‹ Traité pratique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiques. Fondé sur des expériences, suivi d'instructions, pour l'analyse, des mines métalliques, des métaux, des sols, des engrais, et des eaux minéralesChapitre 154 sur 210 · EXPÉRIENCE CXLVIII · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE CXLVIII

Si , après avoir rempli à moitié trois verres d’eau distillée; on verse , dans le premier , quelques gouttes d’une dissolution de sulfate de magnésie, dans le second, de l’hydro-clilorate de chaux, et, dans le troisième, de la dissolution d’alun ; et, qu’on ajoute, alors, à ces trois liqueurs, de l’hydro-cyanate dépotasse: il ne se produira aucun changement, parce qu’aucune des terres, formant les bases des sels introduits dans l’eau distillée , ne donne lieu à précipité avec ce réactif.

L’emploi de l’hydro-cyanate de potasse, pour reconnaître la quantité de fer dans un liquide , lorsqu’aufun autre métal n’y est présent, exige qu’on opère avec

beaucoup de soin et de précaution , pour arriver à des résultats exacts. Il faut, dans tous les cas , employer riiydro-cyanate de potasse cristallisé, et qu’on ait préalablement reconnu quelle est la quantité d’oxide de fer essentielle à sa constitution d’hydro-cyanate de potasse ferrugineux , ou , du moins , comme étant celle qui l’accompagne constamment. Cette détermination peut avoir lieu ainsi qu’il suit : on expose à la chaleur d’un rouge faible, dans un creuset d’argent , une quantité connue de l’hydro-cyanate de potasse cristallisé , l’acide hydro - cyanique est détruit, et il reste la potasse et l’oxide de fer. Après avoir alors enlevé , par un lavage à l’eau distillée , la partie soluble , et recueilli sur un filtre , ce qui n’a pas été dissous, on fait sécher ce résidu; on le calcine avec un peu de cire , et, en le repesant alors : son poids donne la proportion d’oxide de fer contenu dans le sel ; cette proportion varie de 22 à 3o p. 100. Lorsque le fer est en quantité plus considérable, le sel n’est pas propre à êlre employé comme réactif, parce qu’il dépose du bleu de Prusse , par le contact d’acides. Lors donc , qu’on fait usage du

réactif, pour rechercher la quantité de fer contenue

dans un liquide quelconque , il faut faire dissoudre un poids connu du sel dans une quantité donnée d’eau ; et ajouter peu à peu de cette dissolution au liquide , en observant combien on en emploie j)Our effectuer la précipitation ; et , avant de recueillir le précipité, on chauffe la liqueur , qui, généralement , laisse encore déposer en plus de bleu de- PiHisse. Tout le précipité étant alors lavé et séché, on calcine le résidu avec de la cire. En déduisant, ensuite.

du poids tofal de i’oxide ainsi oblenu , la quantité de 1er, qui, d’après la première expérience, est connue comme appartenante à Thydro -c^^^anate ajouté au liquide soumis à l’examen : le surplus indiquera la quantité de fer qu’il contient.

Il est rare , cependant , qu’on fasse usage de ce réactif pour déterminer la quantité de fer dans des dissolutions, quoique certainement cela soit possible , parce que sa préparation avec une portion constante ou uniforme de fer, présente de grandes difficultés; on se borne à s’en servir, comme tel , pour indiquer la présence de ce métal.

La dissolution d’bydro - cyanate de potasse , lorsqu’elle est gardée et exposée pendant quelque temps à la lumière, devient en partie décomposée; il convient donc de la conserver dans un flacon opaque. Il est difficile de donner l’explication de ce changement.

Page 1