DU SYSTÈME CIRCULATOIRE DES ARACHNIDES
S I*^. Anatomie.
Le système de la circulation sanguine des AH^cmiiDEs pvuionairis et de^ GN ATUOPODES est absolument comme chez les Crustacés : même conformation et même disposition du cœur et des vaisseaux ; le tout ne différant qu'autant que le demande la forme du corps; et j*y renvoie pour les détails. ^
Le cœur est également qn vaisseau plus ou moins allongé pkcé le long de la cavité viscérale du corps. Ainsi, dans Tabdomen seulement chez les aranj^es; dans Ja première partie dilatée de ce dernier chez les scoRPiOMDEs; et à la fois dans le tronc et dans Tabdomen chez les CNATHOPODES OU Arachuidcs branchifères.
Ce viscère produit également à son extrémité une forte artère cmiériûup^ imp9kê qui m porte droit en avant dans le tronc où elle se •nUivise. Dès fltn origine^ elle produis, comme chei les Crustacés» utte paire de branches presque autei fortes qu'elle, qui se portent en debm§ H m recouribôatXMi avant pour iMger les parties latérales du Ironc» ae snbdivkam aux diiérênts organei qui s'y trouvent Chez toutes les espèces où le corps se termine par une queue ou un abdomen, danslêqnel le coeur luinaônie ne se continue pas jusqu'au bout, ce dernier produit à son extrémité postérieure, de même que ohei les Crustaoés , une artère impaire qui se subdivise dans ces parties du coips en produisant des paires de vaisseaux latéraux parfaitement sem- Uabks des doox côtés.
Leccanr pradiiil aussi ktéralemant» toHJom^s comme obe^ les Crus-
952 STftTEXI GimCtliATOiRB.
tacés , plosienrs trônes artériels parfaitement symtoiqQes qni tratersent roreUlelte.
Quant aux veines , il est aosri fort difficile de les décourrir et de les suivre ; elles m'ont paru former , comme chez les Crustacés, des Hnus adhérents aux parois des intervalles des organes par où ces veines passent.
Les troncs des veines pulmonaires ou branchiales, qui viennent des organes de la respiration, varieflten nombre comme ces derniers, et ces vaisseaux s'ouvrent dans l'oreillette vis-à-vis des ouvertures aoriculo-ventriculaires, toujours comme chez les Grusiacés; mais ces vaisseaux sont fort souvent moins nombreux que les orifices du ventricule , et au-dessous de ceux-ci naissent les artères latérales.
Je ne puis rien dire sur la forme et la disposition du cœur des bo- LkTBEs; je présume qu'il ressemble à cdui des Insectes.
§ IL Dissection et conservation.
On injecte très-bien les artères des grands sujets , mais on peut aussi les suivre sans cette préparation jusque dans les très -petits rameaux. En prenant ce moyen plus pénible , on ne risque du moins pas de gâter un préparât en manquant l'injection , ainsi que cela arrive fort souvent pour des individus conservés long-temps dans la liqueur. J'ai suivi de cette manière des artères de la mygale Biondii jusque dans des jameaux plus fins que des cheveux.
Les préparais se conservent dans la liqueur.
ARTICLE IV
DE l'appareil circulatoire bES MYRIAPODES,
§ I". Jnatomie.
Dans la classe des myriapodes, ainsi que dans celle des Insectes, le système sanguin éprouve une nouvelle dégradation par la diq)arition complète des veines, de l'oreillette et de la majeure partie des artères; c'est-k-dire qu'il se trouve réduit chez ces animaux à un ventricule h peu près semblable 2i cebii des Crustacés, et à l'artère antérieure céphatique seulement
Le ventricule a la forme d'un vaisseau grêle placé le long de la ligne médiane dorsale de la cavité viscérale.
. Le sang est contenu dans la cavité générale du corps comme l'eau dans un hydropique, de manière qu'il baigne tous les organes ; et le seul tronc artériel qui reste, épanche ce liquide dans la cavité de la tête, d'où il reflue par lui-même en arrière dans l'abdomen, pour rentrer
SYSTEME GIECCIATOinB DBS 1IYRIAPCM)BS. 25^
dans le ventricule par des ouvertures auriculo-ventriculaires semblables à celles des Crustacés et des Arachnides. La circulation se réduit ainsi à une 'simple transfusion du sang du cœur dans la cavité générale du corps, et de celle-ci dans le cœur pour mêler simplement cette humeur, laquelle éprouve Finfluence de Foxygène dans chaque point du corps où elle se trouve par l'effet des trachées qui y transportent Tair.
