‹ Traité pratique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiques. Fondé sur des expériences, suivi d'instructions, pour l'analyse, des mines métalliques, des métaux, des sols, des engrais, et des eaux minéralesChapitre 180 sur 210 · EXPÉRIENCE CLXXII · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE CLXXII

C’est le cas de faire ici mention de la précipitation du plomb, qui a été, pendant si long-temps, connue sous le nom d’arbre de plomi). On la produit en opérant ainsi qu’il suit : On met , dans un flacon de verre , envi’on un litre d’eau de pluie, dans laquelle on fait dissoudre 24 grammes d’acétate de plomb ( sucre de Saturne du commerce), préalablement réduit en poudre ; après avoir agité le mélange , on le laisse reposer pendant deux ou trois jours; on décante alors la liqueur claire de dessus le précipité insoluble, s’il s’en est for» mé; on enlève ce précipité , et après avoir rincé le flacon avec de l’e^iu, on y remet le liquide clair.] Si, alors , on suspend un morceau de zinc au milieu de ce liquide , eu l’attachant à un fil fixé au bouchon du flacon, et, qu’ensuite on place le vase da*ns un lieu , où la liqueur qu’il contient ne peut être troublée, le morceau de zinc se recouvrira promptement d’une espèce de végétation de plomb métallique , qui augmentant par degrés , se développera en lames cristallines brillantes de ce métal, et ces lames se plaçant d’elles-mêmes, suivant une espèce d’arrangement symétrique, présenteront, jusqu’à un certain point, l’apparence d’un arbre où arbrisseau.

Le zinc a une plus grande affinité pour l’oxigène que le plomb ; il enlève ce principe à l’oxide de plomb, qui, étant ainsi réduit à l’état métallique , ne peut plus rester en combinaison avec l’acide acétique , et ce métal se précipite sur le zinc. La théorie de l’électricité voltaïque a fait voir depuis peu , que ce phénomène.

CHIMIQUES. iS;?

comme tous ceux de précipitations métalliques , est le résultat d’une action de cette électricité , produite entre les corps amenés en contact. Ainsi, lorsque la précipitation du plomb métallique sur la surface du zinc , a lieu , il se développe de l’électricité voltaïque , à raison , de ce qu’un métal, facilement oxidable, arrive en contact, par l’interposition d’un liquide, avec un autre métal , qui est moins oxidable. Le circuit galvanique étant ainsi formé , une partie de l’eau du fluide interposé est décomposée, l’une de ses parties constituantes, l’oxigène, est attirée par le zinc , représentant, dans le circuit , le pôle électro-négatif; tandis , que l’autre partie constituante , l’hydrogène , est attirée par le plomb, formant, dans le circuit, le pôle électro-positif. L’hydrogène agit de plus ici , comme moyen de réduction, il enlève l’oxigène à l’oxide de plomb, dissous dans l’acide, et les molécules de ce métal, réduit, se déposent peu à peu à cette extrémité. Il s’y forme des fllamens métalliques, d’où naissent des cristaux, qui, par leur accroissement progressif, s’étendent et s’arrangent , d’eux-mêmes, en forme d’arbre ou d’arbrisseau.

La théorie ’de la réduction d’autres précipités métalliques , de leurs dissolutions , est précisément analogue à celle qui vient d’être établie.

EXPÉRIENCE GLXXIII.

8i l’on plonge, dans une dissolution étendue de sulfate de cuivre, étant avec excès d’acide, un barreau, ou un morceau de zinc laminé : il y aura , aussitôt,

DES REACTIFS

précipitation de cuivre métallique , et il se formera , sur le zinc , une incrustation de cuivre. Ce métal peut être facilement détaché du zinc; il convient alors de le mettre en digestion dans de l’acide hydrochlorique , qui dissoudra le zinc, s’il arrivait, qu’il en fût resté d’adhérent au cuivre. De plus, à moins que la dissolution ne soit avec excès considérable d’acide , une portion du cuivre est toujours précipitée à l’état d’oxide , et cet oxide , est aussi enlevé complètement par l’acide hydro-chlorique*

EXPÉPiIENCE CLXXIV.

Ajoutez 5 ou 6 décigrammes de sous-hydro-chlorate d’étain, à de l’eau distillée dans un verre, et plongez ensuite, dans cette liqueur, un barreau de zinc : l’étain sera immédiatement précipité à l’état métallique , se rassemblant autour du zinc, sous la forme d’une enveloppe d’apparence mousseuse en paillettes.

j\l. Sylvestre a recommandé le circuit galvanique , formé de zinc et d’or , comme un agent actif , pour découvrir le sublimé corrosif ( perchlorure de mercure ) , en procédant de la manière qui suit.

Page 1