‹ Traité signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 49 sur 71 · LVI. Mort apparente; inhumation · texte numérisé non relu

LVI. Mort apparente; inhumation

« À peu près à la même époque , un habitant de Nantes succomba après une longue maladie. Les héritiers firent faire un magnifique enterrement, et pendant qu’on chantait un Zequiem, le mort revint à la vie et s’agita dans son cercueil placé au milieu de l’église, Transporté chez lui, il recouvra bientôt la santé. Quelque temps après, le curé, qui ne voulait pas perdre le prix des funérailles qui lui avaient été demandées, adressa une note assez lourde à l’ex-mort, qui refusa de payer, et renvoya le curé aux héritiers qui avaient ordonné le convoi, Il en est résulté un procès au sujet duquel les feuilles publiques se sont longuement égayées (1). »

LVIT. Mort apparente.

«Un fait analogue au précédent avait eu lieu à Clermont- Ferrand, en 1773. Un voyageur, qui s'était arrêté dans une auberge, fut trouvé dans son lit, frappé de mort subite. On appela le curé, qui fit inventorier les effets, parmi lesquels était une bourse contenant cent louis et dont il s'empara. En retour, il prépara un enterrement pompeux, auquel il appela tous les ecclésiastiques du voisinage, qui furent conviés à un splendide festin, pour clore dignement la cérémonie. Cependant on avait compté sans le mort, qui revint à la vie au moment d’être enterré. Le curé chercha alors à lui persuader qu'il devait payer les frais des préparatifs faits en son honneur ; mais en vain il invoqua, pour stimuler sa générosité ,

(1) L. Lenormand, loc. cit,, p. 76, #

les sentiments de bonheur et de reconnaissance que devait exciter en lui sa résurrection : le voyageur se montra obstiné et exigea impérieusement son argent qu’il fallut bien lui rendre (1). »

LVIIT, Mort apparente , inhumation, incendie du cercueil : résurrection,

€ Dans le courant de l’année 1842, un habitant d’une des communes du département dela Charente-Inférieure, succomba Après une maladie de peu de durée. C’était un simple garde champêtre, sans famille, sans aisance, sur lequel aucune larme n’avait été versée. À peine refroidi, son corps est extrait de son lit, et déposé sur une paillasse recouverte d’un mauvais drap. Une vieille femme salariée est chargée de garder ce pauvre lit mortuaire pour se conformer à l'usage de la veillée du mort. Aux pieds du corps se trouvait une branche de buis plongée dans un vase rempli d’eau bénite, et un cierge de cire Jaune, destiné à éclairer cette lugubre scène. Vers le milieu de Ja nuit, la vicille gardienne, cédant à un insurmontable besoin de sommeil, s’endormit profondément. Deux heures après, elle s’éveillait au milieu des flammes d’un incendie qui avait gagné ses vêtements. Elle s’élança dehors, appelant au secours de toutes ses forces ; et les voisins, accourus à ses cris, virent bientôt sortir de la masure enflammée un spectre nu, se traînant avec peine sur ses jambes couvertes de brûlures. Pendant le repos de la vicille femme, une flammèche était probablement tombée sur sa paillasse, et l'incendie développé

(1) L. Lenormand, Loc, cit., p. 76.

OBSERVATIONS DE MORT APPARENTE, 341 avait à la fois rappelé la gardienne de son sommeil et le

garde champêtre de sa mort apparente, Celui-ci, secouru à temps, guérit de ses brûlures, et fut rendu à la santé (1). »

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