XVI. La clôture des loges se fera à l’entrée de la nuit
XVII. Un infirmier veillera jusqu’à minuit, et sera remplacé par un autre qui veillera jusqu’au matin. Il fera la ronde des corridors toutes les demi heures, et en fera rapport au directeur, lors de sa visite. La même surveillance aura lieu dans le quartier des femmes. |
-XVIIT. On aura une attention particulière, pendant le jour, d’oter le plus promptement possible, les pots de GHempre et autres ordures. |
Le nombre des infirmiers et des nfiritières se—
ra en proportion de celui des malades; mais tou-
jours suffisant pour pouvoir prèter main forte en cas de besoin. Dix infirmiers et autant d’infirmieres sur cent individus suffisent : il est cependant nécessaire que le nombre des premiers soit so grand. Re
Ser-
FT GT +
Service alimentaire.
Trois distributions d’alimens se feront par jour : le déjeuner, le diner et le souper.
Le premier aura lieu le matin après ne des loges ; le diner sera servi:entre onze heures et midi; et le souper se fera à six heures du soir. Des portions extraordinaires seront encore fournies, pendant le jour, aux aliénés les plus, voraces ou aux maniaques pendant leurs momens Iucides, vu la difficulté de leur faire accepter la nourriture pendant leurs accès de manie.
On peut procéder de la manière suivante, dans le service alimentaire. UT
Les. dimanche, mardi et vendredi à déjeurner, une ration composée de cinq décilitres de soupe, avec deux onces et demie de-pain blanc.
La soupe est faite dans cette proportion pour 100 individus: 34 kilog. de pommes-de-terre de bonne qualité, et bien épluchées; 1 décalitre et £ de carottes ou de navets bien épluchés; 1 kilog. et ; d’oseille cuite, dont l’eau aura été exprimée: 7 kilog. de pain blanc de froment et bien rassis; 1 kilog. : de gruau d’orge ; 1 kilog. = de sel, 2 kil. L.dé beurre et d’une ARE d’eau nécessaire. :..
Au diner, cinq décilitres de la même soupe, avec deux onces et demie de pain blanc, et une pitance de quatre décilitres de riz et d’orge mondé.
Le riz et l’orge seront cuits ensemble pour 100 individus, dans la proportion suivante:
Un d
( ‘255 ) 3 kilog. de riz épluché; 6 kilog. d'orge.
mondée ancienne; 3500 grammes de beurre, le sel et le poivre nécessaire à l’assaisonnement. x F.
‘Au souper, cinq décilitres de la même soupe ; deux onces et demie de pain blanc, et une‘pitance de quatre décilitres des légumes cuits dans: la’soupe. Les lundi, mercredi, jeudi et samedi, il y aura un service au gras. . Chaque aliéné recevra au diner une ration de soupe, dans laquelle il entrera cinq décilitres de bouillon gras,’avec deux onces et demie de pain blanc rassis, et une pitance de quatre onces de viande cuite et désossée.
La quantité de viande de bœuf à mettre dans la marmite, pour cent individus’, ‘sera en proportion de la quantité de bouillon et de viande cuite et désossée à donner à chaque individu; on ajoutera des légumes frais tels que choux, carottes, navets: pour l’assaisonnement, le sel et le poivre nécéssaire: La coction de la viande est. seulement portée à ébullition pour enlever l’écume. Alors on l’abandonne à une chaleur constante et:soutenue pendant 4 heures et :. 439 5
Le déjeuner et le souper seront les mêmes que
ceux du dimanche, mardi et vendredi.
Je ne donne l'exposé de ce service alimentaire que . d’une manière générale et très imparfaite: il'est susceptible de beaucoup de restrictions et d’additions. Les œufs, le lait, le vin, la bierre ou d’autres alimens ou boissons peuvent, selon l’ordonance du médecn,
‘in, qui consultera la nature, du mal, : l'habitude du malade, son rang etc. en faire partie On pourra, en tout cas, établir une table particulière pour les aliénés pensionnaires. Je renvoie pour de plus amples détails, à l’arucle régime alimentaire.
Il est du devoir du directeur d'avoir toujours en réserve des alimens , pour fournir aux besoins pressans.
Il pourra, également, varier la composition des légumes, suivant les différentes saisons. Il aura soin néanmoins, de proscrire les légumes qui contiennent beaucoup d’air, les fèves, les haricots, les poireaux et d’autres de cette nature.
Il arrangera et conservera, dans la belle saison, pour l'hiver, des plantes potagères qui devront servir de nourriture supplémentaire.
Il examinera la viande pour voir si elle est bien saignée, et de bonne qualité.
Le pain qu’il donnera aux aliénés, sera blanc, de pur froment, de bonne qualité, et sera cuit 24 heures avant sa distribution : le pain lourd, brûlé, ou trop peu cuit, sera rejeté.
