière à injection pour en chasser raU*.
Ln autre perfectionnement qu'on a apporté à la seringue a été de là placer dans un appareil que j'indique aussi en décrivant cet instrument, où lé piston est poussé au moyeu d^une manivelle à crémaillère. 11 est vrai , ainsi que je Tai fait remarquer au paragraphe cité , qu'on peut par là pousser le piston avec plus de force et plus de régularité ; mais cette grande force n'est réellement nécessaire que lorsqu'il s'agit d'injecter des am'maux d'une taille considérable , tels que des chevaux et des taufs; elle serait au contraire nuisible pour des animaux plus petits. L'appareil dont je viens de parler a d'ailleurs encore un autre désavantage , celui de ne pas laisser apercevoir assez bien la résistance que l'injection éprouve , soit par le§ obstacles qui empêchent l'écoulement de la matière , soit par le frottement en pénétrant dans les petits vaisseaux ; et l'opérateur n'est également pas aussi bien averti de la diminution de la résistance qui a lieu en cas de rupture d'un vaisseau ; tandis qu'avec la pompe on sent la moindre difficulté qu'éprouve la masse en s'écoulant , en même temps qu'on peut continuer l'opération sans l'interrompre.
Pour injecter les vaisseaux fort déliés sur des corps un peu grands, l'appareil le plus convenable à employer est l'injectoir ; et comme ses ajutages très-fins doivent rester fixiîs au tuyau flexible , on ne les place dans les vaiàseaux qu'au moment même où Fon veut s'en servir ; et , ^ dans le cas où ces derniers sont si faibles qu'on ne puisse les fendre pour y introduire les petites canules, celles-ci doivent être en verre filé très-fin, et mieux encore en acier, afin de pouvoir les faire entrer en les y piquant simplement , et cela dans une direction oblique , pour ne pas percer le vaisseau de part en part; et, une fois dans la cavité, on les y tient immobiles d'une main, pendant que de l'autre on ouvre le robinet qui donne issue à la matière à injection. Si l'on a transpercé le vaisseau , ou bien si par mégarde on a placé l'ajutage à côté , on s'en aperçoit à l'instant par l'amas que la masse forme devant le petit tuyau.
Un moyen de faire des injections très-pénétrantes , et recommandé par HoMBERG^, mais qu'on ne peut guère employer que pour des
SYSTÈME Cttl€Ui.ATOISIS IXBS llfAMMlFERES. 915
cerp» fort peâ<8> coi^ste à (daccr ces derniers sous la machiuc pueumaiiqae après avoir ouvert les gros troncs par lesquels les gaz contenus dans les vaisseaux puissent s*écha(^r » et Ton devra sui tout ouwr pour cet objet le cœur droit, où aboutissent toutes les veines. On place dans le vaisseau qu'on vent injecter un tuyau traversant les parois de la doche , et Rongeant daas la matière à injection; et à n^esiire que le vide se forme, la masse est aspirée et remplit jusqu'aux nEMModre» artérioles.
On pourra aussi em^oyer cette deche pour vider les artères des grands «ihnattx avant de les injecter, afin que les gaz n'opposent plus autant de résistance à la masse qu'on y pousse. Mais cette opération deflaande nécessairement quelques précautions sans lesquelles elle ne saurai réussir ; et c'est peut-être ce manque de soins qui a fait renoncer h ce procédé , qui n'est emj^yé , je crois , nulle part, quoiqu'on le trouve indiqué dans certains ouvrages d'anatomie.
£n (daçant le corps sous le récipient et en y faisant le vide , on omçoit 1° que si le sang est coagulé il ne saurait s'échapper ; d'où il résulte que la première condition de la réussite est que l'anima] soit très-récemment mort, pour que cette humeur ne soit pas encore figée; 2" il faut faire le vide avec iMsaucoup de précaution, c'est-à-dire lenteffi^t 1 pour ne pas produire trop ra^pidement la dilatation des vaisseaux et fe dégagement des gaz, qui, dans ce cas, rompraient ces derniers sur tous les points; 3° en rendant rapidement l'air au récipient, eet air, ne pouvant pas rentrer assez promptement dans les vaisseaux» comprime le corps et peut y occasionner de nombreuses lésions.
