SUR L’EMBOUCHURE
Principes généraux sur V embouchure.
Pour bien emboucher un cheval , il faut avoir une connaissance parfaite des parties qui composent sa bouche, des variations qui s’y rencontrent, examiner l’intérieur et l’extérieur de ces parties, elles doivent servir de guide et de modèle pour la structure de l’em-^ bouchure , et pour pouvoir en faire une juste application. Il est fort important d’examiner aussi la construction de quelques autres parties du éheval , la direction de sa tête , l’écartement des os de la ganache , voir s’ils permettent au cheval de ramener sa tête , le plus ou moins de longueur de son encolure, ses reins et ses jarrets , s’il est bas du devant ou du derrière.
Le mors , à proprement parler , n’est que plusieurs morceaux de fer forgés séparément et de différentes façons , puis réunis en deux ou en une seule pièce ^ar» l’éperonnier , qui
doit prendre conseil de l’écuyer , pour les dimensions que l’embouchure doit avoir, pour la direction et le plus ou moins de longueur des branches et du genre de gourmettes qui convient au cheval que l’on veut emboucher.
Le mors devant se trouver placé en intermédiaire entre la bouche du cheval et la main du cavalier , qui par l’action des rênes , coynmunique au cheval sa volonté , pour que cet interprète de sa volonté puisse agir avec efficacité , il faut donc qu’il soit choisi par celui qui doit le mettre en action , ou par un connaisseur; que ce mors soit tellement ajusté aux parties de la bouche du cheval , tant intérieure qu’extérieure , qu’il n’en contrarie pas plus l’une que l’autre , afin de ne pas rendre le mors désagréable au cheval , s’il a une bonne bouche. Le mors bien ajusté, doit toucher également toutes les parties sur lesquelles il repose, sans les comprimer ni les gêner; il y a plusieurs sortes d’embouchures et de bran** ches dont il faut connaître la conformation, et pouvoir apprécier l’utile effet qu’elles peuvent produire sur les différens chevaux que l’on doit emboucher et selon les variations que présentent leur bouche. C’est pour en faciliter la connaissance que j’ai rédigé cette instruction , où l’on trouvera toutes les esjiè-
ces de mors dont on se sert ordinairement , ceux que l’on emploie dans les cas extraordinaires ; enfin quelques mors anciens et étrangers dont on fait peu d’usage. Ils sont classés et numérotés depuis le mors le plus doux jusqu’au plus dur.
On y trouvera aussi le modèle du caveçon dit à l’italienne , pour les chevaux qui ont le vice de vouloir mordre les jambes de leur cavalier.
Désignation des pièces séparées qui servent par leur réunion à former le mors de bride.
1° L’embouchure proprement dite , se divise en cinq parties , lesquelles sont : la liberté de langue qui est le milieu de l’embouchure , c’est-à-dire l’espace qui se trouve entre les deux canons et couronnée par une arcade que l’on nomme dessus de l’embouchure ; cette arcade est plus ou moins haute et large selon le degré de liberté que l’on veut donner à la langue du cheval.
Les deux talons de l’embouchure à la base des deux côtés de la liberté de langue; ils joignent la liberté de langue aux canons.
Les deux canons qui commencent aux talons et qui se prolongent jusqu’au rivet ; l’on
remarque aussi le gros des canons , c’ést la partie qui doit poser sur les barres, ce que l’ou peut appeler l’âine du mors.
a” Les huit rivetSÿ dont quatre de chaque côté de l'embouchure à l'endroit o4 se termine le canon , servent avec les fonceaux à fixer les canons'aux branches.'
3? Les branches ou bras de levier qui se divisent chacune en huit, parties , sont:
L’œil carré de la branche, qui est placé à la partie supérieure de cfaacuiM d’elles , destiné à recevoir lé porte-raor8t'<'^' a
Le haut de la branche commence depuis sa partie supérieure jusqu’au banquet.
Le banquet et là partie vide qui' se trouve presque au milietf dès ■'branches destinées à recévbir lesquàtré mèîà des canons, qui seront fixés pafè lé ihbyen des fonceaux , lesquels 'rfvfets^ ensemble forment cette partie ronde voit it Féilétieur et presqu’au miliéu de cha<|ue branche. -
' ^'L’aèc du banquet et la partie qui forme un demi - cercle derrière le banquet , pour donner à ce dernier plus de solidité.
lia broche du banquet et la partie du devant de la branche , qui traverse les rivets des canons et qûi se trouve renfermée dans le banquet.
Diÿiltii l/j CjOO^Ic
Le bas de la branche , qui prend depuis le banquet jusqu’à la gargouille.
Les yeux de perdrix, troués de chaque côté des branches, pour passer le crochet et l’S,
Les petits trous, qui sont percés prés du banquet, au-dessus et au-dessous, sont destinés pour fixer les bossettes; ceux qui sont dans le bas de la branche, pour fixer les chaînettes.
La gargouille est cette partie vide , d’une forme ronde ou carrée , placée au bas des branches, les trous 'qui s’y trouvent percés servent à placer les tourets d’anneaux , de chaînettes et porte-rênes.
4® Les fonceaux , espèce de petite croix de Malte, qui s’enchâssent dans les rivets et qui recouvrent le banquet lorsque le mors est fini; ils contribuent à former cette partie ronde au banquet.
5“ La première chaînette est placée transversalement vers le bas des branches. La seconde est placée d’une gargouille à l’autre. La troisième est placée perpendiculairement depuis le milieu de la gourmette jusqu’au centre des première et deuxième chaînettes ; quelquefois l’on ne met que la deuxième pour maintenir le bas des branches; quand on met
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les trois, c’est pour empêcher le cheval de ’ prendre les branches du mors.
