L'INFLUENCE DE CELUI-CI SUR
LA PHTHISIE. ii
L.. maladies! des joumons doivent être propres à l’aliénation mentale, puisque Esquirol a compté, sur cent soixante huit mélancoliques, soixante cinq aflectés de vice aux poumons, et dix FAT
sur soixante-onze aliénés en démence.
La phthisie, dit Georget, fait périr la moitié: des aliénés à la ‘salpétrière;” elle n’est jamais aigné ajonte-t2il ; souvent mème elle est tellement latente qu’on ne la découvre qu après la mort: il n'existe pas le moindre signe d’ivritatiou pulmonaire ; }le malade ne tousse, ni ne crache, ne se plaint nullement ; il maigrit, s'aflaiblit, est pris: de dévoiement, de constipation et meurt; maïs ces phéno= 4 mê-
Cp
mènes se succident très lentement (1): La même remarque ayait été faite par Esquirol. Cet autcur observe qu’on ne peut attribuer les lésions organiques des poumons , aux cris que poussent les aliénés, parceque la plthisie se remarque particulière ment chez les mélancoliques et les aliénés sombres qui ne vocifèrent pas. On se perdrait en hypothèses, si l’on voulait pénétrer le mystère gui ca= che la nature de la phthisie, et la connexion de cette maladie avec le trouble de Pesprit.
Il ést non-seulement vrai que la phthisie est une complication, fréquente du désordre de lPesprit, mais il est encore de fait qne cette maladie a été singulièrement modifiée par l’aliénation mentale même, et que celle-ci, à son tour, influe puissamment sur la phthisie. L'art possède des exemples nombreux qui démontrent que la consomption pulmonaire, déjà prononcée au dernier point, a été arrêtée, dans son. cours,: par l’aliénation mentales d’autres : faits attestent encore, que: la folie a disparu par l’apparition de la phthisie. Mead paraît avoir été le premier, qui ait fixé l'attention des ‘hommes de l’art sur cet. étonnant phénomène. Il; nous.a donné ce cas: une demoiselle :agée. de vingt-huit ans est atteinte d’hémoptysie ; elle est saignée : à - différentes reprises ; le mal paraît diminuers., mais. au, bout de dix mois, une fièvre hectique, se déclare, caractérisée par des sueurs colli-
que
-(1) De la folie: pag. 473.
HR D re
quatives, de la soif, de la chaleur, un amaigrissement considérable, des crachats: visqueux, purulents, et d’autres symptômes de cette nature. La phthisie en un mot était complète. £a malade voyant approcher le ‘terme fatal, demande le secours de la religion ; mais, épouvantée des horribles peintures que lui font des religieux, sur les choses futures, elle ne tarde pas d’avoir l'esprit troublé: bientôt une monomanie religieuse en est le résultat. Elle ne voit plus que les horreurs de lenfer, des flammes, des démons , et les peintures les plus épouvantables. Dès ce moment, disparaissent les symptômes de la phthisie:; la chaleur fébrile, la soif, l’expectoration des crachats, tout diminue d’une manière étonnante; et plus l'ame devenait impropre à régner sur le corps, plus celuici gagnait d'énergie. On parvint si loin, par un régime sévère, et des remèdes appropriés, qu’un rétablissement complet se fit entrevoir; mais, trois mois après, la fièvre hectique se déclara de nouveau avec tous les symptômes de l’ulcération pulmonaire, et ne tarda pas de mener la
malade dans la tombe (1). | Reil (2) dit qu’un homme atteint de consomption - pulmonaire, s’occupa beaucoup du soin de la patrie pendant la guerre qu’eut à essuyer l’Allemagne en 1806; Les désastres qui en furent le résultat, firent sur son
(1) Richard Mead monita et præcepta p. 45.
(2) Rapsodies, | ;
son esprit de profondes impressions, et cette excita= tion au moraleut pour effet, d’arrêter le cours.de la.
phthisie.
Cox (1) rapporte le cas De femme devenue
aliénée pendant le cours d’une phthisie pulmonaire, chez qui disparurent, avec Papparition de l’aliénation mentale, tous les symptômes de la phthisie. Cette femme guérit complètement par le mouvement rotatoire; et, depuis ce temps, ellea toujours joui d’une santé parfaite (2).
Frank (3) a donné, de concert avec le Professeur Sniadeski, ses soins à une dame affectée de phthisie, et chez laquelle il se développa une manie. Dès l’apparition de l’aliénation mentale, on: vit disparaître les signes de lulcération des pou-
mons, et la poitrine ne se ressentit nullement des.
cris
(1) Ouv. cité pag. 178.