Chez la Scdopendra morsitans, sur laquelle j'ai fait mes prin^ cipales observations, le cœur est un très-long vaisseau droit placé dans la ligne médiane du dos, s'étendaot depuis la partie antérieure du corps jusqu'auprès de son extrémité postérieure. Il est fixé latéralement par des ligaments fibreux semblables à ceux par lesquels le ventricule est suspendu dans son oreillette chez les Crustacés et les Arachnides, mais beaucoup plus grands; et leurs troncs communs s'attachent, faute d'oreillette, aux arceaux supérieurs de l'abdomen. Ces ligaments sont si laides qu'ils se joignent , et forment de chaque côté une longue toile en forme de treillage, divisée en festons triangulaires, qu'on a nommés pour cela les aiies du cœur chez les Insectes.
Le ventricule m'a paru formé , comme celui des Insectes , dont je parlerai à l'article suivant, d'une suite de chaméres conununiquant les unes dans les autres et séparées par des valvules inter^ ventricutaires , dont chacune correspond à un segment ; et dans l'intervalle de deux de ces chambres se trouve de chaque côté une ouverture cuuriculo - ventriculaire , analogue à ceUes des Crustacés et des Arachnides , et munie en dedans d'une valvule semi-lu* oaire. Et je renvoie , pour de plus amples détails , à mes Cons'id» génér, surl'anat. comp, desanim, art,, etc., p. 3/i5.
Le cœur des Scoiopendra est formé de trois tuniques, une extérieure, fibreuse, très-mince ; une moyenne, musculeuse , formée , comme chez les Crustacés et les Arachnides , de nombreux faisceaux irrégulièrement circulaires ; et une intérieure, très-mince, séreuse, formant les valvules et se continuant avec la première par les ouvertures auriculo-ventriculaires.
A l'extrémité antérieure du ventricule naît , encore comme chez les Crustacés et les Arachnides^ une artère antérieure ou cépha* tique, impaire , laquelle se porte directement en avant jusque dans la tête , où elle s'ouvre. Ce tronc produit aus^ , encore dès son origine, les deux grosses branches latérales, qui se recourbent en avant et vont s'ouvrir dans la partie latérale de la tête. Plus en avant , le tronc produit une seconde paire plus petite, qui se rend dans la partie latérale moyenne de la tête ; enfin , au-dessus du cerveau, encore une troisième paire, qui se porte également en avant pour s'ouvrir dans la partie antéro-latérale de la tête : et ce sont-là les seuls vaisseaux sanguins qui restent à ces animaux.
954 inratt ciMmAt^ftB<
la straetive 4e cet ▼MBseain est h mlHM que «die Ani arl^ Aractmides.
^ IL JH$êectian eê ccnurvatim^,
Foor préparer le oœar des mîiiumix Avrieeiis niACs^Bii , M iNrt omrrir le corps par le veatre, enlever sueeesshremeBl ton» les viseères et laisser le ventricule, avec ses liganents en place, sMkM M» areeoHn sopériews da corps. On peut aussi , poor ménager les parties mt&* rievres, eidever tont d'one |Hèce les arceaux supérieurs de l'iMooMn en les coupant avec des ciseaux le long des bandes menbraaeoses fan lérales, et enterer ensenUe tont le dessus de Triklonara ; ttais 3 lanl avoir mm de couper avec le nûcrotome toutes les branches de trachées qui se portent sur le cceur ou ses ailes , vu que k tractkm qse ces vaisseaux exerceraient sur ces derniers avam <l^ se ronqN^e les déran^ geraH hklnlMtaMettent En fixant ensirite la j^èce analcinigne snr un plateau ou bien en essayant d'ouvrir le cesor , â font aussi a^ehr sein de ne pas la tirer en long, ce qui produirait Teitensioa de ce denier et féraôt disparaître non-seulement les plis rentrants q»^ forme, mail encore les valvules aurîculo^venitriculaà'es. Ce vaisseau étuil tirés* étroit , il est fort difficile de Touvrir. Pour procéder eependant afee le plus de chances de succès , il faut commencer par fixer 1» pitee anatomique sur un plateau en liège , en y i^açanl assez d*épÀ^ pour qu'elle ne [misse bouger dans aucune de ses partks ; et te ceeur se trouve par là attaché aux arceaux supérieurs de FahdoflKU par sss ligaments latéraux.
Faisant ensuite avec le miorotome une petite entalHe dans le ven- ^tricule, à la ligne médiane inférieure, on y âitrodirit très-<Micpie«eHt d'arrière en avant , dans le sens des vaKules , l'une des pointes èa même instrument pour fendre de {»x)che en proche cet organe è»s toute sa longueur. Écartant ensuite légèrement les deux lèvres ée h fente , on aperçoit déjà la disposition des vahties; et, en coupant les parties latérales, on peut dégarnir ces valvules pour fes voè' h efaacmie de leurs faces. 8î , au contraire , on voulait tes voir par te celé , on commencerait par faire la fente longitucKnate dont je riens de parto^, et , par une sec(mde entaille , on ferait la fente opposée te long de la ligne médiane supérieure. Pour mieux se guider dans ceBe-ci , on peut tenir la première fente légèrement ouverte en accrochant se» fèvres de distance en distance par les phis petites érignes à poièi qu*on ait.