6° Les tourets d’anneaux , qui sont placés au bas de la gargouille par une tête roulante , et par l’autre bout arrêtent les anneaux.
7° Les anneaux porte-rênes , qui sont placés au bas de la gargouille sont maintenus par les tourets.
8° Le crochet , destiné à être passé dans l’œil gauche de perdrix , sert pour accrocher la gourmette,
9" L’S , pour passer dans l’œil droit de perdrix sert à arrêter la gourmette.
10° La gourmette composée de neuf mailles et de trois maillons , plus ou moins étendus selon la longueur de la gourmette. Le côté de la gourmette qui n’a qu’un maillon, est des^» tiné à être arrêté à l’S. Les deux autres maillons sont destinés à accrocher la gourmette au crochet et à la raccourcir ou à l’allonger.
Toutes les pièces détaillées ci-dessus, lorsqu’elles sont réunies, forment le mors de bride , que je réduis en trois parties principales , qui sont l’embouchure , destinée à agir sur les barres ; les branches en bras de levier , destinées avec le secours de la gourmette à faire faire effet à l’embouchure sur les barres ; la
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gourmette qui sert à contenir ce mors dans une espèce ,d’équilibre , est destiné à agir sur la barbe du cheval.
Dans ce traité d’embouchure l’on trouvera dix -huit espèces de mors; dans ce nombre, six suffisent pour emboucher presque tous les chevaux qui ont une l)onne bouche, quelques variations dans les parties qui les composent , causent un degré de sensibilité ou de fermeté plus ou moins prononcé, et auquel on peut remédier en choisissant dans les six mors celui qui convient.
Ces six mors sont : i° Le mors préparatoire , dont on doit se servir pour les jeunes chevaux , lorsque l’on commmence à les emboucher ;
Le mors à simple billot, branche à buade;
3® Le mors à gorge de pigeon , simple branche à tire-bouchon ( c’est le plus utile ) ;
4° Le mors gorge de pigeon , liberté montante , branche droite ;
5® Le mors gorge de pigeon talonné, liberté montante , et branche longue sur la ligne des fonceaux ;
6® Le mors militaire , dit à la Condé.
Sur les douze autres mors, dix peuvent servir, pour des bouches qui présentent des défauts qui empêchent que l’on ne puisse assu-
jettir le cheval avec un des cinq premiers mors. Les deux dont on ne devrait jamais se servir, sont le mors à la turc et le mors à crochet, qui ne sont placés dans cet ouvrage que pour faire voir leur structure, afin que l’on puisse juger des maux qu’ils peuvent causer sur la bouche d’un 'cheval, surtout sur celle des chevaux français.
Principes pour placer régulièrement le mors dans la bouche du cheval.
Le mors, de telle forme qu’il soit établi pour la bouche du cheval, doit être Irès-lé- • ger , afin qu’il n’agisse pas par son propre ' poids sur les barres ; que les deux canons soient bien égaux, pour porter également sur tous les points des barres où gît la sensibilité, lorsqu’il est placé dans la bouche du cheval ; les canons doivent toucher sur les barres , à un travers de doigt des crochets d’en bas , et ^ ne point toucher sur ceux d’en haut, qu’ils ne soient pas trop larges , parce qu’ils trébucheraient , et offenseraient les parties latérales externes des barres ; si le mors était trop étroit, il serait ce qu’on appelle noyé , parce que les lèvres recouvriraient le banquet et le bas des branches.
Si on le plaçait trop haut, il ferait froncer les lèvres et serait maintenu par la commis* sure des lèvres , son effet deviendrait presque nul , la gourmette se raccourcirait et le mors n’aurait plus de jeu , si le cheval ne soutenait pas un peu les canons avec ses lèvres, il porterait trop sur le haut des barres , lui causerait une douleur qui lui ferait secouer la tête pour s’en débarrasser.
S’il était placé trop bas, il porterait sur les crochets d’en bas , ferait la bascule et empêcherait la gourmette de faire son effet.
La gourmette doit être placée sur son plat, de manière que l’on n’aperçoive aucune des extrémités des mailles dont elle est form'ée; qu’elle ne soit pas trop courte , parce qu’elle ferait trop comprimer les barres et la barbe qui se trouve entre elle et les canons.
Si elle était trop longue , elle ne ferait pas d’effet et ferait basculer le mors.
Il faut donc que le tout soit établi et placé dans de justes proportions , pour pouvoir tirer parti des' propriétés du mors et qu’il ne devienne pas un obstacle à la marche et à l’instruction du cheval ; ce qui aurait lieu si quelques-unes des parties du mors le gênait et l’empêchait de le goûter et de donner librement dans l’appui.
De l'effet que produit le mors.
L’effet du mors est gouverné par les branches qui font l’effet de deux leviers , dont la partie inférieure forme la puissance , la résistance est formée par la partie supérieure des branches ; le centre du mouvement ou l’action du mors qui se communique sur la bouche du cheval , est formée par les points des canons qui portent ' sur les barres , ce mouvement se communique aussi à la gourmette, jusqu’à ce qu’elle soit à son plus haut degré de tension ; arrivée à ce point , elle augmente l’effet de la résistance , en resserrant toutes les parties de la bouche du cheval qui se trouvent entre elles et les canons , elle en augmente l’effet, parce que l’action de sa puissance est dépendante de sa tension et de son appui.
