‹ Traité pratique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiques. Fondé sur des expériences, suivi d'instructions, pour l'analyse, des mines métalliques, des métaux, des sols, des engrais, et des eaux minéralesChapitre 190 sur 210 · LXII. CHALLMEAU , ET SON ESACE · texte numérisé non relu

LXII. CHALLMEAU , ET SON ESACE

Le chalumeau est , en chimie et en minéralogie , un instrument de la plus grande utilité. Il nous fournit le moyen de soumettre, à l’action de la chaleur la plus violente , toute substance quelconque , dont on cherche à connaître la nature ou les qualités générales, relativement à ce que lui fait éprouver l’action du feu ; tout eft’et de la chaleur la plus intense de fourneaux, peut être instantanément produit'par cet instrument; et, avec cet avantage, que le procédé est expéditif, qu’il a lieu sous la vue de celui qui opère; tandis, que nous ne pouvons que former des conjectures sur ce qui se passe au centre d’un fourneau , si l’on s'en sert pour la même^expérience. On peut soumettre, à l’action du chalumeau , les matières du plus grand prix , ainsi que les plus petites quantités de corps, et toute l’opération, au lieu de s’effectuer dans un vaisseau opaque, peut être , à l’instant, variée sous les yeux de Tobservatenr ,

qui peut la suivre en la voyant depuis le commencement jusqu’à la fin. Il peut résulter ainsi un grand nombre d’avantages de l’emploi de ce simple et précieux instrument. Sa petitesse , qui le rend susceptible d’être porté dans la poche, n’est pas d’une recommandation peu importante pour le minéralogiste voyageur. Il est vrai, que dans ces essais en miniature, on ne peut déterminer que très-peu de chose concernant la quantité efl'ective des produits ; mais , dans la plupart des cas , |a connaissance de ce que contient une substance minérale quelconque , est une grande acquisition ainsi obtenue dans un temps très-court , quoique les quan- ’ tités des produits découverts soient trop petites , pour mettre celui qui opère en état d’en reconnaître les proportions relatives.

Ainsi, par exemple, si, en rencontrant une espèce d’argile, nous désirons connaître si elle est propre ou non à être employée à la fabrication de la porcelaine , l’essai au chalumeau nous mettra à même de décider la question ; car , pour les espèces plus fines et plus belles de poteries et de porcelaine , il est essentiel

d’avoir une argile

qui , après avoir été brûlée , reste

parfaitement blanche. L’apparence de ces substances, avant le brûlement , ne peut jamais satisfaire sur ce point; car, quoique souvent les argiles les plus blanches avant d’avoir été brûlées , soient celles qui , après, restent telles, ce n’est, que dans un petit nombre de contrées, ([ue se rencontrent des argiles qui restent absolument blanches , et il se trouve un grand nombre d’argiles blanches qui, étant brûlées, deviennent plus ou moins colorées ; lorsque , d’un autre côté , beaucoup

d’argiles noires sont, en pareil cas, rendues parfailement blanches* On peut facilement distinguer , au moyen du chalumeau, la nature de la fieTre à chaux. Cette pierre , propre à faire du mortier et du ciment , ne se fond pas, mais elle devient plus ou moins blanche, après avoir subi l’action d’une chaleur violente par le chalumeau ; et si, alors, après l’avoir laissé refroidir , on la mêle avec de l’eau, elle s’échauffe. La meilleure preuve qu’on puisse acquérir à cet égard , est celle de la vive chaleur, que la pierre essayée produirait sur la peau, lorsqu’après en avoir mis une très-petite portion sur le revers de la main , on laisserait tomber dessus une goutte d’eau. Les pierres siliceuses ne fondent jamais seules, mais elles forment un verre avec le borax et la soude. Les terres argileuses , lorsqu’elles sont pures , ne se fondent pas , mais elles blanchissent et acquièrent la dureté d’un caillou ; le fluate de chaux devient phosphorescent, et se fond en une scorie d’un blanc opaque ; les zéolithes fondent aisément , en écuniant dans la flamme. La couleur, que prennent les sub- t stances appelées flux, peut aussi fournir beaucoup d’indications utiles sur la nature du minéral soumis à | l’examen. Ainsi, par exemple, l’or communique au jî borax, au phosphate de soude, et à l’acide borique, jj une couleur de rubis ; l’argent donne à ces flux une }| teinte de jaune orangé ; le cuivre produit, avec eux, un ji gris de perle bleuâtre; le fer, un vert d’intensités diffé- 4 rentes et de nuances diverses ; l’étain produit un émail i( blanc ou d’un blanc opaque grisâtre ; l’antimoine 4 fournit un verre de couleur hyacinthe , le métal se 4

dissipe en partie en fumées blanches, et il se dépose ij

CHIMIQUES. î .jg

iine poudre blanclie]oa oxide d’antimoine sur la surface lenue près de la substance fixe. L’arsenic s’exhale également en fumées blanches, lorsqu’on le chaulfe sur un charbon , et il produit une odeur analogue à celle de l’ail ; le cobalt peut teindre une grande quantité de borax en bleu intense , et il forme avec ce flux un verre bleu. L’oxide de manganèse donne, au point le plus intérieur de la flamme, ou flamme bleue, un grain coloré en violet qui , avec la partie extérieure de la flamme, redevient incolore ; et l’on peut, ainsi, rendre alternativement , à volonté, cet oxide coloré ou incolore. Ces changemens successifs de couleur, particuliers à l’oxide de manganèse, peuvent être exposés de la manière qui suit :

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