(2) Qui sait si les moyens qui influent fortement.
sur le moral et sur le systême nerveux cérébral ne seraient point efficaces pour combattre la phthisie. Res-
te à savoir ce que feraient dans cette affection, les mo-
yens moraux, entre autres la frayeur. Cox, comme on vient de voir, guérit une phthisique par lemploi du mouvement rotatoire, et ce moyen, comme nous avons vu, agit fortement sur le système nerveux cérébral. La cigüe et d’autres poisons n’ont pas été em- ‘ployés sans de bons effets fdans la consomption. pulmonaire: c’est encore sur les fonctions cérébrales que l’action principale de ces moyens a lieu.
(3) Prax. med, P, II. v. 1. pag. 776.
(519 ) cris et des ‘hurlemens que la malade poussait dans ses accès de ‘manie. |
Casper (1) a vu une femme, agée a trente deux ans , atteinte d’une phthisie des plus caractérisées qui alternait avec des accès de manie furieuse : quand les symptômes de la phthisie se développaient, la malade était parfaitement tranquille et raisonnable; quand, au contraire, la manie se montrait, la phthisie cessait de faire des progrès.
Frank (2) rapporte un exemple d’aliénation mentale que lapparition d’une hémoptysie fit cesser. Une demoiselle, héréditairement disposée à la folie, présente tous les indices d’une aliénation mentale commencçante , avec tristesse, abattement et dégoût de la vie: une hémoptysie se déclare, et avec elle cessent tous les désordres intellectuels ; mais à peine guérit-elle de sai maladie de poitrine, qu'on voit reparaître l’aliénation mentale. Ces deux maladies se succédèrent encore une seconde fois, et la malade guérit.
Perfect (3) nous donne le cas d’un ibtoe qui doit plustot être envisagé comme une inflammation des poumons, alternant avec des accès d’aliénation mentale. Un gentilhomme, sujet à des attaques régulières de goutte, n’en fut point atteint deux années de suite; une difficulté de respirer se déclara
: su
(1) Ouv. cité pag. 410.
(2) Prax med.-pag. 775. P. 2. v.
(3) Ann. of insanity pag. 209. 5 edit.
subitement: peu de temps après, le malade devint triste, abattu , et une mélancolie sa manifesta avec tout ce qu’elle. a de pénible. Dès que la folie se fit: voir on vit disparaître la gène dans la respiration, Cet état dura neuf mois. Au bout de ce temps, le malade ressentit des frissons auxquels succéda uné douleur dans les articulations du pied. I fat délivré de son trouble intellectuel ainsi que de la difficulté de respirer, et jouit de ce bien-être durant le temps de neuf semaines: cette période passée, l’aliénation mentale se fit voir de nouveau,
et persista pendant plusieurs mois, Le malade eut
encore un accès de goûtte, qui dissipa son délire ; ‘mais aù moment même où la goutte s’évanouit, la difficulté de respirer, et l’aliénation mentale reparurent. : À la fin , le malade périt hectique. Voici un cas qui me paraît-assez remarquable. Une femme, agée d’environ soixante ans, d’une ‘stature de corps ramassée, d’une bonne construction, d’un tempérament sanguin se trouve, depuis ‘huit ans, À l’hospice des femmes aliénées à Gand. ps quarante ans, Ses règles avaient cessé de se mon= tre: Dans toute sa famille, il ne s’est trouvé aucun individu aliéné ou poitrinaire. Elle perdit l'esprit à la suite d’une vive frayeur. Pendant quatre années consécutives, elle se trouva en état de manie tranquilles au bout de ce temps, il se manifesta une toux qui lincommodait beaucoup; mais au
fur et à mesure que la lésion des poumons se pro-
nonçÇait, onu observait une. amélioration, notable au
moral.