L’on peut augmenter l’effet de la puissance en donnant plus de longueur aux branches, depuis les fonceaux jusqu’à la gargouille , .et en dirigeant leurs parties inférieures en avant , ce qu’on appelle branches hardies ; l’on' diminué son effet , en tenant les branches courtes et en les dirigeant eu arrière par leurs par-
lies inférieures; ce que l’on nomme branches flasques.
L’on augmente aussi la résistance en donnant plus de longueur à la partie supérieure des branches , depuis les fonceaux jusqu’à l’œil de la branche.
Enfin l’on augmente et l’on diminue l’effet de la résistance en donnant plus ou moins de jeu à la gourmette , et selon sa forme ; la gourmette plate est plus douce que la ronde : l’on peut diminuer ou augmenter l’action de l’embouchure selon la conformation des canons.
L’on peut aussi augmenter l’effet de toutes les embouchures, telle forme qu’on leur ait donné, par le plus ou le moins de grosseur des canons. Les canons minces sont plus durs , parce qu’ils ne portent que sur peu de points des barres , leur appui est plus aigu que ceux qui ont plus de grosseur et qui portent et occupent une plus grande surface sur les barres.
L’embouchure rivée dans les branches , est plus dure que l’embouchure qui y est foncée, attendu qu’elle a plus de poids étant formée d’un morceau de 1er plein , que l’on contourne pour donner à l’embouchure la forme voulue ; tandis que dans l’embouchure foncée ,
les branches sont creusés, et par conséquent plus légères.
Si on voulait augmenter la grosseur des canons de l’embouchure rivée, pour qu’ils portassent sur plus de points, le but ne serait pas rempli entièrement, parce qu’on ne pourrait pas lui donner plus de volume, sans en augmenter le poids ; tandis que l’on peut augmenter la grosseur des canons de l’embouchure foncée, sans lui donner plus de poids, ayant soin de tenir la lame de fer qui formera l’embouchure plus mince. •>
L’on peut aussi augmenter i’effet du mors selon que l’on fait percer les yeux de perdrix , destinés à la place de l’S , et le crochet ; s’ils sont trop haut , ils font faire trop d’effet à la gourmette , qui n’agit plus en harmonie avec le reste de l’embouchure ; s’ils sont trop bas , ils laissent faire la bascule au mors , et si la liberté de langue est élevée, elle touchera au palais. Pour être bien, ils doivent être placés de manière qu’en tirant sur les rênes pour ' faire agir les branches , jusqu’à ce que la gourmette soit arrivée à son plus haut degré de tension , la partie inférieure des branches dépasse en arrière d’un pouce la ligne perpendiculaire donnée par’*la commissure des lèvres, le jeu des branches de la gourmette
et l’appui des canons sur les barres auront . alors un effet progressif.
Pour que le .cavalier fasse agir le mors avec justesse, dans la bouche d’un cheval qui a la tête bien placée, il doit tenir sa main de manière qu’elle forme un triangle avec le bas des branches et le haut de la tête du cheval.
Le cavalier &it agir le mors également chaque fois qu’il augmente la tension des rênes , qui attirent les bras de la puissance {^bas de^ branches) en arrière au même degré, dans ce moment la résistance {parties supérieures ^ des branches) est portée en avant, jusqu’à ce que la gourmette soit tendue au point nécessaire pour obtenir une légère pression des.canpos sur les barres et de la gourmette sur la barbe, qui fait obéir le cheval ; cette obéissance est plus ou moins prononcée selon le degré de sensibilité des barres et de la barbe et selon l’action de la main.
Si le cavalier ne fait agir qu’un seul bras de levier, eu tirant sur une rêne séparément ou à un plus haut degré , la compression n’aura lieu que sur les parties de la bouche qui se trouvent du même côté.
Lorsque le cavalier soutient la main en avant, pour enlever l’axant-main du. cheval, * le mors et la gourmette remontant un peu ,
font un effet qui excite le cheval à s’élever , mais qui produit peu d’efifet sur les barres, parce que la direction des rênes devient plus diagonale.
Si au contraire , il baisse la main eh tirant sur les rênes, leur direction devenant plus horizontale fait faire plus d’effet au mors , en attirant plus directement la partie inférieure des branches du mors en arrière.
’ Si dans la pose ordinaire de la main , le cavalier en tirant sur les rênes , arrondit un peu le poignet en rapprochant le petit doigt du corps, l’effet, .du mors a lieu progessivement et avec plus de douceur ; si au contraire , il ouvre le poignet , qu’il relâche le petit doigt en avant, l’effet devenant plus direct a plus de dureté. Voilà, en général, l’effet que font produire les rênes au mors sur là bouche d’un cheval , qui a la tête bien placée ; après cela , cette direction varie en raison de celle de la tête du cheval ,- du degré de sa sensibilité et de sa conformation , surtout pour les parties postérieures. ' • t
Des branches du mors et de leur direction.
11 y a donc plusieurs sortes de branches, connues sous différentes dénominations , dont *
la forme extérieure varie, qui ne sont que des nuances pour les faire distinguer des cinq espèces utiles; qui sont pour la direction, la première dite branche droite, ou ‘sur la ligne; la seconde brandie flasque, à buade ou à tire-bouchon , dont les bras sont dirigés en arrière ; la troisième dite branche hardie, dont les bras sont dirigés en avant; enfin deux autres branches pour la longueur , qu’on désigne par branche courte et branche longue ; toutes les autres dérivent de ces cinq espèces de branches , qui par leur direction et leur longueur, ont les moyens de donner plus ou moins de mouvement au mors, d’une manière bien distincte.
