‹ Traité signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 52 sur 71 · LXIV. Mort apparente ; heureux effets de l’eau bénite · texte numérisé non relu

LXIV. Mort apparente ; heureux effets de l’eau bénite

« Un homme était dans l’église près d’être enterré, lorequ’un des parents du prétendu défunt jeta de l’eau bénite en assez grande quantité sur le visage qui était découvert ; ce qui fit revenir à lui le malade, qui fut parfaitement guéri (1). »

LXV, Mort apparente après une submersion de seize heures.

€ Al y a dix-huit ans qu'un jardinier de Tronningholm, encore plein de vie, âgé présentement de soixante-cinq ans, et assez sain et vigoureux pour son âge, voulut secourir quelqu'un qui était tombé dans l’eau. Il arriva que, sans y prendre garde, il marcha sur la glace qui se rompit sous lui, et le fit tomber lui-même dans l’eau, qui, à cet endroit, avait dix-huit aunes de profondeur ; il enfonça tout debout, et alla perpendiculairement au fond , où ses pieds s’attachèrent. Il resta dans cet état pendant seize heures avant qu’on le tirât hors de l’eau. Il dit que dès qu'il fut sous l’eau son corps se roidit, et perdit tout mouvement et tout sentiment , si ce n’est qu'il lui sembla entendre confusément le son des cloches qu’on sonnait dans ce temps-là à Stokholm. 1! sentit aussi comme une vessie devant sa bouche, qui empêcha qu'aucune eau ne pûât entrer par là, mais bien par les oreilles, par où il la sentit passer, et c'est ce qui lui causa un affaiblissement de l'ouie, qui lui resta encore quelque temps après. On le chercha vainement partout pendant seize heures.

(4) Bruhier, De l'incertitude des signes de La mort, t, I, p. 122.

A la fin un croc s'étant fiché dans sa tête, qu'il dit avoir senti, on le trouva, et on le tira du fond de l’eau. On espérait encore, soit par coutume, soit par persuasion populaire, de le faire revenir; c’est pourquoi on l’enveloppa dans des draps, de peur que l'air, entrant trop subitement dans les poumons, ne lui fût funeste. Etant ainsi garanti de l'air, on l’approcha doucement d'un lieu un peu chaud, et on léchauffa peu à peu et par degrés ; ensuite on l’enveloppa de linges chauds, on le frotta, et à force de le tourmenter, on remit le sang et tout le corps en mouvement. Enfin on le fit entièrement revenir par des cordiaux et des breuvages qu'on donne dans l'apoplexie. Il raconta qu’il portait encore les marques de sa blessure que le croc lui avait faite à la tête, et les montra même, disant qu'il était encore sujet à de grands maux de tête. En conséquence d’un accident aussi singulier, et attesté sous serment par des témoins oculaires, la Sérénissime Reine-Mère lui fil une pension annuelle. On le présenta aussi au prince, pour lui en faire le récit en personne (1). »

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