Avant de faire le vide dans les vaisseaux , on pourra essayer de dégorger les veines en poussant de l'air par les artères au moyen de la pompe.
Les lymphatiques ressemblant beaucoup aux veines par leur structure et les valvules nombreuses qui les coupent, on les injecte également par les rameaux ; mais comme ils sont d'ordinaire très-faibles, on ne les aperçoit que difficilement, à cause de la couleur pâle et presque aqueuse de la lymphe qu'ils contiennent ; avec un peu d'attention 00 parvient cependant à les reconnaître sous la forme de traits grisâtres, un peu transparents et légèrement noueux; et, pour les rendre plus distincts , on n'a qu'à placer la pièce pendant quelques heures dans de l'eau tiède qu'ils absorbent, et se gonflent par là.
La surface des corps sur lesquels on veut injecter les lymphatiques séchant promptement, il arrive que bientôt on n'y découvre plus la moindre trace de ces vaisseaux, mais on les fait reparaître en mouillant les parties. Lorsqu'ils sont vides , on a également de la peine à les apercevoir ; et cela arrive fort souvent par l'effet des compressions qu'on leur fait éprouver en maniant les parties sur lesquelles on fait
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ses recherches; mais en y amenant un peu de lymphe, qu'on y pousse soit avec le manche du scalpel, soit simplement arec le doigt, ils redeviennent de nouveau assez distincts.
Pour se convaincre de la communication des lymphatiques avec les veines, Fohmann recommande de vider sur un animal récemment mort les veines qui traversent les glandes lymphatiques et de les examiner quelque temps après , et Ton trouvera que la lymphe s*y est épanchée. Cette expérience est surtout facile sur les glandes mésentériques d'un animal mort pendant que la digestion était en plein travail ; les chylifères, étant alors gorgés du produit de leur absorption, le versent en abondance dans les veines vides de sang.
Les sujets les plus prq^res à l'étude des vaisseaux lymphatiques sont des individus jeunes, plutôt maigres que gras, et d'un tempérament lymphatique , dont la peau est bien mobile par l'effet d'une grande quantité de tissu cellulaire subjacent, et naturellement un peu infiltrée. Chez ces individus , les vaisseaux lymphatiques sont d'ordinaire gros et eux-mêmes un peu mobiles ; mais ceux dont la maladie a eu son principal siège dans les glandes que forment ces vaisseaux sont les moins propres à ce genre de recherches , ces organes étant généralement engoi^és et ne laissant pas passer la matière à injection.
Plusieurs anatomistes, et entre autres Cruikshank, proposent d'injecter d'abord les vaisseaux sanguins du corps avec de la cire, et de le faire ensuite macérer dans de l'eau pendant quelques jours. Par ce moyen on distingue, dit-il, de suite les vaisseaux lymphatiques; et des gaz, qui se développent dans ces derniers, les rendent plus aj^rents. Je ne l'ai jamais essayé.
La meilleure manière d'étudier les chylifères des mammifères est de tuer l'individu sur lequel on veut les voir au moment où sa digestion est en pleine activité, c'est-à-dire environ trois heures après qu'il a mangé. Le chyle, étant alors absorbé en très-grande quantité, remplit les vaisseaux, qui deviennent par là très-apparents par la couleur blanche et plus ou moins opaque de cette humeur , 'et surtout chez les carnassiers.