Les meilleures branches dont on doit se servir le plus ordinairement, sont les branches sur la ligne , d’une moyenne longueur ; celles qui sont encore sur la ligne , mais courtes , sont plus douces.
Les branches courtes et flasques sont encore plus douces.
Les branches longues et droites sont beaucoup plus dures.
Enfin la branche hardie est la plus dure de toutes, son effet augmente en raison de sa longueur et de sa direction en avant.
L’on voit des branches contournées de dif-
férentes manières pour plaire à l’oeil ^ pour s’assurer de leur juste direction, il faut tirer une ligne perpendiculaire à partir du milieu des fonceaux , en descendant pour voir si les tourets dépassent en avant ou en arrière le bas de cette ligne; s’ils dépassent en avant, ils entrent dans la catégorie des branches hardies , en arrière , dans celles des branches flasques. £n6n si le touret, par le contour de la branche, est ramené dans la direction perpendiculaire des fonceaux , elles sont dans Celles des branches sur la ligne.
Observatioks, ,
Il est bon d’observer que plus les branches ont de fer , plus elles deviennent dures ; aussi je vois avec peine que certains éperonniers pour vendre leurs mors , ont donné toutes sortes de figures aux branches en les contourliant de différentes manières, et par conséquent, chargent la bouche du chéval d’un fer qui lui est désagréable et nuisible , surtout' lorsque la main du cavalier agit indiscrètement en ne mesurant pas l’effet de sa main relativement au poids du mors , qui pèse déjà trop sur les barres. Ce défaut des branches est bien plus sensible avec un cheval qui a la
bouche fine, et qua%d il travaille à une allure soutenue, oubien, s’il est faible dans son arrière* main.
Planche première, n° i". ^
' 'Premier degré d’embouchure ou mon préparatoire.
Lorsque l’on veut emboucher un jeune chfeval , il faut lui donner le mors préparatoire , qui sert d’intermédiaire entre le bridon et le mors ordinaire, il reste encore à ce mors beau* coup de rapport avec le bridon , étant à canon brisé sur une ligne horizontale ; il prend quelque chose des autres mors par sa branche courte et sa gourmette plate. Voyez le modèle , Planche première.
Il est d’un effet très-doux pour le jeune cheval, il exempte de remplir la bouche de fer, comme on le fait quelquefois en mettant le gros bridon en même temps que le mors de bride , ce qui ne fait qu’embrouiller la sensibilité de la bouche et retarder le cheval dans son instruction au lieu de l’avancer ; je me suis servi de ce mors préparatoire avec succès dans les différens manèges , pour monter de jeunes chevaux et d’autres qui avaient trop de sensibilité ; l’on peut mettre le petit
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filet avec , pour alterner quelquefois. Ce mors est utile aussi pour les chevaux qui ont les barres élevées et tranchantes, la langue mince et le canal assez creux pour la loger ; ce mors s’emploie avec efficacité pour les chevaux qui ont la bouche égarée ; il leur fait prendre «de la confiance.
^R)rs à simple canon brisé et un peu montant;
branches à buades et fleuron; gourmette ra® 1®* (bis).
Ce mors est d’un degré au-dessus du mors préparatoire , il peut lui succéder lorsque le cheval commence à connaître. l’effet du mors; l’on peut se servir primitivement de ce mors en quittant le bridon , lorsque l’on rencontre une bouche commune dans le jeune cheval; les canons de ce mors doivent être plus gros près des branches , et aller en montant et en diminuant de grosseur vers le pli qui lie les deux canons , afin de les empêcher de faire trop d’effet sur les barres ; il habitue par degré le cheval à l’effet de l’embouchure et de la gourmette , les branches sont un peu plus longues que celles du mors préparatoire , mais elles sont sur la ligue; ce mors peut servir
pour refaire la bouche à des chevaux , qu’une mauvaise main aurait dérangée.
Mors à billot d’une seule pièce^ un peu ceintré au-dessus et au milieu de l’embouchure, n° 2.
Branches flasques à tire-bouchon , gourmette plate.
Ce mors s’emploie pour les jeunes chevaux après le mors préparatoire. Four les chevaux qui ont la bouche trop sensible , l’encolure de cerf, les reins ainsi que les jarrets faibles ; la situation de ce mors dans la bouche du cheval , ne lui laisse faire que peu d’effet sur les barres * en portant davantage sur la langue , son impression étant très - légère sur les parties sensibles , le facilite à prendre un léger appui, ne le rejetant pas trop sur l’arrièremain, l’habitue à goûter le mors et à prendre de la confiance dans la main. Ainsi il convient pour les chevaux qui ont l’encolure élevée et bas du derrière, ou qui sont faibles dans cette partie.
Mors gorge de pigeon simple; branches sur la ligne et à tire-bouchon; gourmette plate ^ /ï“ 3.
Ce mors s’emploie le plus ordinairement pour les chevaux dont les -barres sont sensibles, la langue épaisse et le canal pas assez creux pour la loger, afin qu’il porte autant sur la langue que sur les barres, sans leur faire éprouver aucune gêne, ni trop, de pression sur ces dernières ; attendu que si la main venait à agir avec trop de force, la langue puisse, en soutenant l'embouchure, amortir son effet sur les barres sans l’interdire entièrement; cette impression étant partagée, facilite la compression de la gourmette sur la bacbe , au degré nécessaire.
