‹ Traité signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 19 sur 71 · AFFAISSEMENT DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

AFFAISSEMENT DE LA CORNÉE

un commencement de dilatation qui annonce une mort imminente, en quelques secondes peut-être, il faut se hâter de finir et de placer la canule qui doit faciliter l'exercice de la respiration.

C. De l’affaissement des yeux et de la formation d’une toile glaireuse sur la cornée.

Ces phénomènes ne se rapportent que d’une manière très éloignée , il est vrai, à la cessation des fonctions du cerveau, mais j'ai cru qu'il était convenable d’en parler ici, à cause du moment de leur apparition, lors de la dernière et violente contraction musculaire de l’agonie et parce qu'il vient déjà d’être question de phénomènes relatifs à des modifications du globe oculaire.

Louis, dans ses Lettres sur la certitude des signes de la mort, parait attacher beaucoup d'importance aux caractères qui résultent de l’examen de l'œil, et, chose extraordinaire, il à observé cet organe avec soin sans être frappé des changements survenus dans les dimensions de la pupille. Ge qu’il y à vu lui suffit néanmoins, pour l’autoriser à dire que l’examen des yeux d’un sujet peut fournir les preuves les plus évidentes de la mort. L'allaissement de l'organe, et la toile glaireuse de la cornée en sont les signes caractéristiques.

L'auteur dont je parle a eu parfaitement raison de s'exprimer ainsi, et son opinion, qu’appuient, à la fois, l’expérience des faits et l'autorité d’un juste et immense renom, l’emporte sur l’avis contraire, soutenu avec talent par MM. Orfila et Devergie dans leurs traités de médecine légale.

Sténon, dans son Traité des glandes et des muscles, avait déjà fait quelques observations à cet épard : il avait signalé les porosités de la cornée, mais sans prendre le soin de bien établir leur existence. Ce n’est que plus tard qu'on parvint à compléter cette expérience, et Winslow, en pressant après la mort sur le globe oculaire, a vu suinter, au travers de lacornée, la sérosité plastique qui sé concrète et forme la toile glaireuse dont nous parlons. (Mémoires de l’Académie des sciences , 1724). Mais ce que Winslow a produit par la pression du globe oculaire , la convulsion de l’agonie qui entraîne lœil en arrière, et le comprime au fond de l’orbite, ne peut-elle pas le produire ? Je n’y vois aucun obstacle et c’est de cette manière, je crois, qu’il faut expliquer la formation de ce voile de la mort.

Quoi qu’il en soit, le fait indiqué par Winslow fut recueilli par les physiologistes , et 1l devint l’objet des commentaires les plus variés et dés re-

Page 1