Pour les espèces qui prennent fatcilement du lait , on peut leur en donner à boire une heure ou deux avant de les tuer, et l'on trouve les chylifères gorgés, soit que ce liquide y pénètre sans altération, soit que le chyle s'en sépare plus promptement
Je dois cependant faire remarquer ici qu'en ouvrant le corps immédiatement après que l'animal est mort , l'air froid irrite tellement les vaisseaux chylifères, qu'il les fait contracter, et l'injection disparaît au bout de quelques minutes. Si au contraire le corps est froid, cet effet n'a pas lieu ; mais il faut pour cela que le sujet refroidisse rapi" dément, car autrement le chyle a le temps de s'éçoqler,
Suivant Mascagni , on peut aussi obtenir de très-belles injections des lymphatiques des membranes séreuses et muqueuses, en remplissant les cavités qu'elles tapissent avec un liquide subtil coloré ; et ces vaisseaux l'absorbant même encore après la mort, s'en gorgent et montrent ainsi une injection parfaite , qu'on n'obtiendrait par aucun autre moyen. Telle serait l'eau colorée par l'orseille, ou bien l'huile d'aniandes douces colorée par l'orcanète , ou bien encore simplement du lait.
Quant à la dissection proprement dite des vaisseaux sanguins, c'està-dire aux moyens de les découvrir dans leur trajet et de les dégager, on l'exécute comme pour la plupart des autres organes , avec le secours du scalpel et des ciseaux , ayant soin de toujours tenir les parties membraneuses ou chargées de tissu cellulaire bien mouillées , afin qu'elles restent infiltrées et cèdent facilement aux tractions légères qu'on leur fait éprouver sans agir trop fortement sur les vaisseaux , qu'il faut , autant que possible , laisser adhérer par l'une de leurs faces à un (H-gane qui leur servira de support. Pour ne pas couper les vaisseaux par mégarde , on explore d'abord leur trajet en les suivant avec le bout du doigt aussi loin qu'ils peuvent être distingués à travers le parenchyme des organes , et l'on enlève ensuite ce dernier avec le scalpel , ayant soin de ne jamais tourner le tranchant vers le vaisseau , à moins qu'on n'y soit obligé. Lorsqu'on les suit dans des membranes ou dans des amas de tissu cellulaire , le mieux est de ne se servir que de ciseaux ou bien de la pointe du scalpel , avec laquelle on gratte simplement ces parties en suivant la direction des vaisseaux. On déchire par ce moyen les fibres de ces membranes ou du tissu cellulaire sans endommager les vaisseaux.
Lorsque cependant on rencontre une trop grande résistance , soit par des fibres trop fortes , soit par du tissu cellulaire accumulé , on débride soit en les coupant avec les ciseaux , soit en glissant la lame du scalpel le long du vaisseau , le dos dirigé un peu obliquement vers ce dernier ; ou bien on saisit l'objet qui résiste avec les brucelles , on le tire de côté, et, passant ensuite la lame du scalpel à plat le long du vaisseau , on dégage ce dernier.
On peut aussi disséquer les vaisseaux sanguins sans les injecter préalablement , surtout lorscpi'on ne veut voir que les vaisseaux principaux. Les artères dont les parois sont épaisses et résistantes sont même faciles à suivre ; mais il n'en est pas de même des veines , et d'autant moins que, remplies de sang, on risque à'chaque instant d'en blesser une et de causer par là un épanchement de cette humeur, qui salit tout à une grande distance. Pour prévenir ce dernier inconvénient, il faut avoir soin de pousser d'abord le sang avec les doigts vers les gros troncs à mesure qu'on avance, et les valvules l'empêchent de revenir.
91 s HSlEin ClMWàiaiMI.
^ IIL C^mervatiûn.