J’observe que s’il y avait moins de liberté de langue, les .canons n’agissant pas du tout sur les barres , le cavalier serait obligé d’augmenter l’effet de la main, pour trouver le degré de sensibilité; la langue résistant toujours, ferait faire alors trop d’effet à la gourmette.
Ce mors, par sa bonne conformation , est celui dont on se sert le plus ordinairement; il convient à tous les chevaux qui ont une bonne bouche , c’est le mors doux au premier degré , que l’on peut employer dans les régi-
mens , pour les chevaux que l’on met à l’escadron; les. trois premiers dont je viens de parler, peuvent être employés dans les régimens pour les jeunes chevaux comme mors progressif, et pour les bouches trop sensibles ou égarées.
Mors gorge de pigeon^ liberté montante; branches droites à tire-bouchon^ n° 4-
Ce mors fait plus d’effet que le précédent , attendu sa liberté montante, qui empêche la langue de couvrir les barres en soutenant l’embouchure ; l’on peut donner ce mors à un cheval qui a la bouche plus ferme et qui a les barres rondes ou charnues; la direction des canons montans fait alors son effet plus rapproché des bords extérieurs des barres, qui sont moins charnues dans cette partie et reçoivent l’impression désirée. Ce mors convient aussi aux chevaux qui ont la langue épaisse, et qui recevant beaucoup de liberté, ne contrarient pas l’effet des canons ; ce mors fait soutenir les chevaux communs qui cherchent à peser à la main ; c’est cette embouchure qui convient aussi dans les régimens , pour le mors du second degré; l’on peut alors modifier ou augmenter son effet, selon la lon-
gueur et la direction que l’on fait donner aux branches.
Mors bec de canne ou pas d’âne; branches sur la ligne ; gourmette ronde, n° 5.
L’on emploie ce mors pour les chevaux qui ont la bouche peu fendue , les barres sensibles, la barbe ronde et charnue, afin que le mors portant beaucoup sur la langue, prenne un point d’appui •• nécessaire pour que les branches puissent faire agir la gourmette sur la barbe qui est dure ; si les canons portaient trop sur les barres et pas assez sur la langue , la main ne pourrait pas augmenter son effet , pour faire agir la gourmette au degré désiré.
Dans la construction de ce mors, il faut éviter de faire prendre à l’embouchure la forme d’un angle aigu, afin que la partie supérieure n’offense pas le palais; mais bien celle d’un angle obtus.
L’on voit à ce mors la forme des chaînettes , destinées à empêcher le cheval à prendre les branches du mors.
Mors gqfge de pigeon talonné; branches cour-
tes à tire-bouchon ; gourmette plate ^ 6.
L’usage de ce mors a pour’objet d’agir sur la bouche d’un cheval qui a les barres rondes , la barbe sensible ; les canons de ce mors étant talonnés, agissent tout en plein sur les barres du cheval, les talons contiennent la langue dans la liberté et l’empêchent de soutenir l’embouchure en laissant faire aux canons tout l’effet désiré.
Les branches courtes et le manque d’appui des canons sur la langue , font que la gourmette ne fait qu’un effet très -doux sur la barbe , tandis que les canons eu font -assez sur les barres.
Si la gourmette Élisait encore trop d’efifet, il faudrait la garnir d’un cuir.
L’on emploie aussi ce mors pour les chevaux qui portent la tête basse , pour leur Élire soutenir.
Si l’on donnait à ce mors des branches longues et hardies, il deviendrait très-dur.
Mors militaire, dit à la Condé, en usage actuellement dans toute la cavalerie Jmnçaise^ RO 6 (bis).
Ce mors à gorge de pigeon, liberté montante, gourmette ronde, est bon pour emboucher un cheval qui a une sensibilité de bouche ordinaire; le contour de ses branches lui donnant plus de pesanteur qu’à un mors dont les branches comportent moins de fer, le rend plus dur, surtout lorsque l’embouchure est rivée dans les branches; je conseille donc, pour eti diminuer le poids, d’exiger des éperonniers qui doivent les confectionner, de faire des embouchures foncées et de donner plus de' grosseur aux canons, d’adopter la gourmette plate, ce qui soulagera beaucoup la bouche du cheval.
Il existe au bas des branches une barre qui maintient les deux branches ensemble, et donne au mors de' troupe plus de solidité que les petites chaînettes dont on faisait usage autrefois et qui se cassaient continuellement.
En conservant les branches pour runi£>rmité et le coup-d’œil extérieur, l’on peut diminuer leur effet en contournant les branches de manière à diriger les porte-rênes plus en arrière , ce qui rendra les branches flasques.
L’on peut aussi en conservant ce modèle de branches, faire mettre , si la bouche du cheval l’exige, une embouchure plus douce que celle indiquée.
Observations
Sur l’embouchure relativement aux chevaux de troupe. *
J’ai remarqué autrefois dans les régimens, que les mors que l’on recevait , avaient presque tous la même embouchure et le même degré de dureté ; commentavec de pareils mors pouvait-on emboucher toutes sortes de chevaux; on ne devait s’occuper que de voir si le mors était trop large ou trop étroit , puis de la longueur de la gourmette , pour le placer dans la bouche du cheval ; l’on ne pouvait pas avoir égard au degré de sensibilité de la bouche, puisque c’était, à peu de chose près, le même genre d’embouchure , même direction de canon , même liberté de langue , même longueur et même direction des branches , enfin même gourmette , ce qui ne pouvait convenir également à tous les chevaux. Aussi voyait-on , dans les manœuvres, des cavaliers dont les chevaux étaient embouchés avec des' mors qui ne leur convenaient pas , ne pas bien conduire
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leurs chevaux, quelquefois être emportés sans pouvoir les arrêter ; tout venait en grande partie de l’embouchure , qui ne convenait pas au cheval, qui lui causait une douleur si vive qu’il en perdait la tête , et finissait par se sauver en croyant s’y soustraire. Dans cette circonstance , le cavalier augmente la douleur en vou- Jant maintenir ou arrêter son cheval.