Le directeur s’entendra avec la directrice sur le soin de ces différens objets.
Vétemens de Pabéid
Quoique tous les aliénés, comme nous aurons encore occasion de le dire, ne soient pas affectés par le froid avec une égale sensibilité, il serait imprudent de ne pas bien vêtir ceux qui y parais-
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dé ns 2
sent insensibles : l’expérience n’a que trop prouvé les funestes résultats d’une telle pratique aussi nonchalante qu’inhumaine.
Les hommes sensibles, tant au physique qu’au moral, sont, ceux qui réclament le plus des vêtemens chauds. C’est surtout vers les changemens des saisons qu'on redoublera d'attention. On fera, à cet effet, porter à l’aliéné ses habits d’hiver jusqu'aux approches de la grande chaleur: dans l’automne de même, on sera prompt à lui faire mettre ses vêtemens d'hiver, ;
C’est avec raison que les Anglais vantent letir flanellede santé, Cette étoffe, quand on la porte à nu sur la peau, éxerce une irritation salutaire sur les vaisseaux exhalans de ce tissu; elle jouit encore du grand avantage de s’imbiber promptement de la sueur, quand cette dernière est sécrétée abondamment: sous tous les rapports cette étoffe mérite de Ja préférence: |
‘On aura soin de faire porter au malade des chaussures chaudes; le froid des pieds lui est toujours nuisible, et donne souvent lieu à des acci= dens graves. (C’est encore sur certains émonctoires qu'on dirigera ses vues :. les sueurs de la plante des pieds, dela paume des mains, du’ dessous de l’aisselle, demandent l’attention du médecin, On préservera, avec soin, Ces parties du contact «lu froid. : On aura également soin de faire porter aux aliénés épileptiques des bonnets doublés d’ouates ou ‘de coton, pour. les meurtrissures et contusions à la tête qu'ils pourraient se donner.
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Le directenr aura soin d’avoir des ouvriers qui travaillent à la réparation ou à la confection des habits des aliénés. Il les choisira parmi les convaleseens:, et presque toujours il se trouve des cordonniers et des tailleurs dans ces hospices qui peu ‘vent exercer ce genre de travail.
Occupations journalières de l’aliéné.
L'aliéné, au moment de son entrée à l’hospice, sera soumis à un ordre général: c’est une mesure aussi utile à lui qu’à Pinstitut En l’assujettissant à une vie régulières; en le faisant coucher, diner, souper à des heures fixes, ou le rend docile, en même temps qu’on fait entrer de l’ordre dans ses idées. Voyez Reïl, Haslam, Pinel, Burrow, Esquirol et d’autres. }
On aura soin de donner au malade autant d’occupation que sa position le permettra. On tâchera de lui inspirer du goût et de l’activité pour le travail. ‘Au rapport du docteur Hayner, l’exercice du corps est considéré comme tellement salutaire dans l'institut de Waldheim, que les aliénés y sont classés en raison de leur aptitude ou de leur incapacité pour le travail. Le jardinage y est fait par les aliénés guéris ou par ceux qui sont sur le point de l'être; ‘le: soin de l’intérieur des appartemens est confié à ceux qui sont débiles.de corps,et aux aliénés :paisibles ;:- d’autres sont chargés d’ apporter dés
combustibles etci tb tr ‘2
Les
Les travaux doivent être interrompus. par, d'autres distractions,
EL faut qu’on prenne en considération Phabitude et l'aptitude du malade vers les exercices du corps, son industrie et ses goûts.
Pour les littérateurs, il faut une bibliothèque de livres choisis.
- D'autres, aliénés s’amuseront au jeu de paume, au. billard, aux jeux de cartes etc.: les jeux d'intérêt seront prohibés. 4
: On. peut occuper les aliénés au dessin, à l’écriture, à la musique, à tresser des filets, des pamiers , à scier du bois etc,
. Les femmes. peuvent s'occuper au blanchissage des linges , à filer du lin, à la conture , au tricot, et à d’autres occupations. propres à leur sexe,
: On peut peupler la maison LS animaux domestiques. |
L'activité dans le: travail doit être récompensée par quelques dons, comme une plus grande liberté, de plus beaux habits, ou quelques pièces. de monnaie. |
Les.aliénés imstruits! dans Ja culture du jardinage, pourront étendre plus, loin leurs occupations.
Dans l’été, les aliénés trouveront de grandes oc+ cupations au jardin; on leur fera remuer la terre, nettoyer les allées. . C’est. dans l’hiver, et dans les temps. froids. surtout, qu'il est nécessaire de leur . donner de l'occupation, dans l’intérieur de la maison. C’est à cet. effet que. des salles de travail sont indispensables dans ces sortes. d’asiles. L'ha
| NE HER On
‘On ‘fera touvner ‘autant que possible, le travail au profit de l'institut, de manière que le tout resde
semble 'ä ‘une colonie existant, plus on moins, ses propres produits |
Moyens -de Répression.
