‹ Traité pratique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiques. Fondé sur des expériences, suivi d'instructions, pour l'analyse, des mines métalliques, des métaux, des sols, des engrais, et des eaux minéralesChapitre 109 sur 210 · EXPÉRIENCE LXXXVI · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE LXXXVI

Laissez tomber huit ou dix gouttes d’une dissolution d’acide arsenieux, dans un verre contenant environ une cuillerée à bouche d’eau distillée, et achevez ensuite de remplir le verre avec de Peau de chaux nouvellement préparée : dans peu de minutes, le mélange deviendra laiteux, et il se formera un précipité en flocons blancs (arsénite de chaux), qui se rassemblera peu à peu au fond du verre. Si l’on ajoute à l.i liqueur, ainsi devenue trouble, quelques gouttes d’acides, acétique, ou nitrique , elle sera rendue claire , parce que je précipité aura été complètement redissous. Le même effet aura lieu, en ajoutant , en grande quantité , de la dissolution d’acide arsenieux. Si, après avoir fait sécher le précipité, on le met sur un charbon ardent , il répandra l’odeur d’ail, particulière à l’arsenic-

L’eau de chaux ne se conserve pas ; elle est promptement mise hors d’état de pouvoir être eîïq)ioyée , par la raison, qu’elle attire le gaz acide carbonique de l’air ^ lorsqu’on ouvre fréquemment le flacon qui la contient. On peut aisément la préparer pour s’en servir immédiatement, de la manière qui suit.

i^iettez , dans un vase de terre , 6o grammes de chaux vive nouvellement calcinée, aspergez-la, peu à peu, avec autant d’eau distillée, ou de pluie, qu’il en peut suffire pour éteindre la chaux, et tenez le vaisseau couvert pendant que la chaux s’éteint et tombe en poudre. Lorsqu’elle est dans cet état , versez dessus un demi-litre d’eau distillée, ou de pluie, et facilitez le mélange de la chaux avec l’eau , en remuan t bien. Lorsque la chaux s’est déposée, remuez et agitez de nouveau, en continuant successivement ainsi , à plusieurs reprises, pendant l’espace de vingt-quatre heures. Conservez alors la liqueur sur une partie delà chaux, restée sans se dissoudre, dans un llacon bien fermé avec un bouchon de liège; on filtrera ensuite, ou l’on décantera l’eau de chaux , lorsqu’on aura à eo faire usage.

La proportion d’eau, que nous avons indiquée, suffit, à peine , pour dissoudre un dixième de partie delà chaux; mais cette substance est desi peu de valeur, et si rarement, entièrement bonne , qu’il importe peu d’employer inutilement de cette matière dans l’objet d’en obtenir promptement etfacilement une dissolution saturée dans l’eau.

L’état, dans lequel il convient le mieux de conserver la chaux, pour eu faire usage de suite, est celui d’A^drate. On la met, dans cet étal, en aspergeant la chaux vive desséchée, avec justement assez d’eau, pour qu’elle se réduise en une poudre parfaitement sèche. Dans ce composé, ou hydrate de chaux, la proportion de la chaux est à celle de l’eau, comme aô est à 8. Lorsque la chaux est dans cet état, on peut la garder avec sûreté dans des bouteilles de verre , ce qui n’aurait pas lieu avec delà chaux vive bien sèche, sous sa forme ordinaire,

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parce qu’alors, elle brise présumé toujours les flacons en se gonflant, au moyen de rhiuiiidité qu’elle attire, lorsqu’on les ouvre au besoin.

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