LV. Mort apparente; inhumation ; retour à la vie
« Le 15 octobre 1842, un cultivateur des environs de Neufchâtel { Seine-Inférieure) monta dans un fenil au-dessus de sa grange, pour se coucher, comme à l’ordinaire, au milieu du foin. Le lendemain matin, l'heure habituelle où il se levait étant passée, sa femme voulut reconnaître le motif de son retard ; elle alla le joindre et le trouva mort; ses cris attirèrent le voisinage : on s’empressa, on voulut tenter quelques secours, mais en vain. Enfin la mort ayant été constatée, on ensevelit le corps et on Île laissa dans l'endroit même où l’événement avait eu lieu. Plus de vingt-quatre heures après, le moment de l'enterrement étant arrivé, les porteurs chargés des sépultures le déposèrent dans une bière qui fut fermée, et se mirent à descendre lentement, en portant le cercueil , une sorte d'échelle. Tout à coup un des échelons vint à casser, et l’on vit rouler ensemble et les porteurs et le cercueil, qui s’ouvrit dans sa chute. Cet accident, qui aurait pu être fatal à un vivant, devint au contraire favorable au mort, qui, réveillé de sa léthargie par la commotion, revint à la vie et s’empressa de se débarrasser de son linceul, aidé par ceux des assistants que sa résurrection imprévue n'avait pas mis en fuite. Une heure après, il reconnaissait tous ses amis , ne se plaignait que d’un peu d’embarras dans la tête ; €t, le lendemain, il se sentait en état de reprendre ses travaux (1). »
(1) L. Lenormand, loc, cit, p.75.