Enchaïner les actions des muscles volontaires, par une force extérieure, tel est le but à remplir dans l’emploi des agens de coercition. | à
Il n’est pas du tout indifférent d’établir quand, et à quels moyens on aura recours. La violénce et la force des aliénés ne demandent pas toujours l’emploi dés agens de répression : le maniaque furieux doit agir; il est poussé par -une force intérieure à suivre un penchant que son ima= gination égarée lui suggère: s’il ne commet point d’actes nuisibles à lui ou à d’autres, on fera bien ‘de le laïsser à toute sa mobilité. Il arrive parfois que laliéné chez qui on emploie des moyens de répression s'irrite et devient furieux. Un: pareil traitement met souvent obstacle à toute tentative physique ou morale pour le rendre à la raison ; il devient méchant, soupçonneux, et parfois malitieux à tel point qu’il trompe les gardiens les plus experts: le suicide, le réfus de nourriture en sont souvent la déplorable conséquence. 1
Une répression sägemént dirigée est ‘cependant, dans nombre de casi de première nécessité. Indé2 pendamment qu’elle estun moyen de sureté pour-la* liéné, et pour tont ce qui l’environne, elle porteen-
co=-
(26% } eore au moral, des impressions salutaires , et, comme dit Haslam , dispose le malade à la réflexion. Mais le succès de cette cure dépendra du choix que fera le médecin des agens qui la composent, et des cas qui en exigent l’emploi.
Il serait inutile de rapporter ici tous les procédés inhumaïins qu’on a mis en usage comme moyens de répression. Cette description serait par trop révoltante: qu’il nous suffise de dire que les coups, les chaines, les nerfs de boeuf et nombre d’autres procédés indignes, ont plus d’une foisrendu laliéné opiniâtre, méfiant et souvent imbécile.
Si J’aliéné. n’est que bruyant, on lui laissera le libre exercice de ses membres. S’il est violent, furieux, malfaiteur , on le mettra à la répression : «ne:sibi, comme dit Celse, vel alteri noceat.”
. La rétention dans la chambre est le moyen le. plus simple, et peut-être le plus généralement efficace. . Il peut être modifié de différentes manières: ou. on enferme tout simplement le malade. dans une chambre ordinaire ; ou bien on le prive en même temps de toute lumière du jour. Le doct.Müller.de.Wüxtzburg dit avoir maintefois remarqué que. les insensés les plus furieux devenaient paisibles et; tranquilles + quand. on les . enfermait dapsun lieu sombre,.isolé, et. privé de toute.clarté Il a fait construife à cet effet, dans son hos-
RO à pi-
pice d’aliénés, une chambre peinte en noif et privée de lumière. ‘La même pratique a lieu dans la retraite près de Yoïk, et nous en rencontrons chez nous des exemples.
Ce moyen est parfois excellent dans la folie: on en éprouve des effets avantageux dans la manie fuvieuse Un aliéné atteint de cette espèce d’aliénation mentalé se trouve à l’hospice des hommes aliénés à Gand enfermé dans une chambre obscures on J'en laisse sortir tous les quinze. jours seulement ponr prendre l'air dans la cour; on ne peut lui accorder cstte liberté que pour deux à trois jours, tout au plus: si l’on prolonge ce temps, le malade devient épouvantablement furieux: mais du moment qu'il est enfermé. il est doux et nullement dangereux. Heinroth a guéri un monomaniaque, en lui donnant, pour séjour, un appartement sombre, triste, et écarté de tout tumulte.
Ce moyen serait pernicieux dans l’aliénation mentale avec tristesse, dans la mélancolie proprement dite. Il sérait également peu utile et même nuisible dans la démence et cliez lés idiots: Son emis ploi se borne donc presque exclusivement à la manie. ;
Le séjour dans une cour | grillée À és au même genre de coercition.
Autenrieth a fait constrüiré des cellules à sé sades: on ne saurait dire en vérité pour quelle raison. Ces constructions sont, on né peut plus vicieusés; car, coïnme l’observe fort bien Han roth, rien n'empêche que le malade sé casse la
tè =
tête ou se donne des contusions contre les piliërs de bois dont cette éhambre est construite , tout comme il le ferait contre un mur fait en briques. Ces espèces dé cachots se trouvent dans différens ‘instituts pour les aliénés en Allemagne ; ils existent également dans notre : ‘royaurne,
Nous avons déjà eu occasion (d’obsérver que le roi Georges IIL, dans ses accès de folie, était enfermé dans une chambre rembourrée de matelas: :
À Charenton (1), on fait emploi d’une espèce de cage faite en osier, de longueur d’homme, dans laquelle le malade est étendu sur un matelas placé sur le bas-fond de cette cage. Elle est munie d’un couvercle, échancré à l’extrémité qui correspond à la tête de l’aliéné pour la lisser en liberté. Le couvercle étant fermé, le malade est condamné à une immobilité parfaite, Sans qu’il #oit exposé à la moindre injure. Casper à vu faire l’application de ce moyen avec un plein succès.
