‹ Traité pratique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiques. Fondé sur des expériences, suivi d'instructions, pour l'analyse, des mines métalliques, des métaux, des sols, des engrais, et des eaux minéralesChapitre 127 sur 210 · XXXI. HYDRO-CHLORATE DE CHAUX · texte numérisé non relu

XXXI. HYDRO-CHLORATE DE CHAUX

On peut se servir de ce sel, comme d’un réactif auxiliaire, pour découvrir la présence de carbonates alcalins , qui , tous , le décomposent , et produisent , en s’unissant avec sa base, un carbonate de chaux. Son emploi est, de plus, utile dans l’analyse des substances végétales , comme indiquant la présence des acides ,. oxalique, mallque et tartarique , avec lesquels il forme un précipité blanc cristallin , insoluble à un haut degré dans l’eau ; mais se dissolvant aisément dans l’acide nitrique étendu ; et, dont on peut ensuite examiner avec moins de diifllulté la nature précise, de manière, à pouvoir déterminer, quel est l’acide végétal particulier, qui entre dans la composition du précipité.

On emploie aussi l’hydro -chlorate de chau7v dessé-

UES REACTIFS

ché, qui, clans cet état, est le chlorure de calcium, pour donner de la force à l’alcool ; parce qne l’affinité de ce liquide pour l’eau est si grande , qu’elle ne peut lui être totalement enlevée par simple distillation ; ce qui peut avoir aisément lieu, au moyen du chlorure de calcium. Pour y parvenir ainsi, on met dans la cornue, ou dans l’alambic , une partie de chlorure de calcium , jîrovenant d’hydro - chlorate de chaux, parfaitement desséché à une chaleur rouge, et pulvérisé après qu’il a été refroidi ; sur ce chlorure , on verse trois parties d’aicool rectifié , et l’on agite bien le mélange. En le distiliant ensuite à une très-douce chaleur, on en obtient, environ les deux tiers, à l’état d'alcool parfaitement pur.

XXXIL BEIVZOATE D’AMMO>'lAQrE.

Ce sel est un excellent réactif , pour séparer le fer du manganèse, lorsque ces deux métaux existent ensemble dans une dissolution. Il est nécessaire, lorsqu’on l’emploie pour cet objet, que la dissolution, contenant les deux oxides , soit préalablement rendue parfaitement neutre , par un mélange convenable d’ammoniaque , ou de tout autre alcali; et alors , on peut y ajouter le benzoale d’ammoniaque, jusqu’à cessation de précipité. Ce précipité est du benzoate de fer, car tout le manganèse reste dans la dissolution.

Il peut arriver cependant, qu’après avoir précipité le ' fer de la dissolution, contenant des terres et oxides métalliques de diverses espèces , une portion du benzoate ajouté , existe en excès dans la dissolution; dans ce cas , il faudrait l’en débarrasser, en la faisant boiiii-

iir avec quelque acide, j)our obvier à toute confusion, pouvant résuller, dans la continuation de l’analyse, de l’acide benzoïque

Non-seulement le benzoale d’ammoniaque sépare le fer du manganèse , mais il le dégage aussi de tous les sels terreux , du nickel, du cobalt , du zinc , et de beaucoup d’autres métaux, dont aucun n’est précipité par ce réactif, lorsqu’il est convenablement appliqué ; c’està-dire, avec le concours des circonstances qui suivent: il faut que la dissolution du fer, qui doit être à l’état de pér.oxide, soit rendue |)arfaitement neutre en y mêlant de l’ammoniaque , et, étendue ensuite avec une quantité considérable d’eau distillée. On verse alors dans cette liqueur, et goutte à goutte, la dissolution de benzoate d’amuioniaque , jusqu’à ce qu’il n’y ait plus apparence de précipité.

On met la masse sur un filtre, et après avoir lavé à l’eau froide le résidu insoluble, on le fait sécher à la température de loo degrés centigrades. Le benzoate de fer, ainsi obtenu, contient, sur cent parties, 25 d’oxidc

rouge de fer, et ^5 d’acide benzoïque et d’eau.

Si l’on fait digérer, pendant environ douze heures, le benzoate de fer dans de l’ammoniaque liquide, il est complètement décomposé; l’oxide rouge de fer se dépose au fond du vaisseau , elle benzoate d’ammoniaque reste en dissolution. C’est, à àl. Berzélius, que nous sommes redevables de l’indication de ce réactif. Son utilité doit être évidente à tous ceux qui s’occupent de travaux analytiques; parce que, jusqu’à présent, on avait particulièrement éprouvé de la difficulté, pour opérer la séparation complète du manganèse d’avec le fer.

XXXIII. EAU IMPRÉGNÉE DE GAZ ACIDE HYDRO-SULFURIQUE, OU , ACIDE IIYDRO-SULFL'RIQUE LIQXUDE.

Ce liquide offre un agent d’une très-grande importance dans l’analyse, parce qu’il précipite, de leurs dissolutions acides , un grand nombre des genres de métaux , en produisant, avec la plupart d’entre eux, desprécipités de couleur foncée; et, qu’il n’agit sur aucune des terres, à l'exception de la zircone et de l’alumine. Il est, outre cela, quelques métaux , qu’on peut tout de suite reconnaître à la couleur du précipité produit. Avec le zinc, «par exemple , le gaz acide hydro-sulfurique, donne lieu à un précipité blanc; à un précipité orangé vif avec les sels d’antimoine. Il précipite l’arsenic en jaune; l’étain, en brun chocolat ; l’or , en pourpre foncé ; le platine , en brun rou geàtre, ou à peuprès noir. Les dissolutions de plomb, d’argent, de mercure, decuivre et de bismuth, sont précipitées en brun foncé ou en noir. Cependant, les couleurs des précipités sont très-susceptibles de variation , d’après l’état de combinaison ; et, le degré d’oxidation du métal dans la dissolution , a , particulièrement , une influence matérielle, sur la couleur des précipités. Ce sont, pour la plupart, des composés de gaz acide hydro-sulfurique avec l’oxide mélallique; ou, dans quelques cas, il s’o- ^)ère une décomposition plus ou moins complète ; une partie de l’iiydrogène , s’unit d’abord , à une partie , sinon à la totalité , de l’oxigène de l’oxide métallique, qu’il réduit à peu près à l’état métallique, ou à celui d’oxidalion au minimum; le surplus du soufre et de l’hydrogène s’unit au métal; et le tout est séparé de l’acide de la dissolution , sous la forme d’un

précipité coloré, qui est donc ainsi, un sulfure, ou un hydro-sulfate du métal , suivant les circonstances. Quelquefois aussi , il se forme , en même temps , une petite portion d’acide sulfurique, ce qui rend le jeu des affinités encore plus compliqué. Quelques-unes des dissolutions métalliques ne précipitent point avec le gaz acide liydro- sulfurique, ou du moins, le précipité est redissous par un léger excès d’acide. Les métaux , qui ne fournissent point de précipité , sont principalement ceux qui ont une grande alEnité pour l’oxigène, et qui décomposent l’eau, savoir: le fer, le cobalt, le nickel, le manganèse, l’urane, le titane et le cérium. Mais le gaz acide hydro-sulfurique donne , à quelques-unes de ces dissolutions métalli({ues, une couleur plus ou moins foncée. C’est ainsi , qu’en ajoutant , à une dissolution faible de sulfate rouge de fer, de l’acide hydro-sulfurique liquide , le métal est immédiatement réduit à l’état de sulfate vert, ou de sulfate moins oxigéné; il ne se dépose pas de composé réel métallique, mais il y a seulement précipitation de soufre.

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