I. TEINTÜP.E DE TOURNESOL
On se sert de ce réactif, pour découvrir, dans un liquide, la piésence d’acides libres ou non combinés, dont l’action fait passer au rouge la couleur de cette substance , qui est d’un bleufoncé, inclinant au pourpre (i). Si la couleur rouge disparaît par l’exposition de la liqueur à l’air libre, ou lorsqu’elle a été concentrée par l’ébullition , et si cette couleur se reproduit en y ajoutant une portion du liquide essayé, on est sur alors que l’acide est, ou le gaz acide carbonique, ou le gaz Jiydrogène sulfuré (gaz acide bydro-sulfurique ) , ce dernier gaz faisant dans ce cas , comme dans tous les autres , la fonction d’un acide. Si c’est par le gaz acide carbonilcjue que la couleur rouge a été produite , la liqueur se trouble immédiatement en y mêlant de l’eau de barite ; et les acides hydro-chlorique ou nitrique purs, étendus, y produisent, avec effervescence, un précipité qui est soluble. Mais, si la couleur rouge est due au gaz acide liydro- sulfurique, il ne se forme point de précipité ; et celte circonstance est un caractère décisif, qui distingue i’ac-
(i) La couleur piimitive du tournesol est le rouge; sa teinte bleue est due aux alcalis avec lesquels il reste combiné après sa préparation. Lorsque la teinture du tournesol est mise en contact avec un acide, cet acide s’unit à la matière alcaline, et la couleur rouge originale du tournesol est rétablie. (Noie du iraducleur. )
tion , sur le tournesol, du gaz acide carbonique, de celle du gaz acide hydro- sulfurique sur celte même substance. De plus, un liquide qui contient du gaz acide hydro -sulfurique, lors même que la portion du gaz est très-petite, exhale toujours une forte odeur fétide , qui ressemble à celle d’œufs pourris. Une goutte de nitrate d’argent, d’acétaîe neutre de plomb, ou d’hydro-chlorate de bismuth , rend instantanément ce liquide noir', mais le gaz acide carbonique ne produit pas un effet semblable.
Si la teinture de tournesol, rendue rouge, ne reprend pas sa couleur bleue lorsqu’elle a été exposée à l’air libre ; ou, mieux encore, lorsqu’elle a été concentrée par l’ébullition jusqu’à la moitié de son volume primitif, il est certain alors, que le changement en rouge de la couleur de la teinture, a étéoccasioné par un acide fixe, dont on peut reconnaître la nature, au moyen d’autres réactifs , ainsi que nous l’indiquerons ci-après-