XIV. Mort apparente
« Un maître d’hôtellerie de la ville de Clèves tomba dans une telle syncope à l’occasion d’une maladie aiguë et violente, qu’on l'aurait enterré si M. Jean Wier ne l'eût rappelé à la vie, en le tenant chaudement au lit, mettant au malade des épithèmes sur le cœur et aux poignets, et lui faisant avaler par intervalle quelques gouttes de médicaments corroboraux ; toutes manœuvres qui divertirent les assistants aux dépens du médecin , jusqu’à ce que le succès cut justifié leur utilité (2). »
(4) Bruhier, Additions, t. I, p. 113, 4114.
(2) Brubhier, Additions, t. I, p. 145, 446.
OBSERVATIONS DE MORT APPARENTE. 287 XV. Mort apparente ; inhumation précipitée,
« La Bourgogne, et surtout la ville de Dijon , fut ravagée d’une peste si meurtrière en l’année 4558, qu’on n'avait point le temps de creuser une fosse pour chaque mort. On en fit donc de très vastes qu’on remplissait de corps. Dame Nicole Lentillet eut le sort commun, et après quelques jours de maladie tomba dans une syncope si violente qu’elle fut jugée morte, et enterrée dans une fosse commune. Le lendemain de son enterrement, au matin, elle revint à elle, fit des efforts pour sortir ; mais sa faiblesse et le poids des corps dont elle était couverte l'en empêchèrent. Elle resta dans cette horrible situation pendant quatre jours, que les enterreurs venant pour mettre d’autres corps dans Ja fosse, la dégagèrent et la reportèrent chez elle, où elle se rétablit parfaitement (1).
Comment se fait-il que les fossoyeurs qui avaient à peine le temps de creuser la terre pour y déposer les victimes de la peste , soient restés quatre jours sans entrer dans le cimetière apporter d’autres corps pour les placer dans la fosse commune ?