Les préparât» de vaisseaux se distiogaeot , comme d*ai1Ieors poar tous les autres systèmes , en ceux de tissus et eu ceux d^organes entiers. Les premiers doivent toujours être conservés dans la liqueur. Quant aux seconds , comprenant principalement les pièces injectées , ils peuvent souvent être gardés secs , et d'ordinaire cela vaut même mieux , surtout lorsqu'ils ne contiennent pas d'autres parties moQes que des vaisseaux , ou bien quand ce sont de simples membranes , quelquefois si minces qu'on y voit parfaitement les capillaires les plus déliés. Lorsque les feuillets sont un peu épais et qu'on n'y distingue de là pas très-bien les petits vaisseaux injectés , on peut leur donner une légère transparence en les vernissant après les avoir passés au deutochlorure de mercure. Les pièces épaisses au contraire , portant encore d'autres organes , tels que des muscles, etc., on doit les conserver dans la liqueur.
ARTICLE IL DU StSTÈME CIltCULATOIRE I>ÉS OISEAUX.
S I. Anatamie.
Le sang des oiseaux no parait différer que peu de celui des Mammifères. C'est de même une hiHneur chaude , rougie , vermeille dans les artères et rouge-foncé brunâtre dans les veines^ avec une teœpératitt'e un peu plus élevée allant jusqu'à kl"* au lieu de ^0, que présente le sang des Mammifères. Mais ses globules diffèrent sensiblement, étant ovales au lieu d'être ronds. Leur grosseur dans leurs deux dia* mètres est, d'après MM. Prévost et Dumas, dans le Pigeon d'environ h ^^ Ts? de millimètre.
Il y a aussi fort peu de différence entre le cœur des .ofôBAux et celui des Mammifères , et l'on trouve également chez eux les trois ordres de vaisseaux aiasi qu'une double circulation parfaite, c'est-à-dire que le sang veineux et artériel ne se mêle nulle part. Les tissus des artères , des veines et des lymphatiques sont en outre , à très-peu de chose près , également les mêmes ; et ce n'est guère que dans leurs rapports, leur disposition et leur nombre que ces organes diffèrent dans les deux classes d'animaux*
Le cdùur est placé plus avant dans la cavité pectorale , sur le milieu du sternum, lequel présente une légère dépression qui le reçoit Sa base est tournée obliquement en haut et en avant , et son sommet en dessous et en arrière, et ordinairement un peu à droite, reçu entre
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les deux lobcs^ du foie ; tandis que la par^e aAtérieuBe du cteur est legée eutre les deux poumons.
Ce viscère est en conséquence également formé de deux oreiileéieê et de deux ventricules , disposés comme dans les Mammifères , et renfermé dans un péricarde fibreux ; mais celtû^ci bien plu» faible , adl)érant par du tissu cellulaire au sternum ainst qu'au foie ed au< sai^* aérien qui enveloppe les poumons.
La niasse du cœur est , d'après les observations de M. TisDeitfANN ^ plus grande que chez les Reptiles et les Poissons , et plus grande même que chez la plupart des Mammifères , variant , comparativement k la masse du corps , comme 1 : Zi9 jusqa'à 1 : 122 ; et c'est cbes les «aii* LiNAC^ qu'il est le plus petit
Les deux oreillettes sont situées en devant de leurs v^ntrieuies respectifs , et ceux-ci sont placés à côté l'un de l'autre, le gauche dépassant celui de droite à son extrémité postérieure.
Les oreillettes sont quelquefois plus musculeuses que chez les' Mammifères, surtout cellecde gauche. Il en est de même du ventricile ^uche y dont les parois sont bien plus robustes que celles êa droit p mais la capacité des deux dernièpes cavités est inverse de cdle de» Mammifères,, le vontricule gauche étant bien phis an^k que le«* droit.
L'oreillette droite reçoit trois t;eine« caves y deux antériet^es et laie postérieure^ les premières étant formées par la réunion de la jugulaire et de ia sous-clavière du même côté. L'oriâce de la veine cave antérieure droite est placé à la partie supérieure de l'oreillette , taiid^ que celui de la gauche est situé en dessous ; et chacun est OHini d'une valvule. La veine cave postérieure , correspondant à celle des Mammir fères, a au contraire son orifice muni de deux valvules.