Je désirerais donc que dans chaque régiment de cavalerie, en conservant ce même modèle de branches, dit à la Condé, il y ait trois espèces d’embouchures : la première, la plus douce , gorge de pigeon , simple gourmette plate , la branche flasque , pour emboucher les chevaux qui ont la bouche sensible ; la seconde , gorge de pigeon , liberté montante , le bas de la branche rentrant plus près de la ligne perpendiculaire ; la troisième, la plus dure , serait embouchure gorge de pigeon talonnée , plus de liberté de langue qu’à la précédente , le bas de la branche se terminant sur la ligne des fonceaux. Avec ces trois sortes d’embouchures , l’on emboucherait presque tous les chevaux d’un régiment , convenablement, à moins qu’il ne se présente des défauts dans les parties de la bouche de quelques chevaux qui exigeraient une embouchure extraordinaire; alors tout en con-
servant encore le même modèle de branches , il faudrait ordonner celle qui conviendrait suivant les circonstances. Ce ne serait toujours qu’un très-petit nombre, attendu que dans l’espèce des chevaux qui conviennent pour la troupe , les bouches sont généralement d’une sensibilité plus’ordinaire que les chevaux des officiers , lorsqu’ils sont bien choisis.
Je voudrais aussi qu’oti numérotât les mors , soit dans chaque escadron, ou sur la tota* lité du régiment. Ce même numéro serait inscrit sur un registre , ainsi que le signalement du mors , afin que lorsque l’on serait pour emboucher les jeunes chevaux , l’on puisse de suite, après l’examen de la bouche, trouver dans les trois genres de mors celui qui convient à chaque cheval. Ce numéro pourrait servir aussi à reconnaître les mors lorsqu’on les mêle ensemble pour les Êiire étamer.
Je sais bien qu’il serait difficile dans les régimens d’avoir beaucoup de sortes d’embouchures , surtout ne pouvant pas les renouveler à chaque remonte, et qu’il faut que les mêmes mors servent jusqu’à ce qu’ils soient mis hors de service. Mais au moins il fafh en avoir de plusieurs sortes, attendu que le même degré de sensibilité . de bouche et sa conformation
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n’est pas la meme chez tous les chenaux. Ce qui peut convenir à l’un ne convient pas à l’autre. Beaucoup d’offîciers instruits ont lait comme moi cette observation. • •
Mors pied de chat ; embouchure rivée dans les branches; à branches courtes et hardies; gourmette ronde, n° 7.
Ce naors est applicable aux chevaux qui pèsent à la main en s’encapuchonnant, en cherchant à appuyer les branches du mors contre leur poitrail; aux chevaux qui sont bas du devant qui s’.abandonnent sur les épaules , l’élévation de la liberté de langue et la direction des branches, ramène la tête du cheval, le fait soutenir, et avec le temps finit par l’asseoir.
Mors col d'oie; embouchure rivée dans les branches; branches langues et hardies; gourmette ronde, n° 8.
Ce mors est destiné pour un cheval qui porte le nez au vent, qui a les barres rondes et charnues, ht barbe dure qui s’en va sur la main en tendant le nez ; les branches longues et hardies de ce mors facilitent à raineqer le
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cheval, à le faire donner dans la main ; l’eatbouchure rivée dans les branches a plus de force ; les canons étant plus minces font plus d’effet sur les barres. Il faut avoir soin de tenir la main basse, l’on contraindra progressivement le cheval à ramener et à rapprocher sa tête de la ligne perpendiculaire.
J’observe que, pour agir avec connaissance de cause , l’on doit bien examiner le.s parties de la bouche du cheval auquel l’on yeut appliquer ce mors, pour s'assurer si le défaut dont je viens de parler ne provient pas de trop de sensibilité de la bouche qui fait porter au cheval le nez au vent pour se soustraire à l’action de l’embouchure. . .
Mors col d'oie à olive; embouchure rivée les branches et talonnée ; branches longues ■et hardies, n° 9.
Ce mors ne convient que pour les vieux chevaux qui ont la bouche très-dure , les barres qui sont usées par l’emploi de mors qui ne leur convenaient pas, et par de mauvaises mains qui se sont succédées et ont abîmé la bouche du cheval, et fait perdre toute sa sensibilité ; ce mors qu’il ne faut employer qu’à la dernière extrémité, peut encore réveiller un peu de
sensibilité, en agissant sur des points qui n’ont pas autant soufïert.
Ce mors est aussi bon pour les chevaux qui s’arment de la bride : le jeu des olives les en empêche.
Les olives par leur jeu rafraîchissent la bouche du cheval , réveillent, sa sensibilité ; elles remplissent aussi les barres qui sont creu> ses, soit naturellement ou plus souvent par les accidens occasionés par de mauvaises mains.
Mors à berge; embouchure foncée } col d'oie talonné branches hardies y gourmette ronde ^ lo.
Ce mors doit s’employer pour les chevaux qui s’arment de la lèvre, c’est-à-dire pour les chevaux qui placent leurs lèvres entre les canons et les barres, et pour celui qui a des carnosités entre les barres et les lèvres; la berge chasse les lèvres et les carnosités en dehors, en découvrant les barres, facilite l’embouchure à &ire son effet sur la partie sensible de la bouche.