Le cœur une fois fendu dans toute sa longueur , on coupe à ras» tes ligaments laténmx , afin de pouvoir placer chaque mcùtié sur te côté. Toutes ces opérations , sur un corps si petit et m dAîeat , de*
SYSTEME «liOVLAmilE WËS INSECTES. 255
Bandent iifiidneBt de sma, et siarHMtt une srarie slb^eté dam la
Saur les grande» Seatofendra \ teUes que h Seoéoptndra mcr^ sitam , ou U^ rar quelque gros iBsede, cenune le Scar€Êéwu$ Hercules^ oa pourrait cependant essayer àes mjectkms avec quelque , succès, kur eceur étant un vsôsseau encore assez gros^ ayant près I de 1 mittûnètre ^ de grosseur chez les |^us gramdes e^ces de Se4f^ j iùpendru} et par ce moyen on pourrait déterminer, mieux que par I la dissection dkrecte et sans préparation , comment les trœs artères se I terminent dans la tête. Je recommande même beaucoiq) cette r^ , cherche aux personnes des pays chauds , qui ont de ces animaux irais ; à leur disposition; les rech^ches que j*ai laites à ce suj^ n'ayant p« ^ être exécutées que sur des individus conservés dans Talcool et guère
propres à servir à des injections.
, Ces pr^jMorats ne peuvent pas être coBsetvés, étant trop petits.
, ARTICLE Y
J DE l'appareil CIRCULATOIRE DES INSECTES.
} § P'. Anatomie,
. Dans la classe des ntsECTEs, Fappareil de ta cireuhtion sfloa^iuîne est
^ encore plus simple que chez les Myriapodes , eu cela que m^cie les ^ hranches de ïartir^ antérieure disparaissent , et qu'il ne reste plus ^ que le tnmc moyen , que j'ai suivi jusque dans le labre sans lui avoir trouvé la luoindre branche, ià , cette artm s'ouvre dans b cavilé générale de la tête pour y épancher le sang , eomnie chez les Myriapodes.
Le cœur n'occupe que la ligne oftédiane dorsale de l'abdomen , d*où il a été nommé improprement vaisseau dorsal; et l'artère traverse te thorax , le corselet et la tête. Il est fixé latéralement par de larges ygaments frangés, ou ailes du cœur, aux parties latérales des arceaux supérieurs de l'abdomen, absolument comme chez les Myriapodes, et présente de chaque oôjté une (mverture aurtcuio-ventricuiaire par segment qu'il traverse.
Le veutotcufe des insectes présente enstôte une p)ns grande complication comparativement à celui des Crustacés et des Arachnides , et qu fft'a paru aussi exister chez les Myriapodes^ Elle consiste en vairules inlérîeures qui coupent la cavité de cet organe en autant de ch^màtres successives qu'il y a de segments ; et vdci comment : à l'iatersection des segments , le cœur , plus faible dans ses parois , fwnm un pU circulaire rentrant dirigé en avant : de manière que chac^ ehamhre pénètre un peu dans ceUe qui précède. Ces plis per-
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mettent de là au corar de poayoir s'aHoager et ae raccourcir pour se prêter aux mouvements des arceaux abdominaux. C'est en arrière de chacun de ces plis que se trouve , dans la partie antérieure de chaque chambre, Torifice auriculo-ventriculaire, muni à son bord postérieur d*une valvule semi- lunaire , qui s'applique sur cette ouvoture lors du mouvement de systole et empêche la sortie du sang. De chaque dké le bord libre des plis rentrants se prolonge en une hune membraneuse dirigée obliquement en avant et en dedans , allant k la rencontre de celle du côté opposé , contre laquelle elle appuie par son bord antérieur ; les deux forment ainsi des valvules inter-ventricuiaires séparant les chambres les unes des autres , et permettent le mouvement du sang d'arrière en avant , mais non pas en sens contraire.
Dans son action, le cœur commence par se dilater dans sa chambre postérieure , et le sang épanché dans la cavité de l'abdomen y entre par les ouvertures auriculo-ventriculaires de cette chambre; et, lorsque cette dernière vient à se contracter, elle le pousse dans celle qui précède , laquelle se dilate pour le recevoir en même temps qu'elle reçoit aussi du sang par ses propres ouvertures auriculo-ventriculaires. Cette seconde chambre pousse de même ce liquide dans la troisième , et ainsi successivement jusque dans l'artère antérieure céphaliqne. Cette transfusion d'une chambre dans Tautre se volt même très-bieu à travers les téguments des larves dont la peau est mince.
J'ai fait connaître pour la première fois la composition de Tappareil circulatoire des insectes et en général de tous les animaux articulés , dans mes Considérations générales sur Vanat. camp. , etc. , auxquelles je renvoie pour les figures.
§ II. Dissection et conservation.
Le cœur des insectes se prépare comme celui des Myriapodes et ne se conserve pas mieux que le leur comme pièce de cabinet.
TROISIÈME DIVISION