L'orifice auriculo-ventriculaire droit est pourvu, au lieu d'une valvule tricuspide, c'est-à-dire avisée en trois lobes^ d'une seule valvule triangulaire musculeuse ; et l'orifice de l'artère pulmonaire est garni de trois valvules semi-lunaires.
Le tronc commun des deux veines pulmonaires s'ouvre dans l'oreillette gauche par un orifice entouré d'un anneau musculeux , accompagné d'une seule valvule très-forte.
LWifiee auriculo-ventriculaire gauche ^ également entouré d'un anneau musculeux, se trouve garni de deux valvules , comme dans le» Manunifères.
Va4^te naît de la partie antérieure droite du ventricule gauche , où son orifice est muni de trois valvules semi-lunaires. Ce vaisseau se porte en avant et en haut, produit d'abord deux petite» artères cor^ diaques^ et se divise bientôt en trois branches^ les sous-clavières droite et gauche et V aorte ahdominak.
no SYSTEME GIE€ULATOIRE.
Gbacime des saus-ciavUres se porte m haut et en dehors ^m l'aisselle et prodoit successireiDent la carotide, la mammaire interne et la thoraciquey et prend elle-niême, sous rarticolatton scapulo-humérale , le nom à' auxiliaire,
La carotide primitive monte d*abord le sang du côté du cou et forme bientôt une grosse branche ou artère vertébrale, et donne en outre un rameau à Toesophage , un au péricarde et un k la poche aérienne supérieure ; se rapprochant ensuite de la ligne médiane , elle se loge avec celle du côté opposé dans une gouttière formée le long de la face antérieure du cou par les muscles de ce d<ernier , et la suit jusqu'auprès de la tète pour se diriger delà obliquement en arrière , et se divise en produisant plusieurs fortes branches. Chaque carotide primitive donne de petits rameaux aux muscles du cou ainsi qu'à Toesophage, et produit les artères occipitale, carotide interne, lingtmte , temporale , maxillaire interne , et plusieurs petites branches.
V artère occipitale se porte en haut , passe derrière l'orifice du canal auditif et se distribue à la partie postérieure de la tête. Une petite branche de la carotide se rend aux téguments de la région latérale de la tête. V artère linguale se porte en avant et se distribue dans la langue, le larynx , la trachée-artère , ainsi qu'à la mâchoire. Les artères opposées s'unissent sous la langue, et leur tronc commun continue à se porter en avant jusque dans la bifurcation de la mâchoire. La temporale se subdivise dans les muscles moteurs de la mâchoire. La maxillaire interne se porte en avant dans l'orbite , où elle se distribue en grande partie , et quelques-uns de ses rameaux en sortent pour se distribuer sur le front ; d'autres se rendent 'dans les cavités nasales , etc. Quelques petites branches de la carotide vont dans le palais et les parties avoisinantes.
La carotide interne , en arrivant dans le crâne , se dirige vers la selle turcique, où elle s'anastomose avec celle du côté opposé; un rameau dirigé en arrière va d'autre part s'unir à l'artère basilaire.
V artère vertébrale, qui naît souvent directement de la sous-davière , se porte vers les apophyses transverses des vertèbres cervicales , s'engage dans leur canal absolument comme chez les Mammifères, et finit par pénétrer dans le crâne par le tronc occipital, où elle s'unit à celle du côté opposé pour îarmexV artère b asilaire ivaç^vct, qui se distribue, avec les carotides internes, au cerveau ainsi qu'à ses dépendances, et fournit en outre des rameaux à la moelle épinière.
Avant de pénétrer dans le canal des apophyses transverses, la volébrale produit une artère cervicale qui se distribue à l'œsophage, aux muscles du cou et à la tête; une cervicale transverse qui se rend dans les téguments et les muscles du cou , ainsi qu'à l'occiput