Au
( sm 2)
Au bout de six semaines, le délire avait com plètement cessé, mais la malade toussait toujours : elle rendait des crachats assez abondans, Deux au nées se passent .dans cet état, et pas le moindre signe de folie ne se fait remarquer ; la toux reste toujours dans lé même état, et la réspiration est assez difficile. Gette affection de poitrine ayant duré pendant deux années, la malade commença à divaguer ; elle devint plus agitée, mélancolique ct taciturne : le délire fut bientôt complet; et au moment. même où le trouble moral devint manifeste, on vit disparaître. les symptômes d’altération pulmonaire. Pendant une année entière, le trouble intellectuel persista, et.il ne s'offit plus le moindre symptôme de toux ou d’état morbide des poumons. Le caractère du délire, cette fois-ci, était moins bruyant il tenait plutôt de la mélancolie, et la malade était sombre , concentrée en elle-même, paresseuse;-indocile, Au mois de juin 1823, la toux eut encore heu, et à l’instant disparut l’aliénation’ mentale. Les quintes de toux étaient plus fréquentes pendant la nuit, que de jour; la malade avait de continuelles sueurs au front; pour le reste, appétit bon, et toutes les fonctions dans l’état naturel. En avril 1824, on remarqua que la toux diminuait de jour en jour d’intensité: la raison s’obscurcit, et la malade montra tous les avant- coureurs du désordre mental, Tout-à-coup la malade commença à tousser avec son intensité ordinaire, et Pordre.fut aussitôt rétäbli dans les fonctions intel- Jectuelles..…. Aujourd’hui, 15, Juiliet 1824, cette fem- LS X. me
me ‘est aussi raisonnable qn’elle puisse l’êtres mais la ‘teux l’incommode beaucoup; pour le reste, les fonctions sont en bon état. |
Je connais une dame, agée de 21 ans qui, à l’âge de dix-huit ans, éprouva tous les. symptômes d’une phthisie qui parvint jusque’ dans la seconde pério= de de son développement. Elle est corporellement disposée à cette maladies; sa structure est svelte ; sa potrine est aplatie; ses épaules sont proëmimentes. S’étant mariée, elle devint enceinte :' mais les signes de la consomption pulmonaire persistèxent toujours. Quelque temps après sa délivrance,
une folie se déclara, et on vit insensiblement dispa- ”
raître tous les indices ‘d’ulcération des poumons. ‘Le caractère de sa fulie tient des monomanies chimé= riques.. Cet état dure depuis deux aps, et, jus-
qu'ici, il n’y a pas le moindre indice d'améliora-
tion: pour le reste, la poitrine et les autres. organes ne montrent, dans leurs fonctions, aucune altération (1) une sœur de cette dame est morte phthisique;
une autre est actuellement aïiénée. | L’aliénation mentale n’est: pas toujours et'invariablement d’an favorable augure dans la phthisie, Quelques cas, absolument extraordinaires, ont démontré cette influence bienfaisante du trouble:intellectuel sur la. consomption ‘pulmonaire :: mais combien de faits ne pourrait-on : rapporter: pour 1 1 1n3te 2 nb prou-
(1) La dame dont il s’agit, jouit actuellement de la meilleure santé, tant au physique, qu’au moral,
prouver toute la facheuse influence du trouble mental sur la phthisie. J’allèguerai seulement deux observations faites par le docteur Kortum, et qui sont rapportées dans le journal de Hufeland (1). On y vait l'apparition de l’ahiénation mentale dans je cours de la phthisie, sans le moindre résultat avantageux®
Une dame, atteinte de phthisie à la troisième période , se trouve subitement prise d’aliénation mentale, En peu de jours, le délire devient fumieux, à tel point que plusieurs individus devienpent négessaires pour contenir les transports fougueux de la malade. Dès ce moment, la respira- “tion devient libre, ‘la toux moins violente et-plus rare; le pouls même reprend son rythme naturel, Mais à pzine çet état a-t-il duré trois jours, que l’anxiété, la toux et les autres symptômes dela phthisie reparaissent : en peu de temps, la malade cessa de vivre. |
Un homme, agé d'environ trente trois ans, est aflecté de phthisie: sans cause manifeste, son esprit s'égare, et une aliénation mentale bien caractérisée'a lieu, Les crachats purulents deviennent alors plus rares; la’ toux s’adoucit à tel point que le malade n'en est atteint que deux fois en vingt quatre heures. Après un bien-être de huit jours, les symptômes de phthisie se montrèrent avec plus de violence ; et la malade y succomba bientôt, A l'ouverture du corps, on trouva les poumons
| | , tu -
(1) T. X.°St. 2. pag. 86.
tuberculeux, renfermant, en plusieurs endroits, des abcès, | |
OS
Indépendamment de ces aliénations mentales bien caractérisées qui se développent parfois dans le cours de la phthisie, cette dernière maladie est :" encore remarquable sous le rapport de ‘son influen- | ce sur l’entendement. Les phthisiques, et presque tous sans exception, éprouvent au moral, notaniment à la dernière période de cette maladie. des anomalies singulières; .il y a.chez ces malades
|‘ une justesse, une netteté dans les idées, souvent nne force de génie et de jugement, auquel ils n'auraient jamais pu atteindre dans leur état de* M santé: cependant ils délirent, et sur un seul point: l'assurance d’un rétablissement prochain. En vain voient-ils chaque jour leurs membres s’émacier: l’aspect hideux de leur figure, l’expectoration abondante de pus, les sueurs colliquatives, une diarrhée continuelle, la perte des forces ne provoquent nullement leur attention. Ce mème phthisique qui aura vu des victimes de .ce.mal, qui en . aura vu périr un frère, une soeur, son. épouse, qui aura été à même connaître tous les traits de cette fatale affection, l’homme de l’art même qui Ja connaît par principes, ne saurait croire à son facheux destin: plus ce malheureux approche du terme de son existence, plus son coeur se nourrit de courage; dans l’agonie même, il n’est pas rare d'entendre sortir de sa bouche mourante les discours Îles plus rians et les espérances les plus flatteuses. C’est étonnant : les ma-
Ja-
ladies du coeur impriment au cervean une teinte de ‘tristesse, un état de mélancolie: celles du poumon, et notamment la phthisie, mettent le moral dans une joyeuse quiétude.