Heinroth (2) parle d’un agent de coercition employé dans eg 134 instituts d'Allemagne, qui, sans
(à) Voyez Caspét charakt. S, 419.
(2) Selenstôr. T. I $. 108.
sans doute, n’est pas digne qu’on en fasse l’imitation, C’est une armoire, de longueur d'homme, à peu près dans le genre des chassis qui servent de support à ceftaines horloges. . On y place l’aliéné debout; l’armoire se .ferme.en avant, par un petit panneau ; on ne voit de l’aliéné que la, tête qui se trouve libre en haut dans l’endroit où les boites à, horloge, dont nous venons de. parler, portent, leur cadran, On sent combien : un tel moyen doit prêter à rire et être peu propre à figurer dans un institut d’aliénés, ee
Un moyen moins ridicule, mais accompagné de plus de péril dans son application, est le sac de toile.cirée (Schommelzak, gewaschte Schud). encore, employé dans quelques instituts. : C’est un sac de forme ordinaire, fait de simple toile, ayant la longueur et la. largeur de l'individu auquel on le destine... Il . est couvert dans toute sa superficie externe d’une toile cirée, afin d’en empècher l’entrée à la Inmière. On le lie par dessus la tête de l’aliéné, en le faisant descendre de manière à en couvrir entièrement le malade. | |
Un tel-moyen est mauvais, parcequ’il peut donner: licu à des accidens redoutables. L’expérience a appris, dit Heinroth, qu’il produit la suffocation Jes convulsions, et l’apoplexie. Horn fit mettre, à une aliénée de la charité à Berlin, le sac de toile cirée, et elle y fut trouvée morte,
Dans
. Dans quelques instituts d’insensés en Allemagne, on emploie un moyen de répression moins dange- . reux, mais aussi bizarre que les précédens. L'aliéné est placé debout contre une corde tendue perpendiculairement. du plafond au plancher ; il y est fixé par une bande qui lui entoure le corps, et laquelle est pourvue -en arrière d’un. annçau par où passe la corde susdite. Les bras du malade sont contenus dans les manches de la camisole de coercition ; ils se trouvent étendus et fixés , au moyen de bandes, aux cloisons latérales dela chambre; une corde est latéralement tendue de chaque coté et passe, du bandage de corps, à la cloison latérale de la chambre, et se fixe dans l’endroit où les manches, qui contiennent les bras du malade sont attachées à un crampon chassé dans le mur. Les jambes sont également fixées à la corde per- pendiculaire. : La Pl. V' en donnera une We pla claire.
Horn tirétend avoir eu ir En ds succès de ce moyen.. Les aliénés turbulens et opiniâtres rentent dans l’ordre, dit cet auteur, après avoir passé, tout au plus, huit, à douze heures, dan cette attitude (r)4e. 108
Au
Q) Schneider Heilm. S. 299.
Autentieth a inventé une espèce de masque fait én cuir solide qui se contourne sous le ménton en empèchant Tabaissément | de la machoire inférieu— re, tout en laïssant des commissures pour les jeux et les narines : des « courroies fixent le masque sur la tête (1). Le but qu’Autenrieth s’ est proposé, dans Papplication de cet agent de répression, est de mettre obstacle à louverture de la bouché. Il en vante l’émploi en cas qué laliéné trouble, par ses cris èt ses hurlemens, le repos ‘des autres aliénés ; ; Mais on sentira facilement que ce moyen, comme le précédent, ne mérite que fort peu de confiance,
*k D 9200 LUE à
Üné üutré puissance de répression c’est le fau teuil decoercition, Zwangstuhl, Beruhigér, en core connu sous le nom de T'ranquiliser de Rusth; quil’adécrit dans le T.7 du Journal américain in titulé Philadelph. médical museum. C’est un fau téul eomstthit en bois fort, sui léquel l’aliéné est fixé: par de fortès bandes de cuir qui lui prennent les bras, le corps et les jambes, Il présente deux travers: de bois, un en bas, sur lequel reposent les pieds, un autre en haut qui sert de point d’àppui aux avant-bras. On a beaucoup dit pour et contre l’efficacité de ce moyen; mais quoiqu’il en soit
de
(1) Voyez Reil Beiträge zur Organis. der versorg. etc. S.:67.