Mors gorge de pigeon renversée ; branches sur la ligne; gourmette plate ^ n“ 1 1.
Ce mors est utile pour un cheval qui passe $a langue. par dessus l’embouchure, le haut
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de liberté de langue doit former un demicercle renversé en avant, le dessous de la partie cintrée vers la langue , et le dessus , dans la direction du palais ; ce mors n’est indiqué que pour corriger le défaut de passer la langue par dessus l’embouchure, ensuite pour l’effet qu’il doit produire sur les barres et la barbe. L’on doit se régleî^ sur leiHf degré de sensibilité, pour donner la grosseur aux canons, la longuetur et la direction aux branches, la gourmette plate ou ronde, selon comme la bouche se trouve plus ou moins bonne, (^oj^, le n“ 1 1 bis. )
Ecumoire à hotte pour les chevaux qui laissent • pendre leur langue perpendiculairement,
L’on rencontre quelquefois un très -bon cheval que l’on veut conserver, mais qui a le défaut désagréable de laisser pendre sa langue bore de sa bonche , lorsqu’il est bridé ; pour y remédier, il faut faire adapter au haut et endessous du milieu de la liberté de langue, l’écumoire à hotte, pour y faire entrer la langue , lorsque l’on bride le cheval ; l’écumoire doit être établie de manière à contenir la langue du cheval sans le gêner, les trous que l’on y
aperçoit, sont faits pour donner passage à la salive.
L écumoire à pli pour les chevaux qui laissent pendre la langue de côté^ «" i3.
L’on doit, pour le cheval qui laisse pendre sa langue de côté, le servir^pour y remédier, de l’écumoire à pli, que l’on adapte par sa partie supérieure à la liberté de langue, en dirigeant sa partie inférieure du côté où le cheval laisse pendre sa langue; il faut que le haut de l’écumoire qui tient à la liberté, ait du jeu, pour ne pas empêcher l’action du mors.
L’on peut employer les deux sortes d’écumoires avec presque toutes sortes d’embouchures, elles n’ont d’autre effet que de retenir la langue dans la bouche du cheval; les bons éperonniers savent bien comment ib doivent les établir.
Mors à la turque, n° il\.
Ce mors dont se servent les Turcs, et particulièrement les Mamelucks, est tout ce que l’on a pu inventer de plus dur, ses canons montant par leur direction , ne pcu'tent que
sur la partie la plus saillante des barres, font un effet des plus durs; la liberté de langue étant très-élevée, n’a point du tout d’appui sur la langue , qui ne peut pas soulager les barres, le haut de la liberté par le secours d’une olive roulante , tient la gourmette qui est d’une seule pièce, formant un ovale tronqué, dans lequel on fait entrer le bas de la mâchoire postérieure. Deux chaînettes qui tiennent aux branches et à la gourmette, empêchent cette dernière de remonter, et la maintient pour la faire agir sur la barbe. Les chaînettes servent aussi à empêcher le cheval de prendre les branches du mors. Les branches sont longues, par coiisj^quent forment un bras de levier des plus forts, et font faire un effet terrible à la gourmette et aux canons.
Ce mors ne convient nullement pour les chevaux français ; lorsque l’armée est revenue d’Egypte, l’on avait formé un corps de cavalerie dont les chevaux étaient embouchés) avec de tels mors ; mais l’on a eu bientôt rroné l’arrière-main , et abîmé la bouche des chevaux français, de façon que l’on a été obligé de le supprimer: ce genre de mors ne peut convenir qu’aux chevaux arabes et titres, qui ont des jarrets de fer, si l’on peut se servir de cette expression.
Mors à crochet} branches brisées } gorge de pigeon talonnée } gourmette ronde , n° i6.
Ce mors , dont se servaient les anciens , est des plus durs , on ne doit s’en servir que dans des cas très-extraordinaires, où par exemple l’on rencontrerait un cheval dont la bouche serait extrêmement dure, auquel on aurait essayé tous les mors dont il a été question , excepté le mors à la turque, sans avoir obtenu un bon résultat.
Ce mors peut' surtout s’employer pour les chevaux qui ont la barbe ronde etpresqu’insensible; la partie supérieure des branches est rivée avec l’embouchure; la partie inférieure joue entre les canons et le banquet , les parties qui forment le bas des branches lorsque le mors est dans la bouche du cheval , sont dirigées en avant; à leur partie supérieure , se trouvent les deux crochets dirigés en arrière pour accrochèr la gourmette, lorsque l’on tire sur les rênes pour faire agir le mors. La résistance s’opère plus particulièrement par l’appui de la gourmette sur la barbe , ce n’est que lorsqu’elle est tendue à un haut degré, que les canons opèrent; mais, je le répète, ce
n’est qu’après avoir échoué avec les embouchures douces que l’on doit avoir recours aux “mors durs.
Caveçon dit à V italienne ^ n° i6.
Ce caveçon ressemble beaucoup au caveçon ordinaire, excepté qu’il est armé de dents à sa partie intérieure, destinées à agir sur le chanfrein du cheval , au lieu d’un seul anneau, au milieu , il existe deux branches d’environ deux pouces de long , au bout desquelles il y a deux anneaux pour passer les rênes; ces branches doivent être dirigées diagonalement en avant et sur le côté.
