VII. ACIDE SULFURIQUE. i
L’acide sulfurique , fortement concentré , fait reconnaître , par une vive elFervesc'ence , la présence du gaz acide carbonique libre , dans tout fluide quelconque, oit, de ce gaz acide, combiné avec une base terreuse , alcaline, ou métallique. On se sert aussi de cet acide concentré, pour décomposer les sels de plomb et de mercure, avec lesquels il produit un précipité blanc. Celui obtenu avec le mercure, acquiert une couleur jaune par l’affusion d’eau bouillante. Cet acide est aussi un réactif principal pour la barite et la strontiane , comme formant, avec l’une et l’autre de ces substances, des composés éminemment insolubles. On emploie fréquemment l’acide sulfurique dans des expériences analytiques, pour reconnaître la nature de certaines classes de sels , en tant, au moins, qu’il s’agit de découvrir la nature de l’acide avec lequel la base du sel est unie. Mais lorsqu’on emploie l’acide dans cette vue, il est nécessaire que le composé salin , soumis à l’exa-
men , soit à l’état solide , ou à peu près tel. En cou-^ vrant , d’acide sulfurique , le sel qu’on veut essayer , et faisant chaulfer un peu le mélanine ; il se produira une vapeur ou nuage; par la raison , que l’acide sulfurique sépare les acides, nitrique , hydro-chlorique , acétique et fluorique ( ainsi qu\m grand nombre d’autres) de leurs combinaisons. Et, comme ces acides sont susceptibles de prendre l’état gazeux , et de se condenser par rhumidité , ils forment, avec celle de l’atmosphère , des vapeurs , et par la nature de ces vapeurs , on peut reconnaître celle de l’acide. Si , par exemple , le sel appartient à la classe des nitrates , les vapeurs produites par l’action de l’acide sulfurique sont de couleur jaune, ou orangée, et le sel détonne, lorsqu’on le met sur des charbons ardens. Si le sel est de la
classe des hydiochlorates , les vapeurs sont blatiches ;
elles répandent une forte odeur de vinaigre, lorsque le sel est de la classe des acétates; et, si , étant laissées, pendant dix à douze minutes, en contact avec du verre, elles le corrodent, le sel essayé contient l’acide Üuorique. On peut alors employer d’autres réactifs , pour confirmer ou détruire les inductions (ju’on tire ainsi de l’action de cet agent. On a aussi recommandé l’emploi de l’acide sulfurique comme réactif pour reconnaître la présence de la chaux , lorsc^u’elle existe en état de combinaison avec certaines bases; mais ce moycui d’épreuve est peu sûr, parce que le sulfate de chaux, qui en résulte, est soluble dans 5oo parties d’eau, et dans une i beaucoup plus grande proj)ortion , lois(|u’il y a excès < d’acide. Lorsqu’on emj^loie l’acide sulfuri(jue pour cet I objet, il faut concentrer fortement la dissolution , et I
ensuite la laisser refroidir. Le sulfate de chaux s’en sépare alors en longs cristaux transparens, ce qui est la forme très-ordinaire sous laquelle il se présente dans les analyses chimiques. On le distingue à son insipidité, son peu de dissolubililé lorsqu’on le remet dans de l’eau pure , et à la propriété qu’il a de précipiter avec l’acide oxalique et les sels de barite. Lorsqu’on évapore rapidement une liqueur contenant de la sélénite (sulfate de chaux), ce sel se sépare en lames éclatantes fragiles.