La consomption pulmonaire, dans nombre de cas, est accompagnée d’un délire intermittent qui tourmente particulièrement le malade pendant la nuit. Ce phénomène se concoit plus facilement que le précédent: nul doute que l’exacerbation fébrile en soit la cause essentielle; du moins la rougeur de laface, la fréquence du pouls, Pexacerbation de la chaleur des extrémités marchent de pair avec le délire, se développent, ou diminuent avec lui.
Mais cette influence morbide entre les poumons et le cerveau est-elle bien exclusivement propre aux maladies de l'esprit? ne la remarque-t-on pas également dans d’autres affections du cerveau? Maréponse est dans le fait suivant,
Une femme, agée de trente quatre ans, d’une constitution assez forte, mais nerveuse, éprouva à l’age de douze ans, une vive frayeur qui fut suivie d’accès épileptiques. Ces accès reparurent pendant quatre à cinq années, à des intervalles rapprochés, et presque tous les jours. À vingt cinq ans, la malade gagna une hémopytsie, et dès cet instant, elle n’éprouva plus d'accès épileptiques, L’hémopiysie se renouvela de temps à autre; pour le reste, la santé fut toujours bonne, Après que cet état eut duré l’espace de douze à treize mois, le crachement de sang ne se manifesta plus, et l'épilépsie ne tarda pas à repataître comme de.
AT: | | cou-
côütume, Il n'y eut .plus le moindre indice d’hé=
hiorrhagié pulmonaire: Après quelque temps.
les accès d’6 pilepsie se présentèrent de nouveau , et le crachement de sang cessa au moment même de leur apparition. Cette alternative d’affection pulmonaire et de convulsions a continué jusqu’à te jour. Cette fenime est bien portante, et son intellect ne sé ressent. en rien des secousses qu’il aurait du inévis tabletnent éprouver par les convulsions. Le passage de l’hémoptysie à l’épilepsie, se fait actuellement à: des époques plus rapprochées ; tantôt dou= ze jours se passent dans des attaques d’épilepsie : tantôt on voit cesser ces mêmes convulsions et être ÿemplacées par l’hémoptysie, pendant un
iemps également long. Cette femme est détente
à la maison de force de Gand, et m’a été indiquée par le docteur Décourtray, qui m’a assuré avoir Yü, sur un jeune militaire, le mème phénomène.
D’apres ces faits, il est donc manifeste qu'une étroite alliance existe entre lé système pulmonaire et lé cerveau. Des faits non moins nombreux attestent, cependant , que la phthisie peut avoir lieu
chez les aliénés, sans que le moral de ces malades,
en éprouve la moindre amélioration. Tous ceux À qui l'étude des maladies mentales est familière reconnaissent cite vérité, et au moment où je fais êctte remarque, j'ai devant les yeux deux cas qui
viennent à l'appui de cette vérité. Le premier est
celui d’un aliéné mélancolique qui se trouve, depuis trois à quatre ans, à l'institut des hommes aliénés de Gand: Ja phthisie se déclara cher lui,
et
et voetté maladie poursuit actuellement son cours, sans que le moral en subisse le moindre changement favorable. L'autre est celui d’un individu, qui fit son entrée au même établissement, atteint de délire chinérique: il croyait entendre des voix qui lui paraissaient sortir du fond de ses entrail- | les, et supposait de mauvaises intentions à tous ceux qui l’environnaient. Sombre et taciturne, il passait des jours entiers à méditer sur les moyens d'échapper au mal qu'il disait dirigé contre lui. Dix mois s’écoulent dans cet état, et la phthisie s’annonce avec tous jes caractères qui lui sont propres. Apres seize mois de consomption ; le malade vient d’y succomber, sans avoir offert le moindre changement dans son moral. Souvent j’avais été curieux de savoir quelles pouvaient être les lésions qui se seraient offertes après la mort de cet homme; et comme ïl n’avait cessé de parler d'êtres qu’il disait exister dans son bas-véntre, je m'étais formé l’idée que des altérations ‘dans’ les viscères abdominaux auraient bien pu se présentér à l’ouverture cadavérique. Je la fis, de concert avec le docteur Houdet, vingt-quatre heures après la mort de l'individu. L’arachnoïde offrit, dans divers endroits de la surface externe des hémisphères cérébraux, des taches blanches, Entre cette meme brane et la pie-mère, se trouvait un fluide de couleur citrine, nullement épais. Les vaisseaux sanguins. des circonvolutions externes des hemisphères cérébraux étaient: gorgés de: sang ; la consistance du occrveau était très ferme. Une quantité énorme