‹ Traité signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 53 sur 71 · LXVI. Mort apparente après une submersion de trois jours · texte numérisé non relu

LXVI. Mort apparente après une submersion de trois jours

« M. Tilasius, bibliothécaire de la bibliothèque royale, a écrit l’histoire d’une femme qui avait resté trois jours entiers sous l’eau , et qu’on avait fait revenir à peu près

de la même manière que le jardinier. Elle était alors encore pleine de vie (2). »

(1) Bruhier, Additions, t. I, p. 125.

(2) Brubier, Additions, tom, I, p. 426.

LXVIT. Mort apparente après une submersion de sept semaines.

«On peut joindre à cela le témoignage du seigneur Burmannus, qui a assuré en notre présence el en celle d'un seigneur très distingué, qu’il avait entendu une oraison fnnèbre qu’on fit dans un village nommé Boness, dans Ja paroisse de Pithovie. Après que le prédicateur eut raconté plusieurs faits et gestes du défunt, qui était un vieillard septuagénaire, nommé Laurent Jonas, il entendit dire au panégvriste que cet homme s'était noyé à l’âge de dix-sept ans, et (quel prodige !) qu'ayant été tiré de l’eau sept semaines après, on le fit revenir, et qu'il se porta bien ensuite (1). »

LXVIIT, Mort apparente après une submersion de neuf heures,

« M. d'Égly, de l’Académie royale des inscriptions et belles-lettres, m'a raconté la manière dont il a sauvé la vie à un Suisse qui faisait le métier de plongeur, et qui, se fourrant dans les trous qui servent de retraite aux plus gros poissons, se faisait par ce moyen un revenu assez considérable.

» Ayant eu ordre un jour de pêcher pour une compagnie qui voulait se régaler à dîner, il promit de fournir un beau plat de poisson. Les parties intéressées l’accompagnèrent jusque sur le bord de la rivière, où, l'ayant vu plonger , ils se retirèrent comptant sur l’accomplissement de sa parole. Cependant l'heure du dîner vint sans qu’on entendit parler du Suisse.

» La moitié de l'après-midi s'étant passée de même,

(1) Bruhier, Additions, tome I, page 127.

on fut à la rivière "pour savoir la raison de ce retardement. Ses habits trouvés sur le rivage donnèrent plus que du soupçon du malheur qui lui était arrivé. On fit fouiller avec des crocs dans l’endroit où on l'avait vu plonger. On le sentit, après l'avoir blessé en plusieurs endroits, et on réussit enfin à le tirer de l’eau.

» Sur le fondement que le pêcheur était submergé depuis environ neuf heures, le curé du lieu , qui était présent , voulait le faire enterrer tout de suite , etill’eût été sans l'opposition de M. d'Égly, qui, sur ce qu'il voyait bouillonner l’eau qui sortait de la bouche de ce malheureux, soutint qu'il n’était pas mort. Il attribuait avec raison ce bouillonnement à un reste de respiration.

» Cette observation fit impression sur les spectateurs. On porta le Suisse dans une maison où, après l'avoir étendu sur Ges tabourets, on lui serra le ventre pour l'aider à rejeter l’eau qu'il avait avalée. Quand il en eut rendu une assez grande quantité en trois quarts d'heure, ou environ, il fit un mouvement de la jambe qui mit en évidence qu’il était encore vivant. On l'enveloppa de linges chauds pour le réchauffer peu à peu, puis on le transporta dans un lit bien chaud, où la vie s'étant manifestée de plus en plus, on risqua une ample saignée. Elle fut suivie d’un soupir, puis de la connaissance +.0t peu de temps après d’une guérison parfaite.

»Ge service important fit sur le Suisse l'effet qu'il devait produire ; il n’a jamais rencontré depuis ce temps

M. d'Égly sans lui donner des marques de sa reconnaissance (1). »

(1) Bruhier, Additions, t, I, p, 130.

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