Ce caveçon peut s’employer pour les chevaux que l’on dresse , et qui bourrent en avant, sans que l’action des bridons puisse les maintenir; il sert aussi avec succès aux chevaux qui ont le vice de vouloir mordre les jambes du cavalier, et à ceux qui ont le défaut de ployer leur encolure en tournant la tête de droite et de gauche pour se soustraire à l’action du mors de bridon ou de bride; l’on feiit agir la rêne du caveçon du côté opposé où le cheval tourne la tête; parce moyen, l’on ne craint pas de gâter la bouche du cheval , en voulant lui replacer la tête lorsqu’il résiste
à l'effet des mors; au fur et à mesure que le cheval cède, l’on peut diminuer l^ction de ce caveçon, en le garnissant pour anïorlir ou faire cesser l’effet des dents; on doit avoir soin, avec de tels chevaux, de faire sentir alternativement l’effet du bridon et du cavcçon, afin que, par degré , l’on finisse par les faire obéir avec les bridôns seuls. J’ai vu dans le royaume de Naples, obtenir de bons résultats en employant ce caveçon avec des cheyaux méchant;
L’on peut aussi avoir des caveçons sans être dentelés, avec des branches pareilles, pour quelques jeunes chevaux auxquels le mors de bridon causerait de l’inquiétude; on peut leur laisser le bridon dans* la bouche et ne s’eu servir que par degré, afin de les y accoutumer, en eatremêlant l’action du caveçon et du bridon-
, . Des mors de bridons et de filets^ n° l'j.
Il y a trois espèces de bridons , le premier qui est en usage dans tous les régiraens de çav^rie, se nov^me bridon d’abreuvoir ou gros bridon ; le second se nomme bridou à l’aivglaise ou bridon double ; les deux mors de ce dernier ne sont pas de la même grosseur ,
le plus petit sert à venir au secours du gros s’il venait à casser , on s’en sert aussi pour rafraîchir la bouche du, cheval en le faisant jouer moelleusement; l’on fixe les rênes plus courtes au plus petit, afin que leur longueur n’embarrasse pas le cavalier. Quelquefois le plus gros des mors est taraudé , il fait alors beaucoup plus d’effet que s’il était uni, il peut même abîmer les barres si l’on s’eu servait incouséquemment ; pour éviter cet inconvénient, il vaut mieux qu’il n’y en ait pas dans les écuries, pour que les palefreniers ou cavaliers ne s’en servent point et ne causent pas des accidens sur la bouche des ehevaux; cette mode nous vient des Anglais, mais elle n'en est pas meilleure pour cela. ,
Les mors de bridon , sont composés de deux canons, joints ensemble par une espèce de charnière, que l’on nomme pli, de deux ailes, dcmt leur centre forme deux anneaux, qui serve^nt en même temps de porte-rênes et de porte-mors; quelquefois l’on fiote la .partie supérieure des deux ailes au montant du bridon par une petite enchapure; mais ce moyen a l’inconvénient de gêner le jeu du bridon , il vaut mieux que les ailes soient libres.
Le mors de filet est plus mince que le mors
de bridon , il n'a pas .d’aile , il n’a que deux anneaux qui servent de porte -rênes et de porte-mors en même temps , quelquefois Fembouchure de certain filet est de trois pièces , il y a un prolongement brisé des deux canons , par deux plis ; ce mors donne un peu plus de liberté à la langue , mais il a l’inconvénient, lorsque l’on scie du filet, d’oôenser les barres si les plis viennent à porter de^ sus ; je préfère la forme du premier.
Observations.
Si un cheval a une barre plus dure que l’autre, ce qui se rencontre quelquefois, il faut alors diminuer la grosseur du canon qui porte sur la barre dure , ou augmenter la grosseur du côté de la barre sensible.
Si le cheval avait une barre creuse ou rompue, il faudrait placer, au canon qui est de ce côté , une olive fixe , qui remplirait la cavité et empêcherait le mors de trébucher.
Si dans cette cavité il y avait une grande douleur, causéè par quelque partie saillante de la barre , il faqdrait donner assez de surface au canon de ce côté, pour qu’il n’entre pas dans la cavité et qu’il porte sur les par-
lies de la barre qui ne sont pas endon»magces.
Lorsque l’on voit que le cheval .secoue la tête , c’est un signe que le mors le gêne ; il faut alors corriger l’embouchure, jusqu'à ce qu’on l’ait rendue plus commode.
Je fais observer que tous les principes que je viensde détailler dans cette instruction sur l’embouchure , deviendront en grande partie nuis, si la main du cavalier n’est pas bonne ; s’il agit avec trop de force ou trop brusquement; s’il saccade continuellement, et qu’il ne fasse pas prendre à sa main la direction que prend une bonne main dans toutes ses opérations : le mors le plus doux étant mis en action par une telle main , devient le plus dur.
Une bonne main , au contraire , peut modifier beaucoup l’effet d’un mors dur, en agissant avec beaucoup de douceur et de progression. Une bonne main doit être légère et assurée.
Noxjk. Je rappelle encore qne les embouchures dures dont il est fait mention dans cet ourrage, ne sont pas pour en faire un usage ordinaire, mais bien pour s’en servir dans les cas extraordinaires ; c’est aussi pour en faire connaître la forme et pour les rejeter, si l’on venait à en présenter pour emboucher un cheval qui aurait une bonne bouche; je recommande
de nouveau , de commencer tonjoura à emboucher un cheval avec le mort le plus doux, surtout les jeunes chevaux ; quelquefois même Ton peut refaire une bouche gîtée avec uu mors très-doux, en mettant beaucoup de patience et de douceur, vrais moyens d’obtenir du cheval une parfaite obéissance